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Claire Vanvosthuyse, Galerie La Source

La photographe plasticienne Claire Vanvosthuyse a exposé « Translation » à la Galerie La Source, Fontaine-lès-Dijon en septembre 2022. Une expo construite, cohérente, émouvante, une des meilleures de l’année, ici.

Odyssée

Entrer dans la Galerie, pour cette exposition de Claire Vanvosthuyse, c’est se glisser dans un ailleurs. Un ailleurs qui ressemble au réel. Mais un réel fragile, lointain, sauvé des eaux…

Pêcher des morceaux de vie qui flottent quelque part. Les capturer. En faire quelque chose. Les assembler pour reconstituer d’autres formes de vie. Fouiller dans les nimbes de la mémoire pour extraire des moments ou des objets. Les faire remonter à la surface pour qu’ils changent d’identité: qu’ils ne soient plus seulement des souvenirs. Les faire se rencontrer. Construire de nouvelles images avec eux.

L’artiste a ce pouvoir.

Et voilà donc, au rez-de-chaussée, des triptyques qui réunissent des extraits de photos des quatre coins du monde. Des fragments de villes, que des milliers de kilomètres séparent (et des dizaines d’années), mais qui se trouvent, ici, d’étranges affinités et vivent soudain des mariages heureux! « Voyages à l’oeil », est le titre de cette série!

(cliché Claire Vanvosthuyse)

Le magnifique mur d’images, lui, qui pourrait presque être un mur d’ex-voto, au fond de la salle, raconte une Odyssée d’Ulysse très personnelle. Des étapes, des épreuves, des épisodes…Pas forcément toujours fidèles au poème d’Homère! (C’est l’odyssée de l’artiste elle-même, plutôt) Mais quel bel assemblage de formats, de teintes et de lumières!

Au premier étage, on continue de se glisser dans les tableaux de Claire Vanvosthuyse, qui, tous, semblent sortir d’un long séjour dans l’oubli: le sujet comme la façon d’être traité. Un peu de flou, d’effacé, de fané, de déchiré… Les paysages, l’atelier du peintre, les chaises qui attendent leurs fantômes… C’est surprenant, et très prenant! Pour ceux qui se poseraient encore la question, non, ce ne sont pas des peintures mais des impressions photographiques marouflées (collées). L’artiste travaille par assemblages, agrandissements, poses de scotchs etc. Un geste de plasticien: ajouter, retirer, déplacer, corriger…

(cliché Claire Vanvosthuyse)

Deux salles, encore, à retenir: -« Bribes » (titre excellent!), une frise en noir et blanc présentée de façon monacale: de petites formes abstraites qui sont autant d’éléments détachés, transportés, et « greffés » ici… On pense à de mini-gravures. -Et « Les lames », très bel ensemble de photos de toiles d’araignées sur fond de tubes à essai, présentées sous plexiglas épais. On est dans un labo! Effet impressionnant! Belle idée!

(cliché Claire Vanvosthuyse)

Cliquez sur les visuels pour agrandir. merci à Claire pour l’envoi de ses clichés. j’ai quand même osé mettre un ou deux à moi!

Dijon vu par… Julien Lesne

« Dijon vu par », été 2022, au salon Apollon du palais des Ducs, laissé à la créativité d’un illustrateur et bédéiste Julien Lesne.

J’ai grimpé encore cette année les marches du bel escalier qui mène au Salon Apollon! Et j’ai eu une désagréable impression d’insaisissable, de ténu… Une exposition qui tiendrait juste par quelques fils fragiles. Quelque chose de léger, léger. De presque indigent. De flou ou pas fini. Je m’attendais à mieux.

Et je me suis demandé pourquoi.

Peut-être pas vraiment assez de « grands formats » (contrairement à ce qu’on annonce dans certains articles), dommage pour un tel lieu. Trop de petites choses un peu bricolos. Perdues sur les panneaux noirs. Peut-être aussi un manque de rigueur dans le cheminement que le visiteur doit suivre pour comprendre ce conte que Julien Lesne présente. Le visiteur est à la recherche d’un fil rouge, de liens entre les panneaux…La lune tombée sur Terre? La lune dans Dijon? Hum! Pas facile à suivre! Les inscriptions explicatives m’ont paru également maladroites (pas très aisées à lire et ce côté étiquette Dymo qui, même si c’est voulu, n’est pas du meilleur effet…à mon avis).

Certes, les planches de dessins valent le coup qu’on s’y arrête. Donneraient envie de lire une BD de Julien Lesne…

Et, ce que j’ai préféré, le panneau du fond de la salle… Là, j’ai vu un travail d’artiste. Superpositions, transparences, ajouts incongrus… J’aurais volontiers admiré d’autres œuvres de cet acabit dans cette exposition dijonnaise, au palais des Ducs…

Allez y vite avant le 18 septembre! Et dites moi que, contrairement à moi, vous avez tout compris, aimé, admiré…. ça me fera plaisir!

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Denis Guitton, secret(s)

Jusqu’au 28 août 2022, à Moloy (21), 7 rue de l’abreuvoir, « Atelier d’été ». Du mardi a dimanche, 15-19h.

Monsieur Guitton et son épouse habitent une petite maison ancienne, cachée au bout d’un village de la campagne bourguignonne, au fond d’un jardin fermé par une haute palissade branlante. Une maison à demi masquée de végétation. Secrète. Mais d’un secret accueillant, si vous voyez ce que je veux dire. Monsieur Guitton est un hôte discret, qui vous laisse apprivoiser les lieux avant de vous accompagner aimablement (avec, parfois, un agréable petit ton de pince sans rire) à travers le rez-de-chaussée. Jusqu’à son atelier.

Secret, il le restera. Même s’il parle volontiers de sa technique de peintre-sculpteur sur bois (okoumé surtout), de son passé de céramiste, de sa connaissance du Moyen Orient et de divers pays d’Europe… il ne livrera pas grand chose de ses inspirations profondes. De ses pourquoi personnels. De ses raisons intimes. Et on aime bien ce mystère. On ne le dérangera pas de nos questions importunes.

Et les petites portes que l’artiste place souvent sur ses oeuvres gardent elles-aussi les secrets intérieurs.

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Cette visite nous laissera l’impression d’être passés par des sanctuaires. Devant des reliquaires ou des châsses, autels, tabernacles, mihrab… On aura cru entrevoir la Pierre de Rosette ou les Tables de la Loi…Des mantras ou la Thora… C’est un extraordinaire mélange de références qui nous sautent au coeur. Des impressions, des souvenirs. L’atelier de l’artiste a même quelque chose de monacal, où l’on imagine le moine qui s’applique à ses enluminures. (Et nous voilà dans une abbaye! !)

Et cette préciosité (peintures or, incrustations), ces détails minutieux, ces motifs répétitifs, cette noblesse des formes …. Peut-être est-on dans la recherche d’une certaine sagesse. En tout cas le travail de Denis Guitton impressionne et élève l’esprit.

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Le bois tient sa place ici. Ciselé, gravé, peint, clouté… il est une matière naturelle respectée, malgré (ou grâce aux) les métamorphoses réalisées.

loupe de bois métamorphosée!

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Le Consortium, nouvelles expos 2022-2023

Trois nouvelles expositions au Consortium de Dijon, rue de Longvic, depuis le 1er juillet 22 et jusqu’au 23 janvier 2023. ( plus la sélection française de la collection du Consortium Museum) Du mercredi au dimanche de 14 à 18h et vendredi 14-20h.

Franchement, pour ma première visite en expo après un été de privation (bloquée à la maison pour raison familiale), j’ai jubilé!! Cet état de manque a peut-être exagéré mon enthousiasme! Tant pis! ou tant mieux!

J’ai donc jubilé devant les oeuvres de Tschabalala Self! D’une toile à l’autre, cette jeune noire américaine m’a mise devant une véritable chorégraphie de grands corps follement séduisants: dégingandés, élégants, drôles, sensuels… Ces grandes silhouettes découpées, sur fonds monochromes et aplats colorés, sont faites d’assemblages de tissus ou de pièces d’habillement. En plus, la machine à coudre, comme un crayon, a dessiné, ici et là, des lignes de petits points qui virevoltent sur les textiles. Passionnante association de peinture, couture, découpages, graphismes, matière…

extrait
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Quelle allure, ces grands personnages noirs! Déstructurés, disproportionnés, déformés, morcelés…Mais avec quelle maîtrise, la plupart du temps! Parfois mis en scène parmi des éléments de mobilier (tapis, lampadaire…) et des motifs de carrelages. Souvent dédoublés par leur propre ombre, ils dansent, chantent, s’accouplent… Et l’humour n’est jamais loin avec Tschabalala. Il y a même un côté défilé de mannequins ou photos de mode! Ces femmes et ces hommes donnent quelque fois l’impression de chercher la pose! Et les choix de tissus ou habits sont faits minutieusement. (voir aussi la vidéo dans la mezzanine, à propos d’une performance de Tschabalala)

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Roland Topor expose également. Ses peintures sont surréalistes, à la mode de son époque. Un peu « has been » à mon goût et si les sujets sont à regarder de près, la technique picturale, pour moi, n’est pas extra! Ses dessins ou gravures sont intéressants, parfois. Drôles ou gores. J’en ai retenus quelques uns. Roland Topor, un personnage, une époque. Pas vraiment art contemporain.

The Drawing Centre Show, c’est juste un long alignement de dessins (tirages numériques), entre formats A1 et A4, sur les murs de deux grandes salles. L’écart entre le plaisir, le travail et la réflexion qu’ont montré les curateurs lors de ce choix, et l’indifférence que peut ressentir le public devant une telle exposition est flagrante.

On se croirait dans une salle des fêtes à la suite d’un concours de dessins proposé au centre aéré du village……

Prenez malgré tout le temps de longer tranquillement ces murs de feuilles de papier! Vous y dénicherez des oeuvres très intéressantes. Les noms d’auteurs sont un peu compliqués à trouver (volontairement!!), je vous préviens.

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Francis Orzel, choix du mois

Cet été 2022, je pense ne pas pouvoir beaucoup me déplacer pour aller voir des expositions d’art (raison familiale). C’est pour cela que j’ai déjà fait mon « choix du mois », juillet 2022!

J‘ai choisi de dire un mot sur les dernières séries du peintre Francis Orzel. C’est un artiste dont j’aime suivre le travail depuis de nombreuses années. En perpétuelle recherche, il évolue de façon fort intéressante.

Depuis quelque temps, il peint en exploitant, à sa manière, les traces que laissent les anneaux de croissance du bois.

Francis Orzel est un artiste. Et donc, son intervention permet à ces lignes de vie du bois d’entrer dans une nouvelle existence. Elles se mettent à raconter un autre univers.

Quand il pulvérise ses pigments avec son aérographe à bouche (c’est sa technique de peintre), je ne peux m’empêcher de penser qu’il insuffle en quelque sorte un second souffle à son matériau, à son support.

Les cercles concentriques du bois, plus ou moins réguliers, prennent chair. Se courbent, se brisent, s’inclinent… Tout cela dans une harmonie duveteuse, sableuse, mousseuse…Et avec une palette variée, mais toujours discrète et noble. Des bruns, des gris, des blancs, des bleus sourds et tendres, quelques ocres et rouges. Ils cohabitent avec les formes à tendance géométrique que peint habituellement Francis Orzel, celles qui évoquent des cubes, des cylindres, des plaques rigides, des rubans…mais peut-être aussi des troncs et des branches d’arbres.

Et Francis Orzel a le chic pour jouer avec les plans, les transparences et les lumières. Il ouvre des tunnels et des gouffres dont l’éclairage prend parfois un air de cosmos lointain…Il communique une étonnante profondeur à ses constructions picturales.

De temps à autre, il introduit des silhouettes vaguement humaines. Des apparitions qui viennent peupler ses paysages personnels.

Ses œuvres étaient jusque là d’habiles agencements de lignes, volumes et couleurs. Elles deviennent ainsi de plus en plus des récits.

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Palma Babos, Toucy

Un bon point, sur mon blog, pour la Galerie de l’Ancienne Poste, à Toucy (89). Accueil, et choix des artistes céramistes: LA qualité! En ce mois de juin 2022, pour la première fois, j’y suis allée. Honte à moi qui ne l’avais jamais mise sur mes plannings de visites…depuis 60 ans que j’habite Dijon!!

C’est « mon choix du mois »! Dans cette Galerie, j’ai vu l’exposition de l’artiste hongroise Palma Babos, « Vibrations of the city ».

Les petites architectures instables qu’elle présente sont à priori des tours et pourraient, bien sûr, évoquer les célèbres jumelles du tragique attentat de New York… Mais ce serait réduire l’intérêt de ce travail.

Il y a, dans cette série de blanches céramiques alvéolées, une sensualité qui ne peut pas vous échapper. Ou c’est une chorégraphie souple et gracieuse. Ou c’est un drame en train de se vivre devant vous. Car ces formes bougent, se plient, s’agenouillent, se tordent…Elles cherchent désespérément à maintenir leur équilibre. Peut-être luttent-elles contre des forces qui les dominent. Elles sont en pleine tempête. Souffrent-elles? Dansent-elles? Ou ne seraient-elles pas sous l’eau, ondulant comme des grandes plantes aquatiques?

L’oeuvre vous entraîne ainsi dans des possibles infinis. (C’est le principe d’une véritable création artistique.) Les questions fusent… La matière solide devient molle. Le tragique a des airs de comique ou d’élégance… Passionnant

Fascinante, aussi, est la façon dont Palma Babos élabore ces constructions. Petit élément par petit élément. Comme brique après brique. Et, de temps à autre, elle modifie leur forme, leur épaisseur, leur emplacement, leur assemblage pour atteindre l’extrême bord de la chute, de l’irrémédiable ruine… La cuisson donnera son verdict. Volonté de l’artiste et hasard jouent leur rôle.

A noter que trois de ces tours sont faites d’un matériau différent. Autant l’ensemble des tours est lisse, brillant et immaculé, presque précieux. Autant celles-ci sont rugueuses, grises et brutes. Si les premières peuvent éventuellement avoir un côté décoratif, autant celles-ci ont une force sauvage qui change tout!

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Will Menter, Saint Philibert

A Dijon, église Saint Philibert, installation sonore, performance de Will Menter, « Inhabitation ». Début juin 2022.

Quatre potences sont installées dans l’église Saint-Philibert. Will Menter (musicien et artiste plasticien) les nomme « pendules ». Il actionne chacun d’eux en transmettant un mouvement de balancier. Celui-ci vient toucher ou effleurer les matières posées au sol. La sonorité diffère suivant la matière: bois, pierre, ardoise ou métal. Sourds, clairs, vibrants…

L’artiste circule en permanence dans l’espace. Il modifie un élément par-ci par là, il écoute, il manipule, il observe… On le suit timidement. On le regarde agir. Chaque oeuvre n’existe que lorsqu’il intervient. Mais les sons se prolongent pendant un moment, après le geste de l’artiste de lancer son pendule. On attend. On s’assoit. On guette la rencontre entre l’objet qui frappe et celui qui résonne. On s’étonne du hasard. Ou on admire l’organisation des sons qui deviennent musique. On évoque xylophone, bol tibétain etc. On laisse passer délicieusement les silences remplis d’espoir d’un nouveau son… Le rythme ralentit doucement. On attend. On espère. On voudrait que Will Menter revienne. On sait que ce sera différent à chaque fois.

Ces quatre installations ont aussi leur beauté hors sonorités. Leur propre esthétique nous touche aussi.

Jérémie Blancféné, chez F. Le Corre

Le photographe dijonnais Jérémie Blancféné a exposé « Face/Face » à l’Atelier-Galerie de Françoise Le Corre, 1 rue Jeannin, l’été 2022.

Faces et façades, c’est à peu près ce que donne à voir cette expo du photographe Jérémie Blancféné. Face cachée, face invisible…Façade aveugle, façade anonyme… Les deux séries de l’artiste se répondent. Se regardent en miroir…

Dans la 1ère salle (première série), un personnage énigmatique apparaît (telle une apparition, en effet) dans chaque lieu photographié. Obsessif. Une présence inquiétante, au visage remplacé par un miroir ovale, ou une tache blanche comme un vide. Il est là. Calme. Immobile. Intégré au paysage . Mais si gênant! Lui? Nous? Personne? On guette un regard… Au mieux on a un reflet.

Les photos sont d’assez petits formats. On s’approche. On essaie de capter quelque chose. Parfois, on reconnaît un coin de Dijon ou de ses environs! Il faut bien se rassurer! L’étranger est toujours là. Même de nuit! Tombé d’une autre planète ou venu d’ici tout près, va savoir. La raison de son existence ici est un mystère. Dérangeant. Envie de lui arracher son masque! Au risque de ne trouver qu’un trou…

J’aime une œuvre qui crée ainsi un malaise! La réalité n’est pas toujours ce qu’on croit! L’art se doit de nous alerter! J’aime aussi les multiples voies où peut nous engager l’œuvre. Les multiples pensées et questions…

Après un intermède bienvenu, passage entre les deux salles, avec une grande photo belle et onirique, un brin surréaliste, nous sommes dans la deuxième salle (deuxième série).

Une géométrie dure et tristounette nous attend. Les photos ont été prises en zone périurbaine. Et Jérémie Blancféné s’est attaché à ne choisir que des murs de maisons nus, sans ouverture. Des blocs fermés, raides, secs, neutres, rendus obligatoires par certaines contraintes d’urbanisme. Et les images de l’artiste, par leur répétition, leurs lignes cadrées habilement, leurs teintes et textures rudes, leur absence de séduction, créent à nouveau un malaise. D’un autre genre. Ces pignons n’ouvrent sur rien, ne montrent rien. On guette une fenêtre (comme un regard tout à l’heure) ou une porte. Au mieux, on a une antenne ou une parabole…ou une vigne-vierge morte. L’effet est saisissant. C’est un grand silence. Une immobilité froide. Inhumaine. Au-delà de la figuration d’un réel bien réel, l’oeuvre est troublante…Là encore, des réflexions émergent…

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Métamorphoses, La Coupole

A Dijon, rue Ste Anne, à la Coupole c’était , début juin 2022, l’ exposition organisée par « Nord-Sud Bourgogne-Mali » Des artistes bourguignons et des artistes africains.

MBonguana, Mambo’o (extrait)

On est habitués à ce rapprochements d’oeuvres d’artistes de Bourgogne (beaucoup de l’association 13plus) et d’Afrique, programmé régulièrement à Dijon. Il y a toujours de bonnes choses à se mettre dans les yeux et dans le coeur. Cette fois, le thème est « Métamorphoses ».

la belle oiseleuse, Fabienne Durupt (extrait)
mon oeuvre au noir, Odile Massart

Ma balade au milieu des métamorphoses… Je réécris les titres!… (A vous de deviner!!)

l’incarnation de la pierre végétale, l’ancêtre et sa mue, Léda s’écrit en fil blanc, les vies de la femme-forêt, la danse cruelle de l’humain et du serpent, la vraie poupée et la fausse (plus vraie?), le fétiche clouté et ses mots sorciers, chorégraphie des femmes-villes, les tentes de migrants « monumentalisées », le mouton face à son squelette, histoire d’une réincarnation, les grimaces de notre virus mondial, les échos d’un cri, le grand écart du perchoir, la petite graine a bien fonctionné, quand on éclate en tourbillons, autoportrait de moi et de moi….

Et j’en ai oublié!

voyage de mémoire, Ben Nabhan Brahim

Et bravo à l’atelier des élèves de Fabienne Adenis du collège des Lentillères.

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13Plus, à l’Orangerie

Printemps 2022: « Promenons-nous dans les bois », exposition collective des artistes de 13 Plus. A Dijon, à l’Orangerie, jardin de l’Arquebuse.

Micheline Reboulleau (extrait)

Je n’ai jamais vu autant d’essences d’arbres! En toile, en voile, en papier, en terre cuite, en ficelle, en peinture…et même en bois! Des sensations d’arbres, des visions d’arbres, des impressions d’arbres…Et ces arbres sont habités: ils abritent des esprits. Partout, des visages, des présences animales, des objets de sorcellerie, des personnages de contes…La forêt enchantée!

Benvinda (extrait)
Evelyne Lagnien

Les artistes de 13+ (ils sont 25) ont joué de leur baguette magique pour métamorphoser le réel. Ils ont tout mélangé dans leur super-marmite, le vrai, l’imaginaire, le présent, le souvenir, le légendaire, la matière, le rêve…Et, au bout du compte, on se balade dans un univers fabuleux qui nous ressemble un peu! Nous sommes faits de tout cela.

Merci aux artistes qui ont su reconstituer ce monde étrange et merveilleux. Une sacrée ambiance! Une ambiance sacrée! Le cheminement qu’ils ont installé, entre sombre et ombres, entre sol et ciel, est une réussite. Et, pourtant, le challenge était de taille. L’Orangerie est une immense salle difficile à occuper. De plus, 13+ s’est heurté à des (dé)mesures de sécurité imposées…Il fallait une bonne dose d’adaptation et de débrouillardise!

Dans ce dédale proposé au visiteur, dans ce grand pêle-mêle organisé, il y a aussi le travail de CHAQUE artiste, que l’on reconnaît, que l’on observe. Il y a également le travail à plusieurs mains, sympa. Les uns et les autres, parfois, ont mis en commun leurs talents respectifs. On devine, d’ailleurs, dans l’ensemble de l’expo, une vraie réflexion collective.

N’hésitez pas à vous asseoir devant la vidéo de J.Ph. Jarlaud, avec casque sur les oreilles. Images sur rythmes musicaux, un choc.

Hbyba Harrabi (extrait)
Sylvie Perron et Pascale Serre (extrait)
Odile Massart (extrait)
Michèle Millerot
Fabienne Adenis
Pascale Serre (extrait)
Pascal Lazzarotti