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Jérémie Blancféné, chez F. Le Corre

Le photographe dijonnais Jérémie Blancféné a exposé « Face/Face » à l’Atelier-Galerie de Françoise Le Corre, 1 rue Jeannin, l’été 2022.

Faces et façades, c’est à peu près ce que donne à voir cette expo du photographe Jérémie Blancféné. Face cachée, face invisible…Façade aveugle, façade anonyme… Les deux séries de l’artiste se répondent. Se regardent en miroir…

Dans la 1ère salle (première série), un personnage énigmatique apparaît (telle une apparition, en effet) dans chaque lieu photographié. Obsessif. Une présence inquiétante, au visage remplacé par un miroir ovale, ou une tache blanche comme un vide. Il est là. Calme. Immobile. Intégré au paysage . Mais si gênant! Lui? Nous? Personne? On guette un regard… Au mieux on a un reflet.

Les photos sont d’assez petits formats. On s’approche. On essaie de capter quelque chose. Parfois, on reconnaît un coin de Dijon ou de ses environs! Il faut bien se rassurer! L’étranger est toujours là. Même de nuit! Tombé d’une autre planète ou venu d’ici tout près, va savoir. La raison de son existence ici est un mystère. Dérangeant. Envie de lui arracher son masque! Au risque de ne trouver qu’un trou…

J’aime une œuvre qui crée ainsi un malaise! La réalité n’est pas toujours ce qu’on croit! L’art se doit de nous alerter! J’aime aussi les multiples voies où peut nous engager l’œuvre. Les multiples pensées et questions…

Après un intermède bienvenu, passage entre les deux salles, avec une grande photo belle et onirique, un brin surréaliste, nous sommes dans la deuxième salle (deuxième série).

Une géométrie dure et tristounette nous attend. Les photos ont été prises en zone périurbaine. Et Jérémie Blancféné s’est attaché à ne choisir que des murs de maisons nus, sans ouverture. Des blocs fermés, raides, secs, neutres, rendus obligatoires par certaines contraintes d’urbanisme. Et les images de l’artiste, par leur répétition, leurs lignes cadrées habilement, leurs teintes et textures rudes, leur absence de séduction, créent à nouveau un malaise. D’un autre genre. Ces pignons n’ouvrent sur rien, ne montrent rien. On guette une fenêtre (comme un regard tout à l’heure) ou une porte. Au mieux, on a une antenne ou une parabole…ou une vigne-vierge morte. L’effet est saisissant. C’est un grand silence. Une immobilité froide. Inhumaine. Au-delà de la figuration d’un réel bien réel, l’oeuvre est troublante…Là encore, des réflexions émergent…

cliquer sur les visuels pour agrandir

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