Deuxième Art Fair à Dijon! Au Palais des Congrès. C’était le weekend des 30 sept, 1 et 2 octobre 2022. Davantage de surface et d’exposants que l’année dernière. Et un art encore plus facile d’accès pour les visiteurs qui ne seraient pas trop habitués au « contemporain ». (Sauf en ce qui concerne le thème de cette année: le néon. Mais il était présenté en marge) . Un choix, apparemment, de montrer beaucoup d’artistes émergents ( moins chers et intéressants à faire connaître)
Mon entrée payée 10 € en ligne (et parce que je suis senior!), de stand en stand, j’ai passé de très bons moments devant certaines oeuvres présentées. Accueil sympa dans l’ensemble. Sans esprit trop business!
Sebastianne Julin
Mais, je vais, ici, noter surtout les jeunes artistes sur Dijon. Ceux de « ENSA Halle 38 « , et les trois collectifs réunis sur un stand dont l’anonyme « Ville de Dijon » laissait perplexe! On aura compris que celle-ci invitait ces collectifs. Mais, du coup, ils étaient obligés de mettre en évidence eux-mêmes leur nom, comme ils pouvaient. Il s’agit de White Cubi, La Volière et Halle 38. Pour les deux premiers, vous pouvez aller voir leurs ateliers dans la cour de Vortex (en face de celui-ci).
Je signale aussi le collectif Portail de Chagny (71).
Elodie Armata (ENSA Halle38)
Pier Sparta, « gisant de loup » (collectif Portail)
Chez ces jeunes j’ai retenu, Elodie Armata, Joris Creuze, Hugo Perreal, Sylvain Owelle, Pier et Tindara Sparta… (mais c’est un choix personnel)
« A la lumière d’hiver », exposition du peintre Samuel Erard, Galerie La Source, à Fontaine-lès-Dijon, automne 2022.C’était une visite à faire avec lenteur… Mais à faire, c’est certain!
Notre rapport au paysage est étrange. Certains n’ont rien à nous dire. Ne sont pas nos amis. (Pour moi, par exemple, une plage de sable blanc, une mer turquoise et un palmier … me laissent indifférente!) D’autres semblent être là pour nous. Et quelque chose passe entre nous. Et un vrai dialogue muet peut s’installer.
Devant les peintures de Samuel Erard, c’est un peu la même chose qui arrive. Faites l’expérience de vous planter devant l’un de ses paysages d’hiver, de fixer la toile et d’attendre un peu. Quand le courant passe (insistez ! ça va venir…), vous allez voir peu à peu se modifier le paysage. Inouï! Peut-être la brume va-t-elle se dissiper. Ça va s’éclairer imperceptiblement. Une dernière nuée va se désagréger derrière les sapins. La lisière du bois va devenir plus nette. Et un bleu timide va émerger au-dessus de votre tête. Le discret soleil d’hiver n’est pas loin.
Et tout ça c’est juste de la peinture! (Ou du pastel! Géniales aussi les salles du premier étage avec les petits formats au pastel!)
En attendant le loup (pastel)
Mais comment un artiste peut-il rendre ainsi la sensation d’un paysage, et non le paysage lui-même? Car, non seulement, il parvient à exprimer l’impermanence du paysage, mais il sait également raconter tout le remue-ménage que peut provoquer en nous la contemplation du paysage. Nous, nous sortons un idiot « c’est beau! ». Pas foutus capables de dire autre chose! Ce peintre, avec un peu de pigment, révèle une multitude d’impressions fugaces, larmes retenues, sourires intérieurs, frissons admiratifs, souvenirs fantômes, vibrations sensuelles, paix bienfaitrice… En fait, ce que montre l’artiste ici, c’est le paysage après le paysage. Ce qu’on a gardé de lui, après contemplation. Ce qu’il a imprimé en nous. Ce qu’il a peut-être transformé en nous.
On est loin du tableau dit figuratif, ou encore mieux (pire?) réaliste, voire même trompe l’oeil! Quelque chose de plat, de vide, de pauvre, d’insignifiant. A part la technique…rien!
Samuel Erard travaille la peinture depuis des années, et il le fera toute sa vie. Il cherche. Humblement. On a envie de lui dire qu’il a déjà trouvé!
L’Hostellerie, avec Itinéraires Singuliers, dans le Parc de la Chartreuse, à Dijon, nous a offert une bonne exposition fin 2022, « les Inattendus ».
Raymond Mitaine ouvre l’expo avec « Mon père en hiver ». Dans la première salle, circule une ombre obsédante, mais bienveillante je crois. Le père de l’artiste. Etrange fantôme noir. Toujours de dos. Ou en tout cas sans visage. Enveloppé dans une vaste houppelande. On devine que ce père est mort et qu’il vient hanter l’esprit et le coeur de l’artiste. Celui-ci semble saisir dans l’urgence la silhouette entrevue de temps à autre dans ses souvenirs. Des apparitions éphémères qu’il faut vite jeter sur le papier pour garder vivant ce vieux père disparu. (Je n’invente rien, Raymond Mitaine l’explique lui-même dans un des textes présentés à l’expo)
En grands ou mini formats, ce personnage du père est conjugué tout au long de la salle, présenté parfois en frises, comme un film. Une belle scénographie qui compte dans l’émotion que l’on ressent. Et ce léger papier de soie, blanc, sur lequel vient se poser la silhouette à l’encre de Chine, provoquant des plis, des froissements, des crispations… il participe aussi à l’impact que peut avoir cet oeuvre sur nous. Ce sont presque des confidences que nous égrène ici l’artiste. Chuchotées.
L’artiste qui m’a ensuite le plus intéressée, c’est Maggy Backes. Ses pastels montrent des personnages apparemment en mal de vivre. Penchés, serrés à plusieurs dans un petit espace étouffant, avec des visages soucieux, tristes ou douloureux… Ils sont faits de peu de couleurs et de peu de traits. Un travail dans l’immédiateté. Leurs contours ne sont pas vraiment définis, l’artiste les a dessinés de lignes multiples qui brouillent la forme. Mais qui transmettent aussi un mouvement aux physionomies, devenues ainsi très changeantes.
Maggy Blackes a choisi également la sculpture pour exprimer sa vision de l’humain. (Ces humains qui ne seraient que des quilles dans un jeu …) Un travail de sculpture avec toujours une économie de formes, visant à dire juste et vrai. Sans fioritures.
Le troisième artiste est Jean-Michel Maulpoix. Il est avant tout poète, mais l’écriture l’a mené au dessin et à la peinture. Il donne à voir des petites encres très maîtrisées malgré leur aspect libre et modeste.
26 artistes ont travaillé sur le sujet de l’exil, de la migration, de l’accueil des migrants … Fédérés par le MRAP, ils ont exposé 70 oeuvres au Cèdre, à Chenôve cet automne 2022. Beaucoup de scolaires ont engagé une réflexion à l’occasion de leur visite à cette exposition, à l’intérieur d’un projet culturel de la ville. Et quelques-uns ont exposé au même endroit leur travail créatif réalisé à partir de cette expérience.
D’abord, coup de chapeau à la scénographe Anne Chignard qui a utilisé au mieux, avec les artistes, ce grand volume du Cèdre ! Mur géant (hall d’entrée), niches, mezzanine… Mission délicate de faire cohabiter les travaux de tant d’artistes différents. Seul point commun, le thème. Chacun y a mis sa propre sensibilité, sa personnalité, son coup de patte d’artiste. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice.
une partie du « mur », dans le hall d’entrée
Donc, il y a risque d’une certaine incohérence plastique, esthétique …On l’oubliera. Risque d’un certain déséquilibre de qualités artistiques. On l’oubliera. Et on se laissera toucher par telle ou telle oeuvre. Par ces images fortes de peur, d’abandon, de déchirements, de vertige, de perte…Mais aussi par ces tentatives de redonner espoir.
Hbyba Harrabi « famille »
Fabienne Durupt « exil »
Il y a dans cette expo à la fois un imaginaire extraordinaire et une expression bouleversante de la réalité. Les artistes savent, en général, jongler avec les deux!
Evelyne Lagnien « déchirement »
Pascale Serre
Un énorme travail pédagogique est fait autour de cette expo, un travail de recherche documentaire sur les migrations . A l’entrée, au pied du « mur », on trouve tous ces textes , littéraires, historiques etc sur le sujet. Reste que, décidément, cette expo vous devez la voir comme une manifestation sociale, humaniste, politique, militante… L’art n’est qu’un prétexte.
Charles Belle est né dans le Doubs, il a fait ses études aux Beaux Arts de Besançon. Et cette année Jura et Doubs l’exposaient en sept lieux. (Je n’ai vu que l’exposition de Arc-et-Senans, à la Saline). Cette grande rétrospective du célèbre peintre était en hiver 22-23
extrait
Dès l’escalier monumental de la Maison du Directeur, au coeur de la Saline, on est happés par plusieurs oeuvres au-dessus de notre tête: grands motifs rouges sur immenses toiles noires (impressions sur tissus à rideaux?). Spectaculaire! C’est l’adjectif que je retiens à priori pour qualifier le travail de Charles Belle. Je corrigerai quelque peu tout à l’heure!
Première salle. Dimensions grandioses. Clarté. Les peintures de Charles Belle explosent sur les murs. Je suis à nouveau happée! Je m’assois! En très grands formats (2m sur 3 le plus souvent), voici l’eau d’un torrent qui galope sur des rochers, qui éclabousse et projette son écume. Je regarde un moment. Et, bientôt, l’évident réalisme du tableau s’écarte, laissant la place à l’évidence du geste pictural. La force (et le plaisir) de l’artiste qu’il met dans cette composition, je la perçois. Ce ruisseau de montagne, en gros plan, devient une émotion, une sensation… Il traduit je ne sais quel élan, quelle fougue!
Derrière moi, ce sont d’autres peintures géantes, des herbes. Un fouillis de grandes herbes, en vue rapprochée. C’est facile de plonger! Mais, là encore, le mouvement qui se dégage de la toile n’est plus seulement l’ondulation de la prairie chatoyante. C’est la danse du bras de l’artiste elle-même que je sens, le balancement de sa main et de son corps tout entier, en cadence avec le pinceau.
Les salles suivantes montrent des fleurs, en grand format également et en vues très rapprochées. Ça vibre. C’est duveteux, soyeux, translucide, rayonnant… Des fleurs, certes. Mais aussi l’expression de la caresse, du toucher fragile et timide, du parfum subtil, du froissement éphémère. L’acte pictural relève parfois de la pure poésie. Je pense que c’est le cas ici. Même si la virtuosité avérée peut gêner … Ça peut arriver que la grande maîtrise de la technique, admirable, empêche la vraie émotion. (Ne pas hésiter à venir tout près de la toile, surtout s’il n’y a pas de vitre! A scruter la trace du pinceau, la coulure, la traînée, les superpositions etc. Et puis, s’éloigner lentement!! On comprend mieux le génial travail du peintre!)
Dans le bâtiment voisin, la Berne Ouest, Charles Belle présente une installation que je peux vraiment cette fois qualifier de spectaculaire (et très réussie)! Sous la gigantesque charpente en bois, sont accrochés des cylindres monumentaux, tendus de toile noire. Là-dessus apparaissent les peintures de l’artiste, fleurs, herbe, eau et arbres, illuminées de l’intérieur. Telles de grandes lanternes. On se promène dans cette étrange forêt, le nez en l’air, dans la nuit de la salle… (Cette exposition-là ne dure que jusqu’au 23 octobre)
Ma peinture préférée de cette exposition à la Saline: « Encore cette source »
Jusqu’au 6 novembre, la Fondation Cartier, à Paris, accueille des oeuvres de la peintre aborigène Sally Gabori (de son vrai nom Mirdidingkingathi Juwarnda). 11-20h. fermé le lundi.
Thundi 2010
Deux façons d’aborder la peinture de Sally Gabori. -1 La première, simplement: entrer dedans, nager avec le courant, se laisser aller entre blocs, flux, écume, vagues, jaillissements… Les couleurs et les grands coups de pinceaux sont suffisamment entraînants pour ça. Les grands formats (jusqu’à 6 m de long!) aident à cela. Se contenter du plaisir de rencontrer une œuvre abstraite, puissante et très personnelle. [A savoir, ne vous attendez pas à de l’art aborigène tel qu’on le connait en occident. Pas du tout. Cette artiste a vécu hors des circuits! ]
-2 La deuxième, c’est d’apprendre à mieux connaitre cette étrange vieille dame artiste, née dans une petite île australienne vers 1924, membre d’une toute petite communauté (kaiadilt) isolée, vivant de pêche et de cultures de pommes de terre, puis exilée de sa terre natale contre sa volonté (un tsunami en 1948), et ouverte soudain à la peinture vers 80 ans (elle est morte en 2015).
Nyinyilki 2009
un extrait d’une des toiles !
Alors, peu à peu, on sent autre chose naître dans notre rapport à sa peinture.
Ce n’est pas de l’abstraction. Ce sont les paysages de son île. La mer, la terre, le ciel, les murets construits pour piéger les poissons (épaisses lignes noires) etc. Ce sont les sensations et les impressions que Sally Gabori a conservé en elle de sa vie « d’avant », les légendes, les chants, la famille, le travail et la communion avec la nature, les couchers de soleil, les intempéries, la végétation, les lumières du lagon… Elle les restitue en peinture. En couleurs. Avec un geste vrai, pur, sincère, énergique. Et, souvent, elle a comme une vision aérienne, comme si elle peignait en lévitation au-dessus de son pays: ses toiles évoquent alors une cartographie des lieux.
Thundi 2010
Ce sont donc des témoignages. Mais, en même temps, c’est un extraordinaire travail d’artiste. Elle qui n’a guère eu le temps d’apprendre (dans des cours de peinture de sa maison de retraite!), qui ne sait ni lire ni écrire, qui parle la langue kayadirt (que plus personne ne comprend), elle construit une vraie oeuvre qui sera reconnue et exposée!
Petites choses à savoir (ou pas! comme vous voulez!): – On peut regarder les toiles dans tous les sens. L’accrochage, ici, est aléatoire. Parfois, Sally Gabori peignait d’ailleurs en tournant sa toile. –Sally Gabori n’attendait pas que sèche la première couche de peinture acrylique (peut-être par choix ou peut-être par urgence de peindre). Elle laissait muer et muter les couleurs entre elles. -Certaines toiles présentées dans cette exposition sont collectives, faites avec ses filles ou des femmes de la communauté.
La photographe plasticienne Claire Vanvosthuyse a exposé « Translation » à la Galerie La Source, Fontaine-lès-Dijon en septembre 2022. Une expo construite, cohérente, émouvante, une des meilleures de l’année, ici.
Odyssée
Entrer dans la Galerie, pour cette exposition de Claire Vanvosthuyse, c’est se glisser dans un ailleurs. Un ailleurs qui ressemble au réel. Mais un réel fragile, lointain, sauvé des eaux…
Pêcher des morceaux de vie qui flottent quelque part. Les capturer. En faire quelque chose. Les assembler pour reconstituer d’autres formes de vie. Fouiller dans les nimbes de la mémoire pour extraire des moments ou des objets. Les faire remonter à la surface pour qu’ils changent d’identité: qu’ils ne soient plus seulement des souvenirs. Les faire se rencontrer. Construire de nouvelles images avec eux.
L’artiste a ce pouvoir.
Et voilà donc, au rez-de-chaussée, des triptyques qui réunissent des extraits de photos des quatre coins du monde. Des fragments de villes, que des milliers de kilomètres séparent (et des dizaines d’années), mais qui se trouvent, ici, d’étranges affinités et vivent soudain des mariages heureux! « Voyages à l’oeil », est le titre de cette série!
(cliché Claire Vanvosthuyse)
Le magnifique mur d’images, lui, qui pourrait presque être un mur d’ex-voto, au fond de la salle, raconte une Odyssée d’Ulysse très personnelle. Des étapes, des épreuves, des épisodes…Pas forcément toujours fidèles au poème d’Homère! (C’est l’odyssée de l’artiste elle-même, plutôt) Mais quel bel assemblage de formats, de teintes et de lumières!
Au premier étage, on continue de se glisser dans les tableaux de Claire Vanvosthuyse, qui, tous, semblent sortir d’un long séjour dans l’oubli: le sujet comme la façon d’être traité. Un peu de flou, d’effacé, de fané, de déchiré… Les paysages, l’atelier du peintre, les chaises qui attendent leurs fantômes… C’est surprenant, et très prenant! Pour ceux qui se poseraient encore la question, non, ce ne sont pas des peintures mais des impressions photographiques marouflées (collées). L’artiste travaille par assemblages, agrandissements, poses de scotchs etc. Un geste de plasticien: ajouter, retirer, déplacer, corriger…
(cliché Claire Vanvosthuyse)
Deux salles, encore, à retenir: -« Bribes » (titre excellent!), une frise en noir et blanc présentée de façon monacale: de petites formes abstraites qui sont autant d’éléments détachés, transportés, et « greffés » ici… On pense à de mini-gravures. -Et « Les lames », très bel ensemble de photos de toiles d’araignées sur fond de tubes à essai, présentées sous plexiglas épais. On est dans un labo! Effet impressionnant! Belle idée!
(cliché Claire Vanvosthuyse)
Cliquez sur les visuels pour agrandir. merci à Claire pour l’envoi de ses clichés. j’ai quand même osé mettre un ou deux à moi!
« Dijon vu par », été 2022, au salon Apollon du palais des Ducs, laissé à la créativité d’un illustrateur et bédéiste Julien Lesne.
J’ai grimpé encore cette année les marches du bel escalier qui mène au Salon Apollon! Et j’ai eu une désagréable impression d’insaisissable, de ténu… Une exposition qui tiendrait juste par quelques fils fragiles. Quelque chose de léger, léger. De presque indigent. De flou ou pas fini. Je m’attendais à mieux.
Et je me suis demandé pourquoi.
Peut-être pas vraiment assez de « grands formats » (contrairement à ce qu’on annonce dans certains articles), dommage pour un tel lieu. Trop de petites choses un peu bricolos. Perdues sur les panneaux noirs. Peut-être aussi un manque de rigueur dans le cheminement que le visiteur doit suivre pour comprendre ce conte que Julien Lesne présente. Le visiteur est à la recherche d’un fil rouge, de liens entre les panneaux…La lune tombée sur Terre? La lune dans Dijon? Hum! Pas facile à suivre! Les inscriptions explicatives m’ont paru également maladroites (pas très aisées à lire et ce côté étiquette Dymo qui, même si c’est voulu, n’est pas du meilleur effet…à mon avis).
Certes, les planches de dessins valent le coup qu’on s’y arrête. Donneraient envie de lire une BD de Julien Lesne…
Et, ce que j’ai préféré, le panneau du fond de la salle… Là, j’ai vu un travail d’artiste. Superpositions, transparences, ajouts incongrus… J’aurais volontiers admiré d’autres œuvres de cet acabit dans cette exposition dijonnaise, au palais des Ducs…
Allez y vite avant le 18 septembre! Et dites moi que, contrairement à moi, vous avez tout compris, aimé, admiré…. ça me fera plaisir!
Jusqu’au 28 août 2022, à Moloy (21), 7 rue de l’abreuvoir, « Atelier d’été ». Du mardi a dimanche, 15-19h.
Monsieur Guitton et son épouse habitent une petite maison ancienne, cachée au bout d’un village de la campagne bourguignonne, au fond d’un jardin fermé par une haute palissade branlante. Une maison à demi masquée de végétation. Secrète. Mais d’un secret accueillant, si vous voyez ce que je veux dire. Monsieur Guitton est un hôte discret, qui vous laisse apprivoiser les lieux avant de vous accompagner aimablement (avec, parfois, un agréable petit ton de pince sans rire) à travers le rez-de-chaussée. Jusqu’à son atelier.
Secret, il le restera. Même s’il parle volontiers de sa technique de peintre-sculpteur sur bois (okoumé surtout), de son passé de céramiste, de sa connaissance du Moyen Orient et de divers pays d’Europe… il ne livrera pas grand chose de ses inspirations profondes. De ses pourquoi personnels. De ses raisons intimes. Et on aime bien ce mystère. On ne le dérangera pas de nos questions importunes.
Et les petites portes que l’artiste place souvent sur ses oeuvres gardent elles-aussi les secrets intérieurs.
extrait
Cette visite nous laissera l’impression d’être passés par des sanctuaires. Devant des reliquaires ou des châsses, autels, tabernacles, mihrab… On aura cru entrevoir la Pierre de Rosette ou les Tables de la Loi…Des mantras ou la Thora… C’est un extraordinaire mélange de références qui nous sautent au coeur. Des impressions, des souvenirs. L’atelier de l’artiste a même quelque chose de monacal, où l’on imagine le moine qui s’applique à ses enluminures. (Et nous voilà dans une abbaye! !)
Et cette préciosité (peintures or, incrustations), ces détails minutieux, ces motifs répétitifs, cette noblesse des formes …. Peut-être est-on dans la recherche d’une certaine sagesse. En tout cas le travail de Denis Guitton impressionne et élève l’esprit.
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Le bois tient sa place ici. Ciselé, gravé, peint, clouté… il est une matière naturelle respectée, malgré (ou grâce aux) les métamorphoses réalisées.
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