Recevoir un email pour chaque nouvel article?

Loading

Sylvie Auvray, au Consortium

En sept 10,  Sylvie Auvray a exposé au Consortium, rue Quentin, Dijon. Peintures et sculptures d’un monde bien connu, le nôtre (animaux, maisons, personnages…) mais qui ont franchi une frontière et sont entrés dans son univers à elle, l’artiste. Métamorphose que j’ai appréciée.

Les sculptures d’animaux de Sylvie Auvray (céramique souvent), phoque, Auvraychien, cochon, écureuil, lapin, panda…me font penser, pour certains,  à ces doudous qui ont beaucoup servi! Qui se retrouvent un peu bancales, un peu déformés et effilochés…Vieux, défraîchis, mais tellement craquants! Attendrissants et si vivants encore! Le monde de l’enfance est d’ailleurs parfois présent aussi dans ses peintures.

Mais –  autre façon d’appréhender le travail de cette artiste – ses sculptures et peintures, en fait, s’emparent d’objets et de lieux pêchés dans le banal quotidien (il paraît qu’elle puise des images sur internet ou dans ses photos souvenirs de balades à Los Angeles)), plutôt cucus, ou kitchs, ou inintéressants, ou moches…Et elle leur communique une valeur. (sublimés?)  Soudain, ils sont grand format, statue, Auvray2tableaux…Cette vieille piscine, ce salon en triste fouillis, ce pan de maison, cette cuvette ancienne…Elle leur donne une autre réalité. Ou plutôt une irréalité, un côté impossible, fantastique…

N’oubliez pas de lever la tête dans l’une des salles d’expo: plafond peint par l’artiste! Et de passer par la boutique du Consortium avant de partir: les bijoux de Sylvie Auvray prolongent absolument son œuvre. Quelle belle gueule ont ses bêbêtes en colliers ou bagues! Allez voir! Par contre, sa collection de petits lapins ne m’a pas séduite…

Cliquez sur les photos (en 2 fois) pour agrandir

Joakim Stampe, pierres « habitées »

sitdriver11Dans le cadre de L’été des Arts en Auxois-Morvan, le travail de Joakim Stampe a retenu mon attention…Ou plutôt celle de ma « complice en expos » ( Je n’ai pas pu aller faire moi-même ce circuit de village en village) Ses photos et commentaires m’ont convaincue. C’était  à voir à Drée, Vieilmoulin, Martrois et autres lieux.

C’était prévu jusqu’au 15 août 2010. Les peintures ont-elle disparu? Je ne peux pas vous dire, mais je vous rajoute deux photos prises par mon petit fils de 6 ans 1/2 cet été ! ! (suis trop fière!)Travis

Joakim Stampe, artiste suédois, a peint des visages sur toutes sortes de pierres et accidents de surface. Art éphémère qui donne vie aux choses. Habiles gestes picturaux qui créent un univers de légendes. Apparitions de petits êtres allégoriques, de génies de la nature (nos trolls à nous!) qui ricanent, s’embrassent, tirent la langue, vous observent avec insistance, vous font un clin d’oeil…A la fois immobiles et expressifs. L’artiste a su utiliser les formes naturelles usées, les aspérités, les fentes, les bosses, les mousses, les angles…

« Il  en a fait des personnages très discrets mais oh combien présents, en ajoutant ce qui me semble être des pastels colorés pour appuyer les esquisses de visages déjà présentes dans les murs » (dit ma complice). Voilà des pierres ancestrales qui soudain s’animent, révèlent leur âme et nous racontent des histoires.

Une promenade à faire en famille, alliant le jeu de piste (il faut savoir les dénicher ces figures fantomatiques!) et la découverte d’une réelle expression artistique.

La première photo du haut Travis2est de ma complice en expos.

Cliquer en deux fois sur les photos pour agrandir.

Renseignements sur etedesarts-auxoismorvan.info

Marijeta Sidovski, à Nü Köza

MarijetaCette artiste serbe a exposé « Le monde merveilleux des anges » à la galerie Nü Köza, été 2010

Comme des objets spirituels. Des objets sacrés. Ou comme des objets qui auraient un pouvoir. Peut-être des icônes. Ou des talismans, des amulettes…Une partie du travail de Marijeta, arrivé de Macédoine jusqu’à Nü Köza, ce sont ces compositions en bois brut, ces tableautins, où viennent s’ajouter des  petits éléments cueillis dans son pays, pierre, métal, bâtonnets, raphia,  cordelettes, plumes… Le tout délicatement noué, punaisé, cloué, suspendu…On pense à des souvenirs, des porte- bonheur…Des traces de mémoire. Parfois, l’artiste utilise un réel encadrement de fenêtre serbe, en bois. Et elle y place ses petites mises en scène d’objets symboliques. Tout en sensibilité.

Côté œuvres toute récentes, Marijeta épure son travail: des toiles blanches où volètent de vraies petites plumes (plumes d’anges?) et où s’inscrivent des textes (anglais ou français).

Cliquez sur la photo pour agrandir (en 2 fois)

Art contemporain, Help !

Pourquoi faut-il que j’apprécie toujours l’avant et l’autour d’une œuvre d’art contemporaine plutôt que le contenu lui-même? ça me fait presque toujours ce même effet. Le concept de départ me réjouit. L’idée de base me paraît toujours très intéressante et j’admire l’artiste qui a pu la dégoter au fond de son esprit créatif….

Ensuite, j’aime le discours qui accompagne généralement l’œuvre finale, résultat de cette idée première. Les commentaires (ou visites guidées, ou plaquettes etc) qui la garnissent (comme les légumes, la viande…) sont souvent passionnants et bien écrits. Je me régale.

Mais, frustration, le travail de l’artiste lui-même me semble la plupart du temps (il y a des exceptions tout de même!) creux, inconsistant, impersonnel, froid, maigre, lointain…Déception. Je ne rencontre « personne » dans ce genre d’oeuvre d’art (et l’art est une rencontre avec un être humain pour moi). Juste un concept à peine concrétisé. Vidé de sa substance. Distant. Intouchable. Cérébral.

Je vais ressentir davantage d’émotion si, en effet, j’apprends que tel objet d’art contemporain a été réalisé avec je ne sais quel matériau extraordinaire, du fond de la banquise ou de la jungle de là-bas loin- loin, à la manière de la tradition des ancêtres des trucs-choses …D’accord? Encore faut-il que le regardant l’apprisse… En fait, l’émotion est celle de l’artiste mais pas celle de celui qui regarde. Égoïste, va ! Transmission, partage, passage, échange…Loupés !. Dites- moi que je suis trop vieille et que j’ose encore attendre une certaine dimension esthétique dans l’art, un émoi, une réaction à fleur de peau, immédiate…

 

Daoud, à La Source

C’est un grand peintre. Un vrai. Il était à la galerie La Source (Fontaine-lès-Dijon) en juillet 2010. Daoud, d’origine libanaise (né en 70) avait intitulé cette exposition « Mystiques ».

Et si vous commenciez par vous approcher tout près d’une toile, au hasard? Vous verrez comme il se passe des choses ! Appréciez la puissance du coup de pinceau, qui sait où il va, qui ne faiblit pas, qui joue juste. Le geste fort, venu de l’intérieur, maîtrisé, audacieux, plein d’allant, de celui qui dit « si je ne peins pas, je meurs! »

Daoud « est » peinture, « vit » peinture…Et ça se sent tellement…

Maintenant, éloignons-nous de la toile, lentement. Les grands formats du rez-de-chaussée de la galerie se prêtent bien à ce petit jeu. L’univers de Daoud se révèle. Scènes nocturnes dans des architectures ouvertes mi-temples, mi-théâtres. Groupes de personnages, comme des chœurs (Daoud dit partir de la musique, Haendel, Bach, un requiem..). Des groupes en communion, en fusion autour d’une croyance, d’un espoir, d’une attente. Des cérémonies hors-temps, hors-espace, auxquelles vous participez inévitablement.

Certes, l’ambiance est obscure. J’en connais qui ne s’y retrouvent pas ! Mais c’est grâce à la nuit que l’artiste peut jouer de la touche lumineuse vibrante (voyez l’usage extraordinaire des blancs et même des dorés), des superbes bleus sombres des ciels, des longues ombres mouvantes…Rembrandt aimait aussi ces climats de mystère à peine éclairés.

Et la nuit est un pays qui parle mieux de nous et des autres, en profondeur.

Aux étages, vous verrez aussi des dessins et des portraits. Et si vous allez sur le site maisondesmuses/Daoud, ou drouot-cotation.org, vous verrez que l’artiste peint avec bonheur bien d’autres sujets que ceux exposés à La Source. Daoudportrait

Cliquez sur les photos pour agrandir (en deux fois)

A Céline Emorine et ses dessins

Déjà le présent est devenu passé. J’ai vu passer quelqu’un. Je l’ai entrevu. Déjà deux images se superposent. Quelqu’un d’autre est arrivé. J’entrecroise leurs souvenirs.

La vie est un tourbillon.

Je rencontre et il ne reste que la trace. Même celle-ci se recouvre de la suivante.

La vie avance. La vie bouge.

Le sourire se transforme instantanément en grimace. Ou l’inverse. Les yeux se ferment alors qu’on les croyait encore ouverts.

La vie s’active.

On se retourne. On se couche. On se lève. On aime. On se plie. On se redresse. On court.

Le mouvement est vital.

On tue. On pleure. On ramasse un blessé. On se bat. On plonge. On nage. On éclate de vie.

Emorine

Même si elle n’a pas le temps de devenir autre chose qu’une esquisse, la danse de nos corps est irremplaçable. Elle a la perfection du croquis qu’on n’efface pas et qui attend déjà le suivant.

On aime l’urgence de nos vies.

(mai 2010)

Christine Hach, Talant

A la Galerie Espace Brassens, à Talant, a exposé en juin 2010 Christine Hach, artiste allemande.

Vous entriez dans la galerie et vous étiez aussitôt saisi par l’univers envoûtant de Christine Hach. Mi-végétal, mi-animal, mi-humain. Vivant, en tout cas. Ce sont essentiellement ses sculptures (argile) qui créent cette sensation de vie en mutation.

S’élancent des troncs, à l’extrémité desquelles s’ouvrent comme des gueules de vers géants, venus des profondeurs de la terre. Ils semblent proliférer. D’autres structures poussent au mur et au sol. Étrange association, dans tout cela, d’éléments qui évoquent verdure, alvéoles, nid de petits œufs, écorce griffée…Un peu science fiction (Dune?).

Plus loin, 3 sculptures de femmes de près de 2m 50 de haut prolongeaient cette forêt mystérieuse. Divinités en méditation. Nues, la peau claire, marquées elles aussi de griffures.

Les toiles (acrylique) aux couleurs ardentes et au geste fougueux, de style fauve, venaient compléter l’expo. Mais je ne suis pas sûre qu’elles soient nécessaires. Les sculptures forment un tout. Qui se tient. Vraie création d’un monde fantastique qui nous dépasse. Les peintures sont un peu en décalé…me semble-t-il. C.Hach3Cliquez sur les photos (en deux fois) pour agrandir

Viola Montenot, au Simpatico

violasculptureFin juin 2010, Viola Montenot, d’origine slovaque, en France depuis 1970, a présenté son travail de peintre et de sculpteur au restaurant italien Le Simpatico, rue Berbisey, Dijon. Passionnant…

De son perchoir (ses personnages sont toujours en vue plongeante, distants de nous), Viola Montenot observe notre société de petits humains qui s’agitent vainement et dansent une drôle de chorégraphie sans rimes ni raison. Ils courent et s’enfuient. Ils gravitent autour d’étranges engrenages (à la CH. Chaplin dans les Temps Modernes) où ils semblent travailler sans conviction. Ils tentent de s’envoler, par toutes sortes de moyens et d’engins qu’ils fabriquent souvent eux-mêmes. Ils sont seuls, se croisent sans se voir, se tournent le dos…Quand ils lèvent le nez vers nous, c’est pour faire signe à celui qui a enfin réussi à décoller de ce monde inepte..mais pour combien de temps? Un avion, un deltaplane, un parachute…ça se repose toujours sur le sol. Ce sol, vu de haut, qui prend tant d’importance ici :  on y dessine les projets d’envol, de grands portraits y semblent peints… Tout, dans les peintures de Viola, contribue à dire « l’absurdité de la vie » (les termes de Viola elle-même). Et, dans ses oeuvres récentes, apparaissent des petits papiers pliés, peints ou collés. Les formes de certains tableaux, elle-mêmes, évoquent des pliages. C’est une constante chez Viola, il y a quelques années elle peignait sur d’anciens draps dont elle conservait le pliage.

Cocotte, bateau, avion…Un origami simple et enfantin. Comme si l’homme n’avait plus que cet outil dérisoire pour échapper au monde. Le destin réduit à un bout de papier.

L’univers de Viola, avec une palette en contrastes de blancs et bruns sombres, des éclats de bleu ciel, des fonds mouchetés souvent très travaillés, est à la fois chaleureux et inquiétant. Deux sculptures complètent cette expo. Dans la même veine de beauté grave et touchante.

Cliquez sur les photos (en deux fois) pour agrandir

Zhu Hong, à Talant

ZhuOuf! Me voilà réconciliée avec la galerie Espace Brassens de Talant! L’exposition d’avril 2010, « Affiches »et « Blocs », de la jeune chinoise Zhu Hong, présentait un intérêt réel.  (cliquez sur la photo en 2 fois pour l’agrandir)

Sa série « Affiches » interroge sur l’art dans les musées, et, surtout, sur la communication (pour ne pas dire la publicité) faite à son propos. Voilà donc des morceaux d’images où l’on reconnaît des extraits d’oeuvres classiques et célèbres qui sortent de leur univers « sacré » (l’ART) , qui se retrouvent dans les rues…Et on se surprend à se poser la question sur cette image galvaudée des chefs-d’oeuvre, on pense aux boutiques de musées, aux reproductions sur supports vulgaires, ou écriteaux, panneau, banderoles etc …Mais, en même temps, pourquoi la place de l’art (même ancien, même patrimonial) ne serait-il pas hors des murs « muséaux » et comment l’ouvrir au monde, le faire connaître au plus grand nombre, sinon en risquant ce genre de sabotage?

Ouh! La! Cette expo pose plein de questions sur l’art…J’adore!

Mais Zhu Hong nous entraîne dans cette réflexion, sans l’habituelle agressivité contemporaine. Elle le fait avec teintes pastel, dessins académiques de toute beauté. Elle privilégie le détail,  le recul, la prise de distance, le voile de la non évidence. Elle peint et dessine avec la discrétion de l’intelligence et du talent.

( Ses formats rappellent les peintures chinoises anciennes: longs rectangles étroits, verticaux)

Sa série « Blocs » , c’est la même démarche de travail…Les rapports oeuvre d’art – musée. Sur du bois de chêne (une rangée de petites « boîtes) apparaissent en filigrane des détails de peintures ou dessins des grands maîtres passés, zébrés de lignes verticales ou horizontales.

Et, encore là, cette incertitude, cette attente du regard, ce laps de temps…tant le travail est à peine perceptible au premier abord. Lointain, brumeux…

Arrêtez-moi si je dis des bêtises, mais j’ai pensé aux oeuvres de Ming exposées au Louvres, sur le sujet Joconde…Il y avait aussi ce voile…qui crée l’espace entre le regardant et l’oeuvre.

Frédérique Barba, Talant

Quand j’ai ouvert ce blog, je m’étais promis de ne parler que des expos auxquelles j’adhérais (ou au moins en grande partie, même si j’émettais quelques réserves parfois). Pas de méchanceté gratuite, me disais-je. Mais j’ai craqué en février 2010, en allant à la galerie d’art contemporain de Talant (espace G.Brassens)Craqué! Dans le mauvais sens du terme! J’étais entre perplexité et agacement…

Mon commentaire (j’insiste, pour la première fois négatif) (voir ci-dessous) m’a permis de lire des choses sur mon livre d’or du blog complètement à côté de la plaque! Des gens qui n’ont rien compris à mon goût pour l’art, le vrai (et non des trucs décos qui iraient bien dans mon salon). Un seul allait dans mon sens. Des gens, donc, qui n’ont rien compris à ma déception…A ma tristesse. Je ne voulais évidemment pas faire de mal à cette jeune femme pleine d’enthousiasme pour ce qu’elle fait. J’ai le droit de dire ce que je pense. Et je continuerai. Dommage que les commentaires à mes billets n’existent que dans la bêtise, l’incompréhension et l’agressivité. Rien de constructif. J’attends de trouver des gens qui savent « lire » un tableau ou une sculpture et m’en parlent intelligemment! J’attends!

Oui, cette galerie a retourné sa veste. Bon. D’accord, plus d’art conceptuel. Je le vois plutôt comme une bonne chose. Mais de là à nous accrocher aux cimaises de fausses abstractions…Des toiles bariolées, où  je ne sens que du remplissage, du geste vide…C’est de la copie, des reprises vaguement imitées de quelques grands peintres abstraits…Aucune cohérence entre les tableaux, en plus. Plutôt des désaccords.

Que cette jeune femme se fasse plaisir avec sa brosse et son couteau, tant mieux. C’est déjà ça. Qu’elle plaise parce que ses œuvres ne sont certes pas laides à regarder. (Elle décorent bien un mur blanc). Tant mieux aussi. Mais je n’ai vu aucune vraie présence, aucun monde personnel, aucun paysage intérieur…Une œuvre muette. Une surface inhabitée.

Je déplore que cette galerie de Talant accepte un amateurisme pareil.

Me suis-je totalement trompée? Dites-le moi. Je ne demande qu’à être convaincue. Moi, j’y vais à l’intuition, vous savez…beaucoup…