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Jean-François Fontaine, au Rez-de-Jardin

En octobre 2023, Jean-François Fontaine a exposé au Rez-de-Jardin , 11 rue d’Artois, à Fontaine-lès-Dijon. Expo intitulée « Encarts et Carnets, feuille à feuille ». Les vendredi, 14-19h, les samedi et dimanche, 11-19h.

Jean-François était présent, et dessinait devant vous!

Dans son large panel d’œuvres, l’artiste Jean-François Fontaine a choisi, pour le Rez-de-Jardin, de montrer pour la première fois ses pages de carnets. Feuilles arrachées, feuilles volantes. Il expose aussi son travail sur cartons de récupération, sur macules d’imprimerie et sur papiers d’emballage froissés. Et il vous laisse feuilleter quelques uns de ses précieux carnets de « notes » (ceux dont il n’a pas enlevé les pages!!)

Ses observations et réflexions fusent, et viennent se poser sur le papier. Aussitôt traduites en dessins, peintures et mots. Des instantanés.

Jean-François Fontaine regarde ses contemporains. Et il transcrit à sa façon, leurs bizarreries, leurs excès, leurs dérives… S’y ajoute un zeste de fables, de symboles, de métaphores… Quelques jeux de mots, quelques bouts de vieilles chansons ou de contes de grand-mères… Et beaucoup de poésie…

C’est vif, spontané, drôle, parfois grinçant et grimaçant. Toujours lucide et honnête. Jamais méchant.

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François Lautissier, Galerie Le Trigram

La Galerie Le Trigram, qui s’est ouverte à Dijon au printemps de cette année 2023, 29 rue Charles Dumont, à Dijon, a accueilli l’artiste François Lautissier. « Primitif urbain ». En septembre – octobre 2023.

Cette fois, les galeristes du Trigram ont choisi de montrer le travail d’un artiste « singulier ». Du moins, faut-il bien désigner comme l’on peut cet art non académique et cette fantaisie toute personnelle! Allons y donc pour « singulier » ! Cela vous situe à peu près ce que vous allez découvrir de François Lautissier.

Il se décrit lui-même comme un « primitif urbain » (d’où le titre de l’expo). Son expression est directe, sans écriture, simple, colorée… Comme des rébus. Comme des saynètes. Comme des boîtes animées. Sur des matériaux de récupération (tiroirs ou plateaux en bois, par exemple), l’artiste bricoleur assemble de petits éléments, bouts de bois peints, mini jeux enfantins, fleurs en plastique, éléments mécaniques en métal…Et des histoires se racontent. Ce sont des tableautins, mais aussi des totems et des sortes d’exvotos. Dire les choses que l’on voit, que l’on ressent, avec peu de moyens, mais qui suffisent.

Et, d’une œuvre à l’autre, revient un visage. Le même. Simpliste et géométrique. Souvent double, ou multiplié. Ce visage est expressif, souriant, inquiet ou triste… François Lautissier parle là de dualité, de dédoublement…Ses sculptures sont réversibles, également. Pile et face. On a tous deux visages (au moins!), non?

Et on se prend à aimer ces petites familles d’humains que l’artiste regarde comme un témoin de son époque. Ou est-ce lui-même, sans cesse répété, dans son simple quotidien?

Et puis, il y a les huiles sur toile de François Lautissier. Grand ou petit format. Dans la même lignée, mais j’avoue avoir une légère préférence. (C’est personnel!) « Faire tomber la pluie » et « Rouler pour l’eau » sont de belles petites peintures vivantes et significatives. Voyez ces pontillés blancs (comme de l’art aborigène) qui décrivent le cycle de l’eau et ce que nous en faisons…

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Au monde, Jean-Philippe Jarlaud (suite)

Septembre 23: je suis retournée enfin à la Galerie La Source, à Fontaine, pour, tranquillement, apprécier l’expo de Jean-Philippe Jarlaud. . (Retrouvez mon 1er texte à propos de cette expo sur le blog!)

C’est une exposition qui se lit! Des mots et des images à lire! Beaucoup de textes : des poèmes de l’exposant lui-même, souvent intégrés aux photos, et des informations de scientifiques sur le sujet du vivant (fragile et en danger). Les photos, aussi, sont souvent à parcourir, comme des pages, ou des bandes dessinées, soit en séries alignées au mur, soit en compositions sur de grands panneaux (photos sur bâches).

Peu à peu, on comprend le chemin dans lequel on s’engage, on sent les liens se resserrer entre les éléments de l’exposition, on devine la mission que s’est donné Jean-Philippe Jarlaud. On adhère. Parfois, sur ses photos, il s’adresse à nous, en nous tutoyant: « tout cela te dépasse, dis-tu »! Un dialogue (muet) s’engage! On suit le guide! Il nous montre des petits secrets cachés au creux des broussailles, il nous révèle des bouillonnements identiques entre ciels et sols, il nous signale quelques traces de pattes dans la neige, il nous fait observer la neige qui fond ou la petite « mauvaise » herbe qui pousse entre mur et trottoir, il nous fait écouter le chant des oiseaux dans la forêt… Il a déniché et observé pour nous. On trouve les photos superbes et…on comprend la leçon!

Mais s’insinue, évidemment, l’inquiétude. Ce monde qu’il nous incite à mieux regarder et comprendre, est en perdition. Et nous en faisons partie intégrante. Subtilement, il glisse mots et images qui interpellent. Casque de réalité virtuelle portés par un personnage au milieu d’un paysage, lampadaire qui tue l’obscurité primitive, arbres déracinés, violence policière (?)… C’est suggéré. Pas trop asséné. (Quoique! « Primates, qu’avez-vous fait des territoires? » écrit-il)

Pourtant, Jean-Philippe ne se veut pas trop défaitiste. Aimons ce vivant, conservons-le, ne l’oublions pas, protégeons-le, « nommons-le », ne l’abandonnons pas. Voilà ce qu’il nous conseille. Et rappelons-nous que …nous en sommes!

Avant de quitter cette exposition forte et touchante, prenez le temps de regarder le film de Jean-Philippe Jarlaud. Son texte (dit par un comédien) est magnifique, associé à des images très belles. (1er étage, 1ere salle à gauche)

Au monde, Jean-Philippe Jarlaud

A la Galerie La Source, Fontaine-lès-Dijon, le photographe poète Jean-Philippe Jarlaud exposait « Au monde » en septembre 23.

Je n’ai encore rien vu! Au vernissage de cette exposition (super sympa au demeurant!!), comme d’habitude, pas assez de place, de recul, de concentration, de silence, de calme… pour m’imprégner d’une grande et riche expo comme celle de Jean-Philippe Jarlaud. Mais, avant que j’y retourne, je tiens à jeter ici mon premier ressenti! Même si je dois, plus tard, le corriger!! ,

Parce qu’il l’affirme lui-même, et parce que je l’ai (entre) vue comme ça, ce n’est pas une exposition de « belles » photos. Ici, personne ne cherche à plaire, à séduire, à briller. C’est noir et blanc et mate. C’est sombre et gris. C’est discret et petit. (J’exagère évidemment …mais c’est pour dire…). Et… qu’est-ce que ça fait du bien de ne pas se retrouver encore devant du spectaculaire, du paraître, de l’évident! Et, bien entendu, la beauté est ailleurs que là où on l’attend.

J’ai commencé à regarder cette expo comme j’aurais feuilleté un guide. Un guide pour m’aider à mieux me connecter au vivant. J’avais des images, des grilles d’images, des mots et des phrases. La poésie de Jean-Philippe Jarlaud et les réflexions des scientifiques: avec tout ça, j’allais mieux, au quotidien, ouvrir les yeux, les oreilles, le nez, et ma boite d’émotions!

A suivre!

Sophie Cohen-Scali, musée de Marmande

De passage à Marmande, j’ai découvert l’artiste Sophie Cohen-Scali qui exposait (août-septembre 2023) au musée Marzelle. L’expo s’intitulait « Ancrages et envols ». Une expo intéressante, avec son compagnon sculpteur Jean-Louis Tartas.

Fusain sur papier. Oui! Juste ça! Mais ce travail de Sophie Cohen-Scali vous mène beaucoup plus loin! Le support, déjà… Un papier qu’on croirait venu d’Asie, précieux et rare dans sa blancheur duveteuse et ses délicates traces de plis. En fait, l’artiste part d’un simple papier à peindre acheté dans le commerce, qu’elle retravaille à sa façon…

Les dessins, ensuite. Une foule d’images viennent à l’esprit quand on les regarde. Racines, branches, bras, serpents mais aussi, cocons, chrysalides…Le point commun à toutes ces références, c’est le vivant. Une danse du vivant, tout en courbes et enlacements. Ce sont peut-être des mutations. L’écorce se métamorphose en peau, le végétal devient animal ou humain (ou l’inverse). Tout se confond. Les racines sortent de terre et s’unissent aux branches des arbres. Des silhouettes vaguement humaines émergent ça et là, filles des arbres. La danse du vivant… c’est peut-être en fait un ultime combat pour sauver la vie.

Ce dessin noir et blanc, serré, joue avec ombres, lumières et contrastes. D’où une vraie impression de relief. Mais, en plus, Sophie Cohen-Scali crée des effets sculptures avec certains dessins, les plaçant sur socle. Elle utilise aussi le collage et, sur des dessins, naissent ainsi des volumes.

Le travail de cette artiste s’associe à celui de Jean-Louis Tartas. Ses grandes sculptures en ferraille, recouvertes d’une matière mystérieuse qu’il fabrique lui même, disent la douleur de l’humain. Parfois, on pense au sculpteur Marc Petit.

L’expo est belle et touchante. Les deux artistes fonctionnent bien ensemble. Côté esthétique comme côté sensibilité.

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EVAsion des arts, villages d’Auxois

« L’art dans les granges » fêtait sa 23ème édition cette année 2023. C’est dire la pérennité de la manifestation, son ampleur et son succès. Bénévoles de l’association et habitants des 4 villages en question (Villy-en-Auxois, Villeberny, Salmaise, Verrey-sous-Salmaise) font un super boulot. Ce week-end des 5-6 août, il faisait gris, frisquet et humide… Et pourtant, les visiteurs arpentaient les rues pour tenter de voir tous les lieux d’accueil et tous les artistes invités! A nous, il nous a fallu presque deux jours ! Et encore, on en a manqué!! On a apprécié une fois de plus ces granges et autres pièces plus ou moins abandonnées qui permettent aux artistes de réaliser une installation originale et personnelle.

Bien sûr, les niveaux des exposants sont divers. Du plus haut au plus bas! Mais « il en faut pour tous les goûts » dit-on. (Je ne suis pas toujours d’accord avec cette notion car, si l’on veut « éduquer » un peu nos congénères au plaisir de l’art, ce serait mieux de leur montrer du pas trop mauvais! Qu’ils ne mélangent pas tout, qu’ils ne soient pas trop perdus…)

Voici ceux que j’ai retenus, parmi les artistes que je ne connaissais pas:

Corinne Bretel. De fascinantes peintures, qu’elle explique d’un discret et mystérieux « technique mixte sur papier (ou sur toile) » . On n’en saura pas plus! Corinne Bretel semble effleurer la réalité, glisser comme une ombre silencieuse pour ne pas déranger le vivant. Ici et là on reconnaît des formes végétales ou humaines (féminines) qui se mêlent et se confondent parfois. Quelque chose de suranné, aux teintes délicates, aux traits presque timides. Et pourtant, ces œuvres ont une expression forte et maîtrisée. Elles questionnent, touchent et attirent…A regarder comme on feuillète un livre ancien, fragile et respectable.

Fabrice De Paola. De véritables sculptures tout en laine, coton et jute! Extraordinaire travail textile, riche de couleurs, de matières et de reliefs. Fabrice De Paola a fait des études de stylisme de mode puis il fut peintre. Voilà comment ce chemin l’a mené à créer des figures en tricot ou crochet. C’est une nouvelle façon pour lui de s’exprimer, de raconter, de dire sa vie ou celle des autres… Drôle d’univers. Un peu baroque, un peu magique, ou symbolique, parfois humoristique. Fabrice de Paola… De son geste répétitif et ancestral, du bout de ses aiguilles et de son crochet, naissent des créatures bourrées de rêves, d’expériences, de rires ou de souffrances.

Hervé Pelfini. Parce qu’ils sont étranges et réveillent nos vieux cauchemars de contes fantastiques de l’enfance, on les aime ces visages créés par Hervé Pelfini! Ce sculpteur sur bois et pierre (et peintre également) a choisi ici de travailler une pâte un peu mystérieuse qu’il fabrique lui-même avec papier journal, colle, sciure, poussière de terre … On l’imagine pétrissant cette matière d’où vont naître des têtes de gargouilles, de Quasimodo, de Gorgones, de diables cornus, de faune etc. Elles paraissent à peine finies, comme extirpées à l’instant de ce magma créateur… Elles viennent de loin. Sans doute du fond du Moyen Age. Ou de quelques mythes anciens. De quelques légendes universelles et éternelles. La salle de château où étaient présentées ces sculptures, entre toiles d’araignées, boiseries ruinées et courants d’air leur offraient un cadre idéal !

Il y en eut d’autres, bien sûr, qui m’ont interpellée! Sybille Ritter et ses céramiques, Marie-Gala Perroud et ses compositions d’argile et de végétaux, Carine Olivier et ses collages surréalistes, Nancy Cardinal et son univers de magie, Maryse Lebastard et ses animaux protecteurs. Et puis, ceux que je connais et que je n’oublie pas, Sylvie Arfelli, Matthieu Louvrier, Allan Ryan

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Henri Guibal, L’Hostellerie, Dijon

A L’Hostellerie, dans le parc de la Chartreuse (tout près du puits de Moïse), Itinéraires Singuliers a proposé l’exposition « Henri Guibal, la couleur et son ombre ». En août-septembre 23.

« La couleur et son ombre », c’est en effet deux aspects de l’art d’ Henri Guibal: une face sensuelle, colorée, souriante. Et une face sombre, douloureuse, poignante. Deux côtés de la vie. On connaît tous cela…

La première et la dernière salle montrent des femmes et des paysages qui pourraient faire penser à l’ambiance des tableaux de Gauguin. Une végétation luxuriante, des femmes à demi-nues, lascives et libérées…Je ne crois pas que H. Guibal soit allé en Océanie, juste dans le Midi de la France! Mais il exprime ce bonheur simple et nature, enveloppé de tissus joyeusement colorés (on en devine des morceaux ici et là) et mêlé à des paysages chauds et généreux. Ci-dessous, un extrait d’une de ces peintures avec femmes, et une autre toile où la couleur elle-même, en mouvements, crée le paysage. C’est plein, vivant, fougueux, ardent… Telles des œuvres de certains peintres « Fauves ».

Dans la salle centrale, l’atmosphère se fait plus lourde, plus violente. Le thème s’intitule « l’enfant mort ». Pendant six ans, Henri Guibal, devenu un peu plus âgé, a travaillé sur ce sujet, réalisant plusieurs études et toiles. « Je ne sais pas qui est cet enfant », dit-il. Mais on comprend qu’il représente sans doute tout ce qui est insupportable à l’homme : la souffrance, la guerre, la séparation, la misère… la mort. Cette partie de l’exposition est évidemment très forte. J’ai été particulièrement touchée. Les dessins, surtout, m’ont paru tellement spontanés, expressifs…Jetés en quelques cris sur le papier…Des dessins-hurlements. Des dessins-déchirures. A l’origine de ces extraordinaires dessins, on imagine une gestuelle de l’artiste pleine de colère, d’impuissance, de désespoir.

Mais, de toute façon, Henri Guibal a le pinceau et le crayon tellement sûr, vif, direct, sincère…!

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Marc Desgrandchamps, musée BA Dijon

L’été 2023, le musée des Beaux Arts de Dijon a proposé une grande exposition temporaire de Marc Desgrandchamps, « Silhouettes ».

Ce monsieur Desgrandchamps est né en 1960. Il fait partie (si l’on veut le ranger dans un tiroir) de cette nouvelle figuration que propose la peinture contemporaine depuis quelque temps. J’ai vaguement pensé parfois, au gré de ma visite, à David Hockney, Françoise Pétrovitch etc. Comme eux, Marc Desgrandchamps crée un univers ambigu. La réalité est là, reconnaissable, mais fragile, à demi effacée, prête à disparaître…Les ambiances peuvent être calmes et sans histoire (bords de mer, souvent) mais il y a comme une angoisse qui rôde: où et quand vont arriver la cassure et la chute…?

Sur de grands formats, aux teintes bleues ou vertes, des figures apparaissent, souvent solitaires et de dos, visage caché. Jeunes femmes modernes, portant téléphone portable et tongs. Les contours du dessin sont plutôt incertains et maladroits, les choses se traversent les unes les autres. Ou se superposent. Les silhouettes sont flottantes. Les temps sont mêlés, passé-présent : des fantômes de statues antiques dialoguent avec des personnages vivants aujourd’hui. Des reconstitutions de tableaux anciens (le déjeuner sur l’herbe ou la flagellation, par exemple) explosent leur existence et deviennent des scènes actuelles… Atmosphère étrange!

Marc Desgrandchamps a tendance aussi à fragmenter le réel, à séparer des morceaux de corps ou d’objets. Là, davantage encore, le malaise est présent. Les choses et les êtres peuvent se briser, et perdre des pièces… Le doute…Rien n’est solide ni sûr. Notre perception du monde est sans cesse à remettre en cause.

Il n’est pas facile d’exprimer une vrai opinion sur cette exposition au musée de Dijon. Intéressante, oui. Représentative de son temps. Mais j’ai quand même une hésitation! Puis-je croire totalement en ce travail d’artiste, ou faut-il y voir des procédés un peu systématiques qui manqueraient de sincérité? Tels les Surréalistes par moment…

Au fait! J’ai évoqué plus haut Françoise Pétrovitch… J’adore! Aucune hésitation pour elle!

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Anne Girard, au Rez-de-Jardin

Anne Girard a exposé ses « tressages » dans le nouveau petit espace d’art de Fontaine-lès-Dijon, Le Rez-de-Jardin, 11 rue d’Artois. C’était en juillet 2023. Anne était présente en permanence, prête à discuter avec vous!

Dans les peintures abstraites d’Anne Girard, on percevait déjà des assemblages. Éléments organisés, formes regroupées, pour aboutir à des ensembles cohérents et harmonieux. Dans la série qu’elle présente au Rez-de-Jardin, voici à nouveau des assemblages. Mais très différents. Cette fois, ce sont des pièces qui flirtent avec le volume. Entre peinture, sculpture et bas-relief.

Anne Girard les nomme « tressages ». Ce sont des bandes inégales qui s’entrelacent de façon plutôt irrégulière. Ce pourrait être du textile. On y pense, évoquant tissages et tapisseries. Mais ces entrelacs sont en papier. Elle aime le papier pour « sa souplesse, sa générosité, sa fragilité ».

Dans ses œuvres anciennes, elle a récupéré des chutes. Elle les a retravaillées puis entrecroisées. Comme des reprises. Je me souviens de ma grand mère qui reprisait ses bas! L’aiguille passait et repassait. Par-dessus. Par-dessous. L’homonymie m’amuse! Anne, aussi, fait des « reprises », dans le sens où elle « reprend » des morceaux anciens.

J’aime cette histoire de temps croisés, de fragments du passé qu’on répare pour une nouvelle phase de vie…

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Joëlle Bondil, Galerie Trigram

Au début de l’été 2023 Joëlle Bondil a exposé « Pousser les murs » à la Galerie Trigram, 29 rue Charles Dumont, à Dijon.

La Galerie Trigram, art visuel contemporain, a ouvert à Dijon en mars 2023. C’est déjà sa 3ème exposition. Mais pour moi c’était la 1ere visite! J’ai passé mon temps le nez sur les œuvres de Joëlle Bondi, à guetter les minuscules maillages, les petits traits minutieux, les points de chaînette, les fines empreintes de tarlatane… J’avais l’impression qu’elle avait détaché de larges fragments de peaux et que je les regardais à la loupe. Ces épidermes, impalpables membranes, seraient mouvants et élastiques. Gonflements, extensions, déformations, respirations, succions… Peut-être invasions… (Dans l’une des séries de l’artiste, de mini-maisons en origami se retrouvent enserrées dans ces filets.)

Voilà pour ma première sensation! Quelque chose d’organique et de vivant que l’artiste est allée chercher dans l’immensité du petit, qu’elle a rendu avec une lenteur, une minutie et un geste répétitif qui relèvent du sacré.

Ensuite, l’oeuvre de Joëlle Bondi m’a évoqué, de ci de là, des réseaux (informatiques?), des courbes de niveau, des paysages en dentelles ou broderies, des pixels, des images scannées à l’intérieur du corps humain … Ces références diverses sont signe d’œuvres d’art!! (Si ça n’existe pas, c’est pauvreté!)

Chaque oeuvre est « signée » d’un petit fil noué en bas à droite. J’aime beaucoup! C’est à la fois le matériau de l’artiste, la finition et la signature.

La silhouette d’homme, renversée, tissée d’un fil rouge, sur le même principe que tout le reste du travail de Joëlle Bondil m’a laissée un peu plus indifférente. Elle est en vitrine (double face) et assez spectaculaire. Je suppose que cette œuvre fait partie d’une autre série sur le corps humain. Dans ce cas-là, ce peut être intéressant. Mais ici, ça m’a paru ajouté.

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