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Dijon vu par … Anne-Sophie Ropiot,

ropiot« Dijon habité » est le titre de ce nouveau « Dijon vu par ». Des photos projetées sur une toile géante, au centre du salon Apollon (Hôtel de Ville). L’artiste est la photographe Anne-Sophie Ropiot. C’était à voir l’été 2014

En montant les escaliers vers le Salon Apollon, vous entrez déjà dans l’univers de Anne-Sophie Ropiot: les marches dessinent une grande photo… Ensuite, dans la salle obscure, vous vous plantez devant la projection et vous vous laissez charmer par ce Dijon nocturne hanté par d’étranges personnages genre « Grand Maulne »… Bon! Vous avez vite mal aux jambes ou au bas du dos! Et vous regrettez que la mairie n’ait pas songé à vous offrir des bancs! Mais, tant pis, au diable la souffrance physique devant tant de jolis rêves et cauchemars… La balade vous emmène dans toutes sortes de lieux dijonnais, que vous vous amusez à tenter de reconnaître. Gare, Parc de la Colombière, Musée des BA, Bibliothèque, canal, place Darcy, muséum, chapelle des élus, cour du musée de la vie Bourguignonne etc.

Mais c’est une vision très personnelle de ces lieux que vous offre l’artiste.  Soudain, y apparaissent, incongrus, des êtres masqués et déguisés, sortis d’un carnaval imaginaire. Ombres ou ectoplasmes. Sorcières ou héros légendaires. Fantômes ou créatures fantastiques.  Le décor est réel (la photo aussi!!), mais peuplé si bizarrement. .. Vous vous mettez à douter maintenant.  Derrière l’apparence, vit tout un univers insoupçonné. Venu d’un passé qui jamais ne meurt. Venu des croyance ancestrales. Venu de l’enfance avec ses contes et ses cauchemars.

Vous repérerez sans doute les références au cinéma, à la littérature et aux arts plastiques que l’artiste a glissées… Moi, je n’ai pas tout vu!

Les photomontages, les superpositions, les mises en scène.. Anne-Sophie Ropiot sait utiliser les moyens qui lui permettent de communiquer une autre vie à un lieu. Ou une vie qui lui est propre, mais sous-jacente, invisible, inconnue. Travail d’artiste intéressant, même s’il n’est pas écrasant d’originalité.

Pour prolonger cette expo, les deux statues du Salon reçoivent des projections de photos et perdent de leur superbe! Et c’est très amusant!

Oscar Muñoz, au Jeu de Paume

Davantage artiste plasticien que photographe, ici, au musée du Jeu de Paume, à Paris, le colombien Oscar Muñoz donnait à voir une fascinante exposition l’été 2014. Il présentait ses « protographies »…

Vous entrez dans une grande pièce sombre (la chambre noire?) et, sur des tables, vous avez l’impression que sont posées des photos (des portraits)  et que la main de quelqu’un en choisit de temps en temps une pour la glisser dans l’eau d’un évier.   L’image se dilue instantanément, ne laissant que d’infimes trainées noires qui quittent la feuille en ondulant, pour être avalées par la bonde. Le papier est devenu vierge. Il s’agit bien sûr d’une projection venue du plafond et, la vidéo passant à rebours, vous voyez la même main glisser la feuille blanche dans un autre évier pour récupérer les poussières d’image qui vont se redéposer sur la feuille et restituer le visage. Et, inlassablement, le processus se renouvelle avec toutes les photos de la table. L’illusion est impressionnante.

Une telle installation est très représentative des réflexions de l’artiste. D’une œuvre à l’autre, d’une salle à l’autre, vous retrouvez cette même idée d’images évanescentes, éphémères, fragiles, instables… Voici des photos sur des rideaux de douche (impressions sur du plastic mouillé), comme si les gens avaient laissé leur ombre … Voici une main qui peint un visage dont les traits s’effacent peu à peu, fondus par la chaleur… Voici un autoportrait visible en miroir à la surface d’une petite quantité d’eau tenue dans le creux de la paume; il va inévitablement mourir, au fur et à mesure que l’eau s’écoule entre les doigts… Voici des portraits réalisés sur du sucre qui s’imbibe plus ou moins de café… Voici la photo satellite géante d’une ville, sur laquelle vous marchez, et qui se craquelle jusqu’à presque devenir invisible: en fait, elle est sous un verre sécurit qui se brise peu à peu… Effet garanti!Munoz

Et ainsi beaucoup d’autres trouvailles de Muñoz qui toutes parlent de la vie si précaire, de la mémoire si fluctuante, du temps impossible à fixer. Qui disent la disparition, la perte…  La visite de cette expo laisse un trouble. On est sans cesse entre vrai et faux, entre vie et mort, entre illusion et réalité. On marche au milieu des fantômes. Lumières et sons (très important le son ici, guettez le bien!) contribuent à créer cette ambiance irréelle.

Quand on pense que la photo peut « immortaliser » un lieu, un être, un évènement, on se trompe. C’est dérisoire d’y croire.  Tout est appelé un jour à s’évanouir, à tomber dans l’oubli. Voilà ce que nous apprend Oscar Muñoz.

 

 

le choix du mois, juin 2014

Rien, ce mois-ci, parmi mes visites, ne m’a fait vraiment m’extasier.  Alors, j’ai décidé de choisir un clin d’oeil pour cette foisjupette2!

A Christine Delbecq, « pour une absence de mots »

Christine Delbecq s’est lancée il y a quelque temps dans une démarche passionnante, liée à son  travail de plasticienne. Il s’agit d’un échange de correspondances. Elle a envoyé des « lettres » sans écriture, sans mots (au sens classique). Des lettres sur draps, des lettres en lanières de tissu, des lettres rédigées avec des centaines de petits fragments papier collés etc … Et elle a attendu des réponses à ses courriers. Et elle en a reçu. Beaucoup. De toutes sortes. Preuve que quelque chose est passé, qu’un courant a circulé, que des liens peuvent exister en dehors de toute convention…ChrisDelbecq

Elle a intitulé ce travail « marcher les jours ». En juillet, une présentation par elle-même sera à voir dans la revue (sur Internet) « Terre à ciel ».  Elle cherche un philosophe, un écrivain, un critique d’art… qui pourrait s’intéresser à ce travail de plasticien et dialoguer avec elle: christine.delbecq@gmail.com

Au moment où elle a débuté ce travail, j’ai composé ce petit texte en résonance… qui peut aussi être considéré comme une réponse à la première missive qu’elle m’a fait parvenir.

Pour une absence de mots

J’ai des choses à dire. Mais je n’ai plus les mots pour le dire.

Et je ne sais même pas quelles choses. Puisque je n’ai plus les mots pour le dire.

Les mots. Je ne sais pas où ils sont. Perdus en cours de route. Usés. Oubliés. Noyés. Évaporés.

Et aujourd’hui je suis à ras-bord. Besoin d’essorer (exprimer, je crois). Besoin urgent de me déverser. De faire couler.

Alors quoi ? Dire sans dire. Écrire sans écrire.

Crier, danser. Barbouiller ou cogner. Pleurer ou suer.

Ou tricoter, tisser, broder. Ah oui ! C’est ça. Si je tirais le fil ?

Le fil épistolaire. Je crois que, lui, le tissu, il peut me recevoir. Moi et mes silences qui parlent.

Je vais aimer la trame pour enfiler, faufiler.

Et voilà l’aiguille qui avance et tangue, enfonce, jaillit. Les ciseaux découpent des petites pièces. La colle, le stylo, Pourquoi pas.

Étonnant, le contact textile. Le son. La résistance.

La danse du trait sur la texture. J’enroule des phrases muettes et illisibles.

Parfois, elles me devancent. Je cours après. Je ris de n’avoir ni orthographe ni grammaire. Libre, libre.

J’enchaîne et je me déchaîne. Mes doigts se promènent.

On doit croire que je joue du piano. Mais c’est plutôt du silence que j’écris.

Plein de petits bidules trottent et piétinent maintenant le long de la trame.

J’écris. J’écris. Et je ne sais même pas pour qui.

 

 

 

Nadine Morel expose ses élèves à La Source

La Source, à Fontaine-lès-Dijon, est une Galerie d’art…Certains l’oublient parfois en y installant une brocante (si,si!).  Mais quand arrive l’exposition des ateliers de l’artiste plasticienne Nadine Morel, personne ne songerait à s’en offusquer. Des élèves?  Eh ben oui!  Mais le travail présenté a une qualité et un niveau à mettre en catégorie « art »!.. Pas de doute. De la maternelle à l’adulte.    Juin 2014.atelier Nadine

Cette année, la consigne première était la ligne (tronc commun à tous les cours) . De ce point de départ, ont découlé divers travaux, diverses réflexions, diverses études.  Et, résultat, on passe par des entrelacs de rubans de papier peints, des dessins d’échangeurs d’autoroutes, des mains-territoires, un écho au peintre Titus-Carmel, des assemblages de découpages – collages en positif et négatif pour « apprendre à composer un tableau » etc…   Tout ça occupe des murs entiers de la Galerie. Des accumulations, des collections qui deviennent elles-même des œuvres. Soit on s’attarde sur un détail,  soit on laisse le regard tourner dans ces ensembles étonnants où tout est différent …tout en étant identique.  L’art de la variation!atelierNadinebis

Pour renseignements sur les ateliers de Nadine Morel: association La Sardine Eblouie.

 

 

 

Julien Chateau , Ramya Chuon, Galerie Axeltae

L’exposition de juin 2014, à la Galerie Axeltae serait-elle son chant du cygne?  J’ai trouvé le maître des lieux, Alexandre,  bien tristounet… Déjà, il ferme tout l’été, échaudé par l’ouverture de l’an dernier en juillet-aout. Et la suite?  On reste évasif.  La rentrée?  On parle du soutien d’une oeuvre d’art éphémère au centre ville. Très bien . Mais la Galerie?  Peut-être survivra-t-elle sous une autre forme… Franchement je serais triste – et je ne serais pas la seule- si ce bel espace fermait ses portes.

En attendant, il fallait aller voir ce que proposent les deux jeunes artistes plasticiens dijonnais sous le titre « Recherches et développement » (bôf, le titre pas alléchant!), Ramya Chuon et Julien Chateau.

En bons plasticiens contemporains qu’ils sont, ces deux garçons se creusent la cervelle. Dans leur atelier dijonnais, ils sont en expérimentation. C’est un « Petit laboratoire de formes potentielles » . (cf leur site).

Donc , ils cherchent. Ils questionnent. Tous les deux s’interrogent en ce moment sur l’idée d’évolution. Scrutant tout ce qui est mutations, transformations et autres métamorphoses. Un travail de scientifique mais qui aboutit à un vrai travail de plasticien (ouf!).  D’ailleurs, Julien Chateau s’intéresse en même temps à l’acte créatif.  Leur oeuvre est en lien avec leur recherche « savante » . Voyez plutôt cette sculpture « évolutive » de Ramya Chuon. C’est un beau volume blanc, teinté de lueurs bleutées, qui évoque une matrice.  On y verrait volontiers un utérus. Ou en tout cas n’importe quelle cavité où se développerait une vie… Il  l’appelle « L’Incubateur ».  Et malgré son harmonie, elle n’est pas terminée. L’artiste lui a déjà ajouté des pièces, et en ajoutera sans cesse d’autres… En effet, cette sculpture est faite d’une quarantaine de petits fragments emboîtés les uns dans les autres. Un puzzle en 3 D.  Et c ‘est une forme en devenir.

Pour prolonger cette oeuvre, l’artiste a placé de grandes toiles abstraites, peintes d’un geste dynamique au brou de noix, et des photos macro, grand format, prises au coeur de « L’Incubateur ». Tout cela est lié. Une belle unité.Chuon

Julien Chateau, lui, joue un peu les démiurges: il fait naître des cristaux et invente des paysages!  Un peu chimique et artificiel, tout ça , mais voilà des choses intéressantes qui se passent! A l’intérieur d’un bocal, qu’il a enfermé dans un haut coffret de sa fabrication, avec astucieux systèmes de protection (températures et lumières), se développe peu à peu une cristallisation. Devant nous, lentement, se forme quelque chose qui ressemble à un minéral.  A l’atelier, l’artiste fait naître aussi des paysages en terrarium. Il les photographie. Le résultat: des images numériques aux cimaises de la Galerie, du plus bel effet, montrant les phases de cette nature qu’il a recréée: un début, telle l’aube d’un monde, une maturité, puis un déclin.

ChateauL’exposition allie des qualités plastiques, ce qui n’est pas pour me déplaire, et des regards réfléchis sur notre rapport au monde, ce qui est habituel en art, actuellement… C’est une exposition séduisante!

Axeltae,  16 rue M.Servet, Dijon. Du mardi au samedi, 14-18h.

 

Monumenta, Grand Palais, Paris

Cette année, la verrière du Grand Palais, à Paris, a reçu les artistes russes Ilya et Emilia Kabakov pour un nouveau numéro de Monumenta. (En juin 2014)

Depuis 6 ans  (7,  car une année a été sautée faute de sous…), jamais aucun des artistes invités n’a  réussi à réellement OCCUPER l’énorme volume ni la gigantesque surface de ce lieu… Bizarre que aucun plasticien n’ait joué le jeu de vraiment s’emparer de cet espace extraordinaire (13 500 m2)…  Bon! Je vais leur donner des idées, moi !!! (plus tard!! vous verrez!!)Monumenta

C’est une « étrange cité » qu’ont créée les russes.  On se promène donc entre des murs blancs (bien sûr, l’allusion à la ville d’Afrique du Nord est claire),  on se perd dans le labyrinthe des rues (pas assez étroites et intimes à mon goût, mais les artistes avaient sans doute prévu une grosse foule de visiteurs),  et on chemine d’un bâtiment à l’autre, à l’intérieur desquels il se passe mille choses.  Au cours de la balade, on a de beaux coups d’œil sur les perspectives et les rencontres entre les lignes que dessine la verrière et celles de la « cité ».

Dans les 7 bâtiments,  les artistes ont accumulé une masse de références scientifiques, historiques, ésotériques, philosophiques etc… Normal!  Nous sommes en art contemporain !  La visite prend donc une bonne heure tant la richesse du contenu est grande.  On réfléchit sur l’énergie cosmique, sur l’idée de portail, sur la recherche de l’ange (bonheur? perfection?), l’art, les souvenirs, le communisme etc.Kabakov1

En fait, toute une vie se déploie ici, celle des auteurs de Monumenta.  Une accumulation de connaissances, de vécus, d’expériences, d’émotions.  Nous sommes tous plus ou moins « une étrange cité » ,  non?

Tous ces sujets sont soutenus par des mises en scène intéressantes (et souvent belles) au cœur des différents pavillons.  On y voit des maquettes, des dessins, des peintures, des petites sculptures, des textes  (beaucoup!)….  Parfois, on se dit qu’ils en font même un peu trop…Kabakov2

Une coupole géante, hors les murs de cette ville utopique, diffuse une musique en boucle et fait varier ses couleurs.  Il paraît que c’est une évocation de la théorie du musicien russe Scriabine (correspondance entre son et couleur).

Ce que j’ai préféré, ce sont les « chapelles ».   Sur les murs, pour l’une, des peintures figuratives très grand format.  Souvenirs de la vie de l’artiste Ilya Kabakov,  mais positionnés sens dessus dessous… Le fouillis de la mémoire… Les déceptions de ce en quoi on croit pendant la jeunesse et qui se renverse avec le temps…  Pour l’autre,  des fragments de souvenirs également,  sous formes de toiles peintes (style impressionnisme) égrainées sur les hauts murs de cette « église ».  Et,  au-dessus de la porte,  là où on penserait  Jugement Dernier ou quelque chose comme ça… une grosse tache sombre de peinture avec trois visages à peine émergeant…

« Le musée vide »  m’a touchée aussi.  Salle de musée à l’ancienne,  avec couleur traditionnelle sur les murs,  spots de lumière dirigés sur des absences de tableaux,  dorure au plafond… Et, effondrés dans de grosses banquettes confortables, on écoute du Bach!! La musique occupe l’espace.

Cliquez sur les visuels pour agrandir en deux fois (et voir les explications)

le choix du mois, mai 2014

Ce mois-ci, c’est une déception que je voudrais livrer.

A New-York,  où j’ai eu la chance de passer quatre jours, j’ai (re)vu des vidéos et dessins de Camille Henrot, au New Museum. Formidable.  J’ai enfin mis les pieds au MoMa, avec admiration devant l’extraordinaire collection des 4ème et 5ème niveaux (peintures et sculptures des plus grands du XIXème siècle à la fin du XXème)…

Mais j’ai aussi pris le métro, ligne 7, jusqu’au fameux « 5 Pointz », dans le Queens.  Le but était de découvrir une ancienne usine où des centaines d’artistes du monde entier avaient pu s’exprimer librement sur ses murs.  Et là…. Déception.   Non que l’usine avait été détruite (ce qui était prévu et qui va sûrement arriver) mais entièrement badigeonnée de peinture blanche.  Moche! Affreux!  A pleurer!5Pointz2

Le street art, c’est sa destinée.  Je sais.  Éphémère.  Mais dans ce cas-là, au 5 Pointz, c’est un effacement, un barbouillage, un acte délibéré de cacher les œuvres… Pas pareil qu’une destruction.  D’accord?5pointz

Pas facile d’avoir des renseignements cohérents.  Il semble que le propriétaire  (privé) de cette usine veuille démolir pour faire construire des immeubles.  OK… Mais, alors?  Pourquoi avoir masqué les graffs avant la démolition?  Comprends pas.5Pointz3Pour voir des photos des oeuvres , aller sur le site:  5ptz.com

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textiles, au château de Ste Colombe

Au château de Ste Colombe-en-Auxois,  s’exposent  l’art et le textile .  Jusqu’au 25 mai,  la plasticienne Françoise Ferreux présentait « Fibres sensibles ».  Et, jusqu’au 22 juin,  l’exposition « De l’atelier au défilé »  montre la mode, avec les patrons, les croquis, les étapes de la fabrication et les créations de stylistes et plasticiens.  Vite! Faut y aller!

L’artiste plasticienne Françoise Ferreux dessinait…  Maintenant elle coud… Et c’est un travail exemplaire… A la fois d’une vraie artiste inspirée et d’un artisan perfectionniste.   Une aiguille et un  petite ficelle de lin, et voilà des sculptures qui naissent de ce travail long, minutieux, méthodique, répétitif.  De beaux volumes aux teintes sobres, en matériau naturel et rustique.  Des volumes abstraits qui évoquent parfois des coques, des cornes d’abondance, des végétaux… Les formes se tordent, se plissent, s’effilochent ou se prolongent en fibres qui s’échappent et deviennent plus rigides.Ferreux2

L’acte de couture est pour Françoise Ferreux une sorte de prière.  Il y a une spiritualité dans ce geste ressassé (contraignant, dit-elle elle-même).  Elle égraine les coups d’aiguille comme d’un chapelet.  L’objet obtenu est d’autant plus fort, riche et signifiant.  Est-ce que je peux dire que c’est le travail d’une none ? Une none dont le Dieu serait l’art?steColombeAllez voir le site du château pour la suite du programme d’été. 

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Picasso céramiste, Sèvres

C’était une exposition à ne pas manquer, Manufacture de Sèvres (92), celle des céramiques de Picasso.  Très belle présentation.  Le temps d’une journée parisienne, j’ai fait un coup de métro jusque là! (mai 2014)

Les 20 dernières années de sa vie, Picasso a consacré du temps à la céramique.  La Cité de la céramique, à Sèvres, propose une superbe exposition de cette partie étonnante de son art.  Il a su donner une dimension plastique extraordinaire à ce travail ancestral de la terre.  Cruches, plats, poêlons, tomettes, vases, pichets, tessons… tout support était bon pour lui.  Quelques coups de doigts du maître, quelques traits rapides, quelques audaces de couleurs (aidées par les hasards de la cuisson) et l’objet naissait, drôle, alluré, beau et unique.  Avec Picasso, on sort de la céramique conventionnelle, décorative ou utilitaire.picasso2 L’exposition montre un petit film très instructif.  Et elle permet de voir aussi, pour la première fois, les matrices utilisées à Vallauris (atelier Madoura) pour « éditer » certaines céramiques de Picasso.  Celui-ci a en effet voulu que des pièces soient accessibles au plus grand nombre.  D’où ces moules qui permettaient des reproductions en séries. Autre intérêt de l’expo:  évoquer toutes les influences que Picasso à reçues.  Il les a intelligemment assimilées, et se les ait appropriées avec brio.  Chypre, Grèce antique, Espagne, art arabe…

Le musée de la céramique de Sèvres a évidemment eu ma visite dans la foulée.  Mais c’est vraiment copieux!  A en être saturée!  Incroyable cette immense collection de tous pays du monde et de toutes époques!  Magnifique, bien présenté et passionnant mais trop c’est trop! J’y retournerai !

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