Dans le bel écrin qu’est la Galerie Wilson (2 cours du Gén.de-Gaulle, Dijon, entrée place Wilson, du vendredi au dimanche 14h-18h30) voici, en octobre 2014, deux peintres venus d’Orléans. Leurs oeuvres fonctionnent assez bien ensemble car elles sont du domaine figuratif onirique (c’est ce que dit le carton).
Jean Bailly montre l’aisance de pinceau et d’invention de certains grands peintres surréalistes. On ose penser aussi aux peintres flamands. Il est agréable de glisser le regard sur ses toiles un brin précieuses, et très élégantes. Un univers de jeu de cartes, de fables, de mythes… Un imaginaire souriant (ses trouvailles autour de l’oeuf sont charmantes).
Mais j’ai un petit faible pour son comparse, Christian Vassort.
Ses scènes populaires, fêtes, bals, cirque, marché, bistro, relèvent autant du dessin humoristique que des tableaux de Jérome Bosch ( ce serait un Bosch moderne, avec moins de fantastique, moins de grimaces diaboliques!) . Les personnages de Christian Vassort sont des petits gros, tous de la même taille, plutôt sympathiques. En fait, c’est notre humanité vue dans un miroir déformant, et par un pince-sans-rire qui se moque discrètement! Ses dames bien en chair et frisottées, ses messieurs joufflus, en chapeau melon ou canotier … constituent une sorte d’univers de poupées, qui pourraient bien nous ressembler. On comprend que l’artiste puisse également illustrer des contes pour enfants.
La composition de chaque tableau est rigoureuse. Les décors où évoluent ses personnages sont fantaisistes mais au dessin maîtrisé (l’artiste fut d’abord architecte). Les détails sont souvent savoureux …A bien observer de près!
Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois (et que les artistes veulent bien m’excuser pour la mauvaise qualité des cliché: allez voir sur place c’est mieux!!)
Une journée à Paris, hiver 2014-2015, et carrément deux expositions au Grand Palais! Sans saturation, avec une pause casse-croûte entre les deux! Et tellement à l’opposé l’une de l’autre!
Katsushika Hokusai
Un peu mal à la tête en sortant de cette visite au Japonais Hokusai! Mais éblouie! Les yeux rivés sur les détails de ses oeuvres. Le nez collé aux vitrines. J’ai regardé ces milliers de dessins, estampes, peintures (en en sautant certains! j’avoue!) avec une impression de foisonnement incroyable, d’ivresse, d’insatiabilité, de boulimie… C’est une encyclopédie! C’est une bibliothèque! C’est un film qui tournerait en boucle sur le Japon à la fin du XVIIIème siècle, début XIXème. De l’Histoire, de la Géographie, des contes fantastiques, des scènes quotidiennes, des paysages, de la flore, de la faune, des portraits…(et il manque la porno, malheureusement!)
Le dessin, très réaliste bien évidemment, est d’une incroyable modernité par moment. Les lignes parfaites, mais souvent stylisées. Regardez sa série de cascades par exemple (l’une d’elles, photo ci-dessus). Et Hokusai manie l’humour, le raffinement, la précision, l’observation, l’imagination… Tout cela à la fois! Père du manga (en japonais, « croquis divers ») , Hokusai a vécu très vieux(ce qui était assez exceptionnel à l’époque) et a changé je ne sais combien de fois de nom! Des existences plurielles!! Ah! Au fait! Hokusai, c’est l’auteur de la célébrissime Vague!!
Niki de Saint Phalle
Une scénographie éblouissante.
Bon! Je change de registre! De pays! D’époque! Cette artiste énergique et tourmentée, Niki de Saint Phalle, a quelque chose d’éminemment séduisant. Sa force, sa sincérité… Avec elle, la femme est en grand! La femme s’impose, domine, prend sa place! L’oeuvre crie le féminisme…Oui! L’oeuvre crie!
Et il y a une certaine ambiguïté: ici une souffrance d’être femme, et là une célébration de la féminité. Les salles du pessimisme et de la désespérance existent. On retrouve un peu la pensée de Louise Bourgeois sur l’idée du père, de la mère. Ses bas-reliefs et sculptures grand format des premières salles ont une moquerie méchante, un dénigrement sans concession des valeurs bourgeoises traditionnelles (famille, éducation, religion…cf ses « mariées », exemple ci-dessous), un regard noir sur la société. Et puis, la salle du « tir »! Violente et joyeuse à la fois. Niki tirait à la carabine sur des tableaux (ou autres choses) et faisait éclater des sacs de peinture qui dégoulinaient ensuite! La salle résonne de ces coups de feu (sortis des vidéos) et c’est impressionnant. Sinon elle serait devenue terroriste, dit-elle!Arrivent les Nanas. Puissantes femmes colorées, victorieuses, sexy… La mise en scène des salles les met magnifiquement en valeur: lumières et ombres bien calculées, plateaux tournants…Les sourires sont sur les visages des visiteurs (euh! plutôt des visiteuses!) . Et les grands projets architecturaux, ne sont pas oubliés. Le Jardin des Tarots en particulier est évoqué par une vidéo et une maquette. A donner envie d’aller se promener dans ce jardin tout fou!
A Dijon, il y a désormais quelques sièges pour s’asseoir dans les rues de temps à autre. Rue de la Chouette, par exemple, ils ont une jolie forme et sont à peu près en harmonie avec le cadre. Ces structures sont l’oeuvre des artistes du collectif A4 Designers (avec la participation active des services de la Ville).
Bonne initiative…Mais ce qui n’est pas dit c’est que ces bancs, vue leur structure, interdisent aux SDF de se coucher dessus.cliquer sur le visuel pour agrandir, en deux fois
Bap vous a proposé de suivre les méandres de sa vie d’artiste de salle en salle, Galerie La Source, à Fontaine-lès-Dijon. Un cheminement subtil et sensible, comme seul peut vous l’offrir un véritable plasticien de notre époque. C’était en octobre 2014.
L’exposition de Bap s’intitule « Méandres à la Source ». Rarement un artiste n’a « utilisé » le lieu comme lui. D’habitude, on se contente d’ « occuper » les salles avec des peintures ou des sculptures… Cette fois, l’artiste joue avec les virages, les montées, les entrées, les sorties, les demi-tours que le visiteur fait dans cette Galerie (qui est en fait une maison avec son escalier, son couloir, sa disposition de petites et grandes salles) : des méandres, donc! Comme une vie sinueuse…Vous commencez par aller sur les toits! Salle du rez-de-chaussée, sont présentées les ardoises de Bap (photo ci-dessus). Apparaissent dessus des silhouettes de maisons. Des architectures irréelles. Des fantômes de constructions: ça y est, vous êtes entrés dans l’univers de Bap!
Au premier étage, une installation faite d’objets anciens en pâte de verre dont les ombres portées, dans la pièce obscure, créent une ambiance fantasmagorique. Plus loin, des sculptures suspendues jouent les nids-cages et leurs ombres dansent sur murs et plafonds (vous pouvez même vous saisir des lampes et faire vos propres chorégraphies). Cette installation est reprise en variations dans la salle suivante sous forme de divers dessins petits formats.
Ailleurs, ce sont des images délicates (avec pochoir) en noir et blanc, qui évoquent la campagne. Mais, se découpent dessus, ici ou là, les silhouettes de grands cerfs et… d’éoliennes. La nature, dans sa vérité ancestrale et dans sa réalité actuelle. Vous retrouverez dans une autre salle de longs dessins d’une grande finesse qui tracent les champs à perte de vue de notre campagne française, dominés à l’horizon par les nouvelles forêts, celles des éoliennes. (photo ci-dessous, extrait)
Il faut savoir que Bap reprend souvent un travail déjà exposé, car il le porte en lui, ne peut l’effacer de son existence. Il fait partie de ses « méandres »… Il le replace dans un autre contexte, l’aménage différemment, l’adapte au nouveau lieu et lui communique une autre signification. (Lisez les cartels qui vous donnent les informations sur l’historique de chaque travail)
Cette exposition suit donc l’idée de mémoire et de souvenirs qui laissent des traces (ombres, fantômes, silhouettes…). De chemin vécu, entre réel et imaginaire, entre concret et abstrait, entre vide et plein, entre passé et présent, entre apparitions et disparitions… Chaque salle a un lien avec les précédentes. Laissez-vous guider…
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Une belle surprise dans cette petite Galerie du centre ville dijonnais: Chantal Morillon, « Signes », en octobre 2014. Galerie Notre Dame, 3 rue Musette, 10-12h et 14-19h.
Chantal Morillon a commencé par concevoir des motifs et imprimés pour la haute couture. Elle s’est ensuite consacrée à l’art plastique en faisant elle-même des recherches en peinture (et plus tard un peu en sculpture) et en assistant les Thibault au centre d’art L’Atelier Cantoisel de Joigny (89).
Décédée à l’âge de 67 ans l’an dernier, elle laisse une oeuvre picturale importante. Et c’est sa fille qui nous propose cette exposition à Dijon.
J’ai aimé ses petits carré de soie peints à la gouache et placés dans des boitiers transparents. Ces séries de miniatures ont un caractère raffiné. Comme des poèmes, faits de couleurs et de traits fins. Des haïkus en peinture. Sont présents aussi des gouaches sur papier, petit format, où l’on retrouve le côté répétitif des imprimés pour tissus, mais avec une légèreté de composition, une gestuelle aérienne, une inventivité dans le graphisme et un vrai sens de la couleur … Pardon pour le cliché très moyen! Cliquez pour agrandir (en deux fois)
Voilà un week-end de septembre 2014 avec soleil et bonheurs artistiques! L’association 13+ organisait, sur Dijon et environs, « Derrière la porte…l’atelier ». J’ai vu 5 de ces ateliers d’artistes. Et chance! Que des gens qui avaient un jardin!
Chance aussi: j’ai vu pour la première fois la sortie de four (1000 degrés) d’une sculpture en terre cuite émaillée, selon la méthode du raku. Impressionnant. Ce feu, cette incandescence, cette violence qui précède (et contribue à) la naissance d’une pièce … Et des ambiances douces, quelques bavardages pas bêtes, des toiles, des photos, des sculptures, des aquarelles, des œuvres papier… De quoi se faire plaisir. Et de mettre de côté les soucis.
J’ai visité les ateliers de Francis Orzel, Micheline Reboulleau, Martine Malherbe, Benvinda Miguens et Fabienne Adenis, et, du coup, vu les oeuvres de Annick Botton, J.C. Potet, Monique Rion (que j’ai très fort regretté de ne pas rencontrer), Edith Nicot, Denise Guilloux, Eliane Martinand.
De haut en bas, Eliane Martinand, Edith Nicot, Fabienne Adenis, Benvinda Miguens, Denise Guilloux… Il y en aurait plein d’autres que je pourrais mettre!
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A Baulme-la-Roche, près de Mâlain, Catherine Scellier a proposé son exposition « Le cabinet de curiosité » dans la chapelle du prieuré, et ça valait le coup…(Ouvert les week-end 13-14, 20-21 et 27-28 septembre , de 14h 30 à 18h30, sauf pour les 20-21, journées Patrimoine, 11h-17h)
Beau lieu! Quelques pas dans la pelouse du prieuré, un regard sur colombier et tours, sur les cloches, sur la fontaine, sur les vieux murs…Et on entre dans la chapelle. Un oeil levé pour apprécier les 12 portraits peints sur les murs au XVIème siècle et on se plonge dans l’univers de l’artiste plasticienne Catherine Scellier.
Au centre, son cabinet de curiosité: un ensemble de petites boîtes où elle a épinglé, à la manière d’un entomologiste, de drôles d’insectes créés de toute pièce par son imagination et ses doigts ingénieux! Il faut absolument accompagner cette visite de la lecture des textes qu’elle a écrits! Une petite merveille! Chacune de ces créatures a reçu un nom latin très fantaisiste et l’artiste raconte « scientifiquement » le comportement sexuel et amoureux de ces charmantes bestioles! L’invention est délicieuse…
Les insectes de Catherine Scellier sont réalisés à partir d’éléments hétéroclites (du végétal, de l’organique, de l’animal, du technique, du tissu, du bijou…) qu’elle a minutieusement travaillés et agencés, telle une petite main de grand couturier; ça devient un cabinet de préciosité!
Les sculptures que nous aimons tant chez cette artiste ne sont pas absentes de la chapelle. Des personnages mi raku mi bois flotté (ou os) animent les lieux, avec leur mouvement, leur attitude, leur présence et leur personnalité. On croit à l’histoire de chacun. On les écoute raconter, crier, réfléchir ou rire. Entre eux et le morceau de bois ou d’os dont ils sont nés, il y a osmose. Catherine Scellier a le chic pour marier admirablement ses trouvailles, dénichées de-ci de-là dans sa campagne, avec tête, mains, jambes ou bras en raku (céramique). Une vraie poésie et un sacré humour se dégagent de ces dames et messieurs!
A voir aussi, sans hésiter, son « columbarium »: dans chaque petit tiroir se niche un visage de céramique. Impressionnant.
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Ce mois-ci, petite escapade en Suisse, à Martigny. Rien de spécial à dire sur l’expo Renoir à la fondation Gianadda, ce n’est pas ma tasse de thé… Par contre, sur le parvis de l’église, une œuvre du sculpteur vaudois Olivier Estoppey m’a drôlement marquée: « La course au sac ».
Des hommes, enfilés dans des grands sacs, semblent avancer péniblement, par soubresauts, penchés en avant, prêts à chuter à tout moment. Ils sont sculptés grossièrement dans du béton. Chez nous, on appelle ça « la course en sacs » et c’est plutôt une animation de fête populaire. Ici, on y voit une image de la condition humaine…
Ces silhouettes semblent à peine sorties de la matière originelle, ou bien déjà passées au-delà de la mort. En tout cas, leur avancée est pénible. On les croirait dans une série d’épreuves de damnés… Un parcours du combattant. Le côté brut et brutal de cette sculpture monumentale m’a frappée. Bizarre d’ailleurs qu’elle soit acceptée devant une église! L’art de ce sculpteur est violemment expressif. Et cette course, avec son caractère compétitif (c’est une course, ne pas oublier!!) , sa difficulté et sa lenteur (vous avez déjà sautillé les jambes enfermées dans un sac de pommes de terre?), sa taille surhumaine, son matériau volontairement dur et laid, sa couleur grise et sombre en font une tragédie… Tragédie de nos vies…
Olivier Estoppey est un artiste que je découvre. J’ai vu qu’il faisait souvent des installations monumentales, mais aussi, en extérieur, des sculptures d’animaux (loups, poules…), des gravures, des encres sur bâches… Cette idée de sacs daterait déjà de 1999. Il avait réalisé une immense installation, avec sacs de plâtre et, de-ci de-là, des personnages en béton noir. Et la sculpture en question de 2009.
Parisienne d’un jour, dans le quartier de la Bastille, je suis entrée pour la première fois dans La Maison Rouge. Elle fêtait ses 10 ans et, à cette occasion, son fondateur Antoine de Galbert y présentait sa collection d’œuvres. L’expo s’intitulait « Le Mur ». Joli titre. En septembre 2014.
La collection devient une œuvre en elle-même (j’ai bien sûr pensé aux Tulkus actuellement au FRAC de Dijon). Sur près de 300 m de cimaises sont accrochés des centaines de photos, peintures, dessins, volumes, néons etc. Du sol au plafond. Comme les cabinets de curiosités de la Renaissance ou les salons du XIXème siècle. On doit se casser le cou ou se mettre à croupetons pour regarder les œuvres au mieux. Eh oui! Ce n’est pas une exposition classique! Avec des tableaux à hauteur des yeux et des cartels pour vous instruire. Eh oui!
On regarde sans à priori, et, si on veut une info, on tapote sur les écrans tactiles du milieu des salles. (J’ai vu des Annette Messager, Michaux, Ben…) De plus, les œuvres ont été confiées à un logiciel qui a déterminé leur position et classement sur les murs! Selon leur format, je crois. Donc, pas d’à priori là non plus.
Et c’est une promenade des yeux… au milieu de cette étonnante accumulation. Humour, violence, tendresse, beauté, laideur, folie, naïveté, dégoût : un mix de tout ça! Et davantage encore! Parfois d’étranges confrontations. Parfois de beaux mariages. Au hasard.
Ce qui m’a échappé (parce que je ne m’étais pas renseignée avant) c’est l’intervention de l’artiste Claude Rutault dans cette installation. Il a accroché par-ci par-là des tableaux monochromes, parmi les autres œuvres. Ah bon?
Dans cette « foule » d’art contemporain, rares sont les œuvres qui m’ont vraiment touchée. C’est la présentation qui vaut le coup. L’idée. Le rassemblement. La totalité. Et peut-être aussi le fait que cette expo révèle ce que peut être une collection pour celui qui la mène… L’auteur se laisse envahir, étouffer. Il ne sait pas s’arrêter. Il entasse n’importe quoi. Il est à la merci de sa collection qui prolifère malgré lui.
Septembre 2014, Le Consortium, 37 rue de Longvic à Dijon, proposait 3 expos. Je n’en ai vu que deux (un peu volontairement…). Intéressant…
Anita Molinero
J’avoue avoir reçu un choc en pénétrant dans la première salle (à gauche en entrant) où 3 sculptures géantes d’Anita Molinero sont présentées. Immédiatement, la violence du geste artistique est ressentie. Immédiatement, on perçoit le combat mené au chalumeau avec ces éléments venus du monde industriel, des chantiers, des travaux citadins etc. Anita Molinaro les torture, les martyrise… Il en résulte des formes tourmentées qui n’échappent pas à une certaine beauté. Oui, c’est beau! Le polypropylène a fondu par endroits, s’est creusé, tordu, boursouflé, alvéolé, dentelé… L’artiste a maîtrisé le travail du feu et a peint les volumes obtenus. Résultat, on a l’impression parfois d’être devant un décor naturel. On croit voir de la roche, entrer dans une grotte…
On trouve la suite de l’expo de Anita Molinero dans une autre série de salles. Même sensation de lutte avec des matériaux d’usage quotidien: phares de voiture, emballages, citernes plastique. Tout cela est compressé, écrasé, écartelé, remodelé. Ici, un mur rose ruiné et incendié, d’où semble s’écouler quelque caramel ou jus de praline. Là, une morène de glacier blanchâtre et noirâtre. Ou encore une falaise où ont échoué des mollusques géants. L’imagination parle.
Cette artiste, qui vient d’exposer, entre autre, au musée d’art moderne de Paris, est impressionnante dans son énergie créatrice, dans sa brutalité contrôlée, dans sa contestation enthousiaste (Encore qu’ aucun vrai « message » ne semble être caché dans son œuvre. Elle s’exprime avec cette matière-là, certes pas anodine… voilà tout. Et c’est très réussi! ) J’aime, parce que ce n’est ni gentil ni joli!!
Joe Bradley
D’abord une série de dessins encadrés. Un bel ensemble sur le grand mur blanc. Dessins enfantins, simplissimes. Puis, des toiles abstraites grand format. Et, à nouveau, quelques dessins basiques, de-ci de-là. Il paraît que cela fait un ensemble, une œuvre à part entière: « embrasser l’activité picturale », dit la brochure.
Je pense que son rapport à la peinture est particulier ( mais pas nouveau ni unique). Il la vit comme une entité avec laquelle il discourt, se bat, se fâche, s’enivre… Une histoire d’amour. Du croquis de base, genre signe primitif, au large geste fougueux du pinceau, en passant par les pas rageurs sur la toile au sol (on voit les traces des semelles!) , les bouts collés, roulés, déroulés, rattachés, retournés…Joe Bradley vit sa peinture physiquement. Une sorte de corps à corps avec sa toile. Celle-ci est peinte d’un côté puis de l’autre. Si bien qu’on voit par transparence les traces du premier travail. Ses « fantômes », dit-il. Cette espèce de face à face est intéressant.
La première impression de grand foutoir pictural jeté pêle-mêle sur la toile passe vite. L’œil perçoit bientôt un ordre dans le désordre. Un mouvement rythmé. Une cohérence dans le foisonnement.
Et, finalement, on arrive à trouver des liens avec l’autre expo, celle d’Anita Molinero. Une force identique. Quelque chose qui attaque…
Pas eu envie d’aborder l’expo « Feminine Futures ». C’est une collection de photos,manuscrits, dessins, manifestes et vidéos sur l’avant garde féminine en danse et performance. Un boulot phénoménal de la part du commissaire Adrien Sina. Il a fait une énorme et longue recherche de documents rares. OK… C’est une tendance de l’art contemporain de faire d’une collection historique une œuvre à part entière… Je n’y crois qu’à moitié. Et vu le bla-bla du commissaire sur la vidéo présentée au rez-de-chaussée du Consortium… Plutôt poussés à prendre la porte de sortie.
Je note que nous avons été super bien accueillis dans ce centre d’art dijonnais, et que c’est la première fois! Des mignonnes médiatrices prêtes à nous renseigner et qui nous le disaient! Des sourires au service du visiteur (on nous a mis la vidéo de notre choix, sur demande).
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