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le choix du mois, septembre 2015

chez Patrice, Fred Content

chez Patrice, Fred Content

Un peu d’égoïsme ce mois-ci! Je choisis l’expo que j’ai organisée! A l’occasion des Journées Patrimoine, tous les deux ans, en effet, j’invite quelques artistes et j’essaie de les faire accueillir chez des habitants du vieux village de Fontaine les Dijon. Certains sont également installés sous barnum en bord de mare (vous connaissez bien sûr la célèbre mare de Fontaine!!)

Cette année, ce fut particulièrement sympa. Soleil, visiteurs en nombre, ambiance agréable, rencontres, bavardages… Merci à tout le monde!

chez Judith, Juliette Savrot, céramiste

chez Judith, Juliette Savrot, céramiste

Voici quelques photos souvenirs, cliquez sur les visuels pour agrandir, en deux fois.

A la Charmille, André Mugneret

A la Charmille, André Mugneret

chez les Soeurs de Nevers, Edith Kospiczewicz

chez les Soeurs de Nevers, Edith Kospiczewicz

au Caveau de La Source, Pascale Serre

au Caveau de La Source, Pascale Serre

au Pressoir, Nicole Lamaille

au Pressoir, Nicole Lamaille

chez lui, Jean-Marc Yencesse

chez lui, Jean-Marc Yencesse

Yi-Ling Lu, Galerie La Source

En septembre 2015, à la Galerie La Source de Fontaine-les-Dijon, Yi-Ling Lu, une jeune artiste taïwanaise exposait ses peintures. Intéressant dialogue entre peinture chinoise traditionnelle et culture occidentale. Très beau.Lu

Je laisse Claude Martel, responsable de la Galerie La Source, le soin de parler de ce travail sensible et original. Merci à elle.

détail de la peinture ci-dessus

détail de la peinture ci-dessus

« Yi-Ling est restée fidèle à ses racines tout en intégrant la picturalité européenne : elle insuffle à la peinture de son pays une nouvelle forme plus abstraite et radicalement moderne.
La technique de l’artiste est inimitable, son pinceau semble «cracher» l’encre et des formes insolites surgissent sur le papier. Elle a le don de faire naître d’étranges merveilles ; la trace de l’outil reste invisible sans que cesse de s’exercer l’activité structurante du trait. Le pinceau et l’encre sont comme le Yin et le Yang, leur mode d’activité est opposé et complémentaire ; en mettant à profit les variations infinies de l’encre, l’artiste obtient des effets sans cesse renouvelés. Derrière la beauté pure de chaque coup de pinceau, à travers l’alternance de vigueur et de fluidité, d’ombres et de lumières, de vides et de plénitudes, transparaît le souffle de la vie. La majesté des paysages souligne l’insignifiance de l’être humain dans l’immensité du cosmos.
Avec ses encres, l’artiste nous invite à pénétrer dans l’univers de la tradition picturale chinoise. Cette peinture n’est pas une simple copie du réel ni le fruit d’une recherche purement esthétique ; ainsi la tradition chinoise ignore la perspective occidentale avec ses lignes de fuite. Cet art implique un autre point de vue qui étage les plans successifs leur donnant une même importance, qui les isole parfois pour permettre au regard de circuler librement dans le tableau. Cette multiplicité des points de vue traduit le désir de l’artiste de vivre l’essence de toutes choses et par là même de s’accomplir. Plus qu’un objet à regarder l’œuvre est à vivre.
Dans l’œuvre de Lu Yi-Ling le vide est toujours présent. Il est signe parmi les signes, assurant au système pictural son efficacité et son unité. Il projette le spectateur dans un monde beaucoup plus vaste, laissant le terrain libre à son imagination. La contemplation prend appui sur la partie « pleine » de la peinture, comme un tremplin, pour se propulser dans l’absolu à travers la partie « vide ». Cette notion est un thème majeur dans la pensée esthétique chinoise. Le vide est ce qui relie le monde visible au monde invisible. La puissance d’évocation de l’œuvre de Lu Yi-Ling illustre parfaitement le proverbe chinois : « une seule image est plus éloquente que mille mots.»
Les inscriptions sont aussi très importantes. Elles traduisent le titre, le contenu de l’œuvre, le nom de l’auteur et son sceau. La peinture et la calligraphie chinoises sont intimement liées, au-delà d’une simple recherche esthétique, ces deux disciplines visent à exprimer l’harmonie naturelle de l’univers
Les encres de Lu sont des visions poétiques du grand pays lointain laissé derrière elle mais toujours présent dans sa mémoire. « 

Claude MartelLu2Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

Les inventifs au Cellier de Clairvaux

La galerie associative « Les Inventifs » a invité cette fois, en septembre 2015, les peintres François Gauchet et Nadège Donzé à faire leur exposition personnelle au Cellier de Clairvaux.  C’est une bonne initiative.

François Gauchet, je connais son travail depuis longtemps et j’aime. Déjà écrit à son propos plusieurs fois. (Allez voir par exemple dans « textes en résonance ») Aujourd’hui, je ne le ferai donc pas. Mais je veux juste dire que cet artiste semble ne pas avancer, qu’il n’ose peut-être pas franchir la marche qui le ferait évoluer, chercher, tenter, bouger…GauchetB

Je découvre Nadège Donzé. J’en avais entendu parler par la plasticienne Christine Delbecq dont elle est l’élève depuis longtemps.

A première vue, ses abstractions, dont elle intitule la série « Embrouillaminis », sont banales. Comme un parfum de déjà vu.  Mais non!  Surtout, s’abstenir de passer vite.  Il faut s’arrêter.  Il faut REGARDER ces toiles.  Je ne sais quel monde immergé et intime ressurgit ici. On le sent. C’est difficile à exprimer pour le regardant, mais c’est une évidence, quelque chose est « dit » ici. Quelque chose qui vient de profond.Nadège

Il y a des encombrements de lignes et de traits.  En mouvement. On a l’impression d’avancer dans un buisson serré dont les branches et brindilles explosent à notre passage, craquent, tombent et ouvrent peu à peu un chemin. Au bout, là-bas, au coeur de la toile, la lumière nous attend. Les touches de blanc qui volent jusqu’à nous en sont les signes.

Parfois, ce ne sont plus des branches mais des barreaux. Eux aussi explosent, se tordent et s’effondrent. Comme si un grand souffle les avait anéantis. Le passage est libre. A l’arrière, on distingue une nouvelle image de vie. Différente.

J’apprécie ce genre de toiles où l’on perçoit le travail du peintre, à la fois énergique et sérieux. L’artiste tente l’impossible avec le pinceau, avec le geste, avec la matière, avec la couleur: pas seulement occuper un espace à peindre, mais montrer ce que rien d’autre ne peut montrer ( sensations, sentiments, formes que prennent les existences, remue-ménages intérieurs, chocs émotionnels,  etc)

L’autre série de Nadège Donzé, « Vermeer », est très différente mais super intéressante. Certes, ça fait travail d’atelier mais pour une fois que les visiteurs peuvent apprendre à lire un tableau! Formidable! Partie de « La ruelle » , peinture de Vermeer, l’artiste commence par une reproduction fidèle de cette peinture, puis interprète l’oeuvre, l’interroge et l’analyse par quelques toiles personnelle:  exagération de l’impact du mur, accent mis sur le blanc, puis sur la tache rouge, mise en abstraction de l’ensemble etc.  

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Nadège.Vermeer

Auditorium, à St-Philibert

L’été 2015, à l’église St-Philibert, Dijon, se tenait une expo de Franz West (artiste décédé à 65 ans en 2012), organisée par le Pôle d’art contemporain.

Intitulée « Auditorium » elle ne comporte pourtant aucun son (ni musique) ! C’est un ensemble de plus de 70 canapés de métal couverts de vieux tapis persans et de polochons. Cette installation a fait les beaux jours de Beaubourg, par exemple, autrefois. La voilà donc à Dijon.

Quand je l’ai visitée, personne ne s’asseyait ni ne se couchait ni se vautrait sur ces divans. Et pourtant,  ça se dit exposition interactive.  L’artiste attendait qu’on les  utilise .  Mais qui aurait  envie de s’étendre sur ces tapis usés et usagés, pleins de puces,  de poussière et autres chenis?IMG_20150902_171927

Certes, ces sièges sont du plus bel effet, drapés dans leurs lourds tapis anciens aux motifs orientaux. Mais quoi? La vision est assez insolite, bon. La promenade entre ces divans est incongrue dans cette église si étrange, d’accord.  Mais quoi d’autre? Encore une oeuvre qui ne me dit rien.  L’artiste n’a pas « fait », il a rassemblé des objets. Point.

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le choix du mois, juillet 2015

Pour ce mois de juillet, je choisis de parler du « Festival d’art et de création », à Avallon (Grenier à sel, jusqu’au 30 août)

Inattendu, ce choix,  pour moi:  d’abord c’est une sorte de « salon » , donc une confrontation d’oeuvres disposées ensemble dans un même lieu (et Dieu sait que c’est chargé et encombré! On ne sait où regarder!). D’habitude je ne supporte pas! Ensuite c’est davantage de l’artisanat d’art, plutôt que de l’art … Bref! Je n’aurais pas dû être touchée!! Eh, ben, si, malgré tout… Voyons, demandons-nous pourquoi!!

Je n’ai cessé de dire au cours de ma visite à ce festival « ouf! la créativité n’est pas morte! » J’étais heureuse de voir plein d’idées belles, drôles, originales.  Et toutes ces matières! Qui s’étaient mises en quatre pour arriver à des objets incongrus, très chouettes, joliment utiles, étonnants…! Des bijoux en feutre, des luminaires tentants (on voudrait tous les avoir chez soi!), des céramiques toutes plus séduisantes les unes que les autres, des bois magnifiquement travaillés, tournés, brûlés, des petits mobiliers en carton très plaisants, des figurines en fil de fer très réussies, des textiles, des vêtements, des reliures etc. Que de la belle ouvrage!

Revient l’éternelle question de la frontière ténue entre art et artisanat, me direz-vous!

Je ferai  une différence entre certains objets admirés ici à Avallon, de belle qualité et relevant d’un réel sens de l’inventivité… et un vrai travail d’artiste qui dit des choses cachées, inexprimables et profondes. Vous voyez? Les premiers sont juste des caresses agréables pour le regardant. Le second possède un pouvoir fort qui engage, nourrit…Procoudine

Dans cette expo,  Christine Lemaire a attiré mon attention: des personnages de métal avec une sacrée allure et une sacrée énergie! Allez voir son site et intéressez vous à ses « forteresses », c’est encore mieux! Vu aussi avec intérêt les grands dessins de nus de Anne Procoudine,  et de drôles de personnages et animaux du céramiste plasticien Jean-Yves Chevilly.Chevilly

Je n’ai malheureusement aucune photo de ces objets d’artisanat d’art que j’évoque plus haut. Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois, le nom de l’auteur apparaît

Promenade en Avallon

Admirative (et jalouse!!) de l’implication de la Ville d’Avallon pour les artistes.  J’ai vu 4 espaces municipaux cet été 2015, consacrés à des expositions. Et là, pas d’art (dit) contemporain à la c…. Pardon de devenir vulgaire, mais Dijon commence à m’agacer avec tous ses lieux d’art sacrément et bêtement et obstinément contemporain qui ne présentent plus rien d’intéressant à mon avis.  Je vais devoir m’expatrier!!

« Les 20 ans d’Artatou » . Salle St-Pierre et La Fabrique, à côté de l’église St-Lazarre, Avallon. Jusqu’au 30 août. Ce collectif d’artistes nous offre encore une fois une bonne exposition. J’ai retenu surtout:

Isabelle Boizanté et son intéressante installation aux filtres à café (!). Sans deviner au premier abord le matériau utilisé, on se laisse séduire par les couleurs, les transparences, les ombres, les jeux de lumière que crée ce grand abri où l’on pénètre bien volontiers. Ce sont des tentures, comme les peaux sur et dans les yourtes, qui diffusent des lumières chaudes (ça m’a rappelé les fenêtres en albâtre de certaines chapelles italiennes). Artisanat primitif… Construction rudimentaire… Habitation rustique de peuple lointain…Logis de fées ou d’elfes dans un monde parallèle… Ou encore, construction naturelle réalisée par un essaim géant de quelques guêpes ou autres insectes imaginaires. Ou mue d’un animal à grandes écailles ???  En tout cas, une architecture de papier qui porte en elle toutes sortes de références. Bref, une oeuvre d’art!Boizante

Jean-Yves Chevilly, lui aussi avallonais, comme I. Boizanté, a accroché des collages. Exécutés avec soin, ils m’ont paru de belle qualité. Les découpages se fondent en constructions harmonieuses; le tout posé sur des fonds de peinture, comme des blocs d’images, des icebergs d’images.  Cet artiste est aussi céramiste et sculpteur (ses fantaisies pleines d’humour à voir au Grenier à Sel, expo festival d’art et création)

Anne Procoudine-Gorsky est peintre. Et son geste de peintre est puissant, généreux. Les corps représentés expriment des sentiments forts et font jaillir un étonnant hymne à la vie. Tous les sens sont en alerte. (A voir aussi ses oeuvres au Grenier à Sel. )Procoudine

Catherine Loubat-Girard dessine et peint les arbres. J’en connais qui appellent ça des gribouillis. Mais qu’est-ce que j’aime ça! Ce travail de lignes (noir et blanc) qui grimpent, s’enchevêtrent, tournent… traduit à merveille la fascinante existence des arbres. Ces dessins au fusain sur acrylique sont du plus bel effet.Girard

Véronique Lafont: contente de retrouver le doux regard un peu naïf de ce peintre de la nature. Ses touches de couleur aux multiples variations finissent par construire des paysages entrevus, ressentis… des traces de paysages gardés en mémoire.

« Célébration du corps », Jean Montchougny. Les Abattoirs. Avallon (fait partie du festival Ex-VoO). Jusqu’au 30 août.Montchougny

Un beau lieu pour accueillir une partie de l’oeuvre de ce peintre né à Nevers en 1915, Jean Montchougny. Le corps féminin est son sujet de plasticien, son « objet de peinture » comme dit Gilbert Lascault. Il paraît qu’il en a peint 700… Et ici, sous les briques et les crochets de l’ancien abattoir, des séries de corps de femmes suggérés traduisent toute la recherche d’un peintre au cours de sa carrière. Passionnant. Telles des variations musicales… Tout est dans la puissance de la couleur qui rythme les lignes et les volumes. C’est curieux comme la peinture, avec cet unique sujet, le corps féminin, devient une écriture, une expression un langage…Montchougny2

Il y a aussi une exposition au Grenier à Sel, à Avallon: « 12ème festival d’art et de création. J‘en parlerai dans ma rubrique « choix du mois ».

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La biennale de Nolay

Nolay a accueilli sa 6ème biennale de sculpture en juillet 2015. Sur une quinzaine de sites, dans la petite ville, se déployait une exposition d’une quarantaine de sculpteurs venus de partout. Les 40° de ce dimanche ne nous ont pas empêchés d’apprécier cette balade en art ! Bouteille d’eau et brumisateur à la main!

Comme ça, sans trop réfléchir, me restent en mémoire des émotions, des étonnements, des admirations, des sourires avec : ……

-l’autre monde de Gaëlle Guibourgé, petit univers original, symbolique et vivant créé en terre cuite brute.Guibourgé

-la magnificence et la perfection des pièces de bois de Thierry Martenon, invité national de la manifestation. Un hommage au bois.Martenon

-l’élégance et la pureté des formes élancées de Patrice Poutout, « gardeurs » (dit-il) du temps ou de l’Histoire, totems ou stèles sacrés.

-le mystère des pièces de céramique (argile) de Ine Schoots, leur façon de représenter la gestation, la naissance de la vie, dans ce qu’elle peut avoir de plus primitif ou rudimentaire dans la nature.Schoots

-l’humour et la force des personnages de Diadji Diop, invité international (Sénégal), qui apparaissent ici ou là dans les parcs ou sur les places, inattendus, incongrus.Diop

-le raffinement des porcelaines blanches de Caroline Chopin, leur représentation de fines et petites créatures hybrides.

-l’ambiguïté des sculptures de Suzane Lopes, leur folie fantastique et exotique.

A noter aussi –

que j’étais contente de revoir les drôles de couples de danseurs et de sportifs de François Lepoivre. Je connaissais.

-que j’ai vu sur l’eau du lavoir une sculpture de métal rouillé assortie de sortes de bulles, que j’ai bien appréciée (mais sans nom).

-que j’ai trouvé juste sympathiques les chaises surréalistes de Christian Rattoray, que j’avais déjà vues.

Pardon à tous ceux que je ne cite pas! Le coeur y est! Mais on a ses préférés qui vous correspondent !

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le choix du mois, juin 2015

Il y a eu deux ou trois heures, dans ce mois de juin, qui ont beaucoup compté pour moi.  Celles de ma visite aux « 4 Jardins des Bourroches », un week-end, au soleil. Dix artistes du coin (Dijon et environs) étaient invités chez des hôtes super accueillants. Quelques très bons moments qui m’ont permis de revoir plusieurs artistes que j’estime…

Joël Petot était l’initiateur de cette manifestation. Allez! On commence par lui!

Chapeau de paille sur la tête, il nous propose des cerises, puis, très zen,  nous détaille son travail, présenté ici dans son petit jardin à lui.  Ami des arbres, et leur fidèle admirateur, il poursuit depuis plusieurs années une démarche artistique à ce propos.  Je connaissais son bois calciné, merveilleusement NOIR! De ce noir qui fait naître couleur et lumière… (C’est l’outre-noir de Soulages!) Il découpait des lamelles de ce bois calciné et les assemblait pour créer des volumes qui respectaient les formes et les lignes de l’arbre (les courbes) mais aboutissaient à des objets presque « sacrés ». Comme des petits oratoires, des sanctuaires, ou des réceptacles, des petits espaces « gardiens », des lieux de méditation… Cette fois, il nous montre des troncs (ou des grosses branches) bruts. Mais son acte artistique consiste à les ouvrir dans le sens de la verticalité, à écarter les deux morceaux tranchés et à imaginer un coeur d’arbre… inattendu et mystérieux. Surprise!Petot

Dans son jardin, Joël Petot accueille Michel Potherat. Et comme il aime collaborer avec d’autres artistes (vitraux, céramique, peinture ont déjà interpénétré ses créations de bois ) il a laissé ce peintre animer à sa façon une tranche de tronc! Et M. Potherat place aussi dans ce jardin deux tableaux à lui (utilisation du PVC, je crois).

Quelques pas dans les rues du quartier et nous voilà dans un autre jardin. Eric Mappa a fait atterrir là une de ses étranges et belles créatures géantes (en bois).  Insecte monstrueux aux pattes multiples, pense-t-on. Ou grande colonne vertébrale d’où sort un réseau de côtes, d’artères, de nerfs.  Cette forme étonnante est vivante, car l’ artiste l’a positionnée de façon à ce qu’elle bouge au vent ou aux gestes des visiteurs. J’avais déjà connu (et aimé) le travail minutieux de Eric Mappa, qui, à l’époque, réalisait des sortes de petits reliquaires où il déposait, il me semble, des mini squelettes d’animaux ou des restes de végétaux. Il me confie qu’en ce moment il travaille beaucoup (mais lentement!!) sur des découpages et collages. Avec encore des « boîtes » et le thème de l’anatomie. A suivre! Chic!Mappa

Frank Jooste est là aussi. Il a fait une installation fantaisiste, entre ange, figure de proue et épouvantail! Et il a choisi quelques unes de ses aquarelles envoûtantes. Le meilleur de lui-même, je pense (même s’il cherche toujours ailleurs dans d’autres matériaux, d’autres styles de peintures).  Philippe Poirier, lui, a accroché des photos en noir et blanc à l’intérieur d’un ancien petit lavoir au coeur du jardin! Bel espace secret, fermé, noir… Ses images sont fortes, comme les lieux représentés. Usines, carrières etc. Là où il s’est passé quelque chose mais activité figée, abandonnée… Je repère Epinac (Saône et Loire), village où je suis née!!Bruley

Petit tour dans la rue à nouveau pour rejoindre un troisième jardin. Christiane Bruley y a planté ses « totems »! Mariage de plantes, de terre, de pierres avec sa peinture si « végétale » , si « minérale ». Réussi! Fred Gagné a habité, lui, une partie du jardin,  avec une installation dont le voile qui flotte et danse au vent crée une nouvelle vie ici. Une « comète » dit-il, porteuse de plein de choses!!Montenot

Quelques rues plus loin, Viola Montenot apporte à ce quatrième jardin son art du textile: draps anciens en chanvre qu’elle plie, coud et associe à d’autres petits matériaux: baguettes de bois, cailloux, ficelle, graines, cagettes. Résultat: des personnages stylisés, comme des petits mannequins, qui racontent les difficultés de la vie; des superbes tableautins à la plastique épurée; et des petits volumes qui voguent sur la pelouse… Daniel Carette, lui, montre son dernier travail en peinture. Une cheminement sans fin d’un artiste en recherche constante. Il a posé sur l’herbe des toiles plus anciennes et accroché en arrière plan des plus récentes. Très intéressant.

Cliquer sur les visuels pour agrandir en deux fois; les noms apparaissent au-dessus

3 femmes, 3 chemins d’art, Le Grenier

A Talant, au Grenier, 3 femmes exposaient en juin 2015: Florie et Maryvonne Johannot et Madina. Sculptures et calligraphies.

Attention! Analyse différente de d’habitude!!

Il y a un phénomène qui m’arrive de plus en plus souvent dans mes balades et découvertes artistique. Je ne sais qu’en penser. Voilà :

Se présente,  par exemple, une oeuvre qui m’intéresse guère,  ne m’atteint pas….Je la trouve fade, ou « plate », ou superficielle, ou sans originalité (déjà vu mille fois), ou sèche, ou simpliste, ou juste jolie… Que sais-je?  Et voilà que j’écoute ou lis les propos de l’artiste.  Et voilà que, souvent, je retourne ma veste.  Le fait d’apprendre sa démarche, son bonheur à créer, son enthousiasme, sa foi … Je craque!  Le résultat de son travail, certes, continue de me décevoir, mais je le regarde d’un autre oeil.  Je lui trouve un nouvel intérêt. Et je me demande alors ce qui pourrait être modifié pour que ce travail acquière une vraie valeur d’oeuvre d’art que je pourrais lui reconnaître!!

L’expérience a un peu eu lieu à cette expo du Grenier.

Madina, je l’avais connue chez elle (cf rubrique « visites d’ateliers » dans ce blog) et elle était si passionnante… Ici, je n’ai vraiment apprécié que les calligraphies où elle ajoute ses propres recherches plastiques, « portant un questionnement sur le tracé et sur la matérialité du support » (dit-elle). J’adore! Le reste m’endort, parce que je ne suis pas assez au fait de l’art de la calligraphie chinoise. Même si je l’écoute et la lis encore et encore cette Madina!Madina

Florie Johannot a écrit un petit texte sur sa démarche. Simple mais bon. Elle évoque ces vieux morceaux de bois qu’elle chasse dans la nature, qui ne demandent qu’à « être révélés ».  Elle dit « poursuivre le travail de façonnage déjà entamé ».  Beaucoup d’autres artistes ou artisans font la même chose.  Mais j’aime comment elle en parle.  A mon avis, par contre, elle les « civilise » trop. Elle les « sophistique ». Elle en fait des objets de décoration à poser sur les meubles. Les voilà propres, cirés, polis, vernis, lisses… Comme une jolie fille trop maquillée!!  Ils deviennent impersonnels.  (C’est juste mon goût à moi!)  Au contraire, ses bâtons de vie, eux, m’interpellent.  Elle leur a communiqué un côté sacré, et ça c’est de l’art.

Maryvonne Johannot écrit également sur sa pratique de la sculpture. Et elle dit très bien l’exigence de cet art, son caractère physique, mais aussi son côté « cérébral »:  « comprendre les angles, les attaches, les lignes, les points forts »…Elle analyse aussi cette « confrontation entre moi et moi ».  Très intéressant.  Ses bois sculptés, c’est du beau boulot. Parfois inspiré du Moyen Age. Mais il leur manque un je ne sais quoi de nerfs, de tripes, de cris, de vérité personnelle… Finalement, ils sont « trop beaux »!!

Il y a une sculpture réalisée en commun par les deux sculptrices.  Une souche peinte en bleu, sur deux visages (ou un visage éclaté).  C’est échevelé, pas sérieux, pas attendu… C’est créatif! Fait pour me plaire!Johannot

Prenez la petite brochure à l’entrée de l’expo. C’est là que se trouvent ces 3 textes passionnants que je signale ci-dessus.

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois. Le nom d’artiste s’affiche au-dessus

 

Villes, Hôtel de Vogüe

L’association 13+ a proposé l’exposition « Villes » en juin 2015 à l’hôtel de Vogüe, rue de la Chouette, à Dijon. Pas moins de 22 artistes présentaient leur travail sur le thème de « Ville ». Un gros effort avait été fait par l’association pour présenter correctement et agréablement les oeuvres dans le lieu ingrat qu’est cet hôtel de Vogüe (par ailleurs bien placé au centre ville et très très visité!).  Des petits textes accompagnaient la plupart des oeuvres; paravents, estrades, grilles sont habillés de textile; des éclairages ont été installés (pas facile! pas évident!)…LagnienExtrait

Sur l’impossible papier peint aux épouvantables motifs verts, 3 peintres ont réussi à s’accorder et accrocher des couples de grands formats, longues toiles verticales, comme des huàjàn chinois (peintures en rouleaux):  Martine Malherbe, Evelyne Lagnien et Micheline Reboulleau. Bravo! Venise pour cette dernière, dessins de vie de la rue dijonnaise pour E.Lagnien et idée de fenêtres en multitude pour M.Malherbe.Malherbe

A noter les deux Edith Nicot! L’une qui fait des clins d’oeil avec ses cartes routières devenues kimono ou tongs! L’autre avec un intéressant travail sur papier (fabriqué par elle-même). Les photographes présentent des clichés très différents et très personnels: Denise Guilloux, Jean-Philippe Jarlaud et Jean Claude Potet.  Et puis, les peintures de Benvinda Miguens-Velez, tout de sensibilité urbaine;  l’un des nus de André Mugneret, si particuliers avec toute l’histoire humaine qui se cache là;  les encres de Francis Orzel, dont il faut connaître l’extraordinaire mise en oeuvre pour mieux l’apprécier; l’installation de Annick Botton; le pop up de Maurice Mathon (pliage papier architecture)  etc… Voilà ce que j’ai retenu particulièrement.

MiguensCliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois. Le nom de l’auteur apparaît au-dessus du visuel.