Pas de vrai coup de coeur ce mois d’octobre en art. Juste une arrivée à la maison d’un bouquin! Celui de Gérard Titus-Carmel « Au vif de la peinture, à l’ombre des mots ». Editions L’Atelier Contemporain.
Interroger la peinture… 735 pages… Je ne suis pas au bout! Je le déguste doucement, par petites doses, par délicieuses petites bouchées!
Exposition à l’Entrepôt 9 (Quétigny, 2 rue Champeau, angle rue de l’Europe), soit Galerie Barnoud: celle de Thomas Monin, intitulée « ocelles et paréidolies ». C’était en hiver 2016-17 Mer. vend. sam. 15-19h.
Et toujours cette même impression, quand je rentre d’une expo d’art (dit) contemporain… Une sorte d’illogisme entre la personnalité de l’artiste et son travail montré. Une incompatibilité.
Explication.
Rentrée chez moi, après la visite (ici, toujours agréablement reçue et guidée), je cherche toute info concernant l’artiste. Je lis quelques textes de lui. Ce Thomas Monin me semble être un monsieur passionnant. Et vrai dans sa démarche d’artiste. Il vit à fond ses certitudes. Il les expérimente en allant au bout des choses: son rapport intime avec le vivant, entre autre, sa mise en symbiose avec toute matière vivante… J’admire sa recherche sur l’activité artistique elle-même. Son honnêteté dans l’évolution de ses idées. Ses prises de position par rapport à ses maîtres (Buren et Chen Zhen) dont il sait s’écarter quand il le faut etc.
Mais je crois que je préfèrerais que seuls l’homme et sa vie soient considérés comme oeuvre d’art.
Car, ce que j’ai vu à la Galerie Barnoud correspond mal à tout ça. De la richesse, je glisse vers la pauvreté.
Thomas Monin est particulièrement préoccupé par le sort des animaux menacés d’extinction. L’abeille et le requin, entre autre, sont ses sujets de prédilection. Présence de ruches ou de miel dans ses oeuvres. Présence d’ailes de requin etc. Bien… Mais, je ne peux être ni touchée ni émue ni perturbée par ce morceau de requin à paillettes, sans nageoires, en équilibre sur le museau, en bordure d’une flaque d’eau en céramique noire. Rien ne se passe. Désolée.
A côté, une rose fanée géante, posée au sol. La tige est une grosse branche. Les épines ressemblent à des nageoires de requin (encore à paillettes). Le bouton de fleur est fait d’une ruine de ruche, très habilement agencée pour évoquer les pétales. Bonne idée. Réalisation maline. Mais malgré un long regard concentré et une longue attente attentive devant cette oeuvre, je ne ressens rien. (Idem devant la série de bocaux, la peau de cobra, la coccinelle géante etc)
Et puis, je m’énerve des termes savants qui ponctuent cette exposition (en tout cas , pas tous connus de moi!). Ocelles. Paréidolies. Sequins. Analemmatique. Apostasie. Etc. Je trouve cela désagréablement pédant. Par contre, certains titres ou termes utilisés sont de vraies trouvailles, comme « involution » , « condensation charnelle », « la dernière capsule temporelle »…
Ce qui peut retenir mon attention dans cette expo, ce sont les dessins de singes, placés au-dessus de nous, tirant la langue et nous observant de leur air goguenard, les dessins des « yeux » sur ailes de papillon ou plumage de paon (ocelles), les maquettes et dessins des projets de l’artiste réalisés ou non grandeur nature dans des villes ou au coeur de paysages de campagne. Thomas Monin est célèbre pour son grand loup phosphorescent installé en pleine nature dans le Puy-de-Dome.
Bon, la morale de l’histoire (et le thème de l’expo) c’est que « ce qui est montré n’est pas forcément ce qui est vu » (dixit Thomas Monin) Très juste.
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En novembre 2016, l’Atheneum (sur le campus de Dijon) proposait une exposition de photos d’oeuvres de l’artiste urbain Ernest Pignon-Ernest, « la peau des murs ». Du lundi au vendredi , 10-17h (et visible aussi les soirs de spectacle).
Une expo qui donne juste envie de voir réellement le travail d’Ernest Pignon-Ernest! Ces photos sont frustrantes! Mais c’est mieux que rien!! Travail éphémère, comme tout art de la rue, il reste au moins la trace de la photo. Un jour – si seulement – il viendra à Dijon !!!
Question de dimensions, d’abord. On sait que les dessins que Ernest Pignon-Ernest colle sur les murs sont grand format. Les personnages sont grandeur nature (ou plus) et semblent sortir du mur, ou y pénétrer, ou s’y appuyer… Ici, les photos, sagement encadrées et accrochées au mur semblent bien minus!! (Belles photos, au demeurant!)
Et puis, question de matière, d’environnement, d’ambiance, de réalité etc. On doit juste imaginer cette vie soudaine qui anime les murs d’une cité… Cet effet de surprise si bien calculé. Ces regards qui se posent sur les passants, qui les interrogent. Cette force d’un dessin au perfectionnisme réaliste qui nous met à la frontière entre le faux et le vrai. Cette beauté du coup de crayon qui, soudain, frappe la rue et interpelle les habitants. Cette audace de l’artiste qui agit souvent hors la loi (il colle la nuit!) et fait de ce travail un acte politique et social. Car, la plupart du temps, il a une idée derrière la tête en accomplissant son boulot d’artiste révolté.
A l’Atheneum, deux sujets abordés: -1- Naples, dans les années 88-95, où Ernest Pignon-Ernest cherche des « retrouvailles avec des origines immémoriales ». Des dessins inspirés du Caravage, abordant les mythologies grecques, romaines, chrétiennes… La mort très présente.
-2- Les cabines téléphoniques, entre 97 et 99. Des personnages en détresse, abandonnés, seuls, qui gisent à l’intérieur (semble-t-il) de ces petits espaces dédiés pourtant à la communication.
L’expo montre aussi des affiches contre l’Apartheid
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Au centre hospitalier de La Chartreuse, à Dijon, dans son espace d’exposition, en plein coeur du grand parc, Machado Rico proposait en l’hiver 2016-17 « Terra » . (C’était bien sûr une organisation de l’association Itinéraire Singulier). Mardi, mercredi, samedi et dimanche 13h30-17h
J’ai appris (merci pour la visite guidée de l’exposition!) que l’expression « art singulier » qui a remplacé « art brut » vient du fait que les personnes qui sont ainsi étiquetées continuent à ne pas suivre les règles classiques, à faire oeuvre spontanée et à utiliser des matériaux rustiques et récupérés, mais qu’ils ne sont plus forcément enfermés dans un hôpital psychiatrique, une prison ou tout simplement dans leur campagne profonde. Autrefois, les oeuvres « brutes » (celles que collectionnait Dubuffet) étaient des créations de gens marginaux par la force des choses (maladie mentale, enfermement, éloignement), qui n’avaient pas de moyens, pas de connaissances, pas de culture, pas de rapports au monde etc. Aujourd’hui, on peut être « artiste singulier » même si on a fait des études aux Beaux Arts et qu’on vit la vie de tout le monde.
La frontière est difficile à cerner!
Machado Rico, elle, a fait des études d’art, elle s’est initiée au graphisme publicitaire, et à diverses techniques comme la tapisserie haute lice, la gravure, la laque. Elle a commencé dans le classique. Et puis, à 51 ans, elle est sortie du rang! Son art est devenu plus marginal. La peinture que l’on découvre ici (entre 1995 et 2010 environ) a ce goût pour les accumulations, pour la matière et la couleur exubérantes, pour le dessin naïf et enfantin, pour les mises en scène à plat sans recherche de perspective… que l’on voit souvent chez les artistes singuliers.On peut dire que les caractères que je viens de citer sont tout simplement son expression la plus impulsive. La plus instinctive.
On peut aussi dire qu’ils viennent de ses références et influences. En effet, d’une famille originaire d’Andalousie, Machado Rico est née à Oran. Elle a habité le Midi de la France et elle s’est expatriée avec son mari quelque temps au Canada. Donc, un peu de méditerranéen, un peu d’espagnol, un peu d’amérindien (cf ses totems)… Mais il y a, malgré tout, chez Machado Rico, un appétit personnel évident pour « faire joli » comme disent les enfants. Ses compositions sont habiles, mais chargées. Elle orne, elle colle, elle ajoute, elle empâte… Des gestes jouissifs. C’est plutôt sympa. Comme de l’art populaire, expressif, narratif
Juste espérer que son style de peinture n’est pas devenu un « système » , qu’elle le répète à l’infini pour la bonne raison qu’elle le vend bien. Espérons.
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Premier « Atelier du regard » jeudi dernier, au Centre, rue de Chenôve, Dijon, mené par la plasticienne Christine Delbecq. « Ni un cours d’histoire de l’art ni un cours d’art plastique ni une visite guidée » dit-elle.
Elle avait apporté deux photos représentant des oeuvres d’artistes: Miquel Barcelo et Jiri Kolar. Tours de table. Les ressentis de chacun, les observations, les questions…Déjà les yeux s’ouvrent. De l’inattendu et de l’imprévu tombent. Passionnant.
Le principe de cet atelier est excellent.
Miquel Barcelo
D’abord, savoir s’arrêter devant une oeuvre d’art. Ne pas passer trop vite. Même si, à priori, elle nous indispose. Peu à peu entrer dedans. Grâce aux remarques du groupe, changer son regard. Sans pour autant se mettre forcément à aimer l’oeuvre en question. Mais s’y intéresser différemment. Oser se laisser déranger par elle. Commencer à mettre d’autres mots dessus. Aller plus loin.
La plasticienne conduit souplement le débat. Elle rassemble les commentaires entendus. Les fait rebondir et s’élargir. Elle apporte ses propres connaissances, fait part de ses expériences, tente de bousculer les idées reçues et les habitudes. Transmet spontanément son propre enthousiasme.
Conclusion: la prochaine visite à une exposition ou à un musée sera nettement moins casse-pieds pour ceux qui auraient assisté à cet atelier d’un nouveau genre! L’accès à l’art se fera plus facilement. Et, surtout, on aura compris que l’art … c’est pour nous. Nous tous. Qu’il peut nous emmener (ou ramener) vers nous-même.
Prochain Atelier du Regard le jeudi 12 janvier 2017, 20h30.
A Fontaine, à la Galerie La Source on s’est fait plaisir avec l’expo de Viola Montenot à l’automne 2016: « Migrations ».
C’est une exposition comme on les aime, avec une unité, un fil conducteur. Le titre en est la clé, « migrations ». Dans sa vie, Viola Montenot a connu des migrations qui l’ont fortement marquée. L’artiste a fui son pays de naissance, la Slovaquie, en 1969. Réfugiée en France, elle est partie ensuite vivre en Polynésie. Puis, revenue en France, elle a revu la Slovaquie en 1990 et 1991. Des choses qui remuent…Surtout pour une âme sensible.
Mais, en fait, toute vie est « migrations ». La vôtre. La nôtre. Dans le sens où, comme elle le dit elle-même: »aucune chose n’est acquise. » La condition humaine est faite de passages, de changements, d’incertitudes, de hasards et de mouvements perpétuels.
Dans les peintures de Viola Montenot, l’homme est un petit personnage en équilibre instable (funambule), plié et replié comme une feuille de papier, plutôt solitaire, perdu dans un dédale ou emprisonné. Il cherche parfois à s’enfuir (s’envoler) ou à se cacher, pour échapper à l’absurdité de l’existence. Il peut aussi se réfugier dans son monde intérieur et ne devenir qu’un fantôme pour les autres (silhouette de dentelle à l’encre blanche)
A bien observer les oeuvres présentées, on y retrouve toutes sortes de détails qui sont en rapport avec ces « migrations ». Les racines d’un arbre, au contraire du déracinement des exilés. Les poches en tissu, telles ces cachettes cousues dans la doublure des vêtements des migrants. Les pieds et les maisons qui sont la hantise de l’émigré, à la fois fuite et espoir d’un foyer retrouvé. Les tracasseries de la paperasse bureaucratique angoissantes au plus haut point pour les immigrés. Etc.
Le travail de Viola Montenot « migre » aussi d’une matière et d’une technique à l’autre: bois, argile, drap de toile rustique, cagette, peinture, collage… Son origine slave se devine dans quelques images d’art populaire, sa vie en Polynésie l’a également beaucoup inspirée. Le vin et la vigne sont présents sous diverses formes aussi, car Slovaquie et Bourgogne sont des pays de vin. Sa passion pour l’art est évoquée par des images de la Renaissance.
Toute sa vie est là. Elle souhaiterait que le public voit cette exposition comme une valise, dont il sortirait un à un ses objets, ses souvenirs…
On peut aussi, tout simplement, visiter sans clés! Se laisser séduire par la beauté plastique de ses oeuvres. De toute façon, quelque chose d’autre passera!
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« Jardin d’artiste et ses hôtes », titre de l’exposition du collectif 13+ à la Grande Orangerie du jardin de l’Arquebuse de Dijon. 25 artistes. En octobre 2016.
Il y a de quoi s’inquiéter quand on arrive à cette expo de l’Arquebuse et qu’on voit d’abord des branchages et des feuilles (déjà bien séchés)…Il suffit que le thème soit « jardin » et hop quelques végétations feront bien l’affaire. Quelques branches auxquelles on fait pendre je ne sais quels petits papiers, quelques faux arbres en pot donneront le « la » de cette expo… Et je te rajoute un brin d’herbe par-ci, un bouquet de persil par là…
Mais, passée cette impression de jardin d’enfant ou de kermesse paroissiale, on plonge dans les univers des artistes de 13+. Et on se fait plaisir plus d’une fois.
Certains ont bien joué le jeu et donnent à voir … Pas tous, malheureusement.
Comme d’habitude, je vais faire mon choix! Dire mes rencontres avec des choses touchantes, marquantes, nouvelles, étonnantes. Inspirées. Celles où j’ai discerné une créativité sensible.
Fabienne Adenis, a fait pousser d’étranges plantes dans ses petits pots de jardinage. Sûrement des graines de son pays d’Ondalia… Mi-humaines, mi-végétales. Ambiguïté. Beauté. Luxe et volupté. Et les feuilles d’automne qui jonchent le sol sont, chez elle, des visages féminins tout en or. Telles des médailles. L’artiste a également présenté ses phalènes en céramique blanche que j’avais tant aimé au cellier de Clairvaux. Piquées sur une sorte de buisson. Donc, pour F. Adenis, tout un ensemble de petites pièces qui foisonnent de vie (une autre vie.)
Edith Nicot a fabriqué son papier à partir de dizaines de plantes diverses et variées, et avec cette matière obtenue, incroyable, elle a façonné des mini kimonos (ses « l’uniques ») . Les voilà suspendus au-dessus d’un nid de guêpe géant (réel) qui montre le labeur fabuleux de ces petites bêtes qui construisent leur nid en papier. L’artiste a fait cueillette d’ail, d’artichaut, d’hortensia, de monnaie du pape, de coton etc. Elle a joué les sorcières dans ses marmites magiques. Et elle a ainsi créé de drôles de textures, très intéressantes, qu’elle met en volumes, en « sculptures ». A suivre!
Jean Philippe Jarlaud a accroché ses photos d’arbres. Magnifiques noirs et blancs, avec lignes élancées des fûts et personnages solitaires à leurs pieds. Beaux éclairages de coeur de forêt. On devine le lien étroit entre la nature et l’homme.
Odile Massart, la spécialiste de la gravure, donne à voir un travail subtil, avec, parfois, une pointe d’humour. De petits animaux dessinés à la plume, façon planche zoologique, ou gravés sur cuivre, ou sur zinc et aquarellés…
Avec Evelyne Lagnien, c’est le plaisir de voir des photos (je crois) grand format sur bâches: des silhouettes fondues (ou confondues) d’arbres et de visages, et, à leurs pieds, une installation de belles pièces de raku, comme des morceaux d’écorce. Décidément, dans cette expo, je préfère les créations des artistes, inspirées par la nature, aux choses de la nature elle-même!!
J’ai stoppé aussi -devant une image de nuées d’étourneaux dans le ciel, réinventée par la photographe Denise Guilloux qui a su utiliser le magnifique graphisme de ce vol d’oiseaux. Et, du coup, comment le réel passe une frontière…
-devant deux peintures sur bois de Francis Orzel, sachant que cet artiste projette des pigments à l’aide d’une sorte d’aérographe. Jolie harmonie entre les arbres représentés et les veines du support naturel. Et le sujet, traité façon rêveur…
-devant des peintures de Jean Thirion qui racontent une histoire en couleur, avec quelques gros plans, quelques images arrêtées…Drôle et vivant.
J’ai vu en septembre 2016, une vidéo très intéressante réalisée par deux élèves des Beaux Arts de Dijon, Louise Crabières et Maxime Tibay. Elle était visible à l’exposition « Traces » au Cellier de Clairvaux.
Il s’agit d’une conversation entre deux personnes (un jeune couple d’amoureux?) dont les petites phrases apparaissent écrites en bas de l’écran, en sur-impression. Le genre de brefs messages qu’on s’envoie dans l’instant, pour garder un contact avec l’autre. Informations éclair, courts bavardages sans conséquences… Juste se suivre, ne pas se perdre, continuer d’être ensemble malgré la séparation.
Et des fragments de décors accompagnent ce dialogue. La table du bistro où elle prend un café en attendant de le retrouver; la voiture dans la rue; la plante verte, les fauteuils de l’appartement où elle l’attend; la cuisine… Mais les objets sont comme grignotés, déchiquetés et couverts d’une étrange matière blanche plus ou moins fondue. De plus, ces lieux évoqués flottent dans la nuit noire d’un espace sidéral. Notre regard circule dans ce cosmos bizarre. Un fil blanc relie chaque scène. Comme le lien qui réunit virtuellement les deux personnages.
Ma première impression fut celle d’un monde inquiétant et dérangeant. Un monde disparu, mort depuis longtemps. Qui tournerait en orbite quelque part dans l’univers. Et puis, j’ai pensé aux deux jeunes qui communiquent, à leurs visions très éphémères qui passent en même temps que leurs textes, à leurs bouffées de présence imaginée, à leurs messages qui voyagent dans un espace-temps express. Ce serait plutôt ça…
En tout cas, c’est assez prenant. Et beau. Les jeunes artistes sont décidément les champions du numérique, de l’image et de l’écran! Mais ce n’est pas toujours réussi comme ici!
Pardon pour la capture d’écran. Pas de bonne qualité. Cliquez dessus quand même pour agrandir, en deux fois!
En septembre 2016, au Cellier de Clairvaux, à Dijon, l’association M.A.R.C. a proposé une exposition intitulée « Traces », avec six artistes et la participation d’élèves des Beaux Arts de Dijon.
Je m’étais imaginée voir, à cette exposition, des gravures, des empreintes, des cicatrices, des stigmates…Bref des « traces » comme l’annonce le titre. Quelque chose qui marque, qui gratte… Qui s’enfonce dans la matière pour laisser un signe…
Pas de ça. Mais des peintures et des sculptures, dans la tradition. Bon. Le sujet « traces » étant suffisamment large et ouvert, j’ai quand même trouvé mon compte. D’un artiste à l’autre, graphismes, lignes, traits et formes, en surface ou en volume, construisent une unité à cette expo. Peut-être une impression générale de recevoir des messages d’un âge très lointain de l’humanité, passés à travers le temps, de mémoire en mémoire. En tout cas, c’est une balade très plaisante. D’autant que le souci d’esthétique est bien présent. (Les artistes sont: Rachel Seguin, Hervé Henriot, Marc Mugnier, Paule Fumoleau dit Fuggio, Jade et Bap)
J’ai bien sûr mes préférences dans cette exposition.
Je vais toujours plus volontiers vers l’épuré. Entre ceux qui en rajoutent et ceux qui en enlèvent, je choisis les deuxièmes! Par goût. Mais aussi parce que je suis convaincue qu’on en dit davantage avec le « minimum » et avec le « peu ». On a beaucoup plus de puissance. (C’est valable pour un roman, pour un film).
Ici, sous cette belle nef voûtée, j’ai aimé le langage abstrait de Jade, avec ses fragments qui s’organisent soigneusement sur la surface de la toile. J’ai aimé Fuggio, les torsions de ses sculptures et l’élan de ses graphismes. J’ai aimé les silhouettes de chevaux de Bap, comme des souvenirs au galop, et ses frises verticales architecturées en toute légèreté. J’ai aimé Marc et sa passion de la pierre dont il sublime la beauté et la force.
Deux élèves des Beaux Arts présentent une excellente vidéo dont je parlerai plus tard dans ma rubrique « le choix du mois »
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