| C’est d’abord un jardin. Oui,au 19 rue Magenta,à Dijon,insoupçonné derrière un portail et une grille,l’artiste Benvinda Miguens Velez entretient un bijou de jardin. Dans une sorte de fouillis ordonné s’épanouit une foisonnante végétation. Rien de très haut,pas de grands arbres. Plutôt à hauteur d’yeux ou au ras de terre. Des buissons fleuris,des buis taillés,des guirlandes de capucines,des fougères et des lierres,des plantes grasses naines,de minuscules bassins d’eau avec bambous et nénuphars…On se dit,en voyant ces plantes vivre avec autant d’allégresse,que la petite dame qui habite ici possède un pouvoir… Au fond,au bout d’une des petites allées de poupée,s’ouvre « Le Petit Atelier »(panneau!). A peine,quoi?,dix m2 de surface. Benvinda explique qu’elle peint au sol. « Je mets de grands papiers par terre et je pose mes toiles dessus. J’utilise des peintures très fluides qui couleraient si je peignais sur chevalet. » Une seule fenêtre à volets de bois peints en vert et poignée à l’ancienne. Murs et plafond clairs. Meubles à tiroirs où tout le matériel de l’artiste est consciencieusement rangé. A côté,« mon coin à vivre »dit-elle. Toujours très petite surface agrémentée d’une verrière qui fait couler une jolie lumière. Benvinda a construit elle-même cette partie du domicile. On ressort dans le jardin si proche,si présent. Un auvent tendu sur fer forgé prolonge l’atelier. On est à l’abri tout en étant dehors. D’ailleurs,partout ici,on se sent « à l’abri »! Pas envie de retrouver la ville et la vie extérieure! Etrangement,Benvinda a,dans ses toiles et parfois ses sculptures en raku,un sujet privilégié:la foule. On en est loin pourtant! Chez elle,c’est plutôt un ermitage. Mais super accueillant. Précision:J’ai pris les photos le jour des Portes ouvertes (collectif 13+). L’artiste n’était pas au travail,mais en exposition chez elle. Cliquez dessus pour agrandir. Comme d’habitude,la catégorie « visite d’ateliers »ne comporte pas de commentaires sur les œuvres de l’artiste. Juste une ambiance. Une atmosphère que j’aime bien.
Zone commerciale de Quétigny,face à un marchand de cheminées et voisin d’un garage Citroën,discrètement,un chevalet posé dehors signale l’atelier du peintre Daniel Carette. Un petit bâtiment de type industriel avec logement au premier étage…Entrons. Si vous avez l’œil perçant,vous allez dénicher un petit panneau conservé quelque part dans l’atelier de Daniel Carette, plutôt inattendu:« ÉLECTRICIEN EN INTERVENTION »! C’est que cet artiste fut d’abord un technicien électricien…Et que son atelier actuel était déjà le sien alors qu’il travaillait dans cette branche,et qu’il s’était mis à son compte. Un atelier qui devient…atelier…L’artisan ouvrier qui devient artiste (ou l’a-t-il toujours été?) L’entrée. Un coin sombre. Un rideau qu’on soulève pour passer côté atelier. Regard discret sur des dizaines de toiles rangées sagement dans l’ombre,sans doute anciennes et plus ou moins oubliées. Et -tiens!- des piles de boîtes d’œufs! On n’ose demander à quoi elles servent! ça y est,on est dans l’antre du peintre. Un sympathique et nécessaire fatras vous entoure. Étrangement,l’installation électrique est plutôt fouillis! Les fils pendouillent! Compteurs,branchements,interrupteur et éclairages semblent avoir été installés à la va comme j’te pousse! Le tableau électrique est tout de guingois! L’important n’est pas là! Tout,ici,respire le labeur. Tout reflète la longue marche qu’a accompli l’artiste (et qu’il poursuit). Les témoins de son inlassable travail sont présents partout:dessins de nus,portraits,paysages,natures mortes,monotypes et moulages occupent tous les espaces encore libres. Une accumulation de travaux tous azimuts qui en dit long sur la recherche tant technique que thématique. Un pêle-mêle qui vit aux côtés du poêle et de son seau à charbon,de la petite chaîne Hi-Fi,de la cafetière,de quelques vases et pots (qui doivent bien avoir une histoire! Une raison d’être!) Il y a même une marionnette à fils qui sourit là-haut! L’œil,peu à peu,s’habitue à l’apparent désordre. On voit les vitrines,les tiroirs,les placards,les mallettes,les boîtes…On voit les outils de sculpteur,les palettes empilées,les chevalets entassés,les tubes,les pinceaux…Et Daniel Carette fait émerger des toiles,vous les montre,raconte l’évolution de son travail,dit ses passions,ses souvenirs,ses projets,ses timidités,ses enthousiasmes…« Je ne suis bavard que dans mon atelier! » On ressort,tout étonné de retrouver la zone commerciale de Quétigny. On avait oublié que cela existait dehors. Cliquez sur la photo pour agrandir,en plusieurs fois  Une grande bâtisse ancienne dans la campagne. Avec corps de ferme,chapelle,granges …Nastia loge dans une petite partie de ces habitations. Vous traversez son mini-jardin qui s’abrite derrière une haute rangée de lilas. Et vous entrez dans son espace de vie et de travail. Il semble ne pas exister de rupture entre les deux,même si le vrai atelier de la plasticienne se situe au premier étage. Nastia,la petite dame brune qui vous accueille,est une artiste jusque dans l’arrangement de son logis. Avec un minimum de moyens,elle a su créer une ambiance où l’on se sent bien. De quelques tissus blancs et éclairages discrets,elle s’est fait un foyer chaleureux.
L’atelier de Nastia? Ce sont deux longues tables couvertes d’une toile cirée blanche. Accumulés dessus (mais joliment rangés),des pots de pinceaux,crayons,pinces,ciseaux…Et autres mini outils. Et puis des boîtes à trésors,chinés dans les brocantes ou dans les sentiers autour de chez elle. Tout servira un jour. Entrera dans une œuvre. Parfois,un travail en cours:une tête sculptée qui émerge,une toile qui attend… Depuis qu’elle s’est installée dans ce coin de Bourgogne,à l’orée des bois,Nastia est très inspirée par la nature. Encore davantage qu’avant. Elle poursuit actuellement un travail sur la forêt. Peintures aux tendances plus figuratives qu’auparavant (et plus grands formats),petites sculptures mariées à des morceaux d’écorce…Elle multiplie ce qu’elle appelle ses « ex-voto »(des gentils esprits de la forêt!) ,ses « racines »(entre algues et branches)… A l’occasion de ses week-end porte ouverte (8-15 et 22 mai),vous avez peut-être vu aussi ses sculptures en métal,délicat hommage au vent,ses « boîtes »qui mettent en scène de drôles de petits mondes,ses « cires »,bas-reliefs aux diverses incrustations,et quelques peintures abstraites. Peut-être également ses « médailles »,étranges visages aux références lointaines. Vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus (en plusieurs fois) Pour mieux connaître Nastia,cf mon billet de juin 2009 (archives du blog « Older entries »,N°6)
Nastia a accueilli le public les samedi et dimanche des w-end suivants 8,15,et 22 mai 2011. Mais vous pouvez toujours prendre rendez-vous avec elle au 03 80 95 31 26. Nastia Mallet. Le hameau Le Pavillon. 21580 Courlon. (Route N459,Is-sur-Tille —Grancey-le-Château,au carrefour de la route pour Courlon)
 
J’ai écrit ce petit billet en décembre 2010. Quelques mois après,un incendie détruisait une partie de cette maison…Une pensée pour ses habitants et les artistes qui exposaient ici. Une petite maison de contes de Perrault. Avec des volets bleus. Posée au creux du village de Géligny (non loin de Sombernon). Le sculpteur Bap vous ouvre la porte de son atelier,contigu à la partie habitation. A l’intérieur,les carreaux de la vieille baie vitrée projettent leur ombre sur le mur de pierre. Et,justement,ce jour-là (un dimanche froid ensoleillé de décembre) ,Bap avait accroché une série de ses ardoises au mur. Superbe:« Je suis monté au-dessus des toits ». (photo de gauche) Une petite boîte contient ses premiers essais sur ardoise. On feuillète. Il était parti d’une histoire de clé. Un travail au pochoir et au scotch…Qu’il reprendra et prolongera,mais fera évoluer. Et Bap raconte. Simplement. Ses idées de passage,de fragilité…Il montre ses « colonnes »d’ardoise,là,sur la table où trône aussi un gros morceau d’arbre torturé. Et on commence à détailler les architectures qui flottent sur ces « colonnes ». Des habitats comme dans la brume des rêves. On lève les yeux:un petit cheval en fil de fer tourbillonné rappelle ses premières amours. Le cheval…Il repart dans ses souvenirs de travail auprès des chevaux. Il montait peu mais s’en occupait beaucoup. Et il a d’abord sculpté des chevaux en chanvre et terre . Efflanqués, dit-il. Mais juste parce qu’il était tout contre leur flanc et que c’était sa place,là,dans ce creux…Il les voyait comme ça. Et puis il évoque son installation (qui fut exposée au château d’Eguilly et le sera bientôt au Parvis St Jean de Dijon) « Quand les chevaux étaient bleus »et il m’en offre une photo,assortie de petits textes de sa composition (oui,il écrit aussi). Là encore,toute une histoire. Bap aime les histoires. Il avait réalisé une empreinte sur le flanc d’un cheval de course…Il en a fait neuf copies…(trop long à vous relater! Mais beau comme tout. Un cheval à plusieurs vies) On est invité à passer dans la petite pièce à côté. Tout aussi brute et rustique. Basse de plafond. Salle d’expo. Bel endroit où Bap a mis cette fois-là « Mes cathédrales »(toujours ses ardoises avec graphismes,silhouettes d’architectures). Un escalier raide grimpe au grenier:clair,haut,poutré…Là aussi,salle d’expo. Dehors,de l’autre côté de la courette,l’ancien four à pain. Attention la tête, pour passer la petite porte!…Bap y a logé ses sculptures,« empreintes »de corps humains. Celle des petits boutons de mercerie,il vous expliquera que c’est un hommage à la vieille dame,ancienne habitante des lieux,qui fut couturière dès sa plus tendre enfance et qui a légué sa boîte à boutons à Bap…Oui,ce doux jeune homme aime les histoires. Allez sur son site:bap.blog4ever.com Cliquez sur les photos pour agrandir (en plusieurs fois)
A l’arrière de sa maison,Monique Riond dispose de plusieurs petits bâtiments. Elle y a installé ses fours de sculpteur céramiste,son atelier et son espace d’exposition (c’est ce dernier sur lequel je voudrais attirer votre attention). L’atelier de Monique Riond a le charme habituel des bric-à-brac d’artistes en état de création…Entre évier encombré et étagères débordées! Les œuvres en gestation cohabitent avec leurs petites sœurs plus anciennes,blessées,cassées,mais jamais abandonnées (un jour peut-être,elles entreront à nouveau dans l’aventure). A quelques pas de là,un autre lieu laisse songeur… Dès le seuil,étrange impression d’une présence. Ou plutôt de centaine d’yeux qui se tournent vers vous. Vous êtes accueilli,observé…Le silence est habité. L’immobilité est vivante. Les personnages sculptés par Monique Riond sont là,essentiellement des femmes. Vous n’osez plus parler. Ni tousser. Ni éternuer. Ni même avancer d’un pas. Ici,c’est un temple. C’est un cloître. Un lieu qui appellerait presque le recueillement. Ou au moins le respect. Les êtres qui vivent ici possèdent comme une aura. Vous auriez envie de leur chuchoter quelques confidences… Cette foule est inoubliable. Quelque chose s’est passé. C’est certain. Monique Riond vit et travaille à Montagny-les-Beaune (Vous pouvez cliquer sur la photo pour l’agrandir un peu en 2 fois
Premier regard,et premier pied posé sur le sol en ciment. Impression de grand espace brut. Quelque chose de pas fini. Et puis on se dit que ce lieu porte bien son nom d’atelier. Ici,c’est sûr,quelqu’un travaille. On ne saurait dire encore le pourquoi de cette sensation. Mais dès la porte vitrée franchie,on devine une intense activité de production et de création. C’est une ancienne usine? Ah! Oui? Pas étonnant. Deuxième pied posé. On avance. Décidément c’est grand. Et lumineux. Et blanc. Accueillis par deux gros fauteuils confortablement habillés de draps. D’autres aussi. En rotin. En bois. Et des tabourets de formes variées. On s’installe. On est bien. Ce n’est pas vraiment propre. Ni rangé,ordonné. Pas vraiment sale non plus. Ni fouillis. C’est un mélange naturel et spontané de taches de peinture,de matériaux et outils amassés,de bouts de papier froissés,de cartons empilés… On sent que la moindre feuille chiffonnée a sa raison d’être. Tout,ici,a un rôle à jouer. Rien d’inutile. Rien de perdu. Tout aura un jour sa place dans une œuvre,d’une façon ou d’une autre. Les choses vivent plusieurs vies. D’anciens travaux,dans un coin,là-bas,se croient abandonnés,mais ils partiront dans une autre aventure…Le cycle des existences…L’artiste y veille. Le temps passe. On est de mieux en mieux ici. Grâce à la présence de Christine,bien sûr,mais aussi grâce à l’espace lui-même. C’est fou ce qu’il nous devient familier. Lui qui,tout à l’heure,paraissait presque froid. Il se réchauffe. Et son vide apparent se remplit. Le regard déniche peu à peu les choses. Des croquis,des maquettes sont punaisés au mur (les punaises,ici,sont foule:un côté non définitif,nomade,sans doute)…ça bouillonne de projets. Les grandes toiles sont là.  cliquer en 2 fois pour agrandir Etalées au sol. Accrochées au mur. En attente. Christine,tout en parlant,les couve du regard,les interroge en permanence,prend un chiffon humide ou un pinceau,s’approche de l’œuvre pour une rapide retouche…Là-haut,quelques toiles plus anciennes sont enroulées près du plafond. Au fond,on aperçoit une ouverture sur d’autres salles. S’y cache peut-être un travail en cours? Qui sèche? Qui a été mis au secret? Et près de nous,là,une longue table-bureau porte des monceaux de photos,de petits dessins encadrés,de classeurs,de documents,de livres…Et encore,plus loin,des volumes typiquement delbecquiens,appuyés à une colonne ou suspendus à une poutre,de grands calques prisonniers de barreaux,des pièces revenues d’expositions…Ils sommeillent dans leur coin,entre passé et futur. Guettant leur résurrection. L’atelier de Christine Delbecq est « un laboratoire en perpétuelle effervescence »avais-je écrit il y a quelques temps. C’est vrai. Toujours tellement vrai. C’est à St-Apollinaire,2 impasse de Franche-Comté,pas loin de la poste et de la bibli,en face.
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