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Le studio de Anne Victor, design textile

Le studio d’Anne sent bon le tissu. Empilées dans un coin, quelques chutes d’étoffes colorées attendent une nouvelle vie, tandis que d’autres coupons patientent dans de grands tiroirs. Machine à coudre, large écran d’ordinateur et montagnes de dessins occupent les tables de travail. Une petite pièce contigüe accueille les essayages. Ambiance claire, sobre et raffinée. Toute trépidante d’enthousiasme, Anne virevolte là au milieu.

La couture. Tout a commencé par là. A 18 mois, Anne tirait déjà l’aiguille sur les genoux de sa maman couturière! « J’ai toujours réalisé mes propres vêtements, mais aussi ceux de la famille ou des amis ».  La création sur mesure, elle maîtrise. Avec broderies à l’aiguille, si vous le désirez! Dignes de la Haute Couture.

Ici, sur les mannequins, trônent d’ailleurs robe de mariée et robes de soirée, des œuvres à elle, images de sa première passion que jamais elle ne reniera. Elle continuera à coudre des habits à la demande… Même si, maintenant, elle s’est lancée  dans une autre aventure.Anne« Alors que je faisais une école de styliste par correspondance, on m’a fortement encouragée à poursuivre. Mais avec l’idée de créer moi-même mes motifs de tissus ». Ses yeux bleus pétillent!  C’était un nouveau départ!  Anne allait créer son studio design textile à Dijon et demander sa collaboration à la plasticienne Tatiana Bailly.

Voici donc que l’autre passion d’Anne se révélait: le dessin.

Si elle ouvre le dossier qu’elle intitule « Idées en vrac », surgissent des paquets de feuilles couvertes de recherches crayonnées.  Croquis rapides, assortis de notes écrites. On sent que ça bouillonne! Par exemple, à côté d’un dessin d’escargots (Anne a longtemps travaillé sur le thème de la Bourgogne) on lit « leur apporter une géométrie?-les mettre en répétition?-en motifs?- »  Et puis, voici des dessins plus aboutis, au pastel, au stylo, au feutre, au pinceau… Anne aime le graphisme à l’esprit plutôt géométrique. Studio

Mais elle se plaît aussi à détourner et à métamorphoser: telles des représentations de fibres musculaires qui deviennent tissages ou marqueteries!

A côté, là, sur la table, ce sont des dessins de Tatiana (Anne a aussi collaboré avec Anne de Angelis, illustratrice et graphiste). « A partir d’un thème choisi, chacune apporte sa pierre…On échange nos idées, nos projets, et on aboutit à un motif définitif qui sera imprimé sur tissu » explique Anne. Mais que d’étapes encore avant le résultat final!

Cette fois, Anne est devant l’ordinateur. Plutôt rare chez elle! Encore amoureuse des méthodes traditionnelles! « J’aime le manuel! Le crayon, les ciseaux, la colle! »prototype

L’ordinateur va jouer son rôle malgré tout! Pour dupliquer le dessin, le déplacer, le placer, éliminer les zones de raccord, travailler les couleurs… »J’aime obtenir des nuances, des vibrations. Sans monotonie. Avec encore l’impression du feutre qui accroche ou de l’encre qui coule! » explique Anne.Anneordi Et voici le moment de choisir le tissu sur le catalogue des échantillons: modal, laine, soie, coton…Il n’y a plus qu’à envoyer le fichier à l’imprimeur (France, Allemagne ou pays Bas). Le futur foulard passera du virtuel au réel. Et, justement, vient d’arriver un premier spécimen de la dernière commande à l’imprimeur. Ouverture du paquet. Émotion. Inquiétude. Le grand rectangle de coton bio est déployé. « Trop pâle! Pas assez soutenu! » se déçoit-elle. Ce sera renvoyé! A refaire! Pour que la nouvelle collection soit parfaite, avec ses écharpes, ses étoles, ses kimonos etc.Rayurescliquez sur les visuels pour agrandir, en deux fois. Et visitez le site de Anne:

http://www.annevictor.com/mode-et-accessoires/foulards/catalogue.html

Avec les élèves de Christine Delbecq

Un prof, des élèves, du matériel et des travaux en cours. Tout ça, c’est un atelier. D’art plastique ou d’autre chose. Voyons celui de Christine Delbecq, artiste plasticienne, à la MJC des Bourroches, à Dijon.

Le prof, c’est elle. Mais peut-être le mot n’est-il pas approprié. Plutôt, animatrice, accompagnatrice, confidente, guide, amie, distributrice de conseils (d’une pro)… Et sur le ruban qui attacherait tous ces mots, qui les réunirait, serait inscrit « pédagogie ».

Assise parmi ses élèves, elle est plongée dans sa tablette, son téléphone. Mais aux aguets. Elle ne perd pas un millimètre de l’avancée du travail de chacun. Répond à l’appel de Marie. Se lève. Grimpe sur une table pour mieux voir (de haut) le travail de Dany.ateliers3 Blague avec Nino. Lui propose un coup de main pour peindre l’un de ses éléments. Se rassoit. Lance une question, une idée, une phrase d’un livre qu’elle vient de lire… Amorce un débat entre les participants à propos d’une des œuvres en cours. Rebondit sur une suggestion de l’un des élèves. Intervient sur le collage grand format de Anne, mais seulement parce qu’elle le lui a demandé.ateliers2

Les élèves, ce jour-là, sont des adultes. A l’aise. Mais studieux. L’un bosse sans discontinuer, ne lève pas le nez de son ouvrage. L’autre contemple, médite. A la recherche du meilleur pour son travail. Hésite. Recule. Plisse les yeux. Finit par réclamer le secours de tous. Et les échanges commencent. Christine en chef d’orchestre. On pouffe de rire, on s’enthousiasme, on dévie…. On s’amuse, on se moque et, soudain, on est à nouveau sérieux. Les choses avancent.ateliers

Ici, tous se sentent respectés dans leurs différences. Dans leurs individualités. Ce qui fait qu’ici, l’air circule. On respire. L’ambiance est souple. Disciplinée, mais doucement élastique.

Le matériel...Forcément, ce sont des pots de pinceaux, des piles de papier dessin, des châssis, des petits outils divers, des livres d’art, des tubes de peinture… Ils font partie du décor. Ils participent de l’esprit créatif qui règne ici. Et finalement ils sont beaux. Pas vraiment en fouillis, car, obligés par les ateliers qui se succèdent, les participants prennent soin de ranger. Christine veille. Les boîtes et les étagères sont sagement étiquetées. Parfois, ce sont même des dessins qui illustrent les contenus: ciseaux, trombones, pinces, scotchs… Il y a aussi de la lecture placardée au mur: « une couleur n’est pas une couleur! », « ce ne sont pas des exercices que je vous donne, ce sont des défis! ». De quoi réfléchir un brin.

Les travaux en cours: suivant le sujet d’atelier, les projets les plus fous s’élaborent durant l’année.  Cette fois, la consigne était de partir d’un élément de voiture… Voilà donc les morceaux de carcasses qui arrivent à l’atelier! Qui envahissent les coins et recoins de la grande pièce du premier étage! Une portière, un capot, une aile, une roue… Et peu à peu se révèlent les sujets attachés à « la voiture ». On en fait une affaire personnelle. Les souvenirs, les émotions, les rêves, les cauchemars, les fantasmes…Ou on débouche sur les idées de règlements, de dangers, d’évasion, de vitesse… On peut aussi détourner le sujet, le retourner comme une chaussette, le faire délirer, le métamorphoser, le faire changer de registre… Tout ce qu’on veut. Pourvu que, au bout de l’aventure, naisse une réalisation plastique intéressante, vivante, riche et significative. Et qu’au passage, on ait un peu appris sur soi, sur les autres, sur le monde, sur la vie, en plus du dessin et de la couleur.

Résultat. Des boucles d’oreilles géantes sur le thème du jeu des Mille Bornes! Une plage arrière qui raconte une histoire de mauvaise dispute familiale. Un travail sur la ligne jaune, ses interdits, sa continuité… ateliers4Un autre sur le pneu, ses traces, ses empreintes. Un autre sur le rétroviseur, devenu rétro-visage. Un autre encore sur les cartes routières. Une carrosserie qui se coule dans des sujets artistiques traditionnels (nature morte ou déjeuner sur l’herbe). Un mémorial d’accident de la route. Et mille autres choses.       Le blog des ateliers de Christine Delbecq à la MJC Bourroches:

http://levoletrouge.blogspot.fr/

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Titus, avant déménagement

Dans cette rubrique « Visites d’ateliers », je parle d’ambiance, je dis ce que je vois, entends et ressens,  mais ce n’est pas vraiment un article sur l’artiste lui-même et son travail. Rappelons-le.

Juin 2016. Il va déménager bientôt. Vite! Que je fasse le portrait de cet atelier avant qu’il ne change. Ce n’est pas un capharnaüm indescriptible. Je me sens assez disposée à le décrire!

La vieille porte en bois, à la peinture écaillée (celle d’un ancien garage) donne l’info: « Le Pèse-Nerf ». Tu y es ( il faudra que tu demandes un jour pourquoi le dénommé Titus se fait appeler du titre d’un texte de Artaud). Tu entres. Euh! Tu te poses aussitôt la question du trajet pour rejoindre les élèves et le maître des lieux. Ils sont là. Tout près. La pièce n’est pas si grande. Mais entre toi et eux il y a des vélos, des cartons, des chevalets, des piliers, des seaux, des caisses… Tu plonges.titus

Le sol est joliment maculé de taches de peinture. Devant toi, au fond, un mur brut, avec pierres disparates et fissures. Au-dessus, des fils électriques (sagement gainés quand même) sont en balade et un long tuyau tordu saute d’un mur à l’autre. Tu te retournes. En face, contre les vitres grillagées de la rue, une grande table disparaît sous un vrai fouillis d’atelier.  Amoncellements de chiffons salis, des centaines de pinceaux qui trempent, une foule de gros tubes de peinture aplatis et avachis… Deux ou trois vélos se balancent au plafond. De vieux néons blafards se font oublier là-haut. Des piles bancales et branlantes de dizaines de magazines, livres et papiers s’appuient vaillamment contre la fenêtre.

Tu souris. Tu es bien. Tu entends discuter et blaguer les artistes, ça bavarde mais ça travaille. Tu reviens vers eux. On te propose un café et un morceau de gâteau. Musique de fond.titus3

Tu regardes comment bouge le crayon, le doigt, la craie ou le pinceau sur ces toiles ou ces espèces de tableaux noirs, œuvres en devenir. L’air de rien, Titus guide, explique, conseille…Reprend un trait, rectifie une ombre…Félicite, corrige, fume une cigarette, philosophe un brin… Les choses se font et se disent en souplesse.

Un masque en carton noir est accroché quelque part. Deux poupées sont suspendues au mur. Un espace repos se fait discret dans un coin (fauteuil de jardin, lit, couette en vrac…).

Et alors… Bien plus forts que le fouillis-foutoir (au fait! Pas aperçu une seule toile d’araignée!), tu retiendras les portraits que tu as vu émerger ici et là dans cet atelier. Posés au sol, à la va-comme-je-te-pousse. Ils t’auront marqué. Leur regard te restera au cœur. Réalisés par Titus ou par ses élèves… Encore en gestation ou prêts à être accueillis par quelqu’un.titus2

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Chez Alain Steck

Visite, en ce mai 2016, de l’atelier d’Alain Steck, qui faisait portes ouvertes…Steck6

Son adresse, à Alain Steck, c’est « rempart Tivoli ». Il n’habite pas une rue, mais un rempart! Autant dire à l’intérieur d’un mur (muraille? fortification?) Ce n’est pas vrai, mais j’aime l’image! Et quand on ouvre la porte et qu’on s’enfile dans sa demeure, on n’est pas loin de se prendre pour un passe-muraille! On a un peu l’impression de se glisser dans une fente… J’écarte les bras, je touche les deux murs qui se font face!

L’étroit couloir passé, entrée, vestiaire (des blouses de peintres sont pendues là) ou réserve… on pénètre dans son espace de vie et de travail. Est-ce que je peux parler de « mansarde« ? J’aime bien ce mot. Idée d’intérieur, d’intime et même de vie marginale, de vie d' »artiste »!  Sauf que mansarde évoque petit volume et que dans cette mansarde-là, chez Alain Steck, on respire allègrement! L’espace n’est pas large, certes. Mais il y a de la longueur et de la hauteur! Et plein de poutres qui s’entrecroisent. Drôle d’endroit!Steck

Les peintures grands formats d’Alain Steck s’y sentent bien. Sûrement. L’artiste a même surélevé ses portes pour qu’elles puissent passer! Il les a stockées au fond de l’atelier. On les voit, en enfilade. Une foule de toiles qui attendent sagement. On chemine à leurs pieds. On s’enfonce dans le labyrinthe. Elles se montrent ou se cachent. Tournent le dos ou se retournent. On a envie d’engager la conversation avec ces grandes dames…  Tant de choses à nous confier, sans doute! Toutes les phases de vie et de travail de notre hôte sont là! Intimidant! Elles cohabitent. Celles du passé et celles du présent. Celles d’une période et celles d’une autre. Celles de « no lands » ou celles de « a beautiful day »… ou celles du retour d’Inde etc. (les visuels ne correspondent pas avec ces exemples)Steck5

Et puis, on revient au centre de ce lieu où deux ou trois sièges accueillants nous tendent leurs bras. On est juste sous le toit. Comme à l’abri. On a un verre à la main. Alain Steck, debout, parle de ses dernières toiles qu’il a posées devant nous. En particulier,  « The last state of things » . Il regrette que les gens, souvent,  « s’arrêtent au sujet »… Ce marigot plein de détritus, par exemple…

Non loin, sa table de peintre: palette de taches, pots de pinceaux et montagne de gros tubes de couleur!  En face, à demi dissimulés par les peintures, des piles de dossiers, des rangées de CD de musique, des alignements d’outils, des cartons d’archives… « La peinture est un désordre! Donc, il vaut mieux être assez ordonné, soi-même! » dit-il.Steck4

Alain Steck parle bien se son travail.

Un jour, je m’attellerai à une écriture à moi sur son travail! Aïe!

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Pascale Serre, son appartement-atelier

Comme d’habitude, la catégorie « visite d’ateliers » ne comporte pas vraiment de commentaires sur les œuvres de l’artiste. Juste une ambiance. Une atmosphère que j’aime bien.

C’est un de ces appartements insoupçonnés au centre ville de Dijon ( car, qui lève les yeux vers les fenêtres au-dessus des magasins de la rue Piron ou de la rue du Bourg?). Un de ces logements très anciens aux parfums d’humidité. Aux cages d’escaliers et couloirs étroitement enchevêtrés. Pascale Serre est là. Dans son espace bien à elle. Où règne, étrangement, comme dans ses peintures, à la fois ténèbres et lumière.

Oui, la pénombre. Même en plein après-midi. Mais des petits éclairages électriques intimes et des lueurs douces à travers les rideaux tirés. Oui, la mort très présente, sous forme de tableaux représentant des animaux morts, de corbeaux empaillés qui volent dans la pièce, de toiles couchées là,  cachées sous les tapis, celles qu’elle appelle « mes morts »  (« La Collection », qu’elle avait magnifiquement exposée au musée archéologique en 2013). Mais une mort apprivoisée, amicale, inhérente à la vie. Au mur, une toile très grand format est en phase d’achèvement. Sombre. Comme Pascale Serre sait si bien faire (atmosphère de forêt obscure). Mais, à ses côtés, une autre toile, plus ancienne, éclate de couleurs vives (peut-être de l’époque où elle était élève de Pierre Alechinsky).

L’autre mur, en face, est comme un grand morceau de vie. « J’ai besoin d’avoir mes images autour de moi! » sourit l’artiste. Dessins, peintures, photos, portraits… Qu’elle arrange avec harmonie. Qu’elle change au rythme du temps. Sa famille, ses amis, ses souvenirs… On s’assoit tout contre, près des tables qu’elle a habillées de beaux tapis indiens, de laine rouge et noire, venus d’Amérique. Elle raconte pêle-mêle les Beaux Arts de Paris, ses 22 ans au Danemark, ses voyages, son amour de la littérature classique, l’école du cirque, son retour en Bourgogne, son apprentissage du shiatsu…P.Serre

Près de la fenêtre, sagement rangés sur une table, tubes de peinture, palette, couteau et pinceaux attendent la main de l’artiste. Au pied de l’œuvre en cours, quelques discrètes taches de couleur tombées au sol, sur un papier, font deviner le travail interrompu. Une petite pièce contigüe conserve quelques toiles de Pascale Serre.P.Serre2

Le regard effleure le reste de la grande pièce principale. Ici et là, un crâne, une poupée démembrée, des bijoux joliment accrochés (« exposés »!) en plusieurs endroits, une petite sculpture d’un ami céramiste, des livres etc.

Chez la brune et souriante Pascale Serre, l’ambiance est feutrée, chaleureuse et un brin magique…

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Madina, passion-calligraphie

Elle habite une petite maison de village, dans une commune bourguignonne. Tout sourire, elle est déjà à la porte, dans le brouillard de ce mois de novembre pour nous accueillir. A peine installés dans la cuisine, on comprend très vite que la petite dame ne va pas nous parler longtemps du salpêtre de ses murs ni des odeurs de fuel dans l’entrée…On va vite s’élever au-dessus de tout ça!  Car, ici, petite maison mais grande passion!

Madina nous a sorti tout le matériel du calligraphe. En direct du quartier chinois de Paris -et donc de Pékin- voici l’encre, les feuilles de papier de riz, les pinceaux, la cire, le sceau…On touche, on hume, on s’essaie à quelques traits sur du papier effaceur…Pendant ce temps, Madina explique les rituels, les différentes écritures, l’ordre et le sens des phrases, les significations de certains idéogrammes, le marouflage… L’une de nous ose un timide « on est dans un autre monde! » . Et c’est vrai que la pièce exigüe et encombrée se fait oublier! Les objets posés là, devant nous, sont si beaux. Les mots chinois si chantants. Les signes calligraphiés d’une telle élégance raffinée. Les traductions si poétiques.

On sent que Madina voudrait nous en dire tant et tant. Encore et encore. Son enthousiasme est communicatif. Mais il est temps de passer au salon. On laisse donc la toile cirée, les boîtes de conserve, la bouilloire qui siffle et le buffet de cuisine où sont punaisées des calligraphies sur feuilles de bottin (des brouillons sans doute, mais du plus bel effet!).madina2

La pièce qui nous attend a tout du capharnaüm chaleureux…Ce n’est pas du fouillis. C’est une plénitude. Entre tapis, plaids, coussins, piles de livres, bibelots, cadres rangés au sol, meubles et lampes, on se faufile jusqu’à la cheminée. Sur le manteau, des foules d’objets cohabitent comme ils peuvent, souvenirs chinois pour la plupart. Dans le foyer, en guise de bois…de multiples œuvres de Madina sont sagement rangées dans des cartons. Et puis, le long de l’escalier, sur chaque marche, elle nous invite à regarder également dessins, photos et calligraphies. Son travail d’artiste.madina1

Sur un chevalet, derrière le canapé, trônent les cadeaux du « maître », son maître chinois de calligraphie. Belle énergie du geste dans ces graphismes…

Près de trois heures après, on repasse par la cuisine pour prendre congés.  On regarde à nouveau quelques feuilles amassées sur la table. Et, décidément, on aime quand Madina fait ce qu’elle appelle « de l’art plastique », c’est à dire qu’elle se permet de marier la rigueur de la tradition de la calligraphie chinoise à ses propres initiatives créatives. (précisons que Madina est française, ancienne prof d’art plastique et qu’elle est tombée amoureuse de la calligraphie chinoise par hasard, lors d’un voyage à Pékin)madina3cliquer sur les photos pour agrandir, en deux fois

chez Christiane et François

Comme d’habitude, la catégorie « visite d’ateliers » ne comporte pas vraiment de commentaires sur les œuvres de l’artiste. Juste une ambiance. Une atmosphère que j’aime bien.

C’est au sous-sol de leur maison.  Le couple s’est aménagé un grand atelier pour y travailler ensemble.  Depuis que l’âge de la retraite leur permet de s’éclater dans leur passion commune,  madame et monsieur  Lepoivre s’essaient au dessin, à la peinture et à la sculpture.  Lepoivre

Une longue salle.  Comme un large couloir.  Bien éclairé.  Et des travaux accumulés partout, à ne plus savoir où regarder…  Une impression de fourbi très sympa,  mais, en même temps, de pièce bien ordonnée … C’est selon !  D’ailleurs, on vous informe dès l’entrée:  à gauche c’est madame;  à droite, c’est monsieur.  Quoique…. C’est de vous, ça?  Ah! Non!  ça , c’est à mon mari!  Confusions faciles.  Bon!  On ne va pas tenter de trop distinguer!  L’essentiel n’est sans doute pas là.

On est dans un lieu qui respire bon l’expérimentation, la recherche, l’enthousiasme et l’amour de l’art.  Et l’étrangeté de cet endroit,  c’est la marche en avant complètement jumelle de ces deux conjoints, Christiane et François.  Chacun son chemin, certes, mais ils avancent main dans la main.

Les sculptures vous happent en premier.  Celles de madame, d’abord.  Des corps mariés à des bois flottés.  Les formes des uns et des autres se faisant écho.  Puis,  les terres cuites de monsieur.  Parfois lisses (comme ses comiques petites bonnes femmes rondouillardes), parfois au contraire profondément marquées du travail des doigts (têtes de chevaux , en particulier). F.LepoivreR En vitrine, sur un rebord de fenêtre, perchées au sommet d’un placard ou amoncelées en compagnie de quelques ferrailles ou outils… Elles sont comme en attente du dernier coup de baguette magique.F.Lepoivre

Et puis,  des petites tables où sont rangés pots, tubes et pinceaux,  des  livres d’art à portée de main,  des cadres sagement posés par terre tout le long de la salle,  une toile en devenir sur un chevalet,  des feuilles glissées par dizaines dans de géants cartons à dessin,  des toiles entassées sur de grandes étagères… « Ce sont nos gammes  » disent-ils.  Des tentatives, des audaces, des expériences… On feuillette tout cela, on picore et, de-ci de-là, on fait émerger une belle réussite. Un bel espoir.

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Ecole des beaux arts, en photos

« Portes ouvertes » à l’école des Beaux Arts ,  à Dijon.  C’était il y a un an  (l’opération s’est renouvelée cette année, les 8 et 9 mars 2013) .  Je viens de retrouver quelques photos.  L’heure était relativement matinale:  pas nombreux les étudiants et les visiteurs!

J’ai aimé ces lieux où quelque chose bouillonne (bouillons intérieurs, dans un relatif  silence),  où l’esprit créatif erre … Des travaux en cours,  des œuvres en gestation,  des idées en germination… Des objets en attente…Un certain fouillis constructif… J’adore cette ambiance !

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le petit atelier de Benvinda

C’est d’abord un jardin.  Oui, au 19 rue Magenta, à Dijon, insoupçonné derrière un portail et une grille, l’artiste Benvinda Miguens Velez entretient un bijou de jardin. Dans une sorte de fouillis ordonné s’épanouit une foisonnante végétation. Rien de très haut, pas de grands arbres. Plutôt à hauteur d’yeux ou au ras de terre. Des buissons fleuris, des buis taillés, des guirlandes de capucines, des fougères et des lierres, des plantes grasses naines, de minuscules bassins d’eau avec bambous et nénuphars… On se dit, en voyant ces plantes vivre avec autant d’allégresse, que la petite dame qui habite ici possède un pouvoir…

Au fond, au bout d’une des petites allées de poupée, s’ouvre « Le Petit Atelier » (panneau!). A peine, quoi?, dix m2 de surface. Benvinda explique qu’elle peint au sol. « Je mets de grands papiers par terre et je pose mes toiles dessus. J’utilise des peintures très fluides qui couleraient si je peignais sur chevalet. »  Une seule fenêtre à volets de bois peints en vert et poignée à l’ancienne. Murs et plafond clairs.  Meubles à tiroirs où tout le matériel de l’artiste est consciencieusement rangé. A côté, « mon coin à vivre » dit-elle. Toujours très petite surface agrémentée d’une verrière qui fait couler une jolie lumière. Benvinda a construit elle-même cette partie du domicile.

On ressort dans le jardin si proche, si présent. Un auvent tendu sur fer forgé prolonge l’atelier. On est à l’abri tout en étant dehors. D’ailleurs, partout ici, on se sent « à l’abri »! Pas envie de retrouver la ville et la vie extérieure!

Etrangement, Benvinda a, dans ses toiles et parfois ses sculptures en raku, un sujet privilégié: la foule. On en est loin pourtant! Chez elle, c’est plutôt un ermitage. Mais super accueillant.

Précision: J’ai pris les photos le jour des Portes ouvertes (collectif 13+). L’artiste n’était pas au travail, mais en exposition chez elle. Cliquez dessus pour agrandir.

 

 

L’atelier de daniel carette

Comme d’habitude, la catégorie « visite d’ateliers » ne comporte pas de commentaires sur les œuvres de l’artiste. Juste une ambiance. Une atmosphère que j’aime bien.

Zone commerciale de Quétigny, face à un marchand de cheminées et voisin d’un garage Citroën, discrètement, un chevalet posé dehors signale l’atelier du peintre Daniel Carette. Un petit bâtiment de type industriel Caretteavec logement au premier étage…Entrons.

Si vous avez l’œil perçant, vous allez dénicher un petit panneau conservé quelque part dans l’atelier de Daniel Carette,  plutôt inattendu: « ÉLECTRICIEN EN INTERVENTION »! C’est que cet artiste fut d’abord un technicien électricien…Et que son atelier actuel était déjà le sien alors qu’il travaillait dans cette branche, et qu’il s’était mis à son compte.

Un atelier qui devient… atelier…L’artisan ouvrier qui devient artiste (ou l’a-t-il toujours été?)

L’entrée. Un coin sombre. Un rideau qu’on soulève pour passer côté atelier. Regard discret sur des dizaines de toiles rangées sagement dans l’ombre, sans doute anciennes et plus ou moins oubliées.  Et -tiens!- des piles de boîtes d’œufs! On n’ose demander à quoi elles servent!

ça y est, on est dans l’antre du peintre. Un sympathique et nécessaire fatras vous entoure. Étrangement, l’installation électrique est plutôt fouillis! Les fils pendouillent! Compteurs, branchements, interrupteur et éclairages semblent avoir été installés à la va comme j’ te pousse! Le tableau électrique est tout de guingois!

L’important n’est pas là! Tout, ici, respire le labeur. Tout reflète la longue marche qu’a accompli l’artiste (et qu’il poursuit). Les témoins de son inlassable travail sont présents partout: dessins de nus, portraits, paysages, natures mortes, monotypes et moulages occupent tous les espaces encore libres. Une accumulation de travaux tous azimuts qui en dit long sur la recherche tant technique que thématique.

Un pêle-mêle qui vit aux côtés du poêle et de son seau à charbon, de la petite chaîne Hi-Fi, de la cafetière, de quelques vases et pots (qui doivent bien avoir une histoire! Une raison d’être!) Il y a même une marionnette à fils qui sourit là-haut!

L’œil, peu à peu, s’habitue à l’apparent désordre. On voit les vitrines, les tiroirs, les placards, les mallettes, les boîtes…On voit les outils de sculpteur, les palettes empilées, les chevalets entassés, les tubes, les pinceaux…Et Daniel Carette fait émerger des toiles, vous les montre, raconte l’évolution de son travail, dit ses passions, ses souvenirs, ses projets, ses timidités, ses enthousiasmes… « Je ne suis bavard que dans mon atelier! »

On ressort, tout étonné de retrouver la zone commerciale de Quétigny. On avait oublié que cela existait dehors.

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