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Christine Delbecq, au Campus

C’était à voir en novembre 2015,  la plasticienne Christine Delbecq proposait « Chambre d’échos » à la Maison des Sciences de l’Homme, sur la campus dijonnais (esplanade Erasme, 8h30-18h30). L’artiste avait travaillé là en résonance  avec le recueil de poésie de Myriam Eck « Mains suivi de Sonder le vide ».

Entrons….

Sensation de souffle imperceptible. Flotter. Porté. Douceur crémeuse. Caresse nuageuse.

Au centre, une bâche plastique géante est suspendue d’un bout à l’autre de la pièce, comme un immense hamac, presque jusqu’au sol. Blanche, translucide. Grande voile où sont juste posés là, à portée de nos mains, deux petits cartons blancs, découpés, évidés, bousculés.delbecq2

Sur les murs, deux très grands panneaux couverts de centaines de petites photos. Christine Delbecq a photographié sa propre installation, en détails très rapprochés, en allant au coeur même de l’oeuvre. Collés, regroupées, serrés, de divers formats. Voilà donc ce « grand blanc de l’attente » (comme le nomme Christine Delbecq) éparpillé, dispersé en fragments, mais… reconstitué. En une autre forme. Ressuscité. C’est le même « grand blanc », et pourtant différent. A la fois multiplié et intensifié. Rapproché et éloigné.delbecq

Impression de voir le mur respirer. Gonfler et maigrir. Bomber et reculer. Avancer. Navigation à la voile. Orgasme.

A l’autre extrémité de la pièce (de la chambre) sont suspendues des surfaces blanches verticales, où s’alignent les « Petits Rouges ». Série de tableautins (18/25 cm) où s’enchaînent des signes, des graphismes, des collages etc, sur papier rouge marouflé sur bois. C’est une rupture, semble-t-il, dans la « chambre », de couleur, de matière, de  lignes…Mais, à bien regarder, tout est là encore. Les Petits Rouges, eux, peut-être,  « disent » ce qu’on vient de ressentir. Ils pourraient être une variation du Grand Blanc. En tout cas une mise en « écriture »de ce qu’il se passe dans cette chambre d’échos.

L’écriture de la respiration. Les pleins et les déliés de la vie. Les textes du non-dit.

Bon! Dernière nouvelle! Les Petits Rouges ont disparu! L’artiste a préféré les supprimer…Faut suivre, hein? J’attends une explication!

je referai des photos …A suivre!écho2

Voilà! En dehors du vernissage, sans foule et sans éclairage nocturne, je suis retournée dans la « Chambre » . Belles lumières d’après-midi, et à nouveau impression de plis de lit, de sensualité, de caresses… Le grand plastique blanc au centre de la pièce jouait de sa nonchalance et de son immobilité prometteuse. Et, sur les murs de photos, le même plastique, avec ses petits cubes, s’imposait plus que jamais, mais…éclaté, explosé. Reproduit mais…démultiplié (au sens de « augmenter la force »).

extrait de l'un des murs photographiques

extrait de l’un des murs photographiques

Et décidément la Ligne Rouge me manque! J’ai de la peine à comprendre sa disparition dans cette expo. (cf plus haut ce que j’en pense).

Les élèves ados et adultes des ateliers d’art plastique de Christine Delbecq exposent également, après avoir travaillé toute une année sur le recueil de Myriam Eck. C’est à l’Athénéum, sur le Campus. Excellent travail. A voir aussi.

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

 

 

2 comments to Christine Delbecq, au Campus

  • christine delbecq

    merci pour ce bel article et son enthousiasme, merci beaucoup. Tu es bien entrée dedans, comme souvent entre toi et ce que je fais.
    promis je te donne une explication pour l’Enlèvement des Petits Rouges,(ça ferait un beau titre ça), demain, que tu pourras publier. et on a refait plein de photos en lumière naturelle que tu pourras publier aussi.
    à très vite, christine

  • christine delbecq

    allez, comme promis je reviens parler de la disparition des Petits Rouges.
    tu en parles très bien ici: l’écriture du reste de l’installation dis-tu, et ils sont en effet la genèse de l’ensemble, son point de départ et son accompagnement, puisque chaque rectangle est le croquis d’une installation possible avec les mêmes éléments ; plusieurs utilisent la même bâche blanche, disposée autrement, les autres utilisent la transposition en lanières noires d’un de mes cartons évidés.
    Cette série est importante à mes yeux et très juste, « en soi »;
    mais j’ai trouvé le soir du vernissage que le regard demandé par la vision de la Grande Vague et les Murs de photos est tout à fait différent du regard demandé par les Petits Rouges. et qu’il fallait les enlever pour l’unité de la proposition. Ce que pas mal de réactions du public ont confirmé tant ils notaient la cohérence et la fluidité de l’ensemble.
    j’aime pourtant qu’il y ait du dérangement, quelque chose qui oblige à rester plus, et il est possible que quelque chose manquait un peu ensuite ; du coup j’ai resuspendu trois Petits Rouges sur les grandes plaques blanches, à la fin, l’idée était bonne, mais peut être ce n’est pas ce travail rouge qui aurait été le mieux. je pense qu’il manquait un lien de couleur ou de matière entre les Rouges et le reste.
    Voilà. exposer me sert encore et toujours à peaufiner, à comprendre, à resserrer, à décider, tant mon travail est lié à l’espace de l’exposition. c’est ce que j’ai fait ici, concrètement, même si ça a pu te surprendre !!!

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