« Ventriloq » est une installation d’art plastique à l’intérieur du marché couvert de Dijon. C’est l’oeuvre des artistes Marion Golmard et Antoine Dumond. Elle a été présente sous la halle tout le mois de juillet 2013.
C’est une structure assez monumentale, réalisée en cagettes du marché. Une sculpture suspendue. Suspendue mais qui donne l’impression de se dresser… Tel un bouquet. Ou telle la structure d’un atome. Quelque chose en apesanteur. Au sol, une sorte d’igloo (toujours fait de cagettes) est accessible au public. Un ventre. On y entre, on place des écouteurs sur les oreilles et on écoute les voix du marché: celles des commerçants et celles des clients interviewés; ça se veut la mémoire du marché. Comme si toute la vie des halles avait été enregistrée et conservée encore toute vibrante dans ces boules de cagettes….!
L’hiver 2013, le musée d’art sacré de Dijon (rue Ste Anne) a invité 18 artistes plasticiennes à marier leurs œuvres contemporaines à la collection du musée. Et, chose rare dans ce genre de scénographie, l’intégration était parfaite. Une expo qui m’a beaucoup touchée.
Dans la rotonde, en entrant, premier exemple d’œuvre bien en phase avec son environnement: « Pour la gloire… » de Hélène Mugot. Une couronne géante posée au sol, sur les belles dalles de pierre, sous la coupole (toutes ces lignes circulaires en harmonie…) Une couronne faite de vieux ceps de vigne. Évidemment, c’est la couronne d’épines… Le cep torturé et noir évoque la souffrance. Et, en outre, l’artiste a cicatrisé les plaies du bois avec des points de cire rouge. On y voit le sang. Idées puissantes. Plus loin vous verrez d’autres créations de cette artiste, dont sa « rosée » faite de 100 boules de cristal à base dorée… (là aussi, l’emplacement bien choisi a son importance)
Des œuvres en papier de soie plissé de Claudine Drai vous remuent par la force de suggestion qui émane de ces silhouettes pourtant si fantomatiques: une forme féminine en robe immaculée danse une danse immobile au milieu d’une des chapelles de la rotonde. Poignant. Et, non loin de là, une cohorte de mini-personnages s’affrontent dans une sorte d’étrange combat au bâton. Comme venus des mondes parallèles… Ou sortis du temps… (Regardez le livret de l’artiste, super intéressant)
Une tenture attire le regard, encore, dans le vestibule. Un rideau de blanc strié de noir. Fait de lamelles de papier pendues, qui bougent au moindre souffle, cachent et montrent le fond. On devine que, lui, est resté entier et que les bandes découpées, devant, portaient le même dessin, mais ont été laminées. Cette œuvre de Carole Benzaken porte en elle une magie mystérieuse.
Dans la sacristie, sur fond de murs de pierre, les photos de Rossella Bellusci (« Sdoppiamento ») transfigurent la réalité et vous laissent entrevoir comme le bout d’un tunnel, ou une porte sur l’au-delà… L’artiste utilise la lumière comme un matériau. Une technique de photographe originale et maîtrisée.
Dans la sacristie des religieuses, tout un ensemble de petits travaux de textiles, de dentelles, de broderie… (n’en loupez pas! faut avoir l’œil! ne passez pas trop vite devant les vitrines!) et ils sont mis en correspondance avec des oeuvres d’antan à la même minutie. C’est d’une étonnante délicatesse. Les titres vous donnent une idée: « Fleurs pour l’âme » (Zoe Vida-Porumb), « Cocon » (Marjolaine Salvador-Morel) et « Jardin du silence » (Krystyna Dyrda-Kortyka). On pense aux travaux d’aiguilles des moniales. Mais c’est surtout un travail d’ange…!
Dans le couloir, des huiles sur toiles de Annick Roubinowitz nous plongent dans le calvaire de la Croix et dans l’idée de Résurrection. Une surface peinte qui ne révèle son sens qu’à celui qui sait s’arrêter, regarder et attendre ( un côté méditation) … Apparaît alors, émergeant des profondeur de la toile, une main ou un pied crucifié, une croix, un calice…
Je ne peux tout citer. (Et je n’ai pas tout aimé, non plus !!!)
Il y a le « Bol du pèlerin » et le « Réceptacle-lit » d’Aliska Lahusen, formidables de pureté. Les « Croix » en papier carbone plié et noirci de Cécile Marie, qui forment des polyptyques superbement placés dans le cœur de la rotonde. La photo grand format de Valérie Belin d’une robe ancienne rangée dans sa boîte-cercueil, privée de son corps (évoque les moniales qui abandonnaient leurs habits civils), extraordinairement empreinte d’émotion.
etc etc… Cliquer sur les visuels pour agrandir et poser la flèche de la souris sur eux pour voir l’auteur
Fin juin. Cette fois encore, j’ai passé un agréable moment dans un jardin d’artiste… La sculptrice Régine Caudwell ( son site: regine-caudwell.be ) accueillait, le temps d’un week-end , les élèves de son atelier de sculpture et quelques artistes invités pour l’occasion (les 10 ans de l’atelier). Elle montrait ses propres œuvres qu’on pouvait découvrir dans la verdure du jardin ou dans la véranda ou dans son atelier perso. Belle ambiance, tout ça.
Les invités: Fabie’M et ses mosaïques, Benvinda Liguens Velez et Nelly Rozo et leurs peintures, André Cartier et ses sculptures, Philippe Grangeot et ses photos. Les élèves travaillaient devant le public. En particulier la taille de la stéatite ou le modelage.
Cette catégorie présente l’artiste ou l’œuvre qui a fait plus « tilt » que les autres, pour moi, lors de mes balades en expos, ateliers ou musées durant le mois écoulé.
Ce mois-ci (juin 2013) , j’ai découvert Sam Szafran à la Fondation Gianadda, à Martigny (Suisse). Un vrai coup de cœur. Il n’est pas très connu, semble-t-il.
Ce qui m’a frappé chez cet artiste juif polonais, né en 1934, c’est son acharnement à un travail obsessionnel . Une recherche systématique sur un sujet. Une exploration de peintre sur un terrain d’expérimentation; ça me plaît bien, ça!! J’ai aimé particulièrement quatre de ses séries (mais quand on dit séries….ce sont vraiment des séries chez lui!! des thèmes archi récurrents!! ) Il est devenu maître dans l’utilisation du pastel, qu’il a remis à l’honneur dans les années 60-70. Il a aussi des fusains et des aquarelles. Je passe sur sa période peinture… En tout cas, la technique est bien dominée.
Par ordre de (ma) préférence: la série des Escaliers. Avec un regard de photographe (qu’on retrouve aussi dans sa série des Imprimeries), Sam Szafran fait des effets de plongées, de spirales, de volutes… Les lignes fuient et le regard se perd dans le vide. Montées et descentes vertigineuses. Images déformantes. C’est étonnant.
La série des Imprimeries joue aussi avec des perspectives explosées. Premier plan sur des rangées de bâtons de pastel multicolores, par exemple, et pfuiiiit… la vue dégringole à l’étage du dessous où travaillent les imprimeurs. Un espace bousculé. Une espèce de théâtralité qui me plaît.
Alors que les séries que je viens d’évoquer nous amenaient au bord du vide, celle des jardins d’hiver sature l’espace, ne laisse pas de place au vide. Sam Szafran peint une débauche de végétal, des rhododendrons, fougères, lianes… (Souvent, sa femme est assise discrètement au cœur de ces jardins exubérants). Il crée ainsi une ambiance assez énigmatique.
Il y a également une série des Ateliers qui montre d’étonnants fouillis. Un désordre que j’adore! Avec, là encore, une perte de repères dans l’espace qui donne le tournis.
Certes c’est un art figuratif, mais qui mène vers un drôle de réalisme. Un peu sombre ou un peu étrange.
Je vous raconte cette belle histoire: une artiste a un mari industriel. Celui-ci fait construire un hangar sur la zone des Cortots, à Fontaine-les-Dijon. Elle lui demande alors (gentiment!) de lui emprunter ce local le temps d’une expo avec ses meilleurs amis artistes. Après, il pourra se le réapproprier pour le boulot !
Vous suivez?
Elle réunit donc les amis en question en leur proposant ce lieu, assorti d’un sujet qu’elle choisit elle-même: « Air »…. Pourquoi ça? Parce que le mari fabrique du matériel de ventilation… !
Génial! Voilà donc une dizaine d’artistes réunis dans un grand espace atypique, autour d’un thème inspirateur! (Non! pas aspirateur!) Ils jouent le jeu. Trop contents! Et ça donne une superbe exposition au caractère éphémère: jamais plus ce lieu n’accueillera d’artistes et certaines œuvres n’auront qu’une vie, celle de l’exposition « Air ».
« Air », c’était rue des Ponnières (derrière Géant Casino) , dans la société Eric. Et c’était en juillet 2013.
Christiane Bruley (puisqu’il s’agit d’elle!) présente ses peintures sur métal. Et elle les a habilement intégrés à un circuit de tuyaux de ventilation.
Fred Gagné a monté une spirale géante en plastique lourd et transparent. Il y a dessiné quelques traces et quelques signes persos. Cette cabane, tout en rondeurs et en clarté, bouge au gré des souffles qui passent.
Catherine Scellier a amené l’un de ses célèbres anges en apesanteur et l’a transformé en ange bleu… Le voilà merveilleusement métamorphosé pour l’occasion.
Christophe Chéret a monté une belle et grande structure faite de voiles blancs et de cordes noires. Elle gonfle légèrement quand certains ventilateurs se mettent en route au passage des visiteurs!
Viola Montenot s’est appliquée avec délice à réaliser une série de petites miniatures sur le thème « Air ». De subtiles collages à regarder de près.
Eric Mappa a créé une magnifique installation qui évoque le souffle ( inspiration-expiration-respiration)… Comme un immense cornet en lamelles de bois, qui semble aspirer d’autres lamelles plus fines et plus légères assemblées sur une petite surface carrée… Mouvement absent, et pourtant impression de mouvement…
Joël Petot a posé deux de ses sculptures de bois brulé. L’une d’elles, telle un tepee, abrite des livres qui s’ en échappent et s’envolent. L’autre est plantée dehors, à l’entrée, comme deux ailes noires…
Florian Rosier, outre certaines de ses œuvres de verre présentées ici, a créé une structure verre et rubans colorés. Ceux-ci se mettent en mouvement à la moindre circulation d’air.
Michel Potherat a peint de grandes sanguines où flottent quelques corps nus, à peine perceptibles, pris dans un vent irrésistible…
Patrice Carpentier a accroché ses toiles de mers agitées par les tempêtes…
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Deux hommes dont la jeunesse en Afrique du Sud a marqué à jamais l’existence…Deux amis peintres qui ont fait les Beaux Arts ensemble… L’un (Frank Jooste) vit à Dijon, l’autre (Peter-Jan Durieux) vit à Belfast… Ils se sont retrouvés et, après Bézouotte en mai, ils exposaient tous les deux des œuvres récentes à La Coupole, rue Ste Anne, (Dijon) en juin 2013.
Sous la verrière éblouissante de soleil , les couleurs des deux artistes explosent de lumière. L’Afrique est là! Même si certains tableaux ont parfois été inspirés par Dijon ou Alésia (oui! oui!) !
J’ai évoqué plusieurs fois, en regardant la peinture de P. Durieux, la même référence à des imprimés textiles que chez F. Jooste (dans ses aquarelles). Oui, on pense à des tissus africains. Foisonnante de détails, la surface peinte raconte mille choses. Animaux, personnages, objets, éléments d’architecture s’imbriquent les uns dans les autres… Avec un côté naïf, symbolique ou onirique (je vous dirais Chagall, pour vous situer un peu), sans oublier l’humour souvent présent. J’ai aimé particulièrement sa série sur papier.
F. Jooste montre ici des acryliques intéressantes. Une série intitulée « Métamorphose ». Au départ, un paysage désertique. Et peu à peu, de toile en toile, le réalisme se fait oublier. Un vrai travail de transformation du réel. On aboutit à d’étranges visions qui prennent un sens. La « photographie » du début a suivi un cheminement pour arriver à une réflexion ou à l’expression d’une émotion.
Il présente aussi des aquarelles dans la lignée de ce qu’on lui connaît, et qu’il réussit si bien! Toujours avec une élégance de lignes et compositions. Une vibration des couleurs. Des références à l’Afrique…
Nadine Morel, artiste plasticienne, comme chaque année, a monté une exposition à la Galerie La Source, non pas de son propre travail mais de celui de ses élèves. Elle anime en effet plusieurs ateliers dans le cadre de l’association La Sardine Eblouie, sur Fontaine les Dijon. Cette exposition était visible une semaine en juin 2013 .
Les oeuvres des élèves de Nadine Morel sont dignes de La Source (davantage que la brocante de la kermesse paroissiale qui a l’audace de s’installer dans cette galerie d’art tous les ans en juin……………. Passons.). Amateurs, certes, mais guidés de main de maître, ils réalisent des petites merveilles!
Et le rassemblement de TOUS les travaux de TOUS les cours (de tous les âges, des maternels aux adultes) est le summum ! Chaque œuvre a sa valeur et son mérite, mais c’est bien sûr l’abondance, (le côté collection, réunion) de ces œuvres qui fait la qualité et l’originalité de l’ exposition. Le montage est extraordinaire. Un seul dessin affiché, c’est bien; dix affichés côte à côte (du même thème) , c ‘est mieux !!!
Ne serait-ce que le vestibule et l’escalier aux murs couverts de « trophées » ! Des têtes (volume) d’animaux fabuleux (mi-vache- mi-escargot par exemple), aux couleurs vives… L’effet est garanti!
Je n’ai pas eu les consignes données aux élèves pour chaque travail exécuté en atelier. J’espère les avoir bientôt. C’est toujours si intéressant. Mais j’ai cru voir, entre autre, des variations sur des alphabets et des écritures imaginés, des lettres métamorphosées, des calligraphies inventées…
un week-end de juin 2013, j’ai vécu de doux moments dans des jardins d’artistes (organisation association 13+). Certains d’entre eux s’ouvraient au public. Je n’ai pris le temps que d’en visiter trois. J’espère que vous avez fait mieux que moi !
A Bellefond, Evelyne Lagnien (plasticienne) recevait Fabienne Durupt et Jean Gauthier (sculpteurs).
Au fond de l’impasse, un jardin plein de charme vous ouvre ses bras. Recoins, bosquets, cabane, buissons, banc, souches… Un jardin aux allures de sauvage mais, mine de rien, bien entretenu! Partout se cachent peintures et sculptures. Elles vivent là, aujourd’hui, une nouvelle vie. Et le visiteur les voit d’un oeil neuf dans cette nature paisible.
Evelyne Lagnien a posé ses visages ici et là dans la verdure et d’étranges regards vous guettent. Ses personnages en raku, eux aussi, marquent de leur présence forte le parcours du visiteur. Les créations de Fabienne Durupt, quant à elles, sont des notes de poésie et d’humour qui tintent de ci de là. Ses petites créatures à califourchon sur des racines ou bois flottés, joueur de piano, équilibriste ou enfant coquin, sont épatantes!
A Daix, Micheline Reboulleau, peintre, recevait Edith Nicot (sculpteur de papier).
Au sommet de l’escalier moussu, au milieu des senteurs boisées, se blottit l’atelier de Micheline Reboulleau. Quelques mouton, aigle, corbeau ou poisson vous ont accompagnés aujourd’hui dans votre montée jusque là: les aquarelles de l’artiste. Mais l’essentiel de son travail est dans l’atelier, à l’abri de l’humidité extérieure. Elle vous explique gentiment quelques techniques pointues de cette étonnante peinture à l’eau. Elle vous laisse fouiller dans ses oeuvres qui encombrent l’espace exigu (attention, c’est fragile tout ça) . L’esprit créatif souffle ici…
Edith Nicot a installé, pour ce dimanche, ses sculptures en papier de soie ou en fibres de mûrier. La légèreté de ces petites structures, leur blancheur, leurs lignes calmes et leurs volumes arrondis séduisent souvent le visiteur. Elle travaille également un certain papier crépon aux couleurs de terre. Pas mal du tout.
A Dijon, au « creux d’enfer », Mireille Barrelle recevait Denise Guilloux (photographe).
Là encore, petit jardin de charme… Fouillis mais sage. Les peintures de Mireille Barrelle, sur papiers de sacs de farine, et ses petites terres cuites parsèment les lieux. Quelque chose de l’art brute.
Et puis, les photos de Denise Guilloux s’exposent dehors ou dedans (dans l’atelier de l’artiste hôte). Formats et supports variés pour ces images rêveuses, inattendues, secrètes… Elle explore l’art de la photo, entre classicisme et effets sur logiciel. La réalité l’inspire. Elle la « voit » avec l’oeil de l’artiste. S’en approche comme une scientifique, la transforme comme un poète…
J’ai un peu de peine à trouver un vrai coup de coeur ce mois-ci (mai 2013). Pas vu grand chose! Pas trop sortie du coin de mon salon auprès du feu de cheminée!! Et puis, rien ne m’a vraiment touchée…
Si, quand même! Une performance (sous forme de vidéo) de Muriel Carpentier, « Bijoux de glace », présentée à l’ABC. D’un fond noir émergent des mains. On les croirait coupées. Elles sortent des glaçons d’un moule en silicone. Ils sont enfilés sur de fines chaînes, créant ainsi un collier, ou un pendentif.
Ces bijoux glacés sont placés au cou d’un buste féminin nu, totalement immobile. Toujours sur fond noir. On ne voit pas le reste du corps. On pourrait croire à une statue. Sauf que la peau frissonne à chaque petite goutte d’eau qui commence à s’écouler du collier. Chair de poule. Les glaçons fondent au contact de la peau tiède. L’eau glisse, suit la forme du sein, sautille… La femme reste impassible, mais les gros plans montrent le corps qui frémit malgré lui.
Le titre de l’oeuvre donne le temps écoulé (écoulé, comme l’eau!) ! Et le bijou finit par disparaître. Ne reste que la chaîne.
J’ai aimé la lenteur, la musique en gouttes d’eau, les jeux de lumières, éclats, reflets, transparences… C’est beau. Le côté irrémédiable de cette disparition, aussi. L’idée de futilité, d’éphémère quant à la parure (apparence).
C’est un travail où rien n’est laissé au hasard. C’est bien fait. Muriel Carpentier fait partie des collectif A4 designers et Mulupam, sur Dijon.
cf mon papier dans les archives du blog (expo à l’ABC)
La Galerie Wilson (place Wilson, entrée du cours gen. de Gaulle) a donné à voir en juin 2013 les peintures de Joël Crespin et les sculptures de Esti Reich. Voyez plutôt…
Sur une toile classique, posée à plat, Joël Crespin colle des bouts de tissus récupérés au Sentier, à Paris. Chiffonnés, déchirés, empesés, empâtés, encollés, peinturlurés… Les voilà devenus matière. Et le plaisir de la triture est là! On le devine, ce plaisir. Il transpire dans chaque tableau. L’artiste est autant dans le travail du volume que dans celui de la couleur. Et, visiblement, il s’amuse. Et c’est communicatif! On l’imagine transmettre sa passion à ses élèves, enfants, adultes, personnes fragilisées ( car il fait ça aussi, le pédagogue )
Tronches de clowns, de gnomes ou de gentils fadas, chats, cheval (réalisé avec la chemise en soie de son papa!!), coqs…. Les personnages ont quelque chose de l’art brut. Ce côté direct, franc, libre, spontané. Ce sont des cris ou des éclats de rire, des expressions jaillissantes… Tous les remous du subconscient qui s’échappent! Et personne ne se prend au sérieux! Et c’est bien!
La sculpture que l’artiste a posée dans la pelouse du jardin me rappelle le travail de Chamoro (allez voir le site de cette artiste art singulier)
Les sculptures d’Esti Reich, fonctionnent bien avec les toiles de Crespin. Même si elles ont un caractère plus soigné et moins déjanté. Têtes en argile (cuit à haute température) dont l’aspect hiératique est contrarié par de bizarres petits bibis que l’artiste, ancienne modiste, installe sur le crâne. (Ces chapeaux sont amovibles!!! Eux aussi en terre cuite. ) Profils à l’antique avec coiffures fantastiques: le mariage est intéressant.
Ouvert vendredi, samedi et dimanche de 14 à 19 heures, sur rendez-vous, 03.80.67.74.74.
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