Cette catégorie présente l’artiste ou l’œuvre qui a fait plus « tilt » que les autres, pour moi, lors de mes balades en expos, ateliers ou musées durant le mois écoulé.
De mes visites d’octobre 2013, j’ai retenu une artiste de la région parisienne, Carole Forges, qui a exposé à Avallon (Artatou, Grenier à Sel). Je sais qu’elle réalise des sculptures, mais ce que j’ai vu était un travail de gravure. Fascinant.
Ces œuvres sont des eaux fortes, que Carole Forges complète avec des fils (métal ou coton) et de rares touches de gouache rouge.
Des formes féminines, telles des apparitions, flottent sur la feuille blanche. Indécises. Incertaines. Comme effacées par le temps. On est devant de fins dessins en noir et blanc, légers, qui suggèrent souvent des dessous féminins aux dentelles raffinées. Mais à peine évoqués. Comme des impressions fantômes, des traces d’une image passée… Quelque empreinte, restée vivante, mais fragile… On pense à la trame usée d’un tissage ancien, un filigrane où l’on devinerait une histoire vécue autrefois…
Tout cela est d’une beauté discrète mais réelle. Mais le travail de cette artiste cache sans doute aussi une réflexion :
C’est peut-être toute l’ambiguïté de la situation de la femme aujourd’hui. La femme qui refuse d’être déconsidérée et diminuée par rapport à l’homme, mais qui tient à conserver son image sexy, séduisante, charmeuse (ou charmante) … Faire oublier l’objet sexuel et sensuel dont elle traîne la tradition depuis des siècles. S’affirmer comme un être pensant, libre, fort et bien présent à la vie sociale et politique… Tout en gardant l’un et l’autre! Compliqué!
Cependant, j’aime voir là juste une création d’artiste. Qui a su fixer des visions passagères, celles qui traversent nos vies, des images errantes qui voltigent ici et là dans nos souvenirs.
La première photo est de l’artiste elle-même. Merci à elle. La seconde est de moi. Pardon pour la mauvaise qualité!!
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Le site de Carole Forges: (dans ma blogoliste): caroleforges.com
les extraits d’œuvres qui occupent les bandes supérieures des articles de mon blog sont, respectivement, de
Christine Delbecq
Paule Fumoleau
Maxime Frairot
Franck Joost
Viola Montenot
Pardon de les avoir empruntées! et grand merci à eux! Un merci tout particulier à Maxime Frairot à qui j’ai pris un extrait d’œuvre pour mon avatar du blog.
Voilà une exposition d’artistes contemporains où je n’ai eu pratiquement que des soupirs d’aise, des sourires de contentement et des Oh d’admiration !!! ça fait du bien! ça réconcilie avec la création actuelle! C’était à Avallon (89), au grenier à Sel, organisé par l’association Artatou, en octobre 2013.
Je ne parlerai pas des 14 artistes. Vous voudrez bien m’en excuser! Je vous livre juste mes principales attirances.
Je crois que j’ai surtout regardé les dessins (peintures) de Jean-Yves Gosti plutôt que ses sculptures, tant j’ai été scotchée par ces visages si émouvants dans leur simplicité. Ils m’adressaient une espèce de parole muette… cf ci-contre le visuel
Véronique Lafont, en grands formats, fait tourbillonner la peinture jusqu’à donner naissance à des foules de silhouettes fantomatiques qui émergent de douces nuées. Comme si, au bout de son pinceau, peu à peu, des créatures se constituaient. cf plus bas le petit mot sur son installation textile.
Son compagnon Sébastien Haton, lui, écrit…. Et j’avoue ne pas avoir tout lu de ses feuillets qu’il a suspendus au fil à linge, près de l’installation textile collaborative, au deuxième étage du grenier. Tranquillement, chez moi, j’aimerais bien! Comment faire?
Les céramiques de Lou Trommetter m’ont plu car j’ai senti un amoureux de la matière. Certaines de ses pièces m’ont fait penser aux superbes pierres que je trouve (et collectionne!) dans la nature (montagne ou Sahara) . Même mystère. Même histoire personnelle. … Avec une âme en plus!
Carole Forges! Alors là! Bouche bée, je suis restée! Gravures sur papier blanc, fils de coton ou de métal, dentelles fines, quelques touches de gouache… On devine des dessous féminins. Voilà des œuvres indéfinissables, d’une apparente légèreté aérienne, mais qui sont des traces de vie, des gestes et des choses captés dans leur passage éphémère, des stigmates, des marques …
J’ai aimé les petites frises d’Isabel Boizanté qui déambulent sur la balustrade du Grenier à sel. Plein d’histoires à (se) raconter…
Et je me suis glissée sous « le ciel de vie » (installation textile de V. Lafont), comme sous un ciel de lit, ai regardé les échantillons de tissu-étapes d’existences, ai suivi les fils rouges. J’ai aussi suivi les fils d’Isabel Boizanté, à l’extérieur, en essayant de ne pas le perdre (le fil) C’était bien.
Enfin, j’ai approché mes yeux des mini sculptures d’Eric Smolinsky, sentant qu’il y avait là un travail d’artiste de longue haleine, systématique, patient, régulier… Une sérialité à la Toroni. Sauf que les éléments sculptés ont une valeur esthétique indéniable. Les petites boîtes où ils sont rangés, tels des pions d’un jeu d’échec improbable, sont belles de leur contenu…eh oui! Ne pas oublier de regarder le tout petit livre de l’artiste avant de quitter le Grenier.
Je pourrais citer encore des chevaux magnifiques, des végétaux et papiers, des plans de cités étranges comme de vieux murs griffonnés, des petites monographies etc…
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La Galerie La Source, Fontaine les Dijon, a exposé Philippe Tykoczinski et Robert Delafosse en octobre 2013. Complices parce que de la même ville (Troyes) …. Mais à l’opposé l’un de l’autre!!
« Naturalisme abstrait » est le titre de l’exposition de Robert Delafosse. Rez-de-chaussée et première salle à gauche à l’étage. J’ai plongé agréablement dans certains de ses grands formats (moins dans les plus petits) . Des paysages tirés au maximum vers l’abstraction. De grands aplats de peinture vive, un geste large et généreux pour rendre les espaces de la nature et, surtout, le ressenti devant eux. Je dirais que ses toiles « font de l’effet ». Ce n’est pas forcément ce qui m’émeut!
« Figuration hors les normes » est le titre de l’expo du premier étage consacrée à Philippe Tykoczinski. C’est une collection de personnages drolatiques qui nous attend… Furieux, confus, espiègles, méditatifs, coquins, pas aimables…. Les visages sont omniprésents. Ils sortent de nos rêves les plus fous… Art brut ou art singulier: peu importe l’étiquette que l’on donne à cela, mais je suis assez fana de cet art de la dérision et de l’humour, chargé de toutes les méandres d’un inconscient bouillonnant.
Des collages de tissus froissés et repeints communiquent en outre à ces tableaux une fantaisie extraordinaire. Déjà vu, me direz-vous !!! Oui, certes! mais franchement, ces visages bosselés, bousculés, cabossés et couverts de sortes de veines en relief… ne peuvent pas laisser indifférents. Le regard de leurs yeux bizarres nous reste en mémoire après que l’on soit sorti de la Galerie. Délires et sourires! L’autre version de l’oeuvre de Tyko, ce sont ces sortes de « vitraux » archi colorés (salles du fond) . Foisonnants, bavards, criards… La toile ne respire plus! Il en avait des choses à nous dire cet artiste!
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Fin septembre 2013, j’étais en Roumanie, Moldavie et Ukraine…Pas assez longtemps! Juste le dit de se donner envie d’y retourner!
J’ai rapporté cette image souvenir (entre autre!!) d’une Galerie d’art en Moldavie ! C’est une autre façon de voir! Cliquer sur le visuel en deux fois pour agrandir
Deux week-end d’octobre 2013, le château de Brognon (route de Beire, 21) accueillait les grands formats des artistes Marc-Antoine Mazoyer et Alain Steck. L’exposition s’intitulait « Condition de Présence ».
La confrontation de ces grandes toiles de deux peintres différents (mais aux échos parfois semblables), dans un lieu atypique, est à voir, c’est sûr. Posées au sol, dans ces salles vides d’un château sans vie, les peintures prennent un caractère particulier. Les personnages qu’elles montrent habitent curieusement les lieux. Un conseil, allez visiter de jour. Et, même là, vous aurez peut-être du mal à bien regarder, car les projecteurs loués pour l’occasion sont puissants et lancent une lumière aveuglante.
Les scènes qu’Alain Steck peint son arrêtées dans le temps. Un trottoir de Paris, une sieste dans les prés… Les gens sont là, archi présents, mais figés, stoppés dans le moment vécu. Drôle d’impression devant ces grandes scènes figuratives, toujours entre franche réalité et monde irréel. Glissement imperceptible. Comme si l’artiste avait eu le pouvoir de les saisir au bon moment et de les maintenir dans cet instant éternel…… On a la sensation que cette image-là est davantage une réflexion sur le temps et sur la vie qu’une peinture réaliste. Et c’est drôlement bien ainsi! Plaisir esthétique devant ces toiles parfaitement dessinées et peintes, mais qui vous prennent par la main pour aller bien plus loin! Certains y verront une sorte de photographie du réel … Je crois que l’art est évidemment bien plus que cela. Certaines coulures (j’aime bien!) sont là, sur des toiles d’Alain Steck, pour rappeler qu’il s’agit bien de peinture… Mais qu’elle a un certaine pouvoir … Essentiel.
Marc-Antoine Mazoyer peint, lui, avec la fougue de l’amoureux de la matière peinture! Regardez ses coups de pinceau, ses gestes énergiques qui balaient la toile, l’imprègnent… Des personnages jaillissent de cette masse de pigments, comme nés d’elle! Tout cela est un peu flou, perdu dans les arcanes des légendes, contes, Histoire et mythologies… Couleurs sombres ou flamboyantes. C’est un feu qui brûle. On n’a pas à chercher la perfection du trait ou du dessin, l’artiste organise des touches et des mélanges de couleurs pour faire jaillir des personnages de ce magma volcanique. On y plonge. On s’y perd.
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Novembre 2013, pour ma première expo après deux bonnes semaines d’absence… une belle émotion! Au musée archéologique de Dijon, Pascale Serre a installé sa « Collection » et elle a invité le céramiste Emmanuel Schamelhout à travailler avec elle pour cette exposition.
Des toiles peintes, grand format, sont suspendues sous la voûte de la salle romane, au milieu des sculptures funéraires gallo-romaines. Une scénographie bien faite (éclairages de Jean-Jacques Ignart, créateur lumière de théâtre) nous fait battre le cœur! Car nous sommes face à des portraits de personnes disparues, celles qui ont compté dans la vie de l’artiste. Dans une demie pénombre, nous avançons sur un parcours, à la rencontre de ces personnages. René, Patrick, Jacqueline, André, Marguerite… sont là. Vingt-cinq en tout. Pascale Serre les a peints d’après photo (qu’elle présente aussi, posée à côté de la toile, sur un pupitre, accompagnée d’un texte)
Leurs silhouettes fantomatiques sont dessinées en traits clairs et légers sur fond noir. En négatif semble-t-il. Parce qu’ils sont passés de l’autre côté. Parfois, de belles envolées du pinceau ajoutent à cette représentation.
L’ensemble n’est pas morbide, malgré la petite flamme rouge qui tremblotte devant chaque toile (ampoule électrique), malgré les textes et photos qui pourraient évoquer les épitaphes des cimetières. Non. C’est juste troublant. Émouvant. L’artiste a fait là son album souvenirs et garde ces personnes vivantes par la mémoire créative. (J’ai vu en Roumanie le « cimetière joyeux » où chaque croix devant la tombe est sculptée et peinte de façon gaie et naïve, assortie d’un texte gravé qui évoque le mort. C’est le même principe: garder vivants les défunts).
A chacun, Pascale Serre a attribué un animal qui le caractérise, peint à ses côtés. Et son ami céramiste Emmanuel Schamelhout les a reproduit en volume. Leur gentil petit troupeau nous attend au bout de la salle. C’est un régal!
La vidéo qui passe sur le mur du fond est de son cousin, Antoine Serre. Sorte de films souvenirs de vie familiale…
S’il fallait mettre un bémol à cette exposition, ce serait la rigidité de certains portraits (trop fidèle à la photo), j’aurais préféré que l’artiste les peigne comme elle les voyait, elle, avec sa touche d’artiste, avec sa propre sensibilité. ( Ce qu’elle a réussi pour d’autres ).
Et les fleurs jetées au pied des portraits ne sont pas nécessaires, je trouve. Inutile d’accentuer le côté cimetière.
J’ai adoré l’association des œuvres de Pascal Serre avec les sépultures antiques. Deux passés. Mais hors du temps. Qui se rejoignent. Dans la mémoire.
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Le titre est bon! « Murs murs ». L’histoire se passe en effet sur des murs et, en outre, il est question d’inscriptions… Ce que murmurent les pierres du village de Fontaine-les-Dijon… Cette exposition, à la bibliothèque de Fontaine, proposait 28 aquarelles peintes spécialement par Nicole Lamaille pour les Journées du Patrimoine. Cette année, en effet, la visite guidée au village de Fontaine par Sigrid Pavèse avait pour sujet l’épigraphie, l’étude des inscriptions au vieux bourg.
Avec sa minutie habituelle, et avec la douceur de son regard sur les choses, le peintre Nicole Lamaille donne à voir une série d’aquarelles très originales. Elle est allée dénicher des lettres, des chiffres, des mots, des phrases gravés ou peints quelque part dans le vieux village de Fontaine. La présidente des Amis du vieux Fontaine, Sigrid Pavèse, l’a guidée…
Grâce à la touche légère du pinceau, aux jeux délicats d’eau et de pigments, aux ombres subtiles, la réalité perd…. de sa réalité… Tout en étant bien réelle! ( Oui oui !! ) Nicole Lamaille aborde les choses concrètes avec son regard personnel et sa propre sensibilité (pas nouveau! je sais! les artistes sont censés faire toujours comme ça!! Mais, mais !!!….) C’est donc à la fois une réussite technique de vraie professionnelle et une création lyrique qui dépasse la représentation fidèle des choses vues.
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Pas grand chose côté art, pour moi, en août 2013! En quantité du moins. Mais en qualité…Attention!
Angers a eu ma visite. Et, là, me suis régalée de tapisseries! Ah la haute lisse! Ah les trames et chaînes coton, laine, viscose ou lin! Une sacrée matière! A la fois lisse et rugueuse. Tendue. Epaisse. Rigide ou faussement souple. Qui se travaille ligne par ligne.
D’abord, le musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, avec une exposition de l’artiste Artemis (Anne Demanet), son Cycle de l’Odyssée et celui de la Grande Licorne…
Le thème: Ulysse, et son Odyssée , mais surtout, « l’éloge de l’homme qui lutte en lui pour atteindre le divin » dit l’artiste. Et puis, la Licorne et toutes les légendes qui entourent cet être mythique. Les grandes tapisseries de ces séries portent des formes et des symboles abstraits. Elles suggèrent plutôt qu’elles ne montrent… Comme de la poésie.
Illustration, ici, « La Grande Licorne » (l’illustration du haut montre un détail d’une tapisserie)
Dans l’expo, le travail de cette artiste tisserand contemporaine est montré par les maquettes qu’elle réalise avant la tapisserie elle-même: croquis, collages, notes etc… Très intéressant.
Lurçat, et son « Chant du monde », magnifiquement présenté depuis 1967 dans l’immense salle des malades de l’ancien hôpital St-Jean (XIIème siècle). J’y ai passé un moment. Mais j’avoue n’éprouver que peu d’émotion devant ce travail.
Par contre, le choc… En entrant dans la gigantesque salle du château d’Angers où est présentée la monumentale tenture de « L’Apocalypse ». Réalisée au XIVème siècle, d’après les cartons du peintre Jean de Bruges.
On circule dans cette galerie glaciale et noire…. Et devant nous, plus de 100 mètres de tapisseries… Juste éclairées par des spots… Un étonnant livre d’images, une BD, qui relate et commente la mystérieuse Apocalypse de St-Jean, mais raconte aussi à sa manière la vie du 14ème siècle. Des milliers de détails… Un dessin époustouflant. Les couleurs se sont ternies mais sur l’envers, elles ont conservé leur puissance (reste caché au public, néanmoins): des rouges, des bleus, des oranges…
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J’ai hésité! Ce mois-ci (juillet 2013), j’ai eu de beaux bonheurs devant plusieurs œuvres d’art!! Que choisir?
J’ai finalement opté pour le travail d’une artiste née en 78 à Tel-Aviv qui se consacre à la vidéo, l’installation visuelle, le cinéma etc. : Michal Rovner
Au centre Pompidou-Metz, dans l’exposition « Vues d’en haut », elle propose une table sur laquelle sont disposées des boîtes de Pétri (normalement utilisées en microbiologie). A l’intérieur, se meuvent des êtres humains microscopiques, en lignes, qui ondulent, tournent… Ces petites vidéos en noir et blanc donnent l’illusion de micro-organismes qu’on étudierait en laboratoire. C’est assez impressionnant de regarder ainsi ses semblables, tel un démiurge géant qui observerait les hommes sous loupe… Remise en question de notre soit-disant importance, de notre place dans l’univers… Nous ne sommes que des ch’tites cellules de rien du tout et nous nous agitons stupidement sur Terre …
Certes l’œuvre est assez simple, apparemment, pas sensationnelle, mais… j’admire toujours ces personnes (ces artistes) qui ont des idées de ce genre… et parviennent à les mettre en place techniquement.
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