En mars 2014, la Galerie La Source , à Fontaine-lès-Dijon, a donné à voir les étonnantes sculptures en métal de Peter Meyers, artiste belge qui habite le Morvan: « Et le métal prend vie… »
Dès le jardin de La Source, vous rencontrez les personnages de Peter Meyer. Quatre sculptures sur la pelouse. Et vous allez avoir l’occasion d’en saluer un grand nombre à l’intérieur. Créatures de toutes sortes, animaux et humains ont envahi les salles de la Galerie.
Avec cet artiste, les tôles se découpent, se plient, se courbent, s’assemblent… Pliages et découpages comme si la matière était papier ou carton… Mais c’est bien du métal! Qui reçoit ensuite une patine, lui conférant un aspect cuivré, fer blanc, rouillé etc.
Et que de « trous »!! Mais c’est justement l’équilibre entre le plein et le vide que cet artiste réussit le mieux. Il sculpte le vide!.. Plus elles sont « ouvertes » plus le souffle de vie qu’il insuffle à ses créatures est puissant. Evidées, aérées, elles ont soudain le mouvement, la vivacité, l’expression, l’attitude … Rien de statique. Rien de figé. On tourne autour, et leur apparence se modifie. Vivantes!
Peter Meyers travaille comme un cubiste: découpage des plans, volumes en multiples facettes, décomposition de l’objet, lignes simplifiées, et réalité transposée. Ses visages, ses têtes, ses corps humains ou animaux… Quelle allure! Quelle vérité! Et pas si figuratif que ça!
Il a une prédilection pour la sculpture grand format qui trouve sa place dans une ville ou un jardin. Vous en verriez à Autun ou Chagny par exemple. Certaines œuvres ici à la Source sont d’ailleurs des maquettes pour une réalisation géante… Espérons que la Ville de Fontaine va acquérir une sculpture de P.Meyers, au moins pour compenser aux yeux de l’artiste les gros inconvénients que représentent les travaux actuels de la rue de La Source. L’accès en voiture se fait par le haut (par le cimetière, parking vers l’église) . A pied, vous passez où bon vous semble.
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« Papiers d’atelier » était le joli titre de cette exposition de l’artiste plasticienne Véronique Lafont au château de Chassagne (à un 1/4 d’heure de Beaune), en avril 2014
Les salons d’hôtes accueillent les toiles et papiers de Véronique Lafont, et c’est vraiment un « accueil ». Le cadre style XVIIIème, avec ses boiseries peintes en blanc, ses fenêtres donnant sur le petit clos de vignes Montrachet, sa cheminée de marbre blanc surmontée de son miroir… est un véritable havre pour les œuvres de l’artiste. Elles se sentent confortables ici ! Et en harmonie.
La peinture de cette artiste est à la fois douce et énergique… Douce par la palette, qui joue beaucoup avec les couleurs pastel. Du rose et du bleu tendres. Douce par le côté enfantin de quelques formes dessinées. Énergique par le geste très dynamique, qui trace, qui bouge, qui couvre… Voilà un pinceau sans timidité, qui sait où il va, aidé souvent de quelques traits supplémentaires, de quelques graphismes, comme une écriture.
J’ai envie de parler de paysages. Même si le figuratif n’est pas réellement présent. Quelque chose dans la lumière, dans la matière, dans les lignes ou dans la construction du tableau (certaines profondeurs en particulier) suggère une rivière et ses cailloux, un sous-bois et ses embrouillaminis de branches, une maison sur la colline, une vigne…
L’expo comprend non seulement des œuvres pendues aux cimaises (très astucieusement, d’ailleurs, avec fils invisibles ou pinces à linge qui évoquent l’atelier) mais aussi des papiers sur table, à compulser, à regarder (et à acquérir si l’on veut): cf photo ci-dessous, mes deux préférées!
Elle a obtenu le Lion d’Argent à la Biennale de Venise avec cette vidéo « Grosse Fatigue ». Cette jeune plasticienne s’appelle Camille Henrot. J’ai vu sa vidéo à Paris, à la Galerie Kamel Mennour. Bien! Bien!
Pour retracer, à sa façon, l’histoire de l’univers et des espèces, l’artiste donne des images qui se superposent à toute vitesse, comme on entasse des archives. Ce défilé devant nos yeux est fascinant. De plus, un texte et une musique soutiennent cette accumulation d’images. Avec, souvent, un rythme de slam. Des milliers de choses passent, apparemment incohérentes: grenouille sur un i.pad, tortue qui se nourrit ou pond ses oeufs, vieux magnétophone, collection d’oiseaux morts, calculatrice, insectes qui grouillent, pages du Web, livres feuilletés, manuscrits, billes qui roulent, photos de tribus africaines… Ici ou là surgit une célébrité, Pollock ou Orsenna! Et ça coule, et ça s’amoncelle, et ça s’accélère, et ça se ralentit… La vie, quoi!
Toute cette compilation d’éléments peut faire penser à une obsession schizophrénique. Tout s’enchaîne de façon décousue, semble-t-il. Mais, bientôt, on détecte des liens ténus, des rapports entre tous ces fragments… Une couleur (les ongles peints de ces mains qui montrent ou prennent), une forme, une idée (terre craquelée de sécheresse et une éponge que l’on essore), une métaphore, un symbole… On aperçoit même un ordre dans ce flux tout fou, une construction, une architecture. Elle sera confirmée par la suite (interview de l’artiste ): le vide, les dieux, la terre, l’oxygène et les êtres vivants, la solitude, la fatigue, la mort.
On est devant les contradictions de l’existence, ses richesses incalculables, ses mystères et ses évidences, ses beautés et ses laideurs. C’est parfaitement rendu.
On sent la masse de documents consultés par l’artiste. Entre sciences, Histoire, art et observations personnelles. Le plaisir esthétique n’y est même pas absent!! C’est vous dire!!
Camille Henrot a fait là oeuvre d’artiste. L’art contemporain a parfois l’honneur de me plaire !
La biennale d’art singulier s’est tenue à Dijon (et éclatée en Bourgogne, Yonne, Nièvre, S-et-loire…) en mars 2014. Le thème cette année : « Les hommes cabanes ». Plusieurs choses à voir.
Direction l’Arquebuse. Là, dans le jardin, face à la Grande Orangerie, découverte des cabanes réalisées par l’artiste Moss avec les patients et les équipes soignantes de quatre hôpitaux où il était en résidence. Ces petits habitats de bois coloré, animés de créatures croquignolesques et d’objets inattendus sont très attirantes! On en fait le tour plusieurs fois, à la recherche des détails imprévisibles! Elles se lisent comme des albums de contes!
Et puis, il y a ici aussi, sous les arbres du jardin, toutes ces mini cabanes inventées par des jeunes de structures éducatives, sociales, sanitaires, associatives etc … Toutes sortes de « nids » , en matériaux divers et variés (de la baguette de bois à la bouteille plastique), où chacun a mis de soi. Ses peurs, ses rêves, ses souvenirs, ses envies, ses espoirs, ses amours, ses ressentiments. La cabane est une image projetée de chacun! La cabane est un un peu le fourre-tout, le vide-poche, le débarras… Mais qu’est-ce que c’est bien de tout dire autrement, sans mots!!
A l’intérieur de la Grande Orangerie, le photographe Mario Del Curto a installé (sur des échafaudages) des photos très grand format qu’il a prises dans le monde entier, à la recherche de ces univers singuliers que se créent certaines personnes marginales, solitaires, différentes… On sent parfois l’obsession maladive, le besoin d’additionner, de collectionner, de couvrir sans fin… Telle cette chinoise qui dessine sans relâche plus de 10 heures par jour, en une espèce de langage automatique, traduction des vibrations du cosmos…
Dans l’ensemble, ces œuvres dégagent une étonnante force émotive et, souvent, une belle esthétique. Je pense notamment à ces sculptures de personnages qui envahissent la forêt, se couvrent de lichen et de mousse, courent, sautent, dansent à l’infini. Splendide! (cf visuel ci-dessous)
Vous verrez aussi des photos des cabanes de l’anarchitecte Richard Greaves qui, au Québec, construit des sortes d’abris à l’aide d’éléments de bâtiments abandonnés qu’il a démembrés. En équilibre instable, faites de bric et de broc, ces architectures folles et inutiles sont d’une efficacité plastique incontestable!! Et, en outre, elles symbolisent un état d’esprit et une façon de vivre tout à fait respectables. J’ai adoré!
Moss expose aussi à l’ABC, et je crois au café L’Embarcadère. D’autres cabanes sont à voir également (et des photos de Mario del Curto) au musée de la Vie Bourguignonne, à la Nef, à l’Eldorado, à Latitude 21, à la Chartreuse, à l’Irtess etc… Je ne suis pas sûre de tout citer!! Allez voir le site: http://www.itinerairessinguliers.com/fr/biennale-d-art-singulier/edition-2014
Avec mari, bébé… et tableaux, cette jeune artiste est descendue de l’Angleterre, où elle vit depuis 3 ans, pour venir jusqu’à la Galerie de Fontaine-lès-Dijon. Les dessins de Charlotte Tommy-Martin étaient aux cimaises de La Source en février 2014. (mercredi-dimanche, 15 h 30-18h30). Il ne fallait pas hésiter ! (Et comme d’habitude, ne pas filer à toute vitesse d’un dessin à l’autre! REGARDER…)
Dans cette salle, on retrouve ce même caractère elliptique dans des visages ou des formes humaines à peine suggérés à l’aquarelle. On pense à des traces laissées dans nos mémoires, à des souvenirs dilués dans notre passé, à des rencontres dont ne reste que l’empreinte floue… Émouvant…
J’ai éprouvé un peu moins d’émotion à l’étage. J’ai trouvé les dessins moins denses, moins forts. Même si, parfois, des formes mouvantes, en train de s’effacer (ou d’apparaître?) ne m’ont pas laissée indifférente.
Je demande pardon pour les visuels qui ont d’affreux reflets de lampes dans les vitres!
Échappée parisienne…. Avec, entre autre, une visite à Beaubourg : la Donation Florence et Daniel Guerlain. Ces mécènes ont une superbe collection de dessins contemporains. En 2012, ils en ont offert un bon paquet au Centre Pompidou. Et une exposition en dévoile 500 jusqu’au 31 mars (une trentaine de nationalités représentée). Je me suis régalée….Impossible de citer tous les artistes dont j’ai apprécié les papiers exposés. Je dirais seulement que je me suis perdue avec délice dans les traits, les lignes, les taches… Dans tous ces univers si personnels et si sensibles… Ces dessins sont des poèmes ou des chorégraphies, tellement riches en inventivité qu’on ressort de là un peu moins sec et idiot qu’on ne l’était en entrant!!
Je choisis juste trois visuels. De haut en bas: Tony Oursler (avec noir de fumée), Javier Pérez ( extrait de la série « Metamorfosis »), et Clément BagotCliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois
Pas d’hésitation, pour ma rubrique « le choix du mois » (que j’ai abandonnée depuis quelques temps, d’ailleurs) je remonte sur la colline fontenoise et entre à la Galerie La Source pour voir les travaux de l’artiste Céline Emorine.
Se référer à mon billet sur le blog du 16 janvier ou à la chronique du Miroir Mag (journal en ligne)http://www.miroir-mag.fr/chroniques/celine-emorine-lhumanite-en-quelques-traits/
Aux Bains du Nord (FRAC Bourgogne), 16 rue Quentin à Dijon: « La question du tableau » de l’artiste français Jean Dugottex (1918-1988). Jusqu’en mai 2014
Attention, art contemporain! (ou artcontemporain, en un seul mot comme aime l’écrire Olivier Sena, dans Télérama!) Ce qui veut dire: lire, s’instruire et potasser avant d’aborder l’expo! Sinon, vous risquez le haussement d’épaules désespéré et la visite expédiée en une minute et demi! Rien à voir, circulez!
Eh! Ben! Si! Il y a des choses à voir… Et à apprécier…
Jean Degottex a, semble-t-il, passé sa vie à explorer la peinture, ou l’idée de peinture. Sa démarche est passionnante à suivre. Il peint d’abord relativement « classique ». En extérieur le plus souvent. Il s’inspire des fauves, puis passe à l’abstraction. Dans une petite salle de cette expo vous verrez d’ailleurs deux toiles abstraites de l’artiste. Déjà existe la recherche sur la notion d’espace et de vide… qui va le préoccuper beaucoup.
Ensuite, Jean Degottex se remet en question. Et remet en question la peinture. Il se dirige vers la mort du tableau traditionnel. Ou en tout cas, vers l’idée d’un travail qui « sort du tableau », se prolonge « hors tableau ».
Et il va même plus loin en débouchant sur le concept de la toile en tant que matériau. Le châssis (toile de peintre) devient matière à travailler. Le pinceau a disparu. On s’intéresse au support, à son envers, son endroit, sa profondeur, l’espace entre cadre et toile etc. D’où les déchirures, griffures, trous, collages et recollages (série « papiers pleins »).
Assez spectaculaire est la série « la révolution continue » (un extrait, ci-dessus) : l’artiste a découpé des cercles ou demi-cercles dans les toiles et disposé les résultats obtenus de façon à suggérer la course du soleil… Pas de couleur. Juste du blanc et des ronds ! Dépouillement ! Et là, c’est net, (au risque de me répéter!!) le châssis lui-même est bien utilisé comme moyen.
J’ai eu la chance aussi, à cette expo, de voir des « diapositives » originales de Jean Degottex (je pense que, maintenant, ce sont des copies) passer sur un mur vierge. Illustration de sa recherche sur l’espace et le vide: il a réalisé des fentes dans des petits carrés de plexiglas colorés (comme des diapos, donc) et la projection donne d’étranges virgules de lumière très intéressantes. Comme des ouvertures, des fissures dans le mur. Le visuel montre ces diapos dans le panier pour la projection
J’ai donc bien apprécié le processus artistique et les étapes de ses recherches… Mais, question? Le rituel d’une exposition, avec tout ce que cela comporte de convenu, de traditionnel, d’artificiel, de représentatif… ça ne gênerait donc pas cet artiste?
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Et je vous rappelle la mission que se donnent les Bains du Nord, pédagogique. Lisez la chronique sur Le Miroir à ce propos: http://www.miroir-mag.fr/chroniques/a-quoi-sert-le-frac-bourgogne/
A Fontaine-lès-Dijon, Galerie La Source, des dessins (monotypes) de l’artiste Céline Emorine. En janvier-février 2014
D’abord un mot sur sa technique: le monotype. Une plaque recouverte d’encre, un papier de soie qui se pose, un dessin qui se trace « à l’aveugle » avec une pointe, puis, appuyé, pressé et… on le décolle doucement pour découvrir le résultat…. J’aime cette technique, entre gravure, imprimerie et photographie (le côté révélation lente, plus ou moins inattendue). Céline Emorine maîtrise admirablement cette technique, jouant avec les superpositions de matières, de couleurs… Sachant aussi utiliser le hasard et l’improbable. Elle met son talent de dessinatrice au service de cette technique qu’on ne voit plus beaucoup chez les artistes. Et ses papiers sont marouflés sur carton plume.
Sa création, ensuite. Céline Emorine saisit l’humanité! Ses personnages, croqués, silhouettés, passent, comme dans la vie courante (c’est bien le mot!) à peine entrevus. Mais, elle, elle les a vus. Tous ces anonymes, elle les a remarqués, dans leurs souffrances, leurs réflexions, leurs actions, leurs violences ou, au contraire, leur solidarité… Grâce à son geste de graphisme à la fois sûr et libéré, l’artiste crée des petites scènes où tout est mouvement; ça bouge! Même les fonds semblent bouger, comme dans un film d’animation! Tout se passe « maintenant », sous nos yeux. J’aime cette immédiateté des dessins. C’est sans cesse « en ce moment ».Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois . (Ci-dessus, c’est un extrait).
Voir la chronique sur cette expo dans La Miroir (journal en ligne):
Pour ma seconde visite à La Source, j’ai rencontré Céline Emorine. A l’écouter, m’est apparu davantage son travail en séries. Des séries qui jalonnent son cheminement d’artiste. Sur des sujets spécifiques, comme la « boîte » (refuge, cadre…), le chien, le portrait, l’effacement… Chaque fois, c’est « traduire une pensée en image » dit-elle. L’ambiguïté de l’homme est toujours présente: par exemple, se bat-il ou cherche-t-il à aider son prochain?
Petits malins, va! On vous invite pour une braderie entrée libre (livres, affiches, catalogues… à petits prix) Et après, comme vous en profitez pour visiter les expos en cours, on vous fait payer l’entrée! Commerce! Commerce! Allez, j’arrête de critiquer ce Con de Sortium (cf mon billet du 31 octobre, « un après-midi art un peu loupé »)…. Richard Hawkins valait bien mes 4 €.
Donc, en janvier 2014, le Consortium de Dijon proposait deux expositions: Matias Faldbakken et Richard Hawkins.
Le norvégien Faldbakken? Ce n’est pas ma tasse de thé. L’art contemporain que je crains (contemporain… l’artiste est quand même né en 1941, mais bon) . Gigantesque tas de cartons tout neufs sagement empilés, milliers de sacs plastiques jetés négligemment au sol, rangée de pots d’échappement, vieux frigos découpés à la scie électrique…. Même si je lis les commentaires explicatifs de la petite brochure offerte (merci beaucoup!), comme quoi l’artiste a un humour acide et provocateur, qu’il est plutôt anar, qu’il privilégie le geste destructif, qu’il parle de sous-culture… Je refuse d’entrer dans ce jeu facile. La seule œuvre qui me semble posséder un brin de création, de sens et même d’esthétique, ce sont ses armoires métalliques étranglées par des sangles. Il y a là une violence exprimée et visible dans la durée, qui va au delà du geste éphémère et instinctif. L’objet banal prend vie, change de camp et communique émotions et réflexions. Pour moi, cette chose-là est une vraie image, ou une métaphore.
Hawkins, américain, est un artiste aux multiples facettes. J’ai découvert ses peintures. D’abord, la série « Brig » et « Vault paintings ».
La toile est entièrement occupée par la froide et grise géométrie d’une façade de porte de prison métallique. Et, comme une fenêtre rêvée, s’ouvre, là au milieu, une petite peinture colorée dont les thèmes sont repris plus loin dans les salles de l’expo (sans les portes en acier, cette fois). En fait, le pinceau faussement gai de l’artiste dit une certaine misère sexuelle. Ambiance de bordel. Triste drague pédéraste. Mort qui rôde. Fumées de cigarettes lascives. Et, parfois, c’est la reproduction de galeries de portraits ou de cabinets de curiosités … Mais à la façon Hawkins! Les dignes ancêtres d’autrefois sont plutôt des monstres! L’artiste a le chic pour composer une ambiance malsaine, décadente… Mais quelque chose de fort et de significatif passe dans ses peintures.
A voir aussi, deux sculptures, la pagode et la maison hantée (série des « Dollhouses »), agencées minutieusement avec plein de petits bouts de cagette ou de carton peints. Un jeu de construction qui communique une impression de mystère à la manière des contes (pour adultes!)(cf le visuel ci-contre, détail)
A voir encore un bien étrange travail de collages qui, si j’ai bien compris, est inspiré des collages du chorégraphe japonais Tatsumi Hijikata autour d’artistes comme Dubuffet ou Bacon (au début, l’américain ne faisait que transcrire et traduire ceux-ci) . Mais, parti donc de l’admiration pour cet inventeur du Butö, le travail de Hawkins a pris son propre chemin, s’est prolongé, a pris de l’ampleur pour devenir une œuvre personnelle. On pense à une sorte de documentation, de recherche, de journal, d’enquête, de thèse…. tourné sur l’art en général et l’érotisme.
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