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Auditorium, à St-Philibert

L’été 2015, à l’église St-Philibert, Dijon, se tenait une expo de Franz West (artiste décédé à 65 ans en 2012), organisée par le Pôle d’art contemporain.

Intitulée « Auditorium » elle ne comporte pourtant aucun son (ni musique) ! C’est un ensemble de plus de 70 canapés de métal couverts de vieux tapis persans et de polochons. Cette installation a fait les beaux jours de Beaubourg, par exemple, autrefois. La voilà donc à Dijon.

Quand je l’ai visitée, personne ne s’asseyait ni ne se couchait ni se vautrait sur ces divans. Et pourtant,  ça se dit exposition interactive.  L’artiste attendait qu’on les  utilise .  Mais qui aurait  envie de s’étendre sur ces tapis usés et usagés, pleins de puces,  de poussière et autres chenis?IMG_20150902_171927

Certes, ces sièges sont du plus bel effet, drapés dans leurs lourds tapis anciens aux motifs orientaux. Mais quoi? La vision est assez insolite, bon. La promenade entre ces divans est incongrue dans cette église si étrange, d’accord.  Mais quoi d’autre? Encore une oeuvre qui ne me dit rien.  L’artiste n’a pas « fait », il a rassemblé des objets. Point.

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le choix du mois, juillet 2015

Pour ce mois de juillet, je choisis de parler du « Festival d’art et de création », à Avallon (Grenier à sel, jusqu’au 30 août)

Inattendu, ce choix,  pour moi:  d’abord c’est une sorte de « salon » , donc une confrontation d’oeuvres disposées ensemble dans un même lieu (et Dieu sait que c’est chargé et encombré! On ne sait où regarder!). D’habitude je ne supporte pas! Ensuite c’est davantage de l’artisanat d’art, plutôt que de l’art … Bref! Je n’aurais pas dû être touchée!! Eh, ben, si, malgré tout… Voyons, demandons-nous pourquoi!!

Je n’ai cessé de dire au cours de ma visite à ce festival « ouf! la créativité n’est pas morte! » J’étais heureuse de voir plein d’idées belles, drôles, originales.  Et toutes ces matières! Qui s’étaient mises en quatre pour arriver à des objets incongrus, très chouettes, joliment utiles, étonnants…! Des bijoux en feutre, des luminaires tentants (on voudrait tous les avoir chez soi!), des céramiques toutes plus séduisantes les unes que les autres, des bois magnifiquement travaillés, tournés, brûlés, des petits mobiliers en carton très plaisants, des figurines en fil de fer très réussies, des textiles, des vêtements, des reliures etc. Que de la belle ouvrage!

Revient l’éternelle question de la frontière ténue entre art et artisanat, me direz-vous!

Je ferai  une différence entre certains objets admirés ici à Avallon, de belle qualité et relevant d’un réel sens de l’inventivité… et un vrai travail d’artiste qui dit des choses cachées, inexprimables et profondes. Vous voyez? Les premiers sont juste des caresses agréables pour le regardant. Le second possède un pouvoir fort qui engage, nourrit…Procoudine

Dans cette expo,  Christine Lemaire a attiré mon attention: des personnages de métal avec une sacrée allure et une sacrée énergie! Allez voir son site et intéressez vous à ses « forteresses », c’est encore mieux! Vu aussi avec intérêt les grands dessins de nus de Anne Procoudine,  et de drôles de personnages et animaux du céramiste plasticien Jean-Yves Chevilly.Chevilly

Je n’ai malheureusement aucune photo de ces objets d’artisanat d’art que j’évoque plus haut. Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois, le nom de l’auteur apparaît

Promenade en Avallon

Admirative (et jalouse!!) de l’implication de la Ville d’Avallon pour les artistes.  J’ai vu 4 espaces municipaux cet été 2015, consacrés à des expositions. Et là, pas d’art (dit) contemporain à la c…. Pardon de devenir vulgaire, mais Dijon commence à m’agacer avec tous ses lieux d’art sacrément et bêtement et obstinément contemporain qui ne présentent plus rien d’intéressant à mon avis.  Je vais devoir m’expatrier!!

« Les 20 ans d’Artatou » . Salle St-Pierre et La Fabrique, à côté de l’église St-Lazarre, Avallon. Jusqu’au 30 août. Ce collectif d’artistes nous offre encore une fois une bonne exposition. J’ai retenu surtout:

Isabelle Boizanté et son intéressante installation aux filtres à café (!). Sans deviner au premier abord le matériau utilisé, on se laisse séduire par les couleurs, les transparences, les ombres, les jeux de lumière que crée ce grand abri où l’on pénètre bien volontiers. Ce sont des tentures, comme les peaux sur et dans les yourtes, qui diffusent des lumières chaudes (ça m’a rappelé les fenêtres en albâtre de certaines chapelles italiennes). Artisanat primitif… Construction rudimentaire… Habitation rustique de peuple lointain…Logis de fées ou d’elfes dans un monde parallèle… Ou encore, construction naturelle réalisée par un essaim géant de quelques guêpes ou autres insectes imaginaires. Ou mue d’un animal à grandes écailles ???  En tout cas, une architecture de papier qui porte en elle toutes sortes de références. Bref, une oeuvre d’art!Boizante

Jean-Yves Chevilly, lui aussi avallonais, comme I. Boizanté, a accroché des collages. Exécutés avec soin, ils m’ont paru de belle qualité. Les découpages se fondent en constructions harmonieuses; le tout posé sur des fonds de peinture, comme des blocs d’images, des icebergs d’images.  Cet artiste est aussi céramiste et sculpteur (ses fantaisies pleines d’humour à voir au Grenier à Sel, expo festival d’art et création)

Anne Procoudine-Gorsky est peintre. Et son geste de peintre est puissant, généreux. Les corps représentés expriment des sentiments forts et font jaillir un étonnant hymne à la vie. Tous les sens sont en alerte. (A voir aussi ses oeuvres au Grenier à Sel. )Procoudine

Catherine Loubat-Girard dessine et peint les arbres. J’en connais qui appellent ça des gribouillis. Mais qu’est-ce que j’aime ça! Ce travail de lignes (noir et blanc) qui grimpent, s’enchevêtrent, tournent… traduit à merveille la fascinante existence des arbres. Ces dessins au fusain sur acrylique sont du plus bel effet.Girard

Véronique Lafont: contente de retrouver le doux regard un peu naïf de ce peintre de la nature. Ses touches de couleur aux multiples variations finissent par construire des paysages entrevus, ressentis… des traces de paysages gardés en mémoire.

« Célébration du corps », Jean Montchougny. Les Abattoirs. Avallon (fait partie du festival Ex-VoO). Jusqu’au 30 août.Montchougny

Un beau lieu pour accueillir une partie de l’oeuvre de ce peintre né à Nevers en 1915, Jean Montchougny. Le corps féminin est son sujet de plasticien, son « objet de peinture » comme dit Gilbert Lascault. Il paraît qu’il en a peint 700… Et ici, sous les briques et les crochets de l’ancien abattoir, des séries de corps de femmes suggérés traduisent toute la recherche d’un peintre au cours de sa carrière. Passionnant. Telles des variations musicales… Tout est dans la puissance de la couleur qui rythme les lignes et les volumes. C’est curieux comme la peinture, avec cet unique sujet, le corps féminin, devient une écriture, une expression un langage…Montchougny2

Il y a aussi une exposition au Grenier à Sel, à Avallon: « 12ème festival d’art et de création. J‘en parlerai dans ma rubrique « choix du mois ».

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La biennale de Nolay

Nolay a accueilli sa 6ème biennale de sculpture en juillet 2015. Sur une quinzaine de sites, dans la petite ville, se déployait une exposition d’une quarantaine de sculpteurs venus de partout. Les 40° de ce dimanche ne nous ont pas empêchés d’apprécier cette balade en art ! Bouteille d’eau et brumisateur à la main!

Comme ça, sans trop réfléchir, me restent en mémoire des émotions, des étonnements, des admirations, des sourires avec : ……

-l’autre monde de Gaëlle Guibourgé, petit univers original, symbolique et vivant créé en terre cuite brute.Guibourgé

-la magnificence et la perfection des pièces de bois de Thierry Martenon, invité national de la manifestation. Un hommage au bois.Martenon

-l’élégance et la pureté des formes élancées de Patrice Poutout, « gardeurs » (dit-il) du temps ou de l’Histoire, totems ou stèles sacrés.

-le mystère des pièces de céramique (argile) de Ine Schoots, leur façon de représenter la gestation, la naissance de la vie, dans ce qu’elle peut avoir de plus primitif ou rudimentaire dans la nature.Schoots

-l’humour et la force des personnages de Diadji Diop, invité international (Sénégal), qui apparaissent ici ou là dans les parcs ou sur les places, inattendus, incongrus.Diop

-le raffinement des porcelaines blanches de Caroline Chopin, leur représentation de fines et petites créatures hybrides.

-l’ambiguïté des sculptures de Suzane Lopes, leur folie fantastique et exotique.

A noter aussi –

que j’étais contente de revoir les drôles de couples de danseurs et de sportifs de François Lepoivre. Je connaissais.

-que j’ai vu sur l’eau du lavoir une sculpture de métal rouillé assortie de sortes de bulles, que j’ai bien appréciée (mais sans nom).

-que j’ai trouvé juste sympathiques les chaises surréalistes de Christian Rattoray, que j’avais déjà vues.

Pardon à tous ceux que je ne cite pas! Le coeur y est! Mais on a ses préférés qui vous correspondent !

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le choix du mois, juin 2015

Il y a eu deux ou trois heures, dans ce mois de juin, qui ont beaucoup compté pour moi.  Celles de ma visite aux « 4 Jardins des Bourroches », un week-end, au soleil. Dix artistes du coin (Dijon et environs) étaient invités chez des hôtes super accueillants. Quelques très bons moments qui m’ont permis de revoir plusieurs artistes que j’estime…

Joël Petot était l’initiateur de cette manifestation. Allez! On commence par lui!

Chapeau de paille sur la tête, il nous propose des cerises, puis, très zen,  nous détaille son travail, présenté ici dans son petit jardin à lui.  Ami des arbres, et leur fidèle admirateur, il poursuit depuis plusieurs années une démarche artistique à ce propos.  Je connaissais son bois calciné, merveilleusement NOIR! De ce noir qui fait naître couleur et lumière… (C’est l’outre-noir de Soulages!) Il découpait des lamelles de ce bois calciné et les assemblait pour créer des volumes qui respectaient les formes et les lignes de l’arbre (les courbes) mais aboutissaient à des objets presque « sacrés ». Comme des petits oratoires, des sanctuaires, ou des réceptacles, des petits espaces « gardiens », des lieux de méditation… Cette fois, il nous montre des troncs (ou des grosses branches) bruts. Mais son acte artistique consiste à les ouvrir dans le sens de la verticalité, à écarter les deux morceaux tranchés et à imaginer un coeur d’arbre… inattendu et mystérieux. Surprise!Petot

Dans son jardin, Joël Petot accueille Michel Potherat. Et comme il aime collaborer avec d’autres artistes (vitraux, céramique, peinture ont déjà interpénétré ses créations de bois ) il a laissé ce peintre animer à sa façon une tranche de tronc! Et M. Potherat place aussi dans ce jardin deux tableaux à lui (utilisation du PVC, je crois).

Quelques pas dans les rues du quartier et nous voilà dans un autre jardin. Eric Mappa a fait atterrir là une de ses étranges et belles créatures géantes (en bois).  Insecte monstrueux aux pattes multiples, pense-t-on. Ou grande colonne vertébrale d’où sort un réseau de côtes, d’artères, de nerfs.  Cette forme étonnante est vivante, car l’ artiste l’a positionnée de façon à ce qu’elle bouge au vent ou aux gestes des visiteurs. J’avais déjà connu (et aimé) le travail minutieux de Eric Mappa, qui, à l’époque, réalisait des sortes de petits reliquaires où il déposait, il me semble, des mini squelettes d’animaux ou des restes de végétaux. Il me confie qu’en ce moment il travaille beaucoup (mais lentement!!) sur des découpages et collages. Avec encore des « boîtes » et le thème de l’anatomie. A suivre! Chic!Mappa

Frank Jooste est là aussi. Il a fait une installation fantaisiste, entre ange, figure de proue et épouvantail! Et il a choisi quelques unes de ses aquarelles envoûtantes. Le meilleur de lui-même, je pense (même s’il cherche toujours ailleurs dans d’autres matériaux, d’autres styles de peintures).  Philippe Poirier, lui, a accroché des photos en noir et blanc à l’intérieur d’un ancien petit lavoir au coeur du jardin! Bel espace secret, fermé, noir… Ses images sont fortes, comme les lieux représentés. Usines, carrières etc. Là où il s’est passé quelque chose mais activité figée, abandonnée… Je repère Epinac (Saône et Loire), village où je suis née!!Bruley

Petit tour dans la rue à nouveau pour rejoindre un troisième jardin. Christiane Bruley y a planté ses « totems »! Mariage de plantes, de terre, de pierres avec sa peinture si « végétale » , si « minérale ». Réussi! Fred Gagné a habité, lui, une partie du jardin,  avec une installation dont le voile qui flotte et danse au vent crée une nouvelle vie ici. Une « comète » dit-il, porteuse de plein de choses!!Montenot

Quelques rues plus loin, Viola Montenot apporte à ce quatrième jardin son art du textile: draps anciens en chanvre qu’elle plie, coud et associe à d’autres petits matériaux: baguettes de bois, cailloux, ficelle, graines, cagettes. Résultat: des personnages stylisés, comme des petits mannequins, qui racontent les difficultés de la vie; des superbes tableautins à la plastique épurée; et des petits volumes qui voguent sur la pelouse… Daniel Carette, lui, montre son dernier travail en peinture. Une cheminement sans fin d’un artiste en recherche constante. Il a posé sur l’herbe des toiles plus anciennes et accroché en arrière plan des plus récentes. Très intéressant.

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3 femmes, 3 chemins d’art, Le Grenier

A Talant, au Grenier, 3 femmes exposaient en juin 2015: Florie et Maryvonne Johannot et Madina. Sculptures et calligraphies.

Attention! Analyse différente de d’habitude!!

Il y a un phénomène qui m’arrive de plus en plus souvent dans mes balades et découvertes artistique. Je ne sais qu’en penser. Voilà :

Se présente,  par exemple, une oeuvre qui m’intéresse guère,  ne m’atteint pas….Je la trouve fade, ou « plate », ou superficielle, ou sans originalité (déjà vu mille fois), ou sèche, ou simpliste, ou juste jolie… Que sais-je?  Et voilà que j’écoute ou lis les propos de l’artiste.  Et voilà que, souvent, je retourne ma veste.  Le fait d’apprendre sa démarche, son bonheur à créer, son enthousiasme, sa foi … Je craque!  Le résultat de son travail, certes, continue de me décevoir, mais je le regarde d’un autre oeil.  Je lui trouve un nouvel intérêt. Et je me demande alors ce qui pourrait être modifié pour que ce travail acquière une vraie valeur d’oeuvre d’art que je pourrais lui reconnaître!!

L’expérience a un peu eu lieu à cette expo du Grenier.

Madina, je l’avais connue chez elle (cf rubrique « visites d’ateliers » dans ce blog) et elle était si passionnante… Ici, je n’ai vraiment apprécié que les calligraphies où elle ajoute ses propres recherches plastiques, « portant un questionnement sur le tracé et sur la matérialité du support » (dit-elle). J’adore! Le reste m’endort, parce que je ne suis pas assez au fait de l’art de la calligraphie chinoise. Même si je l’écoute et la lis encore et encore cette Madina!Madina

Florie Johannot a écrit un petit texte sur sa démarche. Simple mais bon. Elle évoque ces vieux morceaux de bois qu’elle chasse dans la nature, qui ne demandent qu’à « être révélés ».  Elle dit « poursuivre le travail de façonnage déjà entamé ».  Beaucoup d’autres artistes ou artisans font la même chose.  Mais j’aime comment elle en parle.  A mon avis, par contre, elle les « civilise » trop. Elle les « sophistique ». Elle en fait des objets de décoration à poser sur les meubles. Les voilà propres, cirés, polis, vernis, lisses… Comme une jolie fille trop maquillée!!  Ils deviennent impersonnels.  (C’est juste mon goût à moi!)  Au contraire, ses bâtons de vie, eux, m’interpellent.  Elle leur a communiqué un côté sacré, et ça c’est de l’art.

Maryvonne Johannot écrit également sur sa pratique de la sculpture. Et elle dit très bien l’exigence de cet art, son caractère physique, mais aussi son côté « cérébral »:  « comprendre les angles, les attaches, les lignes, les points forts »…Elle analyse aussi cette « confrontation entre moi et moi ».  Très intéressant.  Ses bois sculptés, c’est du beau boulot. Parfois inspiré du Moyen Age. Mais il leur manque un je ne sais quoi de nerfs, de tripes, de cris, de vérité personnelle… Finalement, ils sont « trop beaux »!!

Il y a une sculpture réalisée en commun par les deux sculptrices.  Une souche peinte en bleu, sur deux visages (ou un visage éclaté).  C’est échevelé, pas sérieux, pas attendu… C’est créatif! Fait pour me plaire!Johannot

Prenez la petite brochure à l’entrée de l’expo. C’est là que se trouvent ces 3 textes passionnants que je signale ci-dessus.

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Villes, Hôtel de Vogüe

L’association 13+ a proposé l’exposition « Villes » en juin 2015 à l’hôtel de Vogüe, rue de la Chouette, à Dijon. Pas moins de 22 artistes présentaient leur travail sur le thème de « Ville ». Un gros effort avait été fait par l’association pour présenter correctement et agréablement les oeuvres dans le lieu ingrat qu’est cet hôtel de Vogüe (par ailleurs bien placé au centre ville et très très visité!).  Des petits textes accompagnaient la plupart des oeuvres; paravents, estrades, grilles sont habillés de textile; des éclairages ont été installés (pas facile! pas évident!)…LagnienExtrait

Sur l’impossible papier peint aux épouvantables motifs verts, 3 peintres ont réussi à s’accorder et accrocher des couples de grands formats, longues toiles verticales, comme des huàjàn chinois (peintures en rouleaux):  Martine Malherbe, Evelyne Lagnien et Micheline Reboulleau. Bravo! Venise pour cette dernière, dessins de vie de la rue dijonnaise pour E.Lagnien et idée de fenêtres en multitude pour M.Malherbe.Malherbe

A noter les deux Edith Nicot! L’une qui fait des clins d’oeil avec ses cartes routières devenues kimono ou tongs! L’autre avec un intéressant travail sur papier (fabriqué par elle-même). Les photographes présentent des clichés très différents et très personnels: Denise Guilloux, Jean-Philippe Jarlaud et Jean Claude Potet.  Et puis, les peintures de Benvinda Miguens-Velez, tout de sensibilité urbaine;  l’un des nus de André Mugneret, si particuliers avec toute l’histoire humaine qui se cache là;  les encres de Francis Orzel, dont il faut connaître l’extraordinaire mise en oeuvre pour mieux l’apprécier; l’installation de Annick Botton; le pop up de Maurice Mathon (pliage papier architecture)  etc… Voilà ce que j’ai retenu particulièrement.

MiguensCliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois. Le nom de l’auteur apparaît au-dessus du visuel.

I love your home, Galerie Entrée Libre

La Galerie Entrée Libre de la Caisse d’Epargne du rd point de la Nation, Dijon, a accueilli  en juin 2015 une exposition du collectif de photographes « I love your home ».

Ce qui me paraît intéressant dans cette expo c’est davantage les sujets que les photos elles-mêmes. Celles-ci sont bonnes, bien évidemment, mais archi classiques (c’est sans doute volontaire, cadrées avec rigueur, sans blabla, sans fioritures, pour laisser le sujet prioritaire).

Les artistes Sébastien Corsaint et Thierry Jacquot ont trouvé des lieux incroyables par le monde, et les ont photographiés. Mais où ont-il dégoté des lieux pareils? D’une beauté redoutable… Des lieux tragiques… Toutes ces usines abandonnées, ces bureaux ruinés, ces chambres et salons d’un autre âge totalement livrés à l’oubli et à la désolation, ces pièces délabrées, ces intérieurs démolis… théâtres, palais, industries, salles médicales…. J’ai déjà vu des photos de ce genre plusieurs fois (des expos à Paris) où les photographes sans vergogne ont fixé sur leur objectif des salles de classe détruites par un tsunami, des appartements effondrées par un bombardement. Serait-ce la mode?IMG_9199_200_201_202_203-Modifier

Mais ces deux photographes (de Nancy) possèdent vraiment une belle collection de ces espaces désertés et ravagés. Et, je crois, avec moins le côté « voyeur » que j’avais rencontré ailleurs. Certes, ils savent rendre une atmosphère qui prend à la gorge: tous ces lieux ont connu des jours de richesse, d’effervescence ou d’intimité heureuse.  Et, par on ne sait quelle catastrophe, ils sont tombés dans cet état dramatique.IMG_6310_1_2-5

Peu importe qu’on ne connaisse pas l’adresse, l’histoire, le nom de ces lieux photographiés (les artistes ont sans doute dû franchir des interdits pour y pénétrer, passer outre les conseils de sécurité!). Peu importe qu’on ne sache rien de ces lieux mystérieux. Ce sont des décors terribles, anonymes, mais porteurs d’une émotion forte. Ils sont même comiques malgré eux , parfois!!

Ce mur à la peinture bleue, lépreux à souhait, tout craquelé… Qu’est-ce qu’il est chouette, avec sa lamentable petite table à ses pieds! Et cet étonnant placard géant à multiples petites portes qui baillent toutes les unes après les autres… Superbe!

Allez sur leur site, vous verrez l’humour noir de leurs titres! www.iloveyourhome.fr

merci au collectif pour sa courtoisie: cliquer sur ses photos pour agrandir, en deux fois

 

le choix du mois, mai 2015

Pour ce mois de mai 2015, mon choix se porte sur une expo à Dole, musée des Beaux Arts. Juste une remarque avant:  l’entrée d’oeuvres contemporaines se fait chaque jour davantage dans ce musée. Presque chaque salle en accueille une qui vient se confronter, ou se marier, aux classiques des siècles précédents… J’aime! (comme on dit sur Face Book!)

Ce qui m’a intéressée là-bas c’est l’exposition de l’artiste contemporaine Morgan Tschiember (bretonne) intitulée « Taboo » . (Jusqu’au 30 août. Sauf dimanche matin et lundi, 10-12h et 14-18h). Elle s’est emparée littéralement du musée, modifiant l’agencement, « abimant » les sols ou les murs, utilisant les salles à sa façon etc

Certes, vous n’êtes pas encouragés quand vous arrivez au musée pour cette exposition! (Mais oui! C’est fait exprès!!).  Dans le hall, face à vous, l’entrée aux salles est murée. Oké!!  Vous cherchez donc par où vous allez commencer la visite. On vous indique une salle sur votre gauche.  Hésitation:  cette salle est visiblement en travaux, éclairée d’une sale lumière de néons rosâtres, les murs mal peints d’un rose (dé)lavé et le sol jonché d’une couche épaisse de gravats.  Vous vous aventurez.  Vous traversez cette « oeuvre »… Car, bien sûr, il s’agit d’une installation.  Vous tapotez vos pieds, les semelles crissent encore de la poussière des débris de céramique (et autres) que vous venez de fouler!

La visite commence donc par ce chantier, et c’est très significatif.

Chantier?  Oui, le travail d’un plasticien est en perpétuel chantier. Toujours en devenir, en évolution, en recherches, en enchaînements…Et, en outre, Morgan Tschiember a choisi de s’intéresser beaucoup aux matériaux de construction, béton, ciment, sable, acier etc.

Cette exposition semble suivre une idée,  celle de matières contraires qui, d’une part se métamorphoseraient elles-mêmes, et d’autre part, entreraient en lutte. Le ciment qui se solidifie, le sable qui devient verre… Le mou et le dur, le solide et le fragile, le souple et le rigide qui s’opposent.

Démonstration: l’artiste a soufflé du verre (légèrement rosé) , ici et là, directement sur une structure d’acier. Les bulles genre gros chewing-gum se sont adaptées, se sont déformées, se sont mises à couler, à glisser sensuellement et, bien entendu, se sont figées en refroidissant. Superbe association de deux éléments, qu’on pourrait presque assimiler au mâle et femelle (mais alors, le féminisme en prend un coup!). L’ensemble, intitulé « bubbles », est vraiment intéressant, à plus d’un titre: d’abord d’une belle plastique, ensuite source de réflexion.Bubbles.Tschiember

Autre moment palpitant dans cette expo: les « shibaris ». Morgan Tschiember a ligoté des pièces de terre cuite quand elles étaient encore souples (avant la cuisson). Bondages évocateurs… Elles les a suspendues par leurs cordes à des barres d’acier. L’oeuvre donne des frissons, faisant penser aux tortures érotiques, politiques, fanatiques ou tout ce qu’invente la folie humaine. Les pièces de poterie se tordent de douleur, prisonnières de leur bourreau… Alors qu’elles pourraient être de jolis vases tout bêtes et tout traditionnels. On y voit des formes organiques vivantes en pleine souffrance. Le comble, c’est que cette installation a une certaine beauté plastique, elle aussi, comme les « bubbles ». Avec ces dernières, on évoquait éventuellement des carafes, des flacons  et, avec celle-ci, on imagine des pots, des pichets etc. Mais on a tout faux! L’art change la pensée, le regard, les habitudes… Tant mieux!shibaris.Tschiember

Les formes qu’on découvre dans les salles suivantes (et qu’on peut même surplomber en regardant du premier étage) sont dans le lignée du concept de l’artiste: elle a coulé du béton dans du carton.  D’où, encore une fois, le liquide qui se pétrifie et deux matières qui s’opposent. Le carton s’humidifie et se ramollit, il supporte tant bien que mal la chose costaude qui l’envahit!  Cela aboutit à d’étranges corps tordus, couchés comme des gisants (c’était la vision de ma complice d’expo). Des lambeaux de carton apparaissent là où il n’a pas résisté. Lambeaux de peau. Par endroits, le carton a disparu mais a laissé sa trace, son empreinte, dans le béton quand il était encore malléable… Morgan Tschiember a posé certains de ces « rash » sur des blocs de mousse (sans doute matériaux du bâtiment également), prolongeant son idée de contraires dans les sensations et les états.

Dans la cour du musée, si vous croyez, en arrivant, qu’il s’agit de travaux en cours… vous allez changer d’avis en ressortant, après tout ce que vous avez vu et compris lors de votre visite  (enfin, j’espère!)  C’est bien sûr une installation de Morgan Tschiember. Du sable semble avoir été jeté sur des grilles d’acier posées au sol, sur une sorte de scène en bois brut. Voilà!  Vous retrouvez l’architecture métallique des bubbles, non plus dressée mais couchée, et le verre … est redevenu sable!  La boucle est bouclée!!

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Totem, cellier de Clairvaux, puis Conseil Régional

Avec « Partenariat Nord-Sud Bourgogne-Mali » se déroulait à Dijon une expo en juin 2015 D’abord au Cellier de Clairvaux  puis au Conseil régional . Elle s’intitulait « Totem ». Plusieurs artistes dijonnais, d’autres du Mali et des groupes scolaires .

Chacun son totem! Chacun y met son âme! D’où l’aspect hétéroclite de cette exposition. Point commun malgré tout:  le totem, pour tous, a une position verticale, les pieds en terre et la tête en l’air! (sauf rares exceptions!!) Et à partir de cette image de verticalité, les imaginations et les introspections personnelles se développent bon train! Le thème de l’arbre apparaît forcément plusieurs fois:  par exemple, Fabienne Durupt, avec ses mini personnages qui gravissent la ramure (photo ci-dessous) ; Benvinda Miguens-Velez, avec son arbre nourricier; Edith Nicot, avec son caducée, arbre de vie…Durupt

Le totem, c’ est aussi la divinité dont on a parfois besoin, ou le côté rituel, croyances et magie auquel on se raccroche de temps à autre. C’est peut-être aussi le réceptacle de nos obsessions, de nos fantasmes. D’où certaines oeuvres, telle l’installation de André Mugneret: sarcophage égyptien dressé, vases canopes et soutiens-gorge…

Je retiens le totem identité-miroirs de Evelyne Lagnien. Ces cubes noirs et blancs qui semblent tourner autour d’un axe montrent des visages. Ceux que l’on croise, que l’on oublie, que l’on souhaite…Qui nous ressemblent ou qui sont peut-être nous-mêmes…Lagnien

Je retiens surtout les larves, phalènes et chenilles de Fabienne Adenis qui tissent les fils de la vie: magnifique travail de céramique blanche, poétique, inspiré.Adenis

Je ne cite pas tout le monde, loin de là! Allez voir!!!

Tounkara

 

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