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Marc Couturier, Entrepôt 9 (Barnoud)

« Bois » fut une exposition de Marc Couturier à l’Entrepôt 9 (Galerie Barnoud), 9 bd de l’Europe (angle rue Champeau), à Quétigny dans l’été 2018

Marc Couturier « voit ». Il voit ce que d’autres ne voient peut-être pas. Il voit ce qui existait là, tout près, dans un bout de planche, un papier sale, une feuille d’arbre, une pierre… ça attendait  qu’on le « voit » et qu’on le sorte de son comas,  que quelqu’un le révèle. C’était là, mais tant que personne ne le remarquait, ne le réveillait, ne le mettait en valeur, ne le transformait en objet à montrer, c’était sans vie. L’artiste a le rôle de le créer, de l’inventer…

Dans la Galerie, au mur blanc, s’alignent des mini cadres, ou plutôt des petites boîtes (forme de boitier photographique) dans le fond desquelles se blottissent des morceaux de planche. Marc Couturier n’est pas intervenu sur eux. Tels quels. Juste recadrés (comme on le fait d’une photo). Des extraits bien choisis. Et ce vieux bois fait apparaître de délicats petits paysages. Illusion parfaite d’une falaise, d’un clocher, d’un village au pied de la montagne…Couturier

Ce travail me touche car, sans avoir l’acuité de l’artiste, moi aussi je suis « voyante » souvent! Mais nous sommes nombreux dans ce cas, non? Certains vieux murs tachés d’humidité, par exemple, sont pour moi de grandes fresques ! Apparaissent formes abstraites et paysages…Et ne parlons pas de ma collection de « cailloux » où je vois tant de choses!

Autre travail de Marc Couturier présenté ici et qui m’a beaucoup intéressée: un grand dessin réalisé directement sur un mur de la Galerie. A la mine de graphite, il a griffonné (ou gribouillé) une page géante de signes qui, plus ou moins denses, finissent par donner l’impression d’un…paysage (on y revient! Même idée). Mais cela pourrait être aussi bien une lettre manuscrite, ou une expression de quelque chose d’impossible à dire ou écrire. Intéressant aussi par le geste de l’artiste qui s’engage totalement dans cette sorte de performance. Il débute en haut à gauche et termine en bas à droite. Entre expérience physique et expérience spirituelle.

 

vu du haut de la galerie

vu du haut de la galerie

couturier3

extrait

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« Feux », cellier de Clairvaux

Début d’été 2018:  des artistes de notre région et des artistes africains (organisation association Bourgogne-Mali) proposaient au Cellier de Clairvaux, à Dijon, une expo sur le thème du feu

Le feu est un thème à multiples facette et ces artistes les ont explorées à qui mieux mieux. Mouvements et couleurs, symboles et allégories, chaleur, vie ou destruction etc. Le feu est un ami ou un ennemi. Chacun l’a interprété à sa façon. D’où peut-être une légère impression de disparate. Mais c’est inévitable avec le rassemblement de plusieurs artistes différents, même réunis autour d’un sujet identique.

Voici, au hasard de ma promenade, la série de Patrick Chatel. Comme huit strophes d’un poème. Braises, flammes, incandescence, fumée… Des cadrages serrés jusqu’au monochrome rouge, au cœur du feu.Fabienne Adenis

Odile Massard, Eliane Martinand, Ahlem Dabbour, Fabienne Durupt, Evelyne Lagnien, Bruno Chevreau... m’ont interpellée également .

Et j’ai découvert l’artiste qui crée de délicates poupées (pièces uniques), Laurence Ruet. Modelage, peinture, couture… et voici d’énigmatiques enfants aux yeux rêveurs et à la moue boudeuse qu’on n’oserait pas déranger dans leur histoire si intime. Mais bien séduisants, ces enfants!Laurence Ruet

Les textes qui accompagnent les œuvres exposées sont souvent sensibles, poétiques et personnels. Bien ! Bien!

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Le choix du mois, mai 2018, J. Ishigami

Ce mois de mai 2018, je n’ai écrit qu’une fois dans mon blog. D’autres choses à faire, beaucoup d’allers et venues. Mais j’ai visité quelques expos malgré tout. Parmi elles j’ai retenu celle du jeune architecte japonais Junya Ishigami à la Fondation Cartier, à Paris. Elle s’intitulait « Freeing Architecture ».

Ishigami avait conçu son exposition comme une installation artistique. Ses maquettes et ses esquisses occupaient tout l’espace (magnifique) de cette Fondation, elle-même œuvre de l’architecte Jean Nouvel. Elles se répondaient harmonieusement. Et c’était un bonheur d’y circuler, découvrant toute l’imagination du jeune japonais, son ingéniosité, sa créativité exceptionnelles.

Savoir que ses maquette ont été conçues spécialement pour cette exposition est très intéressant. Donc APRÈS la réalisation, après le résultat final des œuvres d’architecture. Ce ne sont plus des visions anticipatrices, des projections dans l’avenir. Ce sont des œuvres façonnées à la main, créées telles des œuvres d’art. Elles ne servent plus à prévoir, à construire un virtuel pour aboutir à une réalité. Elles sont des choses en elle-mêmes. Elles sont faites pour être montrées et pour montrer.Ishigami4

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Les Nymphéas et l’abstraction américaine, Paris

A L’Orangerie, jardin des Tuileries, à Paris, une intéressante exposition rapprochait les Nymphéas (Monet, of course) et l’abstraction américaine des années 50. Eté 2018.

Depuis quelques temps, dans les expos d’art, c’est la mode de tenter de comparer, de rapprocher, de trouver des ressemblances, des influences…Parfois, c’est tiré par les cheveux! Ici, avec ce Monet qui aurait ouvert la voie de l’abstraction, et en particulier chez les peintres américains, on ne sent pas trop l’exercice périlleux et gymnastique! Ou alors, on se laisse facilement convaincre.Kelly Kelly (premier tableau à l’entrée de l’expo, « tableau vert ». Photo ci-dessus) est le seul qui se réclame vraiment de Monet… Les autres ne font que peindre à sa manière, peut-être inconsciemment. Soudain, leurs toiles respirent la couleur au détriment de la forme, créent une immersion dans un espace, suppriment les repères, font couler la peinture, font des taches, des éclaboussures et oublient la représentation d’un sujet…La filiation avec Monet n’est pas évidente. Son influence, bien hasardeuse. Mais c’est intéressant de chercher les point communs. Ce sont finalement les critiques d’art (tel Clément Greenberg) qui ont souvent analysé ces affinités entre les abstraits américains et les impressionnistes, particulièrement Monet dans ses oeuvres ultimes.

J’étais contente, en fait, de revoir les Nymphéas. Ces grands panneaux présentés en salles circulaires, ces impressionnants cadrages et vues rapprochés. Ce travail acharné d’un pinceau qui va et vient, qui tourne, qui superpose, qui compose sans lignes et sans dessin. Sacré jardin d’eau de Giverny!

Nymphéas (extrait)

Nymphéas (extrait)

Côté américains, de belles choses abstraites. Rothko, Pollock, Morris Louis, Mark Tobey, Sam Francis…Sam Francis

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Le choix du mois, avril 18, C.VanVostHuyse

On arrive encore à découvrir des pépites dans le monde de l’art, en région dijonnaise! Ce mois-ci, une artiste photographe m’a occupée l’esprit et le coeur un bon moment à la suite de ma visite à son expo (Cellier de Clairvaux, invitée par Les Inventifs) : Claire VanVostHuyse.

Claire VanVostHuyse avait choisi d’exposer des photos de fragments de corps. A première vue, j’ai eu l’impression d’être devant des morceaux de tableaux anciens. Tachés par quelque humidité ou usure. Un aspect vieilli très émouvant, qui donnait de la distance entre le visiteur et l’oeuvre. Du Véronèse, par exemple, ou du Tintoret (mais en noir et blanc!) Une peinture abimée par le temps, dégradée, avec des parties à-demi effacées.Claire2Je voyais des extraits, des gestes arrêtés. Un pied, un bas de dos, un sein, une main…Et, du coup, le sujet n’importait plus. Je n’essayais pas de reconstituer un corps, ni d’une femme ni d’un homme. L’image, avec son côté incertain, inachevé, suffisait à transmettre une sensation, un émoi. Il y avait de l’amour là-dedans, mais aussi une lassitude de ce temps qui ne cesse de fuir, bouffant tout sur son passage.

J’alternais entre l’oublié et le retrouvé. L’éloigné et le rapproché.

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Salon des artistes, Fontaine-lès-Dijon

Pour ce Salon de Fontaine 2018, il me semble que j’ai envie de citer davantage d’artistes que l’année dernière! J’en rejette moins!! Un bon cru donc! (Même si je suis toujours allergique à ce genre d’exposition où les oeuvres les plus disparates cohabitent tant bien que mal).   Bossier

Petit tour d’horizon. Là où je me suis arrêtée. Intéressée, surprise, émue, curieuse ou carrément séduite. Sans ordre.Adenis

C. Bossier, ses gravures sur carton. Yi-Ling Lu, ses encres immatérielles. C. Maufret, ses graphismes fouillés. F. Adenis, ses nouveaux dieux poissons. C. Micheli, son pinceau magique en noir et blanc. F. Lepoivre, ses drôles de personnages allurés. M.C. Chevalley, ses planches de dessins. F. Content, ses élégants et touchants monotypes. F. Canet, sa folle famille en buis. C. Tiercin, ses espaces silencieux.

(extrait)

(extrait)

F. Orzel, ses contrastes mouchetés en noir et blanc. P. Gonzales, ses douces photos surannées. M. Reboulleau, ses aquarelles musicales. E. Kubicki, ses zooms au cœur de la matière. D. Carette, ses rythmes colorés. M. Challaux-Berthet, ses harmonies en petits formats. P. Simonnet, ses créatures métalliques… (Etc, bien sûr!)Lepoivre

L’invité d’honneur est Philippe Guerry. On l’avait découvert à La Galerie La Source il y a quelque temps. Un geste pictural bien à lui, qui fait tout tanguer, se fluidifier, se noyer, se perdre… Une palette bien à lui, tout aussi aquatique. Les scènes peintes, en cabarets, bars ou casinos, transpirent à la fois la sensualité et l’ennui. Voire la désespérance. Tout un univers.

(extrait)

extrait)

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Marc Giai-Miniet, Médi@lude, St-Apollinaire

En mai 2018, la médiathèque, Média@lude, de St-Apollinaire nous a offert une exposition super! « Théâtre muet des bibliothèques », de Marc Giai-Miniet. Mardi et mercredi 15-18h30, jeudi, vendredi et samedi 10-12h et 14-18h (samedi 17h)

Décrire c’est démolir. Tant pis, vous devez savoir ce qui vous attend à cette expo. Une série de placards ouverts, en quelque sorte. Avec des rayonnages, ceux des étages supérieurs sont à hauteur de vos yeux, à peu près. Ou des maquettes… Ou des immeubles miniatures, en coupe… Ou des maisons de poupées, vous savez, ces intérieurs de Lilliputiens où vos doigts qui s’y aventurent sont devenus des géants…

Bref, l’artiste, lui, les appelle des boîtes. Et pour cette expo à la médiathèque, ce sont ses bibliothèques qui ont été choisies.Giai-Miniet2

Ces petits mondes construits par Marc Giai-Miniet créent le malaise.

Car, ces sages bibliothèques, d’une part sont désertes et abandonnées, et d’autre part finissent dans les chaudières du sous-sol où brûlent les livres. De monstrueux engins les ingurgitent dans leurs tuyaux. Et tout finit dans le noir des caves. Carbonisé. La bibliothèque est assimilée plusieurs fois à une mine de charbon: le livre est un carburant. Un côté Fahrenheit. Ou pire, Holocauste. En tout cas, le côté obscur de l’humain. Là-haut, le savoir, la culture, la mémoire. En bas, la destruction, l’anéantissement, la mort.Giai-Miniet3

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Sheila Hicks, Centre Pompidou, Paris

 Centre Pompidou, à Paris, une rétrospective de l’oeuvre de Sheila Hicks était installée à la Galerie 3 au printemps 2018, intitulée « Lignes de vie ».

Comme souvent maintenant dans les grandes expositions ou même dans certains nouveaux musées, pas de cloisons, pas de séparations. Ici, les oeuvres textiles de l’américaine Sheila Hicks sont montrées dans une vaste salle, sans ordre apparent, sans vraie chronologie. Invitation à la promenade.

Promenade du regard d’abord. A l’entrée, on ne voit, je crois, que de la couleur. Une immense palette de peintre. Et puis, on voit de la laine! On se dit (si on ne connaît pas bien l’artiste) que ce sont juste des pelotes géantes entassées ou accrochées aux murs, ou des écheveaux ultra-dimensionnés en cascade depuis le plafond, ou des piles de gros pulls tricotés ( à la rigueur des écharpes!) Non?

Décidément non. Plus on avance dans la salle, plus on s’approche, plus la subtilité du travail de l’artiste saute aux yeux. L’association de fils de matière et de teinte différentes aboutit à de belles compositions abstraites.Hicks

On a le plaisir de la couleur, certes, mais aussi du volume, de la matière … Du raffiné au rustique. De la soie au lin ou à la grosse toile. Ce sont de grandes sculptures, parfois.Hicks4

Un mur de la Galerie est couvert des « Minimes » . Ces petits formats (20×30 cm) sont autant de mini tapisseries, tissages, broderies… que je ne connaissais pas. L’artiste les nomme aussi « investigations » ou « expressions personnelles ». De fins travaux manuels! Des bijoux!Hicks3Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

Gaëlle Chotard, Drawing Lab, Paris

Au sous-sol du Drawing Hôtel, rue Richelieu, à Paris, se tiennent régulièrement des expositions de dessins que je qualifierais d’expérimentales.  L’une d’elles a présenté le travail de Gaëlle Chotard.  Titre de cette expo: « Ce qui me traverse » (tiré de vers d’Aragon dans le « Fou d’Elsa »).

Ici, la feuille de dessin, c’est la salle. Grande salle aux murs blancs. L’artiste a tracé, étiré, emmêlé et griffonné. Elle a relié, affiné, traversé, quadrillé, et levé la main pour stopper, puis elle a repris… Au bout de ses doigts, du fil métallique en guise de crayon.

La page blanche, c’est la salle vide. L’artiste dessine dans ce volume. Mais elle se fait discrète. Elle est modeste dans son geste d’occuper l’espace. Elle lui laisse la place. Le vide de la pièce est libre de jouer son rôle, de soutenir, de révéler, de faire voir les traits tracés par l’artiste. C’est une collaboration entre eux.

La petite salle voisine montre des dessins à l’encre de Chine. Des croquis, des lavis qui se répondent avec l’installation de la première salle. Qui se font écho, qui résonnent, qui s’appellent.G.Chotard2

Les créations de Gaëlle Chotard, arachnéennes, sont à la fois dans l’infiniment petit et dans l’extension de l’univers infiniment…infini. Intérieur du corps humain, avec ses réseaux et ses noeuds. Ou lointains galactiques avec ses myriades et ses mouvements géants. C’est ce que tout cela nous évoque. Mais, de toute façon, on est dans l’émotion pure.

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Pierre Merlier, à L’Hostellerie

L’été 2018, à La Chartreuse, dans l’espace d’exposition L’Hostellerie (parc, non loin du puits de Moïse)fut présentée une rétrospective de Pierre Merlier. Mardi, mercredi, samedi, dimanche, 13h30-17h30.

Une humanité foisonnante. Tout un petit peuple de personnages, ou monstrueux ou plus vrais que vrais. Une forêt de créatures impressionnantes… Voilà ce qui vous attend à L’Hostellerie. Pierre Merlier, mort à 85 ans l’an dernier, fut un artiste à part, hors étiquette, hors mode. Il attaquait à la gouge ou à la tronçonneuse les troncs d’arbres, les branches, les souches. Il sculptait avec fougue. Et il a ainsi donné naissance à une foule insensée de centaines de personnages qui révèlent l’image qu’il avait de notre société. Son côté observateur, mais aussi révolté, critique, canaille…Merlier3

Quelques sculptures sont « calmes ». Mais la plupart sont grotesques, clownesques, tonitruantes, fantasmagoriques. La rétrospective de la Chartreuse en montre un grand nombre, reflétant bien son travail. (Encore que le côté érotique ne soit pas trop montré!).

Il y a une catégorie de ses personnages qui évoque des caricatures. Des célébrités (Hitler, de Gaulle…) ou pas. Quelle virtuosité du trait! Taillés dans le bois, souvent grossièrement, et pourtant, des portraits d’une justesse et d’un drôle! Merlier2

Cette exposition montre aussi quelques intéressantes peintures de Pierre Merlier et des bas-reliefs.

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