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Sheila Hicks, Centre Pompidou, Paris

 Centre Pompidou, à Paris, une rétrospective de l’oeuvre de Sheila Hicks était installée à la Galerie 3 au printemps 2018, intitulée « Lignes de vie ».

Comme souvent maintenant dans les grandes expositions ou même dans certains nouveaux musées, pas de cloisons, pas de séparations. Ici, les oeuvres textiles de l’américaine Sheila Hicks sont montrées dans une vaste salle, sans ordre apparent, sans vraie chronologie. Invitation à la promenade.

Promenade du regard d’abord. A l’entrée, on ne voit, je crois, que de la couleur. Une immense palette de peintre. Et puis, on voit de la laine! On se dit (si on ne connaît pas bien l’artiste) que ce sont juste des pelotes géantes entassées ou accrochées aux murs, ou des écheveaux ultra-dimensionnés en cascade depuis le plafond, ou des piles de gros pulls tricotés ( à la rigueur des écharpes!) Non?

Décidément non. Plus on avance dans la salle, plus on s’approche, plus la subtilité du travail de l’artiste saute aux yeux. L’association de fils de matière et de teinte différentes aboutit à de belles compositions abstraites.Hicks

On a le plaisir de la couleur, certes, mais aussi du volume, de la matière … Du raffiné au rustique. De la soie au lin ou à la grosse toile. Ce sont de grandes sculptures, parfois.Hicks4

Un mur de la Galerie est couvert des « Minimes » . Ces petits formats (20×30 cm) sont autant de mini tapisseries, tissages, broderies… que je ne connaissais pas. L’artiste les nomme aussi « investigations » ou « expressions personnelles ». De fins travaux manuels! Des bijoux!Hicks3Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

Gaëlle Chotard, Drawing Lab, Paris

Au sous-sol du Drawing Hôtel, rue Richelieu, à Paris, se tiennent régulièrement des expositions de dessins que je qualifierais d’expérimentales.  L’une d’elles a présenté le travail de Gaëlle Chotard.  Titre de cette expo: « Ce qui me traverse » (tiré de vers d’Aragon dans le « Fou d’Elsa »).

Ici, la feuille de dessin, c’est la salle. Grande salle aux murs blancs. L’artiste a tracé, étiré, emmêlé et griffonné. Elle a relié, affiné, traversé, quadrillé, et levé la main pour stopper, puis elle a repris… Au bout de ses doigts, du fil métallique en guise de crayon.

La page blanche, c’est la salle vide. L’artiste dessine dans ce volume. Mais elle se fait discrète. Elle est modeste dans son geste d’occuper l’espace. Elle lui laisse la place. Le vide de la pièce est libre de jouer son rôle, de soutenir, de révéler, de faire voir les traits tracés par l’artiste. C’est une collaboration entre eux.

La petite salle voisine montre des dessins à l’encre de Chine. Des croquis, des lavis qui se répondent avec l’installation de la première salle. Qui se font écho, qui résonnent, qui s’appellent.G.Chotard2

Les créations de Gaëlle Chotard, arachnéennes, sont à la fois dans l’infiniment petit et dans l’extension de l’univers infiniment…infini. Intérieur du corps humain, avec ses réseaux et ses noeuds. Ou lointains galactiques avec ses myriades et ses mouvements géants. C’est ce que tout cela nous évoque. Mais, de toute façon, on est dans l’émotion pure.

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois (pardon pour la qualité médiocre des photos. Allez voir le travail de Gaëlle Chotard, c’est mieux!)

Pierre Merlier, à L’Hostellerie

L’été 2018, à La Chartreuse, dans l’espace d’exposition L’Hostellerie (parc, non loin du puits de Moïse)fut présentée une rétrospective de Pierre Merlier. Mardi, mercredi, samedi, dimanche, 13h30-17h30.

Une humanité foisonnante. Tout un petit peuple de personnages, ou monstrueux ou plus vrais que vrais. Une forêt de créatures impressionnantes… Voilà ce qui vous attend à L’Hostellerie. Pierre Merlier, mort à 85 ans l’an dernier, fut un artiste à part, hors étiquette, hors mode. Il attaquait à la gouge ou à la tronçonneuse les troncs d’arbres, les branches, les souches. Il sculptait avec fougue. Et il a ainsi donné naissance à une foule insensée de centaines de personnages qui révèlent l’image qu’il avait de notre société. Son côté observateur, mais aussi révolté, critique, canaille…Merlier3

Quelques sculptures sont « calmes ». Mais la plupart sont grotesques, clownesques, tonitruantes, fantasmagoriques. La rétrospective de la Chartreuse en montre un grand nombre, reflétant bien son travail. (Encore que le côté érotique ne soit pas trop montré!).

Il y a une catégorie de ses personnages qui évoque des caricatures. Des célébrités (Hitler, de Gaulle…) ou pas. Quelle virtuosité du trait! Taillés dans le bois, souvent grossièrement, et pourtant, des portraits d’une justesse et d’un drôle! Merlier2

Cette exposition montre aussi quelques intéressantes peintures de Pierre Merlier et des bas-reliefs.

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Le choix du mois, mars 18, icônes

En mars 2018, j’ai fait une visite du centre orthodoxe russe, quai Branly, à Paris, tout près de la Tour Eiffel. Vous savez? Ces 5 bulbes couverts de feuilles d’or, qui surmontent un élégant bâtiment tout blanc (architecte Wilmotte).  Et il s’est trouvé qu’une exposition d’icônes s’y déroulait.

Très documentée, cette expo remettait en mémoire les techniques et les représentations incroyablement codifiées de l’art de l’icône. J’ai aimé m’approcher au plus près de ces tableautins religieux datant du XVIIème au XIXème siècle (aucune vitre, aucune barrière!).iconesToutes peinte à la tempera à l’oeuf, sur « levkas » (enduit de craie liée à de la colle chaude), elle évoquent des scènes des Livres sacrés. « Dormition de la Vierge », « Descente aux Limbes » etc. Connaissant peu la religion orthodoxe, je me retrouvais dans un monde lointain, étrange et étranger. Mais c’était prenant. Je retrouvais bien un peu de ma culture chrétienne de mon enfance, mais avec tant de différences cependant.

anachorètes en prière (détail)

anachorètes en prière (détail)

Les images avaient à la fois un caractère réaliste (des portraits, semble-t-il) et complètement assujetti aux symboles, aux traditions, aux croyances. Les artistes, que mettaient- ils d’eux-mêmes dans ces peintures? Si contraints qu’ils étaient par les lois, les habitudes ancestrales, les tabous etc.

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Consortium, Dijon, février-mai

Une nouvelle expo au Consortium , hiver et printemps 2018. Quatre artistes principaux. Suivant les salles et les oeuvres, je suis passée allègrement du désespoir à l’emballement. Avec des passages par le simple intérêt. Donc, finalement, de quoi bien se remplir.

Découverte de Jay Defeo, une américaine morte en 1989, connue à partir des années 50, avec la Beat Generation. Célèbre pour sa peinture-sculpture, « the Rose », qui obligera la démolition d’un mur pour l’extraire de son lieu d’expo! (l’illustration ci-dessous ne correspond pas à cette histoire! C’est une toile du Consortium)De Feo

Je passe sous silence une certaine installation avec des lampes de poche: ah non! Zut!

Parmi les collègues qui entourent Jay De Feo, j’ai retrouvé Tobias Pils que j’avais déjà noté ici comme intéressant.Tobias Pils

La salle, pour moi, la plus réussie, est celle de Mathew Lutz-Kinoy. Ce jeune artiste américain, touche-à-tout (danses, théâtre, performances, vidéos, peintures…), a installé là d’immenses toiles et quelques petites céramiques sur tatamis. Un ensemble cohérent dans la mesure où le point de départ est François Boucher, peintre du XVIIIème siècle. Et nous voilà plongés dans une ambiance château XVIIIème. Rien de vraiment défini. Juste des impressions, des sensations. Des harmonies de couleurs poudrées, comme déteintes, vieillies.M.Lutz-KinoyExtrait Le visiteur se promène, plongé dans le passé, mais en même temps bien présent dans sa modernité. Un exploit. Ce que savent faire les (bons) artistes: partir d’un sujet et le malaxer pour en faire une oeuvre à la fois référente et personnelle. Utiliser le vécu, le connu, l’ancien, le déjà-fait…Et puis, pétrir tout cela, gratter, enlever, ajouter, déformer et reconstruire…

Passons à Rebecca Warren, artiste anglaise et son expo « Tout ce que le ciel permet ». Ses sculptures déconcertent au premier abord.  Formes longilignes vaguement humaines (à la Giacometti) , hautes et maigres silhouettes qu’on pense féminines. Triturées, boursouflées, dégoulinantes de rose bonbon ou de bleu « Poupina »…Rebecca Warren En fait, ce sont de grands bronzes qu’elle a repeints. On imagine tout ce que portent en elles ces figures étranges: histoire de la sculpture, vie personnelle de l’artiste, idées féministes etc. Elle réalise d’autres sculptures: un petit peuple d’entités, du même genre, tortillés, déséquilibrés…A la limite de l’homme et de l’Alien.  Et puis, il y a ses structures en métal et ses mini « vitrines » avec néon (là, pas compris ni senti quoi que ce soit).

Pierre Keller (né en 1945, école d’Art de Lausanne) utilise, lui, le polaroïd. Un travail sur l’image. Images de l’instant, rapides, narratives, chargées de l’émotion du moment, sans esthétique, à collectionner etc. Je laisse la parole à ceux que cela touche et passionne…

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Y.P.Ming, Galerie Ropac, Paris

La Galerie Thaddaeus Ropac du Marais (7 rue Dubelleyme), à Paris, nous a offert une vingtaine de peintures de Yan Pei- Ming à voir au printemps 2018. Un régal!

Sur le grand mur blanc du fond, le pape Paul III zyeute du coin de son oeil coquin (lubrique?) la jolie Suzanne à moitié nue. Les deux toiles côte à côte… Bien vu! Drôlement irrévérencieux! Parfait!  Et revoilà le pape Paul III sur le mur de droite, deux fois représenté, encadré par une scène porno. Et, sur le troisième mur, c’est au tour d’un cardinal d’être le voisin de femmes nues.Ming2

L’exposition a double intérêt:  montrer des huiles et des gouaches (rares aussi chez lui) de Ming sur un sujet qu’on lui connaît peu, le nu et l’érotique. Et leur associer ses célèbres portraits pontificaux, dont sa reprise du Titien.

Haut, au-dessus de la porte, un autoportrait géant surveille le tout.Ming

Au-delà de la virtuosité du geste pictural de Ming, on apprécie ici le choc des époques (une jeune femme avec son téléphone portable non loin d’un pape du XVIème siècle), le choc des idées, des cultures, des réalités, des morales, des genres. C’est l’expo des chocs et des contrastes. Même dans les couleurs:  ces messieurs de l’Eglise sont peints de grands balayages rouges, pourpres ou bleus. Les femmes sont peintes en dégradés de blanc et gris clair.Ming3

Belle confrontation, donc. Avec, pour point commun, le brio bien connu du peintre chinois-dijonnais! Coulures et toniques coups de pinceau créent la lumière, le volume, les lignes…etc

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13+, à l’Hôtel Despringles

En mars 2018, le collectif 13+ donnait à voir une exposition intitulée « Diptyques, Triptyques et + » . C’était dans le bel Hôtel Despringles (ancien rectorat) rue Monge. Entrée 47 rue Crébillon. 

Je me fie à mes photos! Quand je prends en photo, c’est que je suis en état d’enthousiasme, d’émotion, d’étonnement ou de plaisir! Quand je ne prends pas en photo, c’est que je sens un goût de déjà vu, ou que ça ne me correspond pas, ou que c’est franchement vide d’intérêt et de sens.Jarlaud

Donc… Une quarantaine de photos prises à cette expo de 13+! C’est plutôt un résultat satisfaisant! Je ne me suis pas déplacée pour rien! Les artistes (que je connais pour la plupart) ont innové pour beaucoup. Même si chacun reste dans sa trajectoire de travail personnel. De belles idées ont jailli.reboulleau

(Je viens de me rendre compte que je n’ai pas tout vu….Zut. J’ai loupé une salle ou quoi? Ne faites pas comme moi, surtout! Par exemple, j’ai raté les retables de Pasale Serre…  Bon! A refaire)

Petite balade devant mes photos, pour raviver le souvenir de ma visite: oeuvres métalliques abstraites de Mireille Barrelle dès l’entrée, peintures en vues rapprochées de Thirion, silhouettes érotiques de Micheline Reboulleau, céramiques en installation de Monique Rion, paravent de Evelyne Lagnien, poésie en noir et blanc du photographe JP Jarlaud, transparences grillagées de F.Orzel, imaginatives gravures et aquarelles de Odile Massart, ardoise de Marc Mugnier…. Et encore plein d’autres créations…Massart

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Jean-Claude Sgro, Galerie La Source

A Fontaine-les-Dijon, la Galerie La Source a accueilli au printemps 2018 « Corps Accord » du peintre Jean-Claude Sgro. Du mercredi au dimanche compris, 15h30-18h30.

Disons-le tout de suite, j’ai été déçue. J’arrivais à la Galerie avec le souvenir d’une expo de Jean-Claude Sgro, en 2011, dont les dessins et peintures m’avaient semblé extrêmement forts.  Je voyais encore ces femmes au corps opulent et glorieux qui défilaient d’un bon pas, avec pour seul habit leurs chaussures à talons. Et il y avait de belles compositions de corps féminins emmêlés, à peine réalistes. Quelques traits énergiques qui donnaient le mouvement et quelques couleurs puissantes pour dynamiser l’ensemble. Le geste était sûr et l’artiste donnait à voir sincèrement ce qu’il ressentait à propos de son sujet préféré, le corps des femmes.

Cette fois, j’ai eu l’impression que l’artiste avait trop amplifié ce qui était encore discret il y a 7 ans: la couleur prend une place plus importante, les flashy sont nettement plus nombreux, le coup de pinceau s’est élargi, les compositions se sont chargées. En outre Jean Claude Sgro tente une nouvelle technique, il peint sur altuglas. Il ajoute aussi, ici et là, des petites feuilles d’or ou d’argent. Il dirige notre regard avec des sortes de flèches ou de traits. Tout cela donne la sensation que la peinture cherche à vous attirer, à vous plaire…Quelque chose de brillant…Qui enlève le côté sincère que suggéraient les oeuvres de 2011.Sgro

Bien sûr, le dessin est là. Le trait toujours aussi sûr. On se régale de croquis de toutes tailles éparpillés sur la surface peinte. Les corps de femmes sont toujours chantés en hymnes à la joie… Mais peut-être avec un côté exagéré et forcé, qui ne me convient pas. La seule oeuvre qui me séduit est celle choisie pour le carton d’invitation! C’est du Sgro sans pompe ni trompette. Sgro2

Et puis, quel dommage d’avoir repris un titre d’exposition déjà utilisé en 2014 par un autre artiste!! (Je suis persuadée que ce n’est qu’un hasard, mais zut! )

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Bernard Beros, photos, Espace Baudelaire

En mars 2018, à l’espace Baudelaire (27 rue Baudelaire, Dijon, quartier Toison d’Or) expo photos de Bernard Beros. 14-18h, du lundi au vendredi. Accompagnée de textes de Michel Lagrange.  A voir……

Avec un appareil argentique, depuis son 5ème étage, Bernard Beros a surplombé la place Grangier et saisi des instants changeants d’ombres et de lumières, des passages éphémères de piétons, des jeux de lignes et de teintes. Ce sont des haïkus en photos. Rien de trop. Juste le graphisme, augmenté de la petite touche d’humanité. (Et une épure qu’on admire sans vitre, ça ne gâche rien!!)

J’ose à peine glisser ici un visuel. Tant pis et pardon! (Je choisi un diptyque). Beros

Et j’ai joué de 4 et 5 pieds pour ces quelques vers en me plantant devant 4 photos (vous devinerez lesquelles en allant voir l’expo!)

Noires et blanches. Lignes coupées. Lignes alignées. Et la fameuse… petite tache rouge.

Béton rose poudré. Lignes cerclées. Lignes carrelées. Et le damier… bleu à sept côtés.

Couleur brique pâle. Disque quadrillé. Un cadran solaire. Et le pas noir… qui saute le pas.

Palette cendrée. Rugosité. Mur de pierres à plat. L’envie de plonger…sur le petit bleu

 

 

Le choix du mois, février 18, une boutique

Le texte qui suit n’est pas une publicité!

Juste envie, pour ce mois de février 2018, de vous diriger vers une boutique d’artisanat à Dijon, que vous connaissez peut-être déjà: Au Bois d’Amourette, 7 rue Vauban.amourette

Une foule d’objets variés, issus d’un bel artisanat de qualité, vous fait tourner de l’oeil dans ce magasin! (au sens propre!) On ne sait plus où donner du regard! Des couteaux aux bijoux, en passant par les mugs, les bouchons, les montres et les bavoirs! etc etc!!

La maîtresse des lieux propose elle-même sa propre production: des miroirs.

Mais comme la frontière entre artisanat et art est très poreuse, on peut aussi trouver des bronzes et autres sculptures (en raku par exemple).IMG_20180227_143743

Bonne visite à vous!