En octobre 2019, à la Galerie La Source de Fontaine-lès-Dijon, « ARTbres » était une exposition de Christiane Bruley, peintre et de Joël Petot, sculpteur plasticien. Du mercredi au dimanche, 15h30-18h30. (vous pouvez agrandir les visuels en cliquant dessus)
Voilà un vrai travail à deux. Deux plasticiens qui exposent de concert, en accord complet. Trop souvent, un peintre s’associe à un sculpteur pour une expo, sous prétexte qu’ils sont copains ou qu’ils ont le même thème….. ça donne en général du juxtaposé, du rafistolé, du heurté. Ici, à La Source, avec ces deux artistes, il y a, au contraire, une unité, une osmose. On ne passe pas d’une oeuvre à une autre. On circule, on glisse. Sans obstacle. Comme si on se baladait en forêt. Et ça tombe bien, puisque le sujet est précisément l’arbre!
Quand Christiane Bruley, la peintre, exprime l’arbre, elle pénètre tout naturellement son mystère et son intimité. C’est l’énergie de l’arbre qu’elle peint, sa force ou ses blessures, sa dynamique, le battement de son coeur, l’histoire de sa vie. L’arbre est là, avec son écorce (sa peau), son feuillage, son tronc, ses branches, son enracinement et son élévation au ciel. Et pourtant, l’arbre, on ne le voit pas. Parce que l’art ne montre pas. La puissance évocatrice de la peinture abstraite de Christiane Bruley suffit.
Et de cette peinture en elle-même émane une sorte de vitalité dans le coup de brosse ou de pinceau tout à fait réjouissante! Une grande liberté du geste de l’artiste, tout à fait maîtrisé.
Et, avec Joël Petot, le bois est brûlé au chalumeau ou scié, débité, poncé, taillé. C’est l’intervention de l’homme sur l’arbre. Mais peut être pour le montrer plus noble et plus « extra » ordinaire qu’il n’est déjà. Claude Martel parle de cette « façon symbolique de communiquer avec la matière » et d' »aventure artistique ».
A noter encore: -Plusieurs fois, des peintures de Christiane Bruley sont incrustées dans les bois de Joël Petot. Belle image d’une collaboration d’artistes. -Le plaisir de la matière est partout présent, écorce, sciure, carton, métal, papier… -Le montage de l’exposition est intelligent et séduisant. -La vidéo des artistes, sur le thème de l’arbre, au premier étage, est à voir. -Les « chaises » de Joël Petot, au rez-de-chaussée (une de ces métamorphoses étonnantes de l’arbre!) peuvent accueillir sans souci votre repos. Elles supportent aussi pendant des années d’être dehors sous les intempéries!
L’association Les Inventifs a proposé en septembre 2019 l’exposition « PAPIER et papiers » au Cellier de Clairvaux, Dijon. (Vous pouvez agrandir les visuels en cliquant dessus)
Invités par Les Inventifs, cinq artistes et une maison d’édition se sont installés au Cellier de Clairvaux pour réunir leur passion du papier, et présenter quel support il est pour eux, ou quelle matière, quel inspirateur, quel vecteur… { AEncrages (livres d’artistes), Christine Delbecq, Marianne du Preÿ, Jean-François Fontaine, Odile Massart, Jean-Pierre Minella. }
Marianne du Preÿ
Les doigts dans les poches pour me retenir de tout toucher, je suis restée longtemps à cette expo. J’ai touché quand même! Pas tout! Je pensais à ces artistes qui avaient eu entre les mains les papiers et cartons. Qui avaient senti leur peau, leur relief, leur grain. Qui avaient éprouvé leur résistance ou leur douceur. Qui avaient écouté le son de l’outil dessus, plume, crayon, pinceau. Qui avaient eu le plaisir de graver, dessiner, couper, coller. J’ai pu feuilleter de superbes pages reliées, admirer des livres d’artistes, consulter des recueils personnels. Mais j’ai haï les cadres et vitres de certaines oeuvres!
Jean-François Fontaine
Et ma visite est passée par quelques lignes fines et noires tracées sur la feuille de papier, par d’énergiques surfaces colorées sur carton usagé, par le dessin fouillé d’un arbre torturé, par de drôles de petits clins d’oeil en aquarelles, par des plans rapprochés minutieusement dessinés jusqu’à l’abstraction etc.
Christine Delbecq
J’ai apprécié ensuite le côté informations et techniques de cette expo. Sur de grandes tables, j’ai vu des explications et des plaques de cuivre côté graveurs, des caractères d’imprimerie côté édition, des documents divers pour mieux connaître certains artistes.
Sans vouloir provoquer, ni aller contre une opinion majoritaire, je pense que l’art qui exprime la face sombre de nos vies est souvent plus intéressant que celui qui montre la face rose. J’ai déjà cité, je crois, le vers de Musset: « les plus désespérés sont les chants les plus beaux »! C’est tellement vrai!
L’univers du peintre Frédéric Galland est dérangeant. « Dérangeant », c’est le terme utilisé poliment par ceux qui détestent et fuient ce genre de peinture. « Dérangeant ». Oui, et alors? L’art a le rôle de déranger. C’est à dire de permettre de garder les yeux ouverts, de se poser des questions, de connaître un pire qu’on voulait ignorer (ou un meilleur, bien sûr aussi!), de savoir que la vérité est infiniment diverse et personnelle et passionnante.
En fait, les personnages de cet artiste me bouleversent. Parce qu’ils souffrent, dans leur corps et dans leur âme. Mais peut-être aussi parce qu’ils nous ressemblent et qu’on ne veut pas l’admettre. (vous pouvez agrandir les visuels en cliquant dessus)
Voilà des êtres nus et tordus, le crâne rasé, suppliciés peut-être, les membres atrophiés, errants, paumés…Des humains dégénérés, à l’air hagard… Prisonniers de quelque chose ou de quelqu’un. Résignés. Profondément seuls, même s’ils sont parfois ensemble.
Je voudrais croire qu’ils ne sont pas le symbole du devenir de l’humanité. Je voudrais croire qu’ils ne sont pas, tout simplement, à notre image: déformés et entravés. Par quoi? Oh! Vous allez bien trouver! Chacun ses raisons.
Et, étonnamment, ces oeuvres qui incarnent la douleur et la laideur, sont belles. Le dessin est puissant. Que ce soit les sanguines, les huiles, les dessins à la pierre noire… le travail a un côté ardent et fascinant. Parfois du Michel Ange!
J’ai découvert Frédéric Galland aux expositions de « Eva-sions des Arts », dans l’Auxois , en août 2019. Il habite en Auvergne. Voici son site: https://fredgalland.com/
Damien Racine a exposé tout l’été 2019 à la Galerie Entrée Libre (Caisse d’Epargne de la Nation) à Dijon. Mais j’ai réussi à aller le voir…le dernier jour! Mieux vaut tard etc…Le titre de son expo: « Ligne bleue ». (Vous pouvez agrandir les visuels en cliquant dessus)
La recherche artistique de ce peintre m’a suffisamment intéressée pour que je vous en dise un mot malgré tout. Vous aurez peut-être l’occasion de le découvrir (il est de la région de Semur en Auxois)
Avec Damien Racine, on assiste à la disparition d’un paysage! Vous savez? Quand, enfin, le paysage devient une peinture! Quand les formes fondent et que les détails s’estompent. Quand, enfin, on ne peut plus nommer les choses: un arbre? un chemin? une colline? Pfuiiiit!
Quand le paysage ne porte plus de nom. Qu’on ne « reconnaît » plus les lieux géographiques. Que le paysage a perdu son identité. Mais que, par-là même, il grandit. Qu’il devient une couche de vie, un fragment de mémoire. Qu’il exprime un rapport amoureux avec la nature, un condensé de perceptions à la fois éphémères et profondément inscrites au fond du corps.
Damien Racine opère ce travail du peintre abstrait en douceur. D’un tableau à l’autre. Le glissement du réel à l’abstrait se fait imperceptiblement. D’abord, un paysage presque classique.
Puis, il effeuille la réalité, pétale après pétale. Il gomme peu à peu. Pour ne retenir que la couleur, la lumière, les lignes essentielles. Peut-être oublier le dehors pour privilégier le dedans…
Et permettre un passage, puis une fusion… Le paysage réaliste, celui qui « reproduit » à l’identique met des murs et des barrières. On se cogne! Avec l’abstraction progressive, on franchit sans problème la porte d’entrée!
Tout ce que je viens de dire correspond, je pense (?) à l’énigmatique sous-titre de l’exposition de Damien Racine: « méta paysage »!
Les arbres sont nés il y a quelques 400 millions d’années. Et nous les hommes à peine 300 000 ans. Ils ont une sacrée expérience de la vie! Et nous savons maintenant qu’ils sont capables de mémoire, de communication, de sensations etc. Quant à leur influence sur le climat, elle est évidente. Hommage a été rendu à cet honorable être vivant à la Fondation Cartier, à Paris, avec une grande exposition, à l’automne 2019. (bd Raspail. fermé lundi. 11-20h) . (Cliquez sur les visuels pour les agrandir)
« Nous les arbres » est une exposition qui se veut complète: à la fois scientifique, artistique, philosophique…et peut être même politique… Mais le souci de l’esthétique est partout. La beauté accompagne le visiteur de salle en salle.
Laissez-moi vous dire, malgré tout, que j’ai trouvé inadmissibles les vidéos sur grand écran (petite salle, rez-de-chaussée) qui passent en boucle, et inondent de leur son puissant pratiquement tout le rez-de-chaussée. Certes, c’est une partie importante et intéressante de cette expo, puisqu’il s’agit des témoignages et réflexions de gens passionnés par les arbres. Mais j’aurais aimé les écouter LIBREMENT. On m’impose leur parole. Elle m’agresse. Elle me gêne dans ma contemplation des oeuvres environnantes. Je n’ai pas besoin de ce bourrage de crâne pour aimer et respecter les arbres.
L’exposition a pourtant bien d’autres qualités.
Ainsi, j’ai adoré le travail du français Fabrice Hyber que le catalogue appelle l’ « artiste-semeur » .
Comme des pages géantes de carnet, avec croquis, prises de notes, calculs… Le tout réuni à des peintures et dessins tout en finesse. Bel exemple du chercheur tout ensemble scientifique, artiste, poète et botaniste!
Autre coup de coeur de ma part, les monotypes du brésilien Luiz Zerbini: impressions de feuilles ou branches, assemblées pour de délicats tableaux aux magnifiques graphismes.
L’artiste a accroché aussi de grandes toiles (à la Douanier Rousseau!) qui montrent la folie végétale de la forêt amazonienne mêlée à des objets du monde humain moderne.
Les artistes du Paraguay, avec leurs dessins à l’encre m’ont fascinée aussi. Ils représentent les arbres et les animaux de leur environnement. Un splendide travail, d’autant plus touchant, qu’il dit leur angoisse devant la disparition de cet équilibre entre la nature et les êtres qui y viv(ai)ent.
L’iranien Salim Karami, avec ses végétaux dessinés au stylo bille, évoquant les motifs des tapis persans de son pays, m’a beaucoup plu également. Ainsi que son compatriote Mahmoud Khan.
La série photographique du brésilien Cassio Vasconcellos, prise au coeur de la forêt amazonienne, en noir et blanc m’a interpellée: un côté dessin fouillé, tels ceux des livres anciens racontant les premiers explorateurs de l’Amazonie.
Sans oublier les dessins du botaniste Francis Hallé et les aquarelles de Stefano Mancuso. Et bien d’autres découvertes encore. (Ne pas manquer de continuer la visite dans le jardin de la Fondation).
Les incendies récents en forêt amazonienne confèrent évidemment à cette expo une autre dimension émotionnelle…
A la Fondation Cartier-Bresson, à Paris, j’ai été frappée, ce mois d’août 2019, par un photographe américain qui, je crois, n’avait encore jamais été exposé en France, Wright Morris. L’exposition, cétait « l’essence du visible ». Un très bel accrochage.
Wright Morris est un écrivain-photographe (d’abord écrivain). Il combine textes et images. Une double vision, donc. Une double façon de « capturer l’essence du visible ». L’expo montre des tirages noir et banc, essentiellement pris au Nébraska, région de son enfance. En particulier la demeure de son oncle Harry.
Les intérieurs de ces maisons modestes, les paysages de cette campagne américaine sont vides de personnages. Mais « l’absence (…) accroît leur présence… » dit l’artiste lui-même en évoquant les habitants. Voilà. Tout est dit!
Des chaises et autres objets utilitaires, des voitures, des maisons, des portes, des fenêtres… Seuls, vieux, abandonnés, silencieux. Comme des gardiens de vies passées. Les gens sont partis. Les objets restent. Remplis des gestes, des habitudes, des odeurs, des peines et des plaisirs de ceux qui les ont utilisés. Une forte émotion nous balaie en parcourant cette expo. Images d’une désarmante simplicité. Mais images habitées…
Quelque sentiment de nostalgie nous accapare un instant. On a tous connu ce besoin de sauver de l’oubli un objet ayant appartenu à un parent décédé…Et W. Morris idéalise magnifiquement une vieille bouilloire, une chaise élimée ou quelques lampes de poche obsolètes. Et on s’y retrouve…
Les textes de Wright Morris n’ont rien à voir avec une légende de la photo, évidemment, ni avec une illustration. Ils ont leur indépendance par rapport à la photo. L’artiste parle de « combinaison du visuel et du verbal ». Chacun garde son autonomie. Le texte peut, par exemple, raconter juste une journée vécue dans les lieux évoqués par l’image. Ou une description du caractère américain en général. Mais le texte soutient l’image, et inversement. Ils se complètent. Et le duo donne du poids à l’impact que peut avoir l’oeuvre sur le regardant.
A savoir: Wright Morris en a fait des bouquins, de ces mariages écrits-photos. L’expo les montre.
Encore une année où l’on peut soulever notre chapeau devant les bénévoles de cette association dynamique: E.V.A. (essor des vallées de l’Auxois)! Nature, art et patrimoine au programme. Sans faiblir, ils organisent des évènements! Celui que je connais le mieux, bien sûr, c’est EVAsions des Arts. C’était le week-end des 3-4 août 2019. (Vous pouvez agrandir les visuels en cliquant dessus)
Quatre villages accueillent des artistes, depuis vingt ans, chaque été, dans leurs granges ou autres lieux « authentiques » (comme on dit à Paris!!): Villy-en-Auxois, Vileberny, Salmaise et Verrey-sous-Salmaise.
La balade vaut pour le travail des exposants, bien entendu, mais aussi pour les espaces d’accueil, tous aussi beaux les uns que les autres. Occasion de mieux regarder le patrimoine rural et agricole.
L’invitée d’honneur de cette année était Astrid Laviéville.
Dans la chapelle du château de Salmaise, s’est montré soudain tout un petit peuple, jailli d’on ne sait quel conte de fée! Ces lilliputiens (humains et animaux), élégants et raffinés, arrivés d’un siècle lointain et d’un monde oublié, se pavanent et s’amusent comme à la cour d’un roi. L’artiste les a façonnés à partir de mini fragments collectés partout, dans la nature ou la vie quotidienne. Et elle met joliment en scène tous ces êtres étranges.
Et il n’y a plus qu’à s’approcher, tel un Gulliver, pour admirer… Les créatures d’Astrid Laviéville semblent faire partie du monde du dessin, plus que de celui de la sculpture. Même si c’est en 3D (vous pouvez tourner autour, la lecture se fait de tous les côtés). Finesse du trait, richesse du détail, harmonie des formes et des teintes. Et une sacrée allure!
Parmi les 28 autres artistes, j’ai eu mes préférés, ça va de soi. Les styles, ici, sont suffisamment variés pour que chacun y trouve son bonheur! J’avoue avoir loupé quelques artistes…Mea culpa!
Frédéric Galland m’a beaucoup frappée avec ses personnages dessinés à la sanguine ou à la pierre noire (etc…), soit à la manière de planches d’études anatomiques soit sous forme de scènes en forêt ou de portraits. Etres humains douloureux, difformes… Peut-être les aliens de nos angoisses cachées. Très fort.
Et puis, j’ai noté: ——- Josiane Guitard-Leroux. Vraie démarche de plasticienne, avec un médium original, ses propres cheveux. Avec une façon personnelle de les fixer, broder, crocheter, nouer, assembler… Une matière organique détournée, métamorphosée. ——- Félix Roussel. Les peintures de ce jeune artiste emmêlent, enroulent et associent images et formes, et, ainsi, flottent rêves et cauchemars aux couleurs gaies
—— Isabelle Délin sculpte délicatement et amoureusement la terre pour des petites architectures, perchées au col des vases ou au cou des humains, ou posées quelque part en équilibre. instable.
—— Isabelle Jullien colle et peint, peint et colle. Pour la plus grande joie du papier. Celui qui se déchire ou se découpe, et celui qui reçoit les compositions.
Je pourrais encore citer Edith Nicot et son doigté de soie, Jean-Philipe Jarlaud et son grand coeur de poète photographe, Carolina et ses aimables personnages-poupées dans un monde chantant, Françoise Aigueperse et ses découpages dans des couleurs de feu.
« Dijon vu par » est revenu au classique cette année 2019. Des photographies (je dirais, sans histoire, mais non sans qualité), celles de Pierrick Finelle. Salon Apollon, au Palais des Ducs.
Je ne connaissais pas ce photographe, et je ne suis peut-être pas la seule. On sait simplement qu’il est indépendant et dijonnais!
Un personnage à contre jour, quelque part dans Dijon, plus un reflet ou une ombre. Voilà résumé le refrain des clichés noir et blanc de Pierrick Finelle. Ce n’est pas du nouveau, mais c’est réalisé avec maîtrise, soin et rigueur.
Installées sans cadre et sans vitre (vous savez ma marotte! j’étais donc ravie!), les photos sont à portée de regard, sur des panneaux posés au milieu de la salle. Le visiteur serpente d’une vue à l’autre, ou peut se faire double vision s’il veut.
C’est épuré, presque cistercien. C’est travaillé, mesuré, équilibré, presque parfait. Lumière là où il faut, ombre bien visée, reflet bien placé, effet de matière bien rendu, contrastes bien balancés. Parfois un joli clin d’oeil, comme ce jeune qui court au pied des jets d’eau de la place de la République avec le même jeu de jambes que la statue!!
Pierrick Finelle sait s’arrêter et regarder. Composer une image. Lui offrir un supplément de poésie. Va-t-il jusqu’à dire le rapport de l’homme et de l’urbain, sa solitude dans cet univers, sa fuite, sa peur…? Ou au contraire son intégration, sa similitude avec lui? Ne pas chercher plus loin…
Dans le bel espace du Grenier à Sel d’Avallon, j’ai passé, comme souvent ici, un agréable moment, flânant d’une oeuvre à une autre. Une belle sortie d’été .Vous pouvez agrandir les visuels en cliquant dessus
La présentation en elle-même est une réussite. Les 26 exposants ont disséminé leurs créations, les faisant voisiner avec celles des autres, les mélangeant, les confrontant… Pas de monotonie, pas d’entassement, pas d’accumulation. Malgré le grand nombre d’oeuvres, une impression de respiration, de circulation. En outre, les socles et présentoirs sont simples et intelligents pour une bonne visibilité et une mise en valeur.
Anne Auger
Certes, on a inévitablement la sensation d’être dans un magasin! Mais il faut accepter ce fait! L’exposition n’est pas la mise en scène d’un univers d’artiste. On est en art et en artisanat d’art. Et c’est épatant! Croyez moi!
Maxime Fardeau
Trouvailles, idées, esthétique…Formes, couleurs, transparences, matières, jeux d’ombres et de lumières… Et on se laisse aller! On est en vacances! Belle plastique et imagination admirable, esprit déco au top et harmonie sans nul doute… De la belle ouvrage, assurément. On en ressort zen! La thérapie du beau!
Odile Vailly
Mes préférés: Bénédicte Dietz (céramique), Jean-Yves Chevilly (collages), Odile Vailly (fil de fer), Anne Auger (peintures), Rémi Marceau (bois tourné), Christine Lemaire (sculptures métal), Marion Gagnepain (vannerie), Lucile Pattar (peintures), Maxime Fardeau (photos), Marlène Robert (céramique)
L’église St-Philibert, à Dijon, n’a jamais été si bien mise en valeur par une exposition. Le peintre Didier Dessus et ses coéquipiers sculpteurs, Frédéric Lormeau et Pierre-Yves Magerand, se sont installés discrètement. Sans en faire trop. Sans s’imposer. Avec respect. Et soudain, une présence se faisait sentir. La présence de leur travail d’artiste. Le lieu n’était plus abandonné. Il n’était plus vide. Il n’était plus seul. (C’était en juillet 2019)
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Saint-Philibert, ce grand espace, blessé par l’Histoire, et majestueux malgré sa souffrance, accueille avec bonheur ces peintures et sculptures modestement disséminées ici et là (mais placées avec justesse).
Les piliers rongés, la haute voûte, la pierre rosée, le sol sableux, les étais en bois, l’éclairage naturel, la longue nef, les chapelles… On aime! Seule église romane de Dijon! Bien abimée, mais encore vivante. J’y avais déjà vu des expos… Mais qui n’étaient que (sauf exception) des verrues mauvaises poussées là sans vergogne!
J’avoue que les premières oeuvres qui m’ont attirée ici, à cette exposition, sont celles de Frédéric Lormeau. Ces roues, ces cercles, ces anneaux… Ces couronnes en lambeaux, ces fragments de couronnes…Quelque chose qui dialogue avec les colonnes en pierre. Avec, aussi, le côté ruiné du lieu, à demi délabré, mais pansé et soigné .
Les peintures de Didier Dessus, ensuite, m’ont fait poursuivre ma visite dans le même état d’esprit. Elle racontent des lieux abandonnés, désaffecté et morts (ateliers, usines), des fruits ou fleurs fanés et désagrégés, des paysages en morceaux, à demi effacés, comme des négatifs de photos surexposés, des reproductions de tableaux anciens dont les motifs auraient perdu leurs couleurs et certains de leurs contours, à en devenir transparents.
On est dans l’effacement, dans l’éloignement temporel. On doute de la réalité. Flottement. Je me suis surprise à avoir envie de toucher la pierre du mur, les matériaux des sculptures, la toile du peintre… Reprendre contact.
J’aurais de la peine à parler du travail de Pierre-Yves Magerand. Resté énigmatique pour moi. Il me faudrait davantage connaître.
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