Je n’ai pas de pouvoir. Je ne crois ni aux pétitions ni aux manifestations de rues. Les bras m’en tombent. Je suis impuissante. Un combat sans combattants. Sans espoir. Sans victoire possible.
Et là, je ne parle QUE de l’art (ou de ce qu’on appelle « la culture ») qui est en train de pourrir, de dégénérer et s’enfoncer dans une médiocrité alarmante, dans un vide sans fond.
Ce qui m’a décidé à écrire ce texte du blog (qui fait suite à un autre où, déjà, je me lamentais sur la pauvreté de ce qui est présenté dans beaucoup d’expositions) c’est l’annonce de la fermeture de l’Hostellerie, à la Chartreuse de Dijon. En 2027, ce merveilleux lieu d’art sera transformé en cafétéria …(vous avez bien lu). Un formidable espace où l’association Itinéraires Singuliers proposait des expositions d’une force incroyable, d’une beauté souvent renversante.
Je veux espérer que c’est, au mieux, une fausse information et, au pire, une nouvelle voie pour Itinéraires Singuliers qui peut-être s’installera dans un autre lieu …..
Mais cette Hostellerie avait tout pour elle. Architecture, volume, surface, lumière … Le choix des artistes était toujours judicieux. La scénographie toujours au top. On ressortait de ces expositions touchés au plus profond. J’avoue que leur spécialisation en art singulier me convenait particulièrement: c’est un art qui résume à lui tout seul tout ce que l’art en général porte en lui. Il exprime l’inexprimable. Et avec, à chaque oeuvre, une personnalité différente, une originalité, une nouveauté. L’art, vous savez combien j’y crois, pour sauver ce qui nous reste d’humain …
Les lieux qui accueillent l’art, sur Dijon et la proche région, sont de plus en plus rares. Oui, il y a Consortium, FRAC, Vortex etc . Tant mieux. Mais c’est particulier. Oui, la Ville propose gracieusement quelques espaces, mais ils ne sont pas faciles à « habiter ». Fontaine-lès-Dijon a une superbe Galerie municipale, La Source. Ouf ! Et mon Rez-de-Jardin de Fontaine, avec ses 20m2 fait ce qu’il peut. Mais tout ça ne suffit pas.
Bref, l’Hostellerie va nous manquer cruellement.
Si les malades de la Chartreuse ne fréquentaient pas beaucoup cette belle Maison (c’est un argument pour la fermer et la métamorphoser, ai-je entendu dire), c’est peut-être parce que personne, dans l’encadrement de ces malades, ne les invitait à venir s’y retrouver, à visiter avec les personnes de l’accueil (formidables …) , à traîner et bavarder dans toutes ces grandes salles, à s’asseoir et boire une boisson chaude dans le petit espace qui suit l’accueil etc. L’art est aussi au service de la maladie mentale.
Et peut-être pourrait-on fermer l’une des salles d’exposition pour, justement, en faire une plus vaste cafétéria, au même endroit, mais aux côtés de l’art qui occuperait le reste des lieux …… encore largement occupables.
Je rêve.
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