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Wright Morris, Paris

A la Fondation Cartier-Bresson, à Paris, j’ai été frappée, ce mois d’août, par un photographe américain qui, je crois, n’avait encore jamais été exposé en France, Wright Morris. L’exposition, « l’essence du visible » dure jusqu’au 29 septembre. Un très bel accrochage. (Vous pouvez ici cliquer sur les visuels pour les agrandir)

Wright Morris est un écrivain-photographe (d’abord écrivain). Il combine textes et images. Une double vision, donc. Une double façon de « capturer l’essence du visible ». L’expo montre des tirages noir et banc, essentiellement pris au Nébraska, région de son enfance. En particulier la demeure de son oncle Harry.

Les intérieurs de ces maisons modestes, les paysages de cette campagne américaine sont vides de personnages. Mais « l’absence (…) accroît leur présence… » dit l’artiste lui-même en évoquant les habitants. Voilà. Tout est dit!

Des chaises et autres objets utilitaires, des voitures, des maisons, des portes, des fenêtres… Seuls, vieux, abandonnés, silencieux. Comme des gardiens de vies passées. Les gens sont partis. Les objets restent. Remplis des gestes, des habitudes, des odeurs, des peines et des plaisirs de ceux qui les ont utilisés. Une forte émotion nous balaie en parcourant cette expo. Images d’une désarmante simplicité. Mais images habitées…

Quelque sentiment de nostalgie nous accapare un instant. On a tous connu ce besoin de sauver de l’oubli un objet ayant appartenu à un parent décédé…Et W. Morris idéalise magnifiquement une vieille bouilloire, une chaise élimée ou quelques lampes de poche obsolètes. Et on s’y retrouve…

Les textes de Wright Morris n’ont rien à voir avec une légende de la photo, évidemment, ni avec une illustration. Ils ont leur indépendance par rapport à la photo. L’artiste parle de « combinaison du visuel et du verbal ». Chacun garde son autonomie. Le texte peut, par exemple, raconter juste une journée vécue dans les lieux évoqués par l’image. Ou une description du caractère américain en général. Mais le texte soutient l’image, et inversement. Ils se complètent. Et le duo donne du poids à l’impact que peut avoir l’oeuvre sur le regardant.

A savoir: Wright Morris en a fait des bouquins, de ces mariages écrits-photos. L’expo les montre.

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