Le mbaN a eu ma visite! Il est beau ce musée! En fait, j’allais voir l’expo « Tragedy or Position » d’Alain Huck (en février 2013). Mais impossible de ne pas faire un petit tour dans quelques autres salles !
Alain Huck est un artiste suisse contemporain. Il a accroché quatre dessins monumentaux aux murs d’une salle, se faisant face. Assez impressionnant. On croirait des photos géantes, en noir et blanc. Sauf que…c’est du fusain.
L’artiste a réalisé ces immenses dessins à partir de photos, quand même. Chacun son sujet: une forêt tropicale (intérieur de serre, en fait), une vue aérienne d’Afghanistan prise par un drone, deux pages d’un livre, et un décor baroque. On a l’impression que ce sont des images anciennes, un peu détériorées par le temps. Comme des images d’archives. De grandes surfaces noires s’étalent sur certaines. Le spectateur a le regard qui pénètre, puis voyage dans ces dessins aux multiples méandres et superpositions. J’ai juste été déçue par la mise en scène, m’attendant à un espace plus petit, sombre et intimiste. Le dit de vraiment se sentir happé par ces grands dessins étranges. Ici, la lumière est trop forte et blanche, le volume de la pièce trop vaste (à mon goût).
J’ai été impressionnée par l’exposition Daum, dans une si belle scénographie au sous-sol du musée: univers noir, effets de reflets, de transparences et de lumières, cohabitation des grandes vitrines avec les pierres des anciens remparts (XVème) qui ont été dégagés. Splendide.
Et puis, je me suis promenée au rez-de-chaussée: une installation remarquable de l’artiste japonaise Kusama Yayoi, une belle chauve-souris de César en ferraille noire, un Richter, un Rodin etc.
Le designer Jean Prouvé, bien sûr, est présent aussi, avec ses créations de meubles et ses projets d’architecture.
Mars 2013; des sculptures de Jurga étaient à la galerie Entrée Libre (Caisse d’Epargne, place de la Nation, à Dijon). Poésie de l’enfance.
J’avais vu une exposition « Soutine » à Paris il y a peu… Et voilà que je retrouve ici quelques gosses aux oreilles décollées et au nez pointu-tordu qui ressemblent bien à certains portraits faits par le peintre. Information prise, Jurga, est une admiratrice de Soutine et reproduit en sculpture quelques uns de ses personnages.
Mais là n’est pas le plus important de cette exposition. Les terres cuites (et bronzes) de cette artiste d’origine lituanienne occupent l’espace avec force et persuasion. Ultra réalistes, parfois de taille humaine, ses créatures sont impressionnantes de vérité (bel esprit d’observation de la part de l’artiste). Mais, en même temps, elles appartiennent à un autre monde. Réels et irréels à la fois... Personnages sortis de contes pour enfants… Un peu désuets, ou hors du temps. Gavroches et fillettes maigriottes… Gosses gênés dans leur corps, dégingandés… Tristounets ou boudeurs… Rêveurs ou inquiets… L’aspect rugueux de la sculpture leur offre aussi ce caractère indécis: comme dégagés d’un fond sous-marin où ils auraient longtemps séjourné. (Ce fond sous-marin pourrait bien être le souvenir, la mémoire).
Attachants, ces gamins, qu’ accompagne qui un ange, qui une grand-mère, qui une maman … portent en eux le mystère de l’enfance. C’est un art hyper figuratif, auquel je pourrais reprocher , comme je le fais souvent, de trop représenter la réalité (l’art doit apporter autre chose) . Mais, franchement, ces sculptures m’ont touchée , justement, peut-être, par leur présence troublante, leurs voix figées, leurs questions muettes pesantes, leurs images fantômes…Des sculptures qui interrogent la réalité.
A La Coupole, ( 1 rue Ste Anne, Dijon ) le collectif 13+ nous a offert, en décembre 2012, une belle exposition intitulée Lumières et Transparences. Après l’Orangerie en novembre, décidément, 13+ s’en donne! Et c’est bien.
J’ai mal choisi mon jour de visite à La Coupole…(Vous verrez plus loin pourquoi)
Sous la grande verrière de cette Coupole dijonnaise, les artistes de 13+ montrent des œuvres inspirées par le joli thème de la transparence. Et ce qui fait plaisir c’est que plusieurs d’entre eux ont eu un élan nouveau et sont sortis de leur style habituel (tout en gardant leur coup de patte reconnaissable). Ils ont profité du sujet proposé pour donner autre chose. Pour oser. Certains autres artistes ont repris un travail que l’on connaissait (appréciait) d’eux et qui colle avec le thème.
Parlons de ceux qui m’ont agréablement étonnée.
Monique Riond, toujours dans sa lignée de travail de la terre cuite, a installé au sol des grosses boules percées de petits trous, illuminées de l’intérieur, et une sculpture debout, telle une porte de ville, à deux battants centrée sur une sphère. Des volumes abstraits beaux et évocateurs (à la fois intimité douce et ouverture sur le monde extérieur, voire de l’au-delà).
Evelyne Lagnien a posé, elle, un grand cube qui joue avec le rouge, la lumière, les transparences… Ses portraits occupant les 4 faces n’en sont que plus envoûtants.
Je me suis aussi arrêtée longuement devant les créations de Fabienne Adenis, buste de femme ouvert sur une lumière intérieure, visage d’une Vénus flottant au milieu d’une vasque d’eau.
J’ai aimé les grands calques de Micheline Reboulleau, les carrés évanescents de mme (j’ai oublié son prénom, désolée) Guilloux qui se nomme « Intimité » etc.
Et puis, il y a Jean Gauthier et son « Tournicoti tournicoton », drôle de petit manège où tournent quelques bonhommes, animaux ou objets de fil de fer (et autres choses de récupération…). Les ombres projetées de ce petit monde sont drolatiques. Bien vu ! Il y a aussi les femmes de Eliane Martinand (terre cuite), déformées jusqu’à l’extrême féminité, et qui portent des prénoms si magiques (Eloane etc….)
Je pourrais citer encore Nelly Rozo, Daniel Carette, Francis Orzel, André Mugneret, Martine Malherbe, Jean Thirion …
Bref, des idées, des inventions, des explorations, des créations de sensations…
J’ai mal choisi mon jour de visite, car les artistes présents ne me connaissaient pas et ils m’ont refusé obstinément le droit de photographier…C’est bien la première fois qu’à 13+ je suis contrainte de ranger mon appareil photo !!!! Malheureusement, je ne peux que mettre ici des visuels tirés de mes archives (une toile de D.Carette et une de F.Orzel). Bien triste de ne pouvoir vous montrer les nouveautés. papier de Jonas dans dijonscope le samedi 29 décembre. Gentil et juste.
Escapade à Strasbourg pour l’exposition « Continents noirs » de la plasticienne Annette Messager au musée d’art contemporain (janvier 2013).
Les visiteurs parlent, pour l’œuvre d’Annette Messager, de pessimisme, de désespérance, de détresse, de désolation, de vision morbide … Que sais-je encore … C’est sûrement vrai, à priori. Mais je ne retiens certes pas ces idées-là en premier après une visite aux « continents noirs » de Strasbourg !
Cette artiste me donne l’impression de bouillonner de vie, au contraire. Et quand on a, comme elle, l’esprit autant créatif, inventif, fantaisiste…. on n’est pas dans la totale détresse, si? . Et quel humour aussi! Et quelle force dans sa façon d’imposer un univers, de concevoir un monde, de créer une ambiance!
Moi, je sors d’une exposition d’Annette Messager plutôt ragaillardie et le sourire aux lèvres ! L’art contemporain féminin, dans son cas, me ravit ! Tout n’est pas perdu, je me dis!
Première salle de cette exposition strasbourgeoise: -Les pantins d’Annette Messager dansent au souffle des ventilateurs, fantômes errants, silhouettes dépouillées de leur chair, carcasses flottantes, fantoches grotesques… Leurs ombres au mur, qui se tortillent allègrement, paraissent presque plus vivantes qu’eux. Le visiteur se promène dans cette forêt impressionnante, frôle les robes vides, les poupées mortes, les sacs plastique tout gonflés, les animaux fantastiques … Il perd pied. Il est ailleurs.
Ensuite viennent les salles du noir. Noires sont les têtes des balais (1). Noire est la grande écriture qui bave sur les murs (2). Noires sont les choses des hommes qui s’amoncellent et empêchent le globe terrestre de respirer (3). Noirs sont les fragments de vie qui flottent au-dessus de nos tête (4).
(1) les balais sont un des refrains de Annette Messager. Ce sont de drôles de petits personnages qu’on peut costumer… Et puis, ambivalence entre l’objet de ménage (donc décerné à la femme au foyer !) et le moyen de locomotion des sorcières !!
(2) « désir », « chance » sont écrits en noir sur les murs, avec des lettres formées de filets, ce qui communique un côté coulant, effiloché, brouillon à ces mots chargés de sens. Quant à « jalousie », il est barré du mot « love » écrit avec des morceaux de peluches.
(3) cette installation, intitulée « sans légende », est faite d’objets sculptés dans un aluminium noirci, comme calciné: des cônes (chapeaux de sorcières? bombes ? jeu de société? ) , des chaussures, des animaux, et même des œuvres de Giacometti….Tout un tas de choses qui s’entassent et étouffent peu à peu un globe terrestre qui essaie de gonfler, telle une montgolfière lumineuse, mais en vain. Un éclairage savant fait se mouvoir la scène sur les murs, agrandissement impressionnant… Et l’horloge du temps tourne , imperturbable.
(4) la salle « continents noirs » présente plusieurs formes noires, carbonisées, suspendues au plafond, morceaux de vaisseaux spatiaux éclatés, débris de cités incendiées (ou autres…). Des ampoules au bout de ficelles se balancent régulièrement, scandant une nouvelle danse d’ombres sur les murs.
Et puis, il y a cette peluche aux entrailles apparentes, au ventre grand ouvert, écartelée par des outils menaçants… (mais les entrailles sont d’adorables peluches baby, prêtes à naître) … Et une autre installation au grand plastique transparent, mu par des mini-ventilos, qui couvre de ses larges vagues de tsunami un ensemble d’objets noirs. … Il y a de très beaux dessins également…
Pourquoi une œuvre serait-elle moins bonne si elle exprime cauchemars et peurs? Pourquoi occulter les noirceurs de l’existence? Je ne comprends pas les gens qui placent ce critère de valeur à un travail d’artiste : « c’est bien mais c’est vraiment trop désespérant ». Je ne vois pas le rapport.
Je n’ai pas l’audace de mettre des photos. Allez sur les sites comme celui de Lunettes Rouges ou de la plasticienne elle-même
Les deux structures d’art contemporain de Dijon ont réuni des œuvres de leur collection respective. « Le Frac s’invite au Consortium » disait le titre de l’expo. Au moins 40 années d’art contemporain représentées ici. (rue de Longvic). (Janvier 2013)
J’ai toujours du mal à être émue, troublée, intéressée ou même surprise lors de mes visites au Consortium… Cet art-là me laisse froide ou, à la rigueur, amusée (je prends des fous-rires quand il ne faudrait sans doute pas…). Je m’ennuie ou, au pire, m’énerve.
Bon! Cette fois, il en fut de même. Les déchets, cartons, et autres ferrailles, même détournés, même (vaguement) métamorphosés… j’ai de la peine à y voir un quelconque « travail » d’artiste. Tout me paraît posé là. Posé.
J’ai juste vibré trois ou quatre fois, sentant enfin un élan créatif intense chez l’auteur:
-Une toile de Richter, « Merlin »… Géniale!
-Une œuvre de Valérie Snobeck (j’avais déjà admiré son travail, cf mes archives de blog, en juillet 2012)
-Une installation vidéo de Rondinone: 24 télévisions côte à côte qui jouent avec des images en miroirs, en kaléidoscope… Un homme et une femme marchent au rythme d’une musique lancinante, chacun de son côté, dans un décor urbain d’architecture géométrique moderne et froide. Ils ne se rencontreront jamais. Le montage est subtile.
-Une sculpture-installation de Jessica Stockholder (cf visuel ci-contre) de grands tapis d’orient (ça sent bon la laine, que l’on retrouve d’ailleurs en pelotes empilées au pied de l’œuvre) et de longues poutres de bois qui composent une sorte de bateau des airs. Rencontre de matières, couleurs et volumes.
-Et puis, quelques photos de Man Ray, un portrait de Ming...
-L’installation « Prom » de Amy O’Neil a l’intérêt de recréer une ambiance tristounette et presque malsaine de fin de fête: bouteilles vides renversées, confettis, baudruches et serpentins abandonnés, fouillis indescriptible où le visiteur circule un peu gêné. Le décor est celui du film d’horreur (qui passe en boucle sur un écran par terre) « Carrie au bal du diable »: allusion aux bals traditionnels de fin d’année des promos américaines. Mais là encore: des objets existants, simplement posés (même pas par l’artiste elle-même, elle était absente pour l’installation). Pauvre…. Pauvre, oui. C’est le mot qui me vient souvent à la bouche quand je visite une expo d’artcontemporain (en un seul mot, comme a décidé de l’écrire Olivier Céna de Télérama!!).
Merci au jeune homme qui a accompagné notre visite pour combler nos lacunes en artcontemporain!
A la Galerie La Source, à Fontaine-lès-Dijon, Elisabeth Kubicki a accroché ses toiles en décembre 2012. Une exposition qui s’intitulait « Au delà des apparences ».
Elisabeth Kubicki dessine et peint en élève consciencieuse. Quelque chose dans son travail (j’aurais de la peine à préciser quoi! C’est une intuition) dit encore cette avancée timide, cette recherche laborieuse. Mais qu’est-ce qu’elle réussit bien, malgré tout, à nous toucher et à nous faire entrer dans son univers !
Son univers? La nature. L’exposition est ainsi construite qu’on chemine de salle en salle du plus intime et du plus intérieur, au plus extérieur et au plus ouvert. La vision s’élargit. On est d’abord au cœur de la matière. Comme du macro. Cristal de roche, écorce… On se régale de ce voyage au sein du minéral ou du végétal. A ne plus savoir ce qu’on regarde: la frontière du réel est vite franchie. On est entré dans l’invisible. (Dommage, certaines de ses peintures sont encore trop « décrites » à mon goût.)
Et puis, peu à peu, c’est le grand angle ! On prend du recul. On commence à « voir » la représentation de la réalité. Et, finalement, (1er étage, salles du fond) on se retrouve devant des paysages… ( après être passé sous terre, dans de magnifiques grottes ).
Bien entendu, j’ai un petit faible pour ses visions très rapprochées des choses de la nature. A force de zoom… l’indicible apparaît. Et c’est bien le rôle de l’artiste de nous entraîner dans l’ineffable. Sinon, c’est juste du copier-coller …Et la réalité perçue par notre œil, on connaît …
En début d’année 2012, à Dijon, le chœur de l’église Sainte-Chantal (rue Eiffel) a renouvelé son look. Je suis allée voir.
Emmanuelle Grand, artiste plasticienne et créatrice de vitraux, a réalisé deux vitraux qui sont suspendus dans le chœur. Un Christ et une colombe. Très différents des anciens vitraux, toujours en place, par leur taille, leur format et leur position, ils cohabitent cependant admirablement. L’artiste a beaucoup travaillé sur les jeux de transparence et de lumière, et c’est réussi. J’aime beaucoup aussi l’idée de suspension…
D’autre part, elle a dessiné un nouveau mobilier où sont incrustées également des pièces de vitraux. C’est beau.
Quant aux boiseries du chœur, elle les a repeintes (un travail collectif avec Christine Delbecq je crois) . L’éclairage de cet après-midi-là où je suis entrée dans l’église ne m’a pas permis de voir vraiment les marbrure, les nuances et les mouvements. Je ne les ai découverts que sur des photos regardées après-coup!
Emmanuelle Grand faisait partie du collectif Hypothèse 222 avec Christine Delbecq et Alain Steck. Ils ont participé à l’opération 50 ans d’amour, à Bombay, avec les enfants des rues et des artistes indiens.
En novembre 2012 , Zockor était à La Source (Fontaine les Dijon). Un petit délire qui bousculait la Galerie fontainoise! Rock and roll !
La Source s’est mise au pop le temps d’une expo; ça change et ça fait du bien! Lapins gros yeux, loups grandes dents, spermatozoïdes énervés, squelettes pressés, singes agités, nounours hargneux, créatures bizarroïdes fiévreuses… Tout ce petit monde défile en frises, comme sur papier peint. Répétitif à souhait. Le graphisme est réjouissant. Les couleurs souvent vives. On est dans l’univers de la BD, de la chambre d’enfant… Quoique…Certaines pièces du premier étage montrent des oeuvres (plutôt noir-et-blanc) qui affirment une attitude adulte (oui, oui).
Zockor est un artiste qui déménage, qui provoque, qui s’éclate… Et c’est revigorant. ( On évoque Combas, bien sûr. Même esprit. )
Son rire en peinture est un brin moqueur. Nos contemporains en prennent plein la figure!
J’ai beaucoup apprécié ses « cartes postales »! . « Le pays des tronches rabougries »… Par exemple! ou celui des « blablateries ». C’est tellement bien vu !!
Dans ses textes, dans ses titres, Zockor prouve qu’il manie aussi les mots, avec jeux (de mots), astuces, imagination, humour (noir), cocasseries etc.
A Chevigny-saint-Sauveur (au Polygone, fléché) , pour la troisième année , le Salon Art Actuel a proposé une palette de vingt peintres et sculpteurs. Octobre 2012.
Je me suis pris quelques bonheurs, ici ou là, en longeant les panneaux habilement placés dans cette grande salle du Polygone (qui, à priori, est assez ingrate ! Il faut savoir en tirer parti!) . J’ai eu l’impression que la sélection de Patty Prince, l’organisatrice de ce Salon, s’affinait d’année en année …
Parmi les meilleurs souvenirs de ma visite:
François Gauchet reste l’un de mes préférés (quand je pense qu’il a été refusé à la Galerie La Source, ça me fend le coeur… Reposera-t-il candidature?) Etonnante impression que la peinture mène sa main. Que la peinture le magnétise. Qu’elle dirige la danse. Qu’elle est toute puissante. Mais c’est une peinture qui sait où elle va. Et elle trace, étale, coule, applique, recouvre…avec un beau sens du rythme plastique. Chaque toile est le petit récit d’un moment quotidien.
http://francoisgauchet.over-blog.com/
Gérard Zaurin m’a laissée pantoise. Fouillé, son dessin est d’une remarquable qualité . Mais ce sont surtout les sujets traités qui m’ont intéressée au plus haut point. Avec cet artiste, on a l’impression de descendre sous la terre, à l’intérieur d’une tombe. Lambeaux de squelettes et de linceuls… S’entremêlent et se tordent des membres ou des morceaux de corps, parfois comme ficelés dans des bandelettes de momies. Mort et douleur de l’homme entortillé dans ses contraintes, ses peurs, ses ambiguïtés, ses complexes… Mais jouissance peut-être aussi.
http://zauringerard.canalblog.com/
Yves Hasselmann m’a beaucoup intéressée. Il est peintre et compositeur. Il allie musique et peinture. Il présente ici une seule oeuvre, conjuguée en variations (sa « Family ») . Quatre blocs bleus cernés d’un gros trait noir, posés en équilibre les uns sur les autres, sur fond gris et jaune. Et reproduits…Comme une phrase musicale. Un CD accompagne sa présentation.
http://www.hasselmann-peintre.com/l
Parmi les abstraction nombreuses qui fleurissent ici, je retiens celles de Igor Mysiats qui fait circuler à grande vitesse ses signes de couleur, explosant en feux d’artifice, ou rangeant son écriture-éclaboussure dans un cadre plus sage.
Celles de Guillaume Vervandier, aussi, qui fait fonctionner ses masses comme des forces qui s’affrontent ou s’unissent. Valérie Le Blévec est un peu dans le même cas.
Une remarque particulière pour le travail original d‘Anaïs Eberspecher. Pas de peinture, ici, mais un tissage de rubans adhésifs du plus bel effet.
Côté sculptures, Monique Riond est là et c’est tant mieux. On adore toujours ses personnages discrets, timides, sages, mais si présents et si vivants… Il faut parfois aller maintenant les dénicher dans leur petite maison!
Ne pas ignorer aussi Emmannuelle Seys, qui a quelques pièces fortes sur la condition humaine. Guillaume Martin n’est pas à oublier, avec ses créatures filiformes de fer ou de bois, entre végétal et humanoïde. Christelle Dupaquier est de retour avec ses petites filles espiègles et audacieuses: plaisir!
J’ai donc cité mes préférés…
Cliquez sur les visuels pour agrandir et pardon pour la pas très bonne qualité!
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