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FRAC aux Bains du Nord

A Dijon, rue Quentin, près des Halles du marché, l’espace abandonné par le Consortium (déménagé  rue de Longvic ) est toujours consacré à l’art contemporain et cette fois géré par le FRAC Bourgogne.

Ce furent autrefois des bains publics et le nom de Bains du Nord se distingue encore au frontispice.  « Bains du Nord »  est donc désormais le nom de ce lieu dédié à l’art contemporain et, surtout, à sa large diffusion  (il est prévu, entre autre,  régulièrement,  des rencontres pour grand public et pour collégiens et lycéens avec une artiste,  dans le but d’apprivoiser, d’accompagner, de partager… cf ci-dessous les précisions)

Sans me préoccuper pour l’instant de ce côté pédagogique des Bains  (j’y reviendrai),  j’ai fait un tour (à l’ouverture, en mars 2013) dans ces vastes salles blanches, aux volumes variés et séduisants…

Voilà ce que j’ai retenu:

Yan Pei-Ming a réalisé  (je crois savoir que c’est spécialement pour l’occasion… Il faut dire que la directrice du FRAC Bourgogne, Astrid Handa-Gaganrd, fut son assistante) une toile très grand format, brossée avec l’énergie habituelle du peintre.  Une sombre forêt où l’on croirait pouvoir pénétrer.  Une forêt que l’on sent fantastique, remplie de légendes à la Brocéliande. Impressionnant.

A ses pieds,  a été déposée une oeuvre de Richard Long  (spécialiste du Land Art) : comme un grand cercle magique, en belles pierres véritables, qui s’étalerait à l’entrée de la forêt de Ming.  Bonne idée,  mais ce genre de travail convient mieux in situ, dans la nature, je pense.

Le français Paul Cox, l’amoureux des jeux de construction, propose ici une sorte de plan de maison en trois dimensions.  Les parois, agrémentées de fenêtres,  portes,  et couleurs joyeuses sont sur roulettes et on peut les déplacer pour agencer des pièces … Un côté ludique qui nous plaît.  (Quant à cataloguer tout cela d’œuvre d’art…?)

L’artiste italien Claudio Parmiggianni,  lui,  nous offre une magnifique géométrie noire sur un grand mur blanc.  Effets de perspective qui font que le regard ne sait plus s’il est à la verticale,  à l’horizontale ou autre chose !!  Qui changent avec la position du regardant…. L’artiste parlait un jour de son désir de faire des objets  « qui transmettent une secousse aux sens ».  Réussi!  Et, en plus, c’est beau, élégant, aérien..

Il y a aussi une oeuvre de l’artiste portugaise Joana Vasconcelos, une abeille géante recouverte de ses fameuses dentelles (noires), ou plutôt travail au crochet.

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Horaires d’ouverture des Bains du Nord:

  • Mercredi, jeudi et dimanche : 14h30-18h00
  • Vendredi : 14h30-20h00
  • Samedi : 11h00-18h00

Téléphone : 03-80-67-07-82

Le Frac Bourgogne sur internet 

Horaires des « Rencontres avec l’art contemporain » :

  • Mercredi de 15h à 16h : pour les MJC, centres de loisirs, enfants à partir de 5/6 ans minimum (Inscription auprès du Frac Bourgogne)
  • Vendredi de 14h30 à 15h45 : pour les scolaires (à partir de la grande section de maternelle), collèges et lycées (Inscription auprès du Frac Bourgogne)
  • Vendredi de 18h30 à 19h30 : pour le grand public (Inscription sur place à l’accueil des Bains du Nord)
  • Samedi  de 11h à 12h : pour le grand public (Inscription sur place à l’accueil des Bains du Nord)

 

Plus de Jonas

Chaque samedi,  j’aimais me précipiter sur l’écran de mon ordi,  sur dijonscope,  pour lire le papier de Jonas à propos d’une expo… Fini ce plaisir!  dijonscope a fermé ses portes.  Zut.  Un journal libre…. C’était impossible…. Bien sûr.

Rue de la liberté, sculptures

En bonne dijonnaise que je suis, j’ai pris samedi après-midi mon parapluie et mon appareil photos pour aller arpenter la nouvelle rue piétonnisée.

Et en bonne blogeuse d’art que je suis, je vous relate ma rencontre avec les deux nouvelles oeuvres d’art de cette rue de la Liberté, à Dijon.

Gloria Friedman (d’Aignay-le-Duc) a installé un visage de feuillage près de la place François Rude.  « Semper virens »  s’intitule-t-il.  La frondaison de cet arbre en bronze et béton est en forme de tête humaine.  Le tronc est fixé dans un socle qui veut rappeler une motte de terre.  Quatre mètres de haut.  Belle idée.  Franchement pas laid.  (Juste que, peut-être, je n’aurais pas choisi ce vert feuilles ; de loin, on dirait du plastique).  Et pas trop incompréhensible pour le promeneur lambda! C’est important!

Face à l’entrée des Galeries Lafayette se dresse le « Jardin de Poche  » de Didier Marcel (prof à l’ENSA de Dijon).  En fait,  vous avez devant vous un grand tronc d’arbre blanc de 7 m de haut,  moulage d’un arbre véritable ayant existé au Parc de la Colombière.  Et, détail sympa,  il tourne sur lui-même!  Une oeuvre, mi colonne  mi végétal,  insolite, incongrue…  Ce n’est pas pour me déplaire.  (Au pied poussent deux petites vraies plantes. Bof! Elles vont sans doute grandir)

Ces deux sculptures traitent en quelque sorte du sujet  » nature urbaine » :  intéressant.

Je me dis que le choix n’a pas dû être facile pour la municipalité!

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Collectif A4 designers , hall de l’ABC

C’était en mai . C’était à l’ABC , passage Darcy, Dijon.  Des artistes-designers femmes, réunies en collectif exposaient trois ou quatre de leurs réalisations intéressantes (fauteuils, rangements, suspension décorative, tout en modulables)

Ce que j’ai retenu surtout de cette expo relève davantage de la création artistique, entre sculpture et performance.  J’ai aimé cette oeuvre de Muriel Carpentier qui s’intitule « Bijoux de glace ».  Une vidéo montre des glaçons qui sont sortis de leur moule en silicone par deux mains  « coupées »  (fond noir et impossibilité de voir le reste du corps)  puis enfilés sur des petites chaînes.  Et voici un collier ou un pendentif des plus beaux diamants du monde…

Ces bijoux sont mis au cou d’un buste de femme nue  (là encore,  rien du reste du corps n’apparaît dans le noir) .  Et le bijou fond peu à peu.  Gouttes qui font frisonner la peau.  Chair de poule.  Jusqu’à ce que la parure ait entièrement coulé,  puis disparu…Ne reste que la chaîne.

Les images sont belles,  jouant des reflets, transparences  et brillances de la matière .  Gros plans sur la peau qui frémit et sur l’eau glacée qui glisse ou sautille.  Accompagnement d’une petite musique  « en gouttes d’eau » .

Bien sûr, au-delà de l’effet esthétique de cette vidéo,  existe toute une réflexion sur l’éphémère et la futilité du luxe, de la coquetterie, de la parure etc.

La photo ne rend évidemment pas du tout la beauté des images de la vidéo et je prie l’artiste de m’en excuser.  Le visuel est juste là comme un appel à mieux connaître le travail des artistes et… à aller voir par soi-même.  Cliquez quand même sur l’image pour agrandir…

Les artistes designers qui composent ce collectif A4 sont A.L. Janssen, J.Laval, D.Merle et  M.Carpentier

Sachez que Muriel Carpentier est aussi dans le collectif  « Mulupam »

Trois artistes à La Source, luxe et volupté

La peintre Silvana di Martino et la sculptrice Joëlle Farenc ont exposé à la galerie La Source au printemps 2013 (Fontaine-lès-Dijon), accompagnées par le compositeur Denis Barbier.  L’expo s’intitulait « voyage sensoriel ».

Que dire de cette expo?  Qu’elle va plaire.  Mais pas à moi!  Tant pis pour moi!

Elle va plaire car elle a une jolie mise en scène, les sculptures et les peintures donnent satisfaction au regard du visiteur,  elles fonctionnent bien ensemble et sont « faciles d’accès »  pour tout public.  L’ambiance créée,  avec environnement musical,  flacons de senteurs à se mettre sous les narines,  bouteilles de vin  (à déguster je suppose) et textes de Baudelaire à lire sur les murs,  sollicite…  sans ménagement.  Si vos sens ne sont pas mis en éveil c’est que vous êtes vraiment imperméable et sec.  Ici, on ne fait pas dans la nuance ni dans la suggestion.  On y va franc du collier.  Les artistes ont travaillé avec ardeur les correspondances entre les vers du poète,  les volumes sensuels des sculptures,  les matières et teintes énergiques des peintures,  les parfums exotiques (vanille, curry etc…), les vapeurs d’alcool et la musique…  J’admets leur recherche.  Mais ça ne me touche pas.  Voilà voilà.

Cette expo est beaucoup plus yang que yin.  (Alors que la précédente ,  c’était l’inverse).  Si vous voyez ce que je veux dire.  Pour vous la situer encore,  je crois qu’elle conviendrait très bien à la galerie Wilson de Dijon.

Les peintures sont éclatantes de couleurs vives,  de pâte épaisse  et  de lignes  fortes.  J’ai un peu de peine avec ce genre d’abstractions décoratives.  Ne m’en voulez pas.

Les sculptures sont académiques mais fort belles  au demeurant.  Le plus souvent,  elles font passer l’émotion.  C’est ce que j’ai préféré dans cette expo.

Allez voir et dites-moi ce que vous pensez, vous…

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le choix du mois, avril

Deux toiles de Paulette Bacon m’ont laissé un souvenir ému lors de ma visite au Salon des artistes de Fontaine-lès-Dijon.  J’ai ensuite couru sur son site.

Cette dame de 86 ans,  de la région lyonnaise,  peint d’étranges paysages où l’on croit voir quelque plage sur une planète inconnue, quelque aurore boréale aux teintes inédites,  quelque éruption dans un désert glacé,  quelques vagues monstrueuses qui balaient tout un pays imaginaire, quelque terre immergée sous un océan incroyablement transparent, quelque voyage de galaxies lointaines et inexplorées…………………………….

L’artiste peint une matière fluide, toujours en mouvement, où se mêlent douceur et violence.  Comme les premières respirations de l’univers.  Ou comme le travail de nos émotions à l’intérieur de notre cœur et de notre corps !

Michèle Pichon parle à  son propos d’une  « étonnante chevelure de lumière intense ».

Je ne sais comment cette artiste a atterri à ce Salon fontenois !!! mais tant mieux!

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Hypothèse 222, les cubes…

Je vous rappelle que Hypothèse 222 est un collectif qui associe trois artistes plasticiens dijonnais:  Christine Delbecq, Emmanuelle Grand et  Alain Steck.  Ils se sont impliqués dans l’opération « 50 ans d’amour »  et ont travaillé un mois durant avec les enfants des rues de Bombay (auxquels se consacre l’ONG  Snehasadan) .  Ils ont encadré pour eux des ateliers d’art plastique.  Les enfants ont  ainsi réalisé une œuvre collective faite de cubes géants.

Et cette fois, ça y est!  les cubes ont pu voyager (grâce à la générosité de beaucoup d’entre vous, sûrement)  et sont arrivés en France.  Ils sont en Bourgogne,  et devraient aller s’exposer à Lyon, Paris…

   Pendant quelques jours, deux d’entre eux ont été installés  à la médiathèque de St-Apollinaire. Les autres se répartissaient dans la ville:  Intermarché, la Crèche …etc.

Et dans cette médiathèque,  dès l’entrée,  les 3 artistes montraient chacun une oeuvre,  qui fait écho de leur aventure en Inde.  Chacun à sa façon.  (Oeuvres qui avaient déjà été montrées à l’ABC.  Celle de C. Delbecq, photo du haut).    Et….petit coup d’émotion, quand même,  en tournant autour des deux cubes géants.  Ceux qu’on a vus si souvent en gestation sur Facebook ou ailleurs !

Leurs faces sont couvertes des peintures des enfants,  ordonnées en collages harmonieux. Des photos d’identité des jeunes artistes ont été placées dans des endroits choisis.  L’intérieur est garni de dessins-graffitis réalisés par ces mêmes enfants et s’ouvre sur un matelas de coussins:  un espace de lecture idéal dans cette médiathèque.

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Evelyne Lagnien, à « L’Art pour le dire »

Evelyne Lagnien a exposé à « L’Art pour le dire », 4 bd de l’Université, à Dijon.

« L’Art pour le dire » ( géré par l’ESAT de Mirande) est un espace où les personnes handicapées (ou, plus généralement, fragilisées)  sont amenées à s’exprimer en utilisant un support artistique.  Des ateliers les accueillent, et elles peuvent ensuite montrer le résultat de leur travail dans ce même espace .  Ici,  des artistes viennent exposer et échanger avec elles.

C’est le cas cette fois d’Evelyne Lagnien.  Cette artiste (pour moi, repérée dans des expos de 13+) porte un regard délicat sur l’humain.  Son travail est une recherche constante sur le visage.  Elle varie les techniques, de la peinture au numérique, en passant par la sculpture en raku.  Mais, toujours, elle tente de révéler la face cachée de l’être.  Et dans cette expo sur le thème de la diversité du vivant, elle est tout à fait à sa place.

Ici, des CD se balancent , un visage peint sur un côté, un mot écrit sur l’autre  (comme une définition)  :  diversité de portraits et de caractères.  On regarde danser ces petites plaques rondes devant nous et on se demande si ce ne sont pas des miroirs….

Là, des monotypes courent sur le mur.  Une dizaine.  Le même visage  (peut-être un peu trop « Une » de magazine…Bon!).   Mais traité différemment.  Parce qu’une même personne a une infinie richesse en elle et qu’on ne peut pas la réduire à quelques traits.

Au centre de la galerie, des sculptures:  Personnages en noir et blanc qui émergent d’un bois flotté ou d’une masse de terre cuite craquelée par le choc thermique du raku.

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édith nicot, galerie « entrée libre »

A la Caisse d’Epargne, rond-point de la Nation, à Dijon, dans sa galerie « Entrée Libre », l’artiste plasticienne Edith Nicot a exposé ses sculptures papier en juin 2013.

Edith Nicot a choisi, depuis plusieurs années, de se consacrer à un seul matériau, le papier. Elle a même fabriqué elle-même du papier.  Aujourd’hui, elle travaille du papier de soie ou de la fibre de mûrier japonais.

En ce qui concerne le premier,  elle s’est trouvé elle-même une méthode (qu’elle garde secrète!) pour le plisser très fin et très serré.  Elle obtient ainsi une rigidité qui lui permet de créer des volumes,  sans autre subterfuge.

Et voici donc des sculptures blanches,  torsadées, enroulées, ourlées, spiralées… Formes abstraites qui évoquent souvent des coquillages ou autres créatures marines.  L’artiste fabrique même des robes avec cette matière.  Et des robes qu’on peut enfiler !!!

Edith Nicot soigne certains de ses encadrements, réalisant de précieux tableautins, tout de blancs vêtus, aux allures fignolées et décoratives, où les reliefs jouent avec la lumière.  Par ailleurs, elle donne à voir des œuvres plus fortes (toujours en papier plissé),  sculptures murales faites de sortes de tubes qui se tordent et s’emmêlent.  Telles des formes de vie primitive qui jailliraient de ci-de là.

Son travail avec le kozo (fibre de mûrier à papier) relève aussi du triturage de la matière!  La fibre est ouverte, aplatie, moulée etc.  Et boules, œufs, visages sont faits à l’aide de cette dentelle obtenue.

Parfois entre art et artisanat (mais où se tient la frontière?) , l’œuvre d’Edith Nicot est des plus douces à contempler .

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Nastia Mallet, Galerie La Source

En avril 2013, la Galerie La Source (Fontaine-les-Dijon) accueillait l’artiste plasticienne Nastia Mallet.

Comme toujours, Nastia Mallet a su créer un climat particulier dans son expo, que l’on ressent dès la porte franchie.  Une ambiance douce, apaisante et fraîche.  Dans la salle du bas,  il y a une unité entre ses toiles, ses aquarelles, ses sculptures et ce qu’elle nomme ses « gnomes et farfadets ».  Unité de teintes, bois et eau.  Unité de thème,  la nature.  Ici, l’esprit de la forêt rôde, bienveillant.  Les arbres sont habités.  Les buissons frissonnent de vies diverses.

Le premier étage révèle la suite de ce petit monde secret.  Les « boîtes  » de l’artiste racontent des histoires,  mettent en scène des instants d’existences.  Travail délicat, féminin, sensible qui réclame qu’on s’attarde devant:  tant de détails à ne pas manquer!  Les petits objets, qu’elle chine de-ci de-là, trouvent leur place dans chaque boîte et se mettent à jouer un rôle insoupçonné… Chacun de ces petits théâtres en miniature a sa propre ambiance bien à lui.

Et les « cires  » de Nastia Mallet sont encore ce qu’il y a de plus  intéressant, à mon avis.  Dans cette matière malléable, elle griffe,  incruste, trace…. Et là encore, il se passe mille choses .  A observer de près!

Cette artiste ne s’est jamais enfermée dans un genre de travail,  ni dans un matériau.  Elle va et vient dans la diversité tout en suivant un fil conducteur qui lui appartient:  son accès à des choses cachées en elle,  en nous.

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