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Julien Chateau , Ramya Chuon, Galerie Axeltae

L’exposition de juin 2014, à la Galerie Axeltae serait-elle son chant du cygne?  J’ai trouvé le maître des lieux, Alexandre,  bien tristounet… Déjà, il ferme tout l’été, échaudé par l’ouverture de l’an dernier en juillet-aout. Et la suite?  On reste évasif.  La rentrée?  On parle du soutien d’une oeuvre d’art éphémère au centre ville. Très bien . Mais la Galerie?  Peut-être survivra-t-elle sous une autre forme… Franchement je serais triste – et je ne serais pas la seule- si ce bel espace fermait ses portes.

En attendant, il fallait aller voir ce que proposent les deux jeunes artistes plasticiens dijonnais sous le titre « Recherches et développement » (bôf, le titre pas alléchant!), Ramya Chuon et Julien Chateau.

En bons plasticiens contemporains qu’ils sont, ces deux garçons se creusent la cervelle. Dans leur atelier dijonnais, ils sont en expérimentation. C’est un « Petit laboratoire de formes potentielles » . (cf leur site).

Donc , ils cherchent. Ils questionnent. Tous les deux s’interrogent en ce moment sur l’idée d’évolution. Scrutant tout ce qui est mutations, transformations et autres métamorphoses. Un travail de scientifique mais qui aboutit à un vrai travail de plasticien (ouf!).  D’ailleurs, Julien Chateau s’intéresse en même temps à l’acte créatif.  Leur oeuvre est en lien avec leur recherche « savante » . Voyez plutôt cette sculpture « évolutive » de Ramya Chuon. C’est un beau volume blanc, teinté de lueurs bleutées, qui évoque une matrice.  On y verrait volontiers un utérus. Ou en tout cas n’importe quelle cavité où se développerait une vie… Il  l’appelle « L’Incubateur ».  Et malgré son harmonie, elle n’est pas terminée. L’artiste lui a déjà ajouté des pièces, et en ajoutera sans cesse d’autres… En effet, cette sculpture est faite d’une quarantaine de petits fragments emboîtés les uns dans les autres. Un puzzle en 3 D.  Et c ‘est une forme en devenir.

Pour prolonger cette oeuvre, l’artiste a placé de grandes toiles abstraites, peintes d’un geste dynamique au brou de noix, et des photos macro, grand format, prises au coeur de « L’Incubateur ». Tout cela est lié. Une belle unité.Chuon

Julien Chateau, lui, joue un peu les démiurges: il fait naître des cristaux et invente des paysages!  Un peu chimique et artificiel, tout ça , mais voilà des choses intéressantes qui se passent! A l’intérieur d’un bocal, qu’il a enfermé dans un haut coffret de sa fabrication, avec astucieux systèmes de protection (températures et lumières), se développe peu à peu une cristallisation. Devant nous, lentement, se forme quelque chose qui ressemble à un minéral.  A l’atelier, l’artiste fait naître aussi des paysages en terrarium. Il les photographie. Le résultat: des images numériques aux cimaises de la Galerie, du plus bel effet, montrant les phases de cette nature qu’il a recréée: un début, telle l’aube d’un monde, une maturité, puis un déclin.

ChateauL’exposition allie des qualités plastiques, ce qui n’est pas pour me déplaire, et des regards réfléchis sur notre rapport au monde, ce qui est habituel en art, actuellement… C’est une exposition séduisante!

Axeltae,  16 rue M.Servet, Dijon. Du mardi au samedi, 14-18h.

 

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