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Joan Mitchell, Vuitton, Paris

A la Fondation Vuitton, à Paris, jusqu’au 27 février, ont lieu deux expositions consacrées à l’artiste américaine (1925-1992) Joan Mitchell. L’une est une formidable rétrospective et l’autre une tentative douteuse de dialogue entre cette artiste et Claude Monet (en tout cas les dernières peintures de sa vie).

Dans un petit film présenté en fin d’exposition, je remarque que Joan Mitchell, interviewée par une journaliste, se révèle assez nerveuse. Cigarette au bout des doigts, elle ne tient pas en place, fait des gestes rapides et souvent saccadés. Elle paraît agacée. Comme si elle perdait son temps. Comme si elle souffrait de ne pas être comprise par les mots. Je me dis que les extraordinaires jaillissements colorés que je viens de voir sur ses toiles témoignent de cette urgence… Joan Mitchell est pressée de dire avec le pinceau ce qu’elle a ressenti (devant un paysage, par exemple). C’est déjà passé. C’était éphémère. Pour l’exprimer, le figer sur la toile, il n’y a qu’un petit moment précieux. Se dépêcher. Extraire ce qui est encore à l’intérieur…Vite… (mais bien!)

J’ai surtout retenu, dans la longue et passionnante chronologie de l’exposition sur Joan Mitchell, les très grands formats et triptyques (ou diptyques ou autre!…) où explosent ces multiples touches, taches, giclées, bouffées, coups de fouet, gifles, coulures… Une jungle, parfois. Ou une finale de feux d’artifice.

Et, malgré la vivacité du geste et l’accumulation de signes colorés lancés avec fougue sur la toile, la composition reste visible. Restez un moment devant tel triptyque et vous sentirez la force du motif central s’alléger, se dégonfler sur les panneaux latéraux… Ou attendez, devant tel grand format, que le fouillis apparent s’organise devant vos yeux et que les tourbillons dévoilent une profondeur à l’arrière… Ou asseyez vous devant un quadriptyque et le souffle lumineux qui part de la gauche vous ébahira par sa force.. Vous vous croirez souvent dans un champ ou dans un bois et vous aurez raison, Joan Mitchell peint, la plupart du temps, des visions de la nature. Mais elle peint ce qui est resté en elle de l’impression qu’elle a eu devant des herbes, des arbres etc. Pas ce qu’a capté son oeil. Voilà!!!! « Impressionniste »!! On arrive à Monet!

Bof! Pas convaincue quand même par le rapprochement de ces deux artistes! Je pense que J. Mitchell a une puissance d’expression bien plus importante, et une capacité à tirer de la vraie poésie de ses rencontres avec la nature.

On a quand même le plaisir d’admirer des oeuvres de Monet de fin de vie qu’on ne connaissait pas (moi en tout cas!) et certaines légèretés de traits qui font en effet penser à ceux de l’américaine!

Cliquez sur les visuels pour agrandir

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