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Galerie Univer, Paris (peinture silencieuse)

En février 2018, la Galerie Univer, de Colette Colla, à Paris (6 cité de l’Ameublement, 11ème) proposait l’exposition « Peinture Silencieuse ». Pierre Buraglio, Philippe Cognée, Didier Hagège, Emmanuelle Mason, Emmanuelle Pérat, Jean-Pierre Schneider. Belle découverte de cette Galerie!

17 h. Je franchis le seuil de la Galerie Univer, la porte est grand ouverte. Pas un chat. Pas un bruit. Je commence timidement à faire grincer le parquet (qu’est-ce qu’il est beau, d’ailleurs!). Je trouble un peu le silence. J’avance. Les oeuvres m’ont accueillie sans animosité, semble-t-il. Elles se taisent. Elles se laissent observer. Je m’aventure un peu plus loin. Toujours personne. J’apprécie beaucoup le lieu:  La Galerie a été aménagée dans un ancien atelier professionnel de cette « cité de l’ameublement » (nom de la rue). Un bel espace qui tourne autour d’un patio. Sympa. Dehors il fait déjà nuit. La rue est vide derrière les vitrines.

Soudain apparaît une adorable jeune femme. Du fond de la Galerie? Oui, sans doute. Elle est confuse, pleine d’excuses. La Galerie est en préparatifs de vernissage pour demain et -vous savez ce que c’est- un tas de détails à régler en dernière minute. N’empêche, elle prend le temps d’expliquer, montrer, guider…Les salles suivantes recèlent quelques trésors de la collection de cette Galerie de Colette Colla (qui restera invisible ce soir-là) et permettent aussi un regard sur d’autres oeuvres des artistes exposés dans la première partie de la Galerie.

Donc, je reviens sur l’expo en cours. Son titre est « Peinture Silencieuse »! Je crois l’avoir étonnamment expérimenté tout à l’heure! Chacun des travaux présentés contient quelque chose comme une absence, ou une disparition, ou un abandon…Et il faut les « écouter » (surtout parce qu’ils sont silencieux)

Dès l’entrée (je dirais, dès la rue) on est happé par la toile « Bibliothèque » de Philippe Cognée. Une grande structure imprécise qui s’enfonce dans un lointain infini. A regarder plus, on distingue des rangées de livres. Un mur de livres qui s’évapore là-bas, au fond du temps. P.CognéeToute proche (vue de la rue aussi), la toile « Ceci n’est pas une chemise noire » de Pierre Buraglio. Etrange sensation de solitude. Ou de présence fantôme. Une peinture merveilleusement avare d’anecdotes. (Dommage pour son titre à la Magritte. La peinture vaut mieux que ça)

Ensuite, j’ai retenu le travail de deux Emmanuelle! E.Pérat utilise le pastel sec pour créer des ambiances immobiles: des lieux délaissés par l’homme (grenier, vieil atelier…). Un côté peinture flamande, avec ses détails bien propres, son réalisme bien précis et, surtout, ses lumières fabuleuses. Une impression bizarre d’irréalité qui contraste avec la perfection parfaite de l’objet peint.E.Pérat E.Mason, elle, donne à voir des estampes, parfois redessinées par-dessus. Des animaux morts. Ce renard (estampe numérique) couché sur le flan, qui semble perdre son corps peu à peu. Qui s’efface du monde des vivants. Un extraordinaire réseau de petits traits fins, enroulés, entortillés, telle une écriture inconnue, compose le dessin. L’artiste fait de même pour évoquer des ruines en Syrie. Un univers qui s’effiloche, qui se dénoue, qui disparaît. (je choisis de mettre un extrait de « Le renard » pour mieux détailler le dessin)E.MasonExtrait

Pardon de ne pas parler de tous les artistes exposés. J’ai dit mes préférences. L’ensemble de cette expo est très cohérent et de belle qualité.

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois, et voir le nom des auteurs

 

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