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Marc Couturier, Entrepôt 9 (Barnoud)

« Bois » est une exposition de Marc Couturier à l’Entrepôt 9 (Galerie Barnoud), 9 bd de l’Europe (angle rue Champeau), Quétigny. Jusqu’au 28 juillet. Du mercredi au samedi 14h30-18h30. Fermé le 14 juillet.

Marc Couturier « voit ». Il voit ce que d’autres ne voient peut-être pas. Il voit ce qui existait là, tout près, dans un bout de planche, un papier sale, une feuille d’arbre, une pierre… ça attendait  qu’on le « voit » et qu’on le sorte de son comas,  que quelqu’un le révèle. C’était là, mais tant que personne ne le remarquait, ne le réveillait, ne le mettait en valeur, ne le transformait en objet à montrer, c’était sans vie. L’artiste a le rôle de le créer, de l’inventer…

Dans la Galerie, au mur blanc, s’alignent des mini cadres, ou plutôt des petites boîtes (forme de boitier photographique) dans le fond desquelles se blottissent des morceaux de planche. Marc Couturier n’est pas intervenu sur eux. Tels quels. Juste recadrés (comme on le fait d’une photo). Des extraits bien choisis. Et ce vieux bois fait apparaître de délicats petits paysages. Illusion parfaite d’une falaise, d’un clocher, d’un village au pied de la montagne…Couturier

Ce travail me touche car, sans avoir l’acuité de l’artiste, moi aussi je suis « voyante » souvent! Mais nous sommes nombreux dans ce cas, non? Certains vieux murs tachés d’humidité, par exemple, sont pour moi de grandes fresques ! Apparaissent formes abstraites et paysages…Et ne parlons pas de ma collection de « cailloux » où je vois tant de choses!

Autre travail de Marc Couturier présenté ici et qui m’a beaucoup intéressée: un grand dessin réalisé directement sur un mur de la Galerie. A la mine de graphite, il a griffonné (ou gribouillé) une page géante de signes qui, plus ou moins denses, finissent par donner l’impression d’un…paysage (on y revient! Même idée). Mais cela pourrait être aussi bien une lettre manuscrite, ou une expression de quelque chose d’impossible à dire ou écrire. Intéressant aussi par le geste de l’artiste qui s’engage totalement dans cette sorte de performance. Il débute en haut à gauche et termine en bas à droite. Entre expérience physique et expérience spirituelle.

 

vu du haut de la galerie

vu du haut de la galerie

couturier3

extrait

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« Feux », cellier de Clairvaux

Jusqu’au 10 juin, des artistes de notre région et des artistes africains (organisation association Bourgogne-Mali) proposent au Cellier de Clairvaux, à Dijon, une expo sur le thème du feu; 14-19h (le week-end 10-19h). A partir du 12 juin, transfert de l’expo à La R’Touche, rue des verriers, Dijon.

Le feu est un thème à multiples facette et ces artistes les ont explorées à qui mieux mieux. Mouvements et couleurs, symboles et allégories, chaleur, vie ou destruction etc. Le feu est un ami ou un ennemi. Chacun l’a interprété à sa façon. D’où peut-être une légère impression de disparate. Mais c’est inévitable avec le rassemblement de plusieurs artistes différents, même réunis autour d’un sujet identique.

Voici, au hasard de ma promenade, la série de Patrick Chatel. Comme huit strophes d’un poème. Braises, flammes, incandescence, fumée… Des cadrages serrés jusqu’au monochrome rouge, au cœur du feu.Patrick Chatel Et voici les petites urnes de Monique Riond, en céramique, prévues sans doute pour la conservation des cendres des arbres qu’on assassine ici et là. Monique RiondVoici aussi, un récit en noir et blanc, celui du photographe Jean-Philippe Jarlaud: le triptyque d’un feu dressé dans la nuit et souligné d’écriture (« cet hiver les avait soudés autour de brasiers insensés »…). Et encore, voici l’étrange scène d’Harrabi Hbyba, violente et passionnée, où quelque chose brule et se déchire, un corps souffre.Harrabi Hbyba Voici les caractères arabes de Ben Nabhan Brahim, bandelettes d’écriture, prières sur couleur de feu. Voici, dans son archéologie de l’imaginaire, l’oiseau de feu de Fabienne Adenis, né (ou tué) par le feu.Fabienne Adenis

Odile Massard, Eliane Martinand, Ahlem Dabbour, Fabienne Durupt, Evelyne Lagnien, Bruno Chevreau... m’ont interpellée également .

Et j’ai découvert l’artiste qui crée de délicates poupées (pièces uniques), Laurence Ruet. Modelage, peinture, couture… et voici d’énigmatiques enfants aux yeux rêveurs et à la moue boudeuse qu’on n’oserait pas déranger dans leur histoire si intime. Mais bien séduisants, ces enfants!Laurence Ruet

Les textes qui accompagnent les œuvres exposées sont souvent sensibles, poétiques et personnels. Bien ! Bien!

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Les Nymphéas et l’abstraction américaine, Paris

A L’Orangerie, jardin des Tuileries, à Paris, une intéressante exposition rapproche les Nymphéas (Monet, of course) et l’abstraction américaine des années 50. Jusqu’au 20 août.  9-18h. Fermé le mardi.

Depuis quelques temps, dans les expos d’art, c’est la mode de tenter de comparer, de rapprocher, de trouver des ressemblances, des influences…Parfois, c’est tiré par les cheveux! Ici, avec ce Monet qui aurait ouvert la voie de l’abstraction, et en particulier chez les peintres américains, on ne sent pas trop l’exercice périlleux et gymnastique! Ou alors, on se laisse facilement convaincre.Kelly Kelly (premier tableau à l’entrée de l’expo, « tableau vert ». Photo ci-dessus) est le seul qui se réclame vraiment de Monet… Les autres ne font que peindre à sa manière, peut-être inconsciemment. Soudain, leurs toiles respirent la couleur au détriment de la forme, créent une immersion dans un espace, suppriment les repères, font couler la peinture, font des taches, des éclaboussures et oublient la représentation d’un sujet…La filiation avec Monet n’est pas évidente. Son influence, bien hasardeuse. Mais c’est intéressant de chercher les point communs. Ce sont finalement les critiques d’art (tel Clément Greenberg) qui ont souvent analysé ces affinités entre les abstraits américains et les impressionnistes, particulièrement Monet dans ses oeuvres ultimes.

J’étais contente, en fait, de revoir les Nymphéas. Ces grands panneaux présentés en salles circulaires, ces impressionnants cadrages et vues rapprochés. Ce travail acharné d’un pinceau qui va et vient, qui tourne, qui superpose, qui compose sans lignes et sans dessin. Sacré jardin d’eau de Giverny!

Nymphéas (extrait)

Nymphéas (extrait)

Côté américains, de belles choses abstraites. Rothko, Pollock, Morris Louis, Mark Tobey, Sam Francis…Morris Louis Toutes ces surfaces picturales qui sont autant d’espaces infinis où il se passe plein de choses… Ces parcours offerts au regard, mais dont l’esprit s’empare: des passages dans les profondeurs, des glissements en surface, des vibrations… On est entre sensations physiques et émotions.Sam Francis

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Gaëlle Chotard, Drawing Lab, Paris

Au sous-sol du Drawing Hôtel, rue Richelieu, à Paris, se tiennent régulièrement des expositions de dessins que je qualifierais d’expérimentales.  Celle en cours présente le travail de Gaëlle Chotard. A voir jusqu’au 16 juin. Titre de cette expo: « Ce qui me traverse » (tiré de vers d’Aragon dans le « Fou d’Elsa »).

Ici, la feuille de dessin, c’est la salle. Grande salle aux murs blancs. L’artiste a tracé, étiré, emmêlé et griffonné. Elle a relié, affiné, traversé, quadrillé, et levé la main pour stopper, puis elle a repris… Au bout de ses doigts, du fil métallique en guise de crayon.

La page blanche, c’est la salle vide. L’artiste dessine dans ce volume. Mais elle se fait discrète. Elle est modeste dans son geste d’occuper l’espace. Elle lui laisse la place. Le vide de la pièce est libre de jouer son rôle, de soutenir, de révéler, de faire voir les traits tracés par l’artiste. C’est une collaboration entre eux.

La petite salle voisine montre des dessins à l’encre de Chine. Des croquis, des lavis qui se répondent avec l’installation de la première salle. Qui se font écho, qui résonnent, qui s’appellent.G.Chotard1 L’ensemble construit une oeuvre unique. A laquelle viennent se marier les ombres (première salle). Elles aussi sont dans l’oeuvre. Tout un jeu de projections et de doubles qui viennent animer murs et plafond. (Cet exercice est à son comble dans une autre petite salle,  obscure celle-ci).G.Chotard2

Les créations de Gaëlle Chotard, arachnéennes, sont à la fois dans l’infiniment petit et dans l’extension de l’univers infiniment…infini. Intérieur du corps humain, avec ses réseaux et ses noeuds. Ou lointains galactiques avec ses myriades et ses mouvements géants. C’est ce que tout cela nous évoque. Mais, de toute façon, on est dans l’émotion pure.

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Pierre Merlier, à L’Hostellerie

Jusqu’au 1er juillet, à La Chartreuse, dans l’espace d’exposition L’Hostellerie (parc, non loin du puits de Moïse) est présentée une rétrospective de Pierre Merlier. Mardi, mercredi, samedi, dimanche, 13h30-17h30.

Une humanité foisonnante. Tout un petit peuple de personnages, ou monstrueux ou plus vrais que vrais. Une forêt de créatures impressionnantes… Voilà ce qui vous attend à L’Hostellerie. Pierre Merlier, mort à 85 ans l’an dernier, fut un artiste à part, hors étiquette, hors mode. Il attaquait à la gouge ou à la tronçonneuse les troncs d’arbres, les branches, les souches. Il sculptait avec fougue. Et il a ainsi donné naissance à une foule insensée de centaines de personnages qui révèlent l’image qu’il avait de notre société. Son côté observateur, mais aussi révolté, critique, canaille…Merlier3

Quelques sculptures sont « calmes ». Mais la plupart sont grotesques, clownesques, tonitruantes, fantasmagoriques. La rétrospective de la Chartreuse en montre un grand nombre, reflétant bien son travail. (Encore que le côté érotique ne soit pas trop montré!).

Il y a une catégorie de ses personnages qui évoque des caricatures. Des célébrités (Hitler, de Gaulle…) ou pas. Quelle virtuosité du trait! Taillés dans le bois, souvent grossièrement, et pourtant, des portraits d’une justesse et d’un drôle! Merlier1Il y a une autre catégorie, celle des misères de notre corps! La vieillesse, la laideur… Pas de concession. On est tous moches! Pierre Merlier s’amuse à flétrir les peaux, à faire tomber les seins et balloter les cuisses! Et les tronches… N’en parlons-pas! Mais parfois tant de tendresse… Dans la catégorie des êtres fantastiques, c’est varié: des corps à plusieurs visages, des racines à la place du visage, des visages doubles (cubistes!), des animaux posés au sommet de la tête, des géants, des nains, des E.T., des grenouilles humaines… Et puis il y a les petites dames bourgeoises, les couples, les mamans, les messieurs sérieux etc. Et tous ces grands yeux qui vous regardent!Merlier2

Cette exposition montre aussi quelques intéressantes peintures de Pierre Merlier et des bas-reliefs.

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La peinture, au FRAC

Aux Bains du Nord (FRAC Bourgogne), 16 rue Quentin, Dijon, l’exposition jusqu’au 30 juillet s’intitule « La peinture en apnée ». Du mercredi au dimanche, 14h30-18h; samedi, 11-13h et 14-18h.

Je trouve que le FRAC Bourgogne fait bien des gorges chaudes de son expo actuelle, dans sa communication, ses commentaires, son titre (en apnée). Certes, c’est de la peinture. Oui, et alors? Rien de vraiment extraordinaire, à mon avis. La peinture, contrairement à ce qu’on a pu dire ici ou là, n’a jamais disparu de la scène artistique. Ce n’est pas « la peinture, le retour ». Il n’y a pas, je crois, à se glorifier d’avoir réussi une expo contemporaine de peintures…A.Château

Je suis bien sûr ravie de voir des peintres exposer, mais je vous assure que je n’ai pas une seconde cessé de respirer au cours de ma visite… Intéressée, ça oui. Touchée, parfois. Dubitative ou surprise, souvent. Mais asphyxiée, non…

Ici, que des artistes dijonnais, ou qui ont un rapport intime avec Dijon. C’est sympa. Mais, là non plus, pas à s’en taper le derrière par terre.

Chacun d’eux a un rapport  à la peinture différent.  C’est ça qui est passionnant. Ils utilisent le même médium. Mais pas toujours dans le même but. Que les techniques soient diverses et variées, bon, on est habitués. Mais que la façon d’envisager la peinture ne soit pas la même… ça c’est intéressant. Il faut dire aussi que différentes générations d’artistes sont représentées. Belle confrontation.Tursic et Mille

La peinture, en tout cas, ne sert pas à décorer ou à faire joli dans mon salon. Tout le monde, ici, est d’accord. Les rôles qu’on lui fait jouer sont autres. On la torture, on la questionne, on la fait crier, se révolter…On la détourne, on la retourne, on l’exploite, on la déguise…On s’en fait une amie, une amante, une complice… On la fouille, on la teste, on la pousse dans ses derniers retranchements…Ming

Cécile Bart la met à plat sur le mur, puis, lui superpose un tableau (histoire de distances, de surfaces). Ida et Wilfried recyclent avec elle des images de magazines, de sites internet et autres photos (le dit de démontrer une certaine réalité moderne). Gentaro Murakami, grâce à elle, regarde des films d’un autre point de vue. Antoine Chateau se fait lyrique en sa compagnie. Annick David sait qu’elle a un coeur qui bat pour nous (« elle », c’est toujours la peinture! Vous suivez?). Ming l’habille de politique et d’Histoire.

A.DavidPour n’en citer que quelques uns.

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Philippe Monnot, à L’Encadreur

L’Encadreur, 30 rue Charrue, Dijon, accueille dans sa boutique pour cette fin d’année, le sculpteur Philippe Monnot de la Nièvre. Tout en carton! Une belle découverte! (du mardi au samedi, 9-12h15, 14-19h15)

l'écorché

l’écorché

Des petits bouts, des gros bouts. Que des morceaux de carton recyclé (armature en zinc? à vérifier…). Un travail d’assemblage, de puzzle, de collage, de montage… mais bref, de sculpture! Philippe Monnot expose un gorille géant (il a été obligé malheureusement de ne mettre que le tronc, la bête entière mesure plus de 2 m et ne passait pas la porte!). Quelle allure! Géante aussi sa tête de taureau. Un beau trophée sur le mur! Et l’écorché, et Mickel Jackson… Certaines pièces ont été peintes de telle sorte que l’on soit trompé sur le matériau! On croirait du métal! Bien vu!   Je crois que cet artiste a l’habitude de sculpter des animaux, des hommes lapins etc, mais pas forcément dans cette matière cartonnée! C’est assez étonnant à voir.

gorille, extrait (le cri!)

gorille, extrait (le cri!)

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je note: vu des sculptures en matériaux de récup d’un certain Dominic Gubb (Pays de Galle) , ceux en carton ressemblaient étrangement à ceux de PH. Monnot.

Des Chinois chez Vuitton (et autres…), Paris

La Fondation Louis Vuitton, à Paris, a reçu des artistes chinois contemporains, mais j’ai manqué cette exposition « Bentu », qui se terminait le 2 mai, et je le regrette. Par contre, dans la Collection, j’ai pu voir dernièrement quelques chinois malgré tout (jusqu’au 29 août). Et j’en étais ravie, non parce qu’ils sont de Chine! Mais parce que leur travail de plasticiens m’intéresse !   Et j’ai un ou deux autres petits commentaires à faire à propos de ma visite à Vuitton.

D’abord, Yan PeiMing, notre dijonnais!! Un magnifique diptyque et une grande toile sombre m’ont donné la chair de poule. J’ai oublié le titre de cette dernière. C’est l’Acropole d’Athènes sous un ciel très tourmenté et couvert d’oiseaux de mauvaise augure. Comme toujours avec Ming, je stoppe un moment devant cette peinture noire. Je ne vois pas grand chose. Du noir. Mais, peu à peu, je distingue une lueur ici, un filet de lumière là-bas, une étendue « liquide » au premier plan… Et puis, il y a de plus en plus d’oiseaux dans le ciel!  Des nuées, que je n’avais pas distinguées au premier abord. Inquiétante toile (et prémonitoire? Elle date de 2012. La Grèce n’avait pas encore sombré). Superbe toile inspirée. Brossée d’un geste ample. Pratiquement monochrome, mais bouillonnante de forces vives.

A côté, deux toiles aux bleus sombres, intitulées « Les temps modernes ». Celle de droite: dans la nuit, une foule de personnes est rassemblée, en cercle, autour d’une zone lumineuse (ou est-ce simplement la lune que l’on devine au creux des nuages et qui dirige ses rayons au sol ?). Silhouettes d’errants, de revenants…? Cérémonie de sorcellerie? Ces humains semblent ensuite s’engager sur un chemin qui serpente jusqu’à un horizon très lointain (Ah! les profondeurs des peintures de Ming!). Ont-ils manqué cette petite maison, aux allures de chapelle éclairée, qui les attendait dans l’obscurité, entre les arbres? (tableau de gauche). En tout cas, des humains bien paumés… Cette toile est profondément silencieuse et mystérieuse.Ming

Zhang Huan m’a également beaucoup impressionnée avec ses peinture et sculpture réalisées au moyen de cendres d’encens récoltées dans les temples bouddhistes. En particulier « Sudden Awakening », belle tête de bouddha au crâne ouvert d’où s’échappe une fumée d’encens.Huan

Zhang Xiaogang, lui aussi, ne laisse pas indifférent avec son oeuvre « My Ideal ». Il a réalisé une série d’enfants, peinture et sculpture, nus à partir de la taille, laissant voir leur sexe, habillés d’uniformes qui révèlent une classe sociale ou une profession. Attitudes figées, fidèles à l’image d’une éducation embrigadée. Sur la toile, grise, lisse (avec seules couleurs rouge d’un corps et vert d’un costume), le regard de ces gamins déguisés en adultes est affolant. Il glace.Xiaogang extrait

Enfin, Ai Weiwei a posé son « Tree » dans une salle, grand arbre reconstitué, fabriqué avec plusieurs tronçons de bois. Il a quelque chose de dramatique ce blessé, ce greffé, ce végétal mi-réel mi-artificiel…

Je ne parle pas du reste, pour ne pas paraître trop bavarde, et parce que ce sont des oeuvres moins proches de mes goûts.

Passons aux artistes non chinois!!! (entre Monumenta et Collection, cette journée parisienne fut chinoise!). Le sieur Buren a oeuvré in situ sur la Fondation Vuitton… Et le fier vaisseau blanc de M. Gehry a soudain perdu de son élégance et de sa classe! 3 600 vitres ont été recouvertes de filtres colorés, comme d’habitude avec Buren. 13 couleurs tout ce qu’il y a de primaire. D’où un Arlequin sans grâce, voire vulgaire et réducteur (on a l’impression que cette belle architecture a un peu rétréci) Allez…. Il faut dire que le jour de ma visite, il pleuvait et que l’oeuvre manquait de lumière solaire… Allez!Buren-Gehry

Au sous-sol de la Fondation (Grotto), par contre, une belle découverte!  Olafur Eliasson a installé « Inside the Horizon » (je ne l’avais encore pas vu) et c’est un jeu extraordinaire de reflets, de lignes de fuite et de fuites de lignes! Son alignement de colonnes à miroirs et à mosaïque jaune soleil, le long de la « rivière », donne des perspectives variées à l’infini. Un rêve pour les photographes!Eliasson extrait

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