Facebook

Un peu partout en Europe

Longtemps que je n’ai pas écrit sur mon blog! Je livre aujourd’hui un échantillon de chacune de mes visites (art plastique, quoique ces vadrouilles diverses n’avaient pas spécialement l’art pour but…Mais on en profite!) faites ces temps-ci en France et ailleurs!

-Saint-Pétersbourg, first. Le Musée russe a eu ma visite. Plaisir de voir Kadinsky ou Malevitch! Puis de passer (vite) devant des peintures bien soviétiques…Mais surtout un régal devant quelques peintures sur bois de l’ancienne Russie (XIIIè-XVIème siècle)primitif

Le gigantesque musée de l’Hermitage a eu aussi ma visite. Entre des dizaines de galeries d’apparat, d’escaliers d’honneur et de salles archi dorées… Entre quelques beaux Bellini, Goya, Le Greco, Rembrandt…Entre des troupeaux de touristes chinois,  russes ou européens… J’ai eu la chance de voir une expo de A. Kiefer (et dans ces salles-là, les foules avaient presque disparu!!)

Anselm Kiefer a réalisé ces peintures spécialement pour l’Hermitage, en l’honneur du poète russe V. Khlebnikov. Oeuvres presque toutes très grand format. Impressionnantes. Toujours des paysages d’une terrifiante beauté où règnent éternellement des vestiges de guerres (réels ou fantômes)Kiefer

-Budapest, ensuite. Dans le jardin de la Grande Synagogue, une sculpture de Imre Varga s’intitule « saule pleureur » ou « arbre de vie ». Un arbre métallique. Chacune de ses feuilles porte le nom d’une victime de la Shoah (oeuvre en partie financée par l’acteur Tony Curtis, d’origine hongroise). VargaEt dans le petit cimetière contigu, où reposent 7000 juifs tués ici, une sculpture très émouvante se dresse sur un monument érigé en leur honneur. Je n’ai pas le nom de l’auteur.cimetièreSynagogue

-Londres, pour continuer! Je ne voulais pas louper un passage à la Modern Tate! Imposant lieu d’art contemporain installé dans une ancienne centrale électrique. Une collection relativement légère en nombres d’oeuvres (mais haute qualité!).  J’ai noté en vrac Matisse, Richter, Soulage, Kapoor, Bonnard, Rothko, Penone… L’installation qui a retenu mon attention est celle de l’artiste polonaise Magdalena Abakanowicz, « Material and objects 9″. Un immense dépôt de sculptures molles, telles des momies, ou des roches, ou des embryons, ou des sacs de jute… Chaos, éboulis…Ou quelque chose d’organique, d’où la vie a disparu ou n’a pas encore jailli. Magdalena

Collioure, eh oui! France! Vu Augustin Hanicotte (1870-1957) avec une intéressante vision simple de la vie quotidienne du port de Collioure. Un témoignage. Une fresque vivante et naïve, un peu à la flamande. Mon préféré: un grand tableau de gouache et aquarelle sur papier kraft.Hanicotte

 -Narbonne, aussi! Me suis assise sur le banc géant de Lilian Bourgeat, l’artiste  dijonnais. Une des oeuvres de ses fragments urbains surdimensionnés.Bourgeat

 Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois, et voir le nom des auteurs

 

Micheline Jacques, Chartreuse

A l’espace exposition (mal indiqué, dans le parc de La Chartreuse, à Dijon, dans un bâtiment ancien à droite du puits de Moïse), Micheline Jacques présente ses  « Errances ». Jusqu’au 2 juillet. mardi mercredi samedi dimanche, 13h30-17h) A voir.M.Jacques3Ce qui m’intéresse dans une oeuvre d’art, c’est souvent la richesse des échos qu’elle engendre. Et, avec cette expo de Micheline Jacques, je suis gâtée. Ses étranges sculptures de textile ont à voir avec l’attente, le silence, l’enfermement, la misère, la solitude, la souffrance, la spiritualité, les traditions antiques, les cultures de contrées lointaines, les cultes funéraires     etc etc.

L’installation est très réussie. Elle a su occuper le lieu. D’une pièce à l’autre, le visiteur côtoie cette foule de personnages muets et immobiles mais terriblement présents. Ils en sont gênants. Dérangeants.M.JacquesMendiants? Migrants? Prisonniers? Pestiférés? Esclaves? Fugitifs?   Voilà pour ceux qui gisent à terre, épuisés, douloureux.M.Jacques4Prêtres? Sages? Chefs Touaregs? Shamans?  Voilà pour ceux qui trônent, assis sur des estrades, comme détenteurs d’un pouvoir ou d’une connaissance suprême.

Et puis, il y a des gisants en position verticale, des corps momifiés recroquevillés, des couples debout métamorphosés en statues, des figures (femmes?) étouffées par un voile rouge sang…M.Jacques2Le matériau utilisé par cette artiste est essentiellement le bas nylon (assorti de mousse et de divers tissus). Les créations plastiques obtenues sont à la fois belles, troublantes et « pleines » (de significations profondes que chacun pourra interpréter à sa guise). Une fois de plus, l’art textile démontre sa puissance d’expression, ses possibilités innombrables.

L’expo montre des textes de l’artiste elle-même et d’écrivains qui prolongent fort bien le travail présenté.

Je n’en dirai donc pas davantage. C’est d’ailleurs presque trop facile d’écrire  des discours là-dessus…(parfois, je préfère des oeuvres qui me laissent bouche bée et page blanche! des oeuvres qui me demandent une forte descente en moi même pour trouver les mots qui lui conviendraient! et j’aime alors cette quête qui me permet de mieux cerner l’oeuvre en question… )

Les dessins à l’encre de Chine de Micheline Jacques accompagnent admirablement l’expo. Encadrés de carton…Superbes.

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

 

La peinture, au FRAC

Aux Bains du Nord (FRAC Bourgogne), 16 rue Quentin, Dijon, l’exposition jusqu’au 30 juillet s’intitule « La peinture en apnée ». Du mercredi au dimanche, 14h30-18h; samedi, 11-13h et 14-18h.

Je trouve que le FRAC Bourgogne fait bien des gorges chaudes de son expo actuelle, dans sa communication, ses commentaires, son titre (en apnée). Certes, c’est de la peinture. Oui, et alors? Rien de vraiment extraordinaire, à mon avis. La peinture, contrairement à ce qu’on a pu dire ici ou là, n’a jamais disparu de la scène artistique. Ce n’est pas « la peinture, le retour ». Il n’y a pas, je crois, à se glorifier d’avoir réussi une expo contemporaine de peintures…A.Château

Je suis bien sûr ravie de voir des peintres exposer, mais je vous assure que je n’ai pas une seconde cessé de respirer au cours de ma visite… Intéressée, ça oui. Touchée, parfois. Dubitative ou surprise, souvent. Mais asphyxiée, non…

Ici, que des artistes dijonnais, ou qui ont un rapport intime avec Dijon. C’est sympa. Mais, là non plus, pas à s’en taper le derrière par terre.

Chacun d’eux a un rapport  à la peinture différent.  C’est ça qui est passionnant. Ils utilisent le même médium. Mais pas toujours dans le même but. Que les techniques soient diverses et variées, bon, on est habitués. Mais que la façon d’envisager la peinture ne soit pas la même… ça c’est intéressant. Il faut dire aussi que différentes générations d’artistes sont représentées. Belle confrontation.Tursic et Mille

La peinture, en tout cas, ne sert pas à décorer ou à faire joli dans mon salon. Tout le monde, ici, est d’accord. Les rôles qu’on lui fait jouer sont autres. On la torture, on la questionne, on la fait crier, se révolter…On la détourne, on la retourne, on l’exploite, on la déguise…On s’en fait une amie, une amante, une complice… On la fouille, on la teste, on la pousse dans ses derniers retranchements…Ming

Cécile Bart la met à plat sur le mur, puis, lui superpose un tableau (histoire de distances, de surfaces). Ida et Wilfried recyclent avec elle des images de magazines, de sites internet et autres photos (le dit de démontrer une certaine réalité moderne). Gentaro Murakami, grâce à elle, regarde des films d’un autre point de vue. Antoine Chateau se fait lyrique en sa compagnie. Annick David sait qu’elle a un coeur qui bat pour nous (« elle », c’est toujours la peinture! Vous suivez?). Ming l’habille de politique et d’Histoire.

A.DavidPour n’en citer que quelques uns.

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois (et voir le nom des auteurs)

 

 

 

Philippe Monnot, à L’Encadreur

L’Encadreur, 30 rue Charrue, Dijon, accueille dans sa boutique pour cette fin d’année, le sculpteur Philippe Monnot de la Nièvre. Tout en carton! Une belle découverte! (du mardi au samedi, 9-12h15, 14-19h15)

l'écorché

l’écorché

Des petits bouts, des gros bouts. Que des morceaux de carton recyclé (armature en zinc? à vérifier…). Un travail d’assemblage, de puzzle, de collage, de montage… mais bref, de sculpture! Philippe Monnot expose un gorille géant (il a été obligé malheureusement de ne mettre que le tronc, la bête entière mesure plus de 2 m et ne passait pas la porte!). Quelle allure! Géante aussi sa tête de taureau. Un beau trophée sur le mur! Et l’écorché, et Mickel Jackson… Certaines pièces ont été peintes de telle sorte que l’on soit trompé sur le matériau! On croirait du métal! Bien vu!   Je crois que cet artiste a l’habitude de sculpter des animaux, des hommes lapins etc, mais pas forcément dans cette matière cartonnée! C’est assez étonnant à voir.

gorille, extrait (le cri!)

gorille, extrait (le cri!)

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

je note: vu des sculptures en matériaux de récup d’un certain Dominic Gubb (Pays de Galle) , ceux en carton ressemblaient étrangement à ceux de PH. Monnot.

Des Chinois chez Vuitton (et autres…), Paris

La Fondation Louis Vuitton, à Paris, a reçu des artistes chinois contemporains, mais j’ai manqué cette exposition « Bentu », qui se terminait le 2 mai, et je le regrette. Par contre, dans la Collection, j’ai pu voir dernièrement quelques chinois malgré tout (jusqu’au 29 août). Et j’en étais ravie, non parce qu’ils sont de Chine! Mais parce que leur travail de plasticiens m’intéresse !   Et j’ai un ou deux autres petits commentaires à faire à propos de ma visite à Vuitton.

D’abord, Yan PeiMing, notre dijonnais!! Un magnifique diptyque et une grande toile sombre m’ont donné la chair de poule. J’ai oublié le titre de cette dernière. C’est l’Acropole d’Athènes sous un ciel très tourmenté et couvert d’oiseaux de mauvaise augure. Comme toujours avec Ming, je stoppe un moment devant cette peinture noire. Je ne vois pas grand chose. Du noir. Mais, peu à peu, je distingue une lueur ici, un filet de lumière là-bas, une étendue « liquide » au premier plan… Et puis, il y a de plus en plus d’oiseaux dans le ciel!  Des nuées, que je n’avais pas distinguées au premier abord. Inquiétante toile (et prémonitoire? Elle date de 2012. La Grèce n’avait pas encore sombré). Superbe toile inspirée. Brossée d’un geste ample. Pratiquement monochrome, mais bouillonnante de forces vives.

A côté, deux toiles aux bleus sombres, intitulées « Les temps modernes ». Celle de droite: dans la nuit, une foule de personnes est rassemblée, en cercle, autour d’une zone lumineuse (ou est-ce simplement la lune que l’on devine au creux des nuages et qui dirige ses rayons au sol ?). Silhouettes d’errants, de revenants…? Cérémonie de sorcellerie? Ces humains semblent ensuite s’engager sur un chemin qui serpente jusqu’à un horizon très lointain (Ah! les profondeurs des peintures de Ming!). Ont-ils manqué cette petite maison, aux allures de chapelle éclairée, qui les attendait dans l’obscurité, entre les arbres? (tableau de gauche). En tout cas, des humains bien paumés… Cette toile est profondément silencieuse et mystérieuse.Ming

Zhang Huan m’a également beaucoup impressionnée avec ses peinture et sculpture réalisées au moyen de cendres d’encens récoltées dans les temples bouddhistes. En particulier « Sudden Awakening », belle tête de bouddha au crâne ouvert d’où s’échappe une fumée d’encens.Huan

Zhang Xiaogang, lui aussi, ne laisse pas indifférent avec son oeuvre « My Ideal ». Il a réalisé une série d’enfants, peinture et sculpture, nus à partir de la taille, laissant voir leur sexe, habillés d’uniformes qui révèlent une classe sociale ou une profession. Attitudes figées, fidèles à l’image d’une éducation embrigadée. Sur la toile, grise, lisse (avec seules couleurs rouge d’un corps et vert d’un costume), le regard de ces gamins déguisés en adultes est affolant. Il glace.Xiaogang extrait

Enfin, Ai Weiwei a posé son « Tree » dans une salle, grand arbre reconstitué, fabriqué avec plusieurs tronçons de bois. Il a quelque chose de dramatique ce blessé, ce greffé, ce végétal mi-réel mi-artificiel…

Je ne parle pas du reste, pour ne pas paraître trop bavarde, et parce que ce sont des oeuvres moins proches de mes goûts.

Passons aux artistes non chinois!!! (entre Monumenta et Collection, cette journée parisienne fut chinoise!). Le sieur Buren a oeuvré in situ sur la Fondation Vuitton… Et le fier vaisseau blanc de M. Gehry a soudain perdu de son élégance et de sa classe! 3 600 vitres ont été recouvertes de filtres colorés, comme d’habitude avec Buren. 13 couleurs tout ce qu’il y a de primaire. D’où un Arlequin sans grâce, voire vulgaire et réducteur (on a l’impression que cette belle architecture a un peu rétréci) Allez…. Il faut dire que le jour de ma visite, il pleuvait et que l’oeuvre manquait de lumière solaire… Allez!Buren-Gehry

Au sous-sol de la Fondation (Grotto), par contre, une belle découverte!  Olafur Eliasson a installé « Inside the Horizon » (je ne l’avais encore pas vu) et c’est un jeu extraordinaire de reflets, de lignes de fuite et de fuites de lignes! Son alignement de colonnes à miroirs et à mosaïque jaune soleil, le long de la « rivière », donne des perspectives variées à l’infini. Un rêve pour les photographes!Eliasson extrait

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois, et connaître les noms d’auteurs