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Le choix du mois, juin 17, Kiefer

C’était à Saint-Petersbourg, et nous visitions au pas de course le musée de l’Ermitage avec Katia, notre guide francophone. Soudain, je stoppe. Devant moi, l’entrée d’une salle d’exposition temporaire. Anselm Kiefer! La visite touristique, évidemment, ne prévoyait pas de passer par là. Qu’importe. J’entre, en suppliant amis et guide de m’attendre un peu. Visite éclair mais que d’émotion!

Il s’agit de la première exposition solo de Kiefer en Russie. Elle se tient jusqu’au 3 septembre. Il l’a conçue spécialement pour le Grand Hall Nicolas de l’Ermitage. Les toiles sont inspirées par le poète russe Khlebnikov.

Kiefer1Puissantes peintures grand format, toujours chargées de matière et de matériaux divers. Paysages de désolation, sans couleurs vives, avec les blessures et cicatrices de guerre qui ne peuvent disparaître. Même si elles sont à l’état de fantômes. L’artiste reste hanté par le nazisme, les guerres, la violence. Des toiles montrent des tours enfumées qui pourraient rappeler le 11 septembreKiefer2 Des sous-marins de guerre, incongrus, disproportionnés (miniature), apparaissent partout dans les paysages. La nature semble vouloir avaler ces souvenirs douloureux, et la vie va reprendre… Kiefer4

Le poète par lequel Kiefer est ici inspiré était aussi un mathématicien. Par quelques calculs étranges et visionnaires, il avait annoncé la guerre de 14 et la Révolution de 17. Il disait que le poète se doit d’être un messie, un prophète. Il partageait avec Kiefer l’idée que le temps se répète en développements cycliques et circulaires. Tous deux croient aux cycles biologiques. Et tous deux cherchent une vision complète du monde, croyant à la place que tient l’être humain dans le cosmos.

J’ai éprouvé à nouveau, comme dans les expos parisiennes d’Anselm Kiefer, cette sensation de force qui nous dépasse, de peinture toute puissante qui va bien au-delà d’un travail de peintre. Ce sont des cris, des gestes, des actes…

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Le choix du mois, avril 17, Drawing Lab

Avec retard, mon blog étant tombé dans le coma (merci à Bastien pour l’opération chirurgicale réussie!), voici mon choix du mois d’avril 2017:

Ce mois-ci, j’ai découvert à Paris, rue Richelieu un chouette lieu qui réunit un hôtel de luxe, une boutique en son rez-de-chaussée et une salle d’expo au sous-sol. Le tout sous l’intitulé de Drawing (drawing hôtel, drawing shop et drawing lab) Cet ensemble, consacré donc au dessin, existe seulement depuis février. (cf article du « M » samedi 6 mai, p.65-67)

Je n’ai pas osé monter dans les 5 étages de l’hôtel 4 étoiles et je m’en mords les doigts aujourd’hui. Des artistes ont en effet eu carte blanche pour sols, plafonds, murs, chambres etc. Il paraît que, même si pas clients, on peut accéder à tout cela …. Je tenterai une visite gratuite une prochaine fois!

A l’accueil (sourires) on croise quelques carnets, crayons, feuilles, feutres… La boutique du tout pour dessiner. Belle qualité.

Enfin, le meilleur! Le sous-sol est un vaste espace blanc pour accueillir 4 expositions par an. Avec le but de promouvoir le dessin contemporain, de permettre les expérimentations dans ce domaine. L’artiste actuel qui s’approprie l’espace est le japonais Keita Mori. « Strings » est le titre de son installation. Jusqu’au 20 mai.

Au sol, quelques rares pièces de tissu (chemise ou couverture) semblent se détricoter et filer.  Les fils de leur existence s’étirent ensuite jusqu’aux murs et plafonds et y tracent des dessins… Ces fils de soie ou de coton occupent toutes les surfaces, réalisant comme des croquis d’architectes, des plans de bâtiments ou de cités imaginaires. Les traits sont fins et très discrets (collés ou agrafés). Pourtant, ces grands aplats donnent l’illusion de volume parfois. Et, d’ailleurs, les fils quittent la surface de temps en temps pour traverser l’espace, rejoindre le mur d’en face ou la pièce d’à côté. Il y a une circulation. Un réseau. Des connexions.K.Mori

Keita Mori donne aussi à voir une vidéo en pièce noire réalisée par Alexander Murphy.  Quatre mains tissent, tricotent, enlacent et nouent un fil. Des dessins se forment et se déforment dans l’air . Blanc sur fond noir. C’est aussi du dessin. En trois dimensions. C’est aussi la chorégraphie d’une ligne dans l’espace.video

Ce travail du trait sans crayon ni papier réinvente un peu le dessin. A suivre les prochains essais en  laboratoire!

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Le choix du mois (2), mars 17, B.Flachot

Deuxième choix du mois de mars! Vu dans la galerie Felli, à Paris (127 rue vieille du Temple) le travail de Bertrand Flachot. Jusqu’au 16 avril. 

Flachot L’obsession du trait! Bertrand Flachot trace des lignes et des lignes, des milliers de lignes. Fines. Aériennes. Elle finissent par former des nuages, des vapeurs, des fumées qui se déplacent comme des fantômes. Elles s’échappent des objets. Indépendantes, libérées. Et elles envahissent les surfaces et les volumes. Telles des racines bouffeuses de vie. Flachot3L’artiste associe photos et dessins. Il habille les clichés de lignes griffées, griffonnées…(des paysages, des chaises, des livres, des hommes, des arbres…)

Quand elles couvrent entièrement les pages de cahiers, qu’elles les noircissent totalement,  puis qu’elles s’envolent, elles pourraient bien être une écriture…

Tout cela est assez fascinant.

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Le choix du mois (1), mars 17, Archivolte

Deux choix du mois cette fois! Le premier concerne un spectacle que j’ai vu à l’Athénéum, à Dijon début mars: « Archivolte » J’ai écrit un texte en sortant. Le voici:

Une création de David Séchaud

« Archivolte » tient de la performance, du cirque, du théâtre, de l’art plastique…

Sur scène, pendant l’installation des spectateurs, David s’échauffe. Déjà, le hasard joue son rôle. David désigne au lance pierre l’activité qu’il va faire : étirements, pompes, poirier etc.

Petits sourires dans la salle.

Le spectacle débute. Vraiment ? Pas sûr. Un peu floue la frontière !

On n’a pas fini d’être dans le doute avec cette petite troupe « Placement Libre ». C’est un de ses charmes !

Bon, après une brève et très sérieuse présentation de l’équipe et du sujet, l’entraînement de David va se poursuivre. Cette fois, c’est côté mental. David entre en lui-même, guidé par François qui joue les coachs rigoureux. On ne rigole pas.

Quand même, là, les choses commencent à se craqueler tout doucement. A quelques indices, le public se met à hésiter : ce n’est peut-être pas aussi sérieux que ça !

Et la pièce s’emballe. Monte en puissance. Le public se laisse embarquer, rit, s’inquiète… Parfois ne sait plus sur quel pied danser… Etait-elle au programme cette chute de néons ? Improvisent-ils ou disent-ils leur texte ? Le personnage fait-il semblant d’avoir peur de tomber ou est-il réellement en danger ? Prévu, imprévu…Voulu, involontaire … On est sur le fil !

En fait, on assiste au travail d’une petite bande de cambrioleurs qui préparent un casse à Tokyo, au musée de l’art occidental. C’est un bâtiment qui les fascine par son architecture moderne due au Corbusier. Il s’agit de rejoindre un précieux coffre, comme dans tout bon scénario de grand cambriolage. (J’ai pensé au vieux film « Topkapi »). La drôle d’équipe étudie les moyens, les techniques, les astuces pour réussir leur affaire. Il faut aussi envisager les obstacles, les contretemps, les difficultés.

Le travail de réflexion, de recherche, de répétition se déroule sous nos yeux incrédules. On s’amuse de leurs maladresses. On s’émeut de leurs espoirs. On s’attendrit devant tant de témérité assortie de tant de naïveté. On descendrait presque sur scène pour les aider !

Une étrange structure occupe l’espace scénique depuis le début. Elle va servir d’ossature pour l’entraînement. Elle va donc être assaillie par David et ses acrobaties d’alpiniste cambrioleur. Escaladée, torturée, cassée, trouée, à moitié démolie… reconstruite…puis effondrée à nouveau. La maquette du musée ne se laisse pas violer comme ça !ARCHIVOLTE9_MarionPedenon-886x391

Tout semblait être pensé, organisé, calculé. Mais tout se déglingue.

Finalement, le rythme de la pièce s’affaisse, comme la structure, comme la lumière. Les trois jeunes baissent les bras. Plus sûrs de rien. Découragés.

David joue soudain, les yeux bandés, à essayer de stopper des billes qui roulent au sol. Au hasard, il jette les mains en avant. Encore le hasard.

Derrière lui, la structure est une silhouette de grand vaisseau échoué. Une ruine bancale. Un peu ridicule, un peu triste. Image d’un échec. Mais belle malgré tout dans cette semi-obscurité. La beauté plastique n’est pas oubliée.

Les sons ont également leur rôle dans ce spectacle. Les tests d’audition de David qui alternent doux concerto de Mozart et cacophonie assourdissante, les coups de marteau et les bruits retentissants de la démolition, les sirènes d’alarme, la musique sortie des tuyaux devenus soudain instruments à vent, le tintements des billes qui, au début, frappent les cibles et, à la fin, roulent gentiment sur le sol.

Les sons suivent le rythme de la pièce, sa construction. Et ils contribuent à son sens.

L’architecture est le sujet de base de « Archivolte » (On a même droit à un cours en vidéo d’un vrai architecte à qui il est rendu hommage, Olivier Gahinet). Et la bonne idée c’est de faire appréhender espaces et volumes par des voleurs. Une autre façon d’envisager un bâtiment. D’y pénétrer.

Et puis, il y a la façon de traiter ce sujet : par l’absurde. On rit de leurs délires à ces malheureux cambrioleurs débutants. De leurs excès. On s’apitoie devant leurs efforts totalement insensés et inutiles.

Le spectacle est riche de cette fantaisie surréaliste mais, surtout, riche des voies sur lesquelles il nous entraîne. A l’image d’une certaine catégorie d’art contemporain, nous voilà sur des références sérieuses, réelles, diverses et variées, l’architecture, le cinéma ou les casses célèbres… Matière à interrogation aussi : la vie est-elle cette structure à laquelle on s’attaque sans résultat ? Avoir des objectifs, se battre pour les atteindre, tenter de tout maîtriser ? Mais accepter aussi les aléas du destin ?

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Le choix du mois, février 17, céramique

Nous avons fait un arrêt, ce mois-ci, dans un atelier très sympa de création céramique. Entre Dijon et Les Rousses! Sur la route Napoléon! A Montrond, dans le Jura! Un jeune couple s’est installé là il y a trois ans, ça s’appelle « La Bise Noire ». C’est en bord de route!

Petit show-room adorable (glacial en hiver!) où est présenté le travail des deux artistes céramistes, Christine Bath et David Jodon. Des bols, des tasses… Mais aussi des sculptures. Allez voir leur page Face Book « La Bise Noire ». Vous verrez le savoir faire, la personnalité, la fantaisie, l’invention etc.C.BathNous avons craqué pour deux tasses à café en grès, super mignonnes! Aspect brut (presque rouillé!) et lignes de guingois! C.Bath2Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

Le choix du mois, janvier 17, C. Shiota

J’ai retenu ce mois-ci l’installation de la japonaise Chiharu Shiota au magasin Le Bon Marché à Paris: « Where are we going? ».

Après Weiwei, voici donc l’artiste Chiharu Shiota qui a carte blanche au Bon Marché. Blanche! Oui! Il paraît qu’on lui a demandé d’utiliser cette couleur à l’occasion de la période commerciale du « Blanc »! Alors que ses installations habituelles en fil de coton (ou de laine) sont noires ou rouges. Elle a déjà emmailloté des objets comme piano ou robes avec ces tissages aériens de fils entremêlés à l’infini (notamment à la Biennale de Venise).

Ici, deux installations un peu différentes. – Celle qui est suspendue sous les verrières centrales du magasin et représente des barques (ou plutôt des squelettes de barques) qui voguent sur l’écume. En tout, 150 bateaux blancs, ceux qui nous embarquent dans le voyage de la vie. L’idée est la même dans les vitrines (à voir de l’extérieur): boussoles, cartes de navigation et télescopes sont emprisonnés dans les filets de Chiharu Shiota.Shiota2

-Et celle qu’elle développe au sol, au rez-de-chaussée: une caverne dans laquelle on pénètre, cocon blanc impressionnant, ouateux, translucide. Un beau volume vaporeux, immatériel.Shiota

L’artiste dessine dans l’air. Ou sculpte l’espace. Son réseau est sans noeuds, entrelacé interminablement. C’est un gigantesque maillage. Et ça semble proliférer.  Quelle étrange créature a réussi à tisser ces toiles sans fin qui envahissent tout?

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le choix du mois, novembre 16, à La Source

Je choisis une salle! A La Source, au premier étage, à gauche! En novembre (jusqu’au 18 décembre) Edith Nicot et Anne-Marie Kelecom exposent « Réflexion » dans cette Galerie de Fontaine les Dijon. Et la salle N°1 est ma préférée! Elle reflète d’ailleurs toute l’expo…Symbole de la Vie, avec ses forces et ses fragilités.

version une

version une

Au sol, sur des socles blancs, la céramiste (AM Kelecom) a installé de grosses pièces en raku. Puissantes. Impénétrables. Des blocs lisses, sphériques. Comme d’imposants récipients. Comme des contenants. Mais qui ne pourraient plus recevoir aucun contenu. Leur surface est marbrée, tachetée, tigrée. Dans des camaïeux de gris, noirs, blancs: le feu a laissé des traces sur leur corps, dessins ou petites explosions. Ces masses sont posées là, depuis des millénaires semble-t-il. Jaillies du sous sol de la Terre. Les mémoires d’une métamorphose colossale. Des objets témoins.

version verte

version verte

Au-dessus de ces beaux volumes impressionnants flottent les sculptures de la plasticienne art-paper (E. Nicot). Nuages, vapeurs, fumées, brumes… Le moindre souffle les fait osciller. Elles sont légères, translucides, impalpables. Elles sont célestes. Nées du soupir d’un ange? Ou nées de la respiration des boules terrestres qui  cohabitent ici avec elles? Elle seraient leur reflet? L’image de leur passé? Ou de leur avenir? Elles seraient les bulles de leurs pensées…

version nuit

version nuit

En tout cas, l’opposition entre le travail de Anne-Marie Kelecom et Edith Nicot se fait harmonie. Ils parlent du même monde. Émotions plastiques (entre autre) assurées!

version noir et blanc

version noir et blanc

version lumière électrique

version lumière électrique

Je me suis amusée à travailler une même photo de cette installation de la salle 1, en 4 versions! Vous me direz laquelle vous préférez!! (Cliquez pour agrandir, en deux fois)

le choix du mois, octobre 2016, bouquin

Pas de vrai coup de coeur ce mois d’octobre en art. Juste une arrivée à la maison d’un bouquin! Celui de Gérard Titus-Carmel « Au vif de la peinture, à l’ombre des mots ». Editions L’Atelier Contemporain.

Titus-Carmel Interroger la peinture… 735 pages… Je ne suis pas au bout! Je le déguste doucement, par petites doses, par délicieuses petites bouchées!

le choix du mois, septembre 16, vidéo

J’ai vu en septembre 2016, une vidéo très intéressante réalisée par deux élèves des Beaux Arts de Dijon, Louise Crabières et Maxime Tibay. Elle était visible à l’exposition « Traces » au Cellier de Clairvaux.

Il s’agit d’une conversation entre deux personnes (un jeune couple d’amoureux?) dont les petites phrases apparaissent écrites en bas de l’écran, en sur-impression. Le genre de brefs messages qu’on s’envoie dans l’instant, pour garder un contact avec l’autre. Informations éclair, courts bavardages sans conséquences… Juste se suivre, ne pas se perdre, continuer d’être ensemble malgré la séparation.vidéo

Et des fragments de décors accompagnent ce dialogue. La table du bistro où elle prend un café en attendant de le retrouver; la voiture dans la rue; la plante verte, les fauteuils de l’appartement où elle l’attend; la cuisine… Mais les objets sont comme grignotés, déchiquetés et couverts d’une étrange matière blanche plus ou moins fondue. De plus, ces lieux évoqués flottent dans la nuit noire d’un espace sidéral. Notre regard circule dans ce cosmos bizarre. Un fil blanc relie chaque scène. Comme le lien qui réunit virtuellement les deux personnages.

Ma première impression fut celle d’un monde inquiétant et dérangeant. Un monde disparu, mort depuis longtemps. Qui tournerait en orbite quelque part dans l’univers. Et puis, j’ai pensé aux deux jeunes qui communiquent, à leurs visions très éphémères qui passent en même temps que leurs textes, à leurs bouffées de présence imaginée, à leurs messages qui voyagent dans un espace-temps express. Ce serait plutôt ça…

En tout cas, c’est assez prenant. Et beau. Les jeunes artistes sont décidément les champions du numérique, de l’image et de l’écran!  Mais ce n’est pas toujours réussi comme ici!

Pardon pour la capture d’écran. Pas de bonne qualité. Cliquez dessus quand même pour agrandir, en deux fois!

le choix du mois, août, Street Art on the Roc

Mon choix du mois, en août 16, porte sur l’initiative d’une commune bourguignonne, Villars-Fontaine (près de Nuits-St-Georges, sur la D 35). Tous les ans, déjà, elle organisait son festival Vill’Art. Mais cette année, elle a encore amélioré son intérêt pour l’art et les artistes! Très appréciable parce que pas si courant que ça! (En tout cas, par chez nous)

La Ville de Villars-Fontaine a acheté une carrière de pierres de Comblanchien, abandonnée depuis plus de 10 ans, pour en faire un lieu multiculturel. Dans ce curieux espace de falaises blanches, lisses, tranchées dans le vif par les hommes, vont s’organiser des évènements genre théâtre, concerts etc. Un bel écrin à aménager, à « réveiller » (comme dit le slogan des affiches), à réhabiliter.

Dans un premier temps, la Ville a organisé là, récemment, le festival du « Street Art on the Roc ». Un projet soutenu par l’association des Climats de Bourgogne. Six artistes, spécialistes de l’art urbain et des grands formats, ont été invités à réaliser des fresques géantes sur les murs de cette carrière. Ils avaient une contrainte: que leur sujet soit en lien avec la Bourgogne. (Je suppose qu’il fallait tenir compte des subventions, des partenariats etc . Un peu normal. Et, en même temps, ça donne une certaine unité à l’ensemble)Gaël Dod

Une semaine durant, le public pouvait aller observer les artistes, perchés dans leurs nacelles, pinceau ou bombe à la main, réaliser leur fresque sur ces parois de pierre hautes de 12 à 15 m, dans le calme de la campagne des Hautes  Côtes… sachant qu’ils sont plutôt habitués à des façades d’immeubles en pleine ville!VinieEt puis, le 26 août au soir, c’était l’inauguration officielle de ces travaux d’artistes, avec animations musicales, illuminations et tout et tout. La foule! La fête!

Les artistes sont:   –Vinie Graffiti et sa drôle de tête de poupée, monumentale, émergeant d’une chevelure faite de pampres, comme sculptée dans la pierre.. Dans des camaïeux de beige et blanc (pierre!)     –Zest et sa montée de couleurs acidulées, en grandes taches souples qui se superposent et se marient à la pierre.  ZestGaël Dod, et son vitrail géant, aux images de vignobles, de grands crus, de verre de vin, de chouette… Bref, de Bourgogne affichée!     –Stoul, et son joyeux félin, surprenant, tout en géométries multicolores et déstructurées.      –Bust the Drip, et son Bacchus géant, bel éphèbe au crayonnage tout vibrant de vapeurs d’alcool!    –Solal Osru, et son coq géant, comme construit d’une mosaïque de motifs textiles très colorés. Osru  -Quant à KRobz, il a peint sur le sol, et a aidé à la réalisation d’une œuvre commune où était impliqué le public.

Il faut savoir aussi lever les yeux sur les graphismes que forment naturellement, ou grâce aux engins d’extraction,  les fissures et autres accidents de la pierre calcaire, sur ces impressionnantes plates-formes verticales, que je n’avais jamais vues d’aussi près (et vous?)!… C’est également du beau travail ! (cf photo ci-dessous).

Les carrières sont dorénavant fermées, jusqu’aux journées du Patrimoine. De nombreux travaux et aménagements sont à faire. Demandez en mairie de Villars la possibilité de visiter (03 80 61 24 00)

ComblanchienCliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois, et voir le nom des auteurs