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EVAsions des arts, 5 villages

Une journée de charme! Y aller par les petites routes boisées et vallonnées. Flâner dans ces villages aux vénérables maisons de pierre. Sentir le calme. Pénétrer dans toutes ces belles granges imposantes. Y rencontrer les artistes et les écouter. S’étonner, s’approcher, regarder, s’émouvoir, s’enthousiasmer, échanger. EVAsions des arts, à Villy-en-Auxois, Villeberny, Verrey-sous-Salmaise et Salmaise, dans l’Auxois, est une fête que j’essaie de ne jamais manquer. C’était les 5 et 6 août, cette année 2017. Bravo aux organisateurs! Comme d’hab.!

Nous ne les avons pas tous vus ces créateurs passionnés et tous différents les uns des autres, venus d’un peu partout en France! Ils étaient 36 ou 38, je crois! Voilà ce que j’ai retenu:Procoudine-GorskyLe lieu où s’exposent les oeuvres a une influence. Illustration, avec les peintures de Anne Procoudine-Gorsky. Ses « draps d’étreintes » prenaient à Villy, j’en suis sûre, une autre dimension, et on ne les voyait pas de la même façon qu’exposés dans un espace différent de celui-ci. Suspendus dans cette grange, en harmonie parfaite avec le pigment ocre des vieilles portes rugueuses, leur sensualité et leur présence vivante impressionnaient vraiment. L’artiste vit de toute façon un corps à corps avec la peinture qui communique à son travail et à son talent technique une valeur supplémentaire certaine.Lemaire

Les sculptures de Christine Lemaire ont une matière commune, le fer. Mais elles manifestent les oppositions que cache chacun de nous : douceur et grâce du fil (de fer), dureté et tension de la masse (de ferraille). J’ai préféré les deuxièmes. Les premières restant, pour moi, de l’art déco gentil. Son « passage », par exemple, fait de deux plaques de tôle rouillées, lézardées, qui glissent l’une vers l’autre sans se toucher, m’a paru très fort. J’aime aussi ses « forteresses ». Entre les deux genres (fil et masse), j’ai trouvé « Foule » suggestif et touchant.

Nouveauté cette année, « L’incubateur ». Une des granges accueillait un groupe d’étudiants des Beaux-Arts. Bonne idée sympa! N.Boccard, G.Murakami, E.Roturier, L-R. Roux, T. Sartori présentaient peintures, photos, volumes. Intéressantes démarches.

Nicole Friess avait accroché un petit nombre de toiles dans une grange très vaste. Et il faisait sombre. Mais, au final, le regard s’obligeait à demeurer longtemps, à essayer des angles de vue différents. Et on se laissait prendre par la couleur et on partait avec… Bleu de glace, orange de feu, noir d’orage, blanc d’écume…Ce sont des paysages abstraits comme on en a vu dix mille fois, de faux paysages où l’on a cherché dix mille fois un ciel, une mer, un volcan, un horizon…Mais pourquoi, ici, est-on si facilement saisis par eux?Catry

Il y avait même un artiste zingueur! Pascal Catry récupère les gouttières (entre autre) et les travaille (à peine) avec amour. L’amour du zinc. Elles deviennent des objets d’une beauté étonnante. Aplaties, étalées, réunies entre elles, elles révèlent des teintes et des textures tout en nuances mais superbes. Le temps a agi sur elles, l’artiste met en valeur ce travail (il ne fait pas grand chose d’autre). Voici donc de longs tableaux gris et lisses, striés de blanc ou de rouille. Parfois rompus de lignes verticales aux étranges écailles (juste d’anciennes soudures à l’étain).

D’abord, elle fabrique sa mixture. Une sorte de pâte à papier faite d’argile rouge et de filtres anciens passés à l’eau de source. Des végétaux récoltés et séchés par elle vont venir se blottir dedans. Quelques gestes de plasticienne et de technicienne plus loin, l’oeuvre apparaît. Les compositions de Marie-Gala Perroud sont mystérieuses. On y voit la nature amoureusement conservée mais aussi des tableautins d’une esthétique raffinée et gracieuse.

Ce sont des châssis de petit format, 50/50, peints en noir. Patrice Marchand y dépose de petits assemblages, de petites constructions. Un morceaux de grille, un sachet de carton, une enveloppe jaune, quelques pages de livre, un fragment de calligraphie, un bout de journal, une phrase…Tout cela est plus ou moins découpé, décalé, déstructuré. Interviennent parfois sable, acrylique, peinture au bitume. Résultat: des compositions minimalistes, comme de courtes expériences de vie. Il les compare, lui, à des haïkus.Marchand

Au château de Salmaise, j’ai retrouvé avec grand plaisir Edith Nicot, notre plasticienne-papier bien connue, Monique Riond et ses Femmes mythiques, en terre cuite, figures sacrées dans leur simplicité, et Marie-Noëlle Noury, invitée d’honneur, accompagnée de son fidèle Maurice en papier mâché (elle lui a encore trouvé des sens figurés devenus des sens propres qui ne lui facilitent pas la vie!).Riond

Et puis, encore: Alexandra Schenke et ses étranges mini carrés couverts d’un langage inconnu, assemblés en cubes, colonnes, sculptures. Mniha et ses photos « Light Painting » qui fantomatisent le réel et le quotidien. Emma Ash et ses grandes peintures hallucinées, aux teintes de fresques, un peu baroques, un peu images pieuses, riches d’existences pluriels. Sandrine Lepelletier géniale dans son art singulier. Frank Mercky le ferronnier et ses bêtes si humoristiques. Niotte Prod et ses personnages de science fiction, hybrides, complexes et imprévus.

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Anne Auger, les hommes machines

Par hasard, j’ai découvert où travaille et habite l’artiste Anne Auger, dans un chouette village de la Haute Côte de Nuits. J’étais venue car ce week-end-là s’ouvraient des maisons pour accueillir des artistes et artisans locaux. Bévy faisait sa « biennale », et c’était fort sympa. J’ai appris alors que Anne Auger était l’initiatrice de cette manifestation.

Dans son petit jardin, je vois donc des céramiques et des sculptures. J’entre dans son adorable maison et je vois… des peintures. Que je connais! Ah! Mais je suis chez Anne Auger! Mais oui! …  J’ai l’air bête! Or, toutes les fois que, à l’occasion, j’avais vu des peintures de cette artistes, j’avais été intéressée. Je ne connaissais pas son travail de sculpture, par contre.

Ses peintures. Quelque chose de l’époque soviétique. Des « travailleurs » au visage anguleux. Des teintes vives (du rouge à la communiste et du « bleu de travail »). Des évocations d’usines, de chantiers, de machines, de mécaniques. Mais ces compositions s’allègent de-ci de-là par quelques collages de fragments de cartes routières ou de partitions musicales. Et la dureté du profil féminin s’adoucit soudain d’une chevelure qui part en folie, étirée par le vent, par la vitesse. Un univers particulier inspiré sans doute des souvenirs et des passions de l’auteure. Amour des belles et anciennes motos et autos? ça roule, en tout cas, sur ses toiles, bus, voitures, trains, tracteurs… Et puis, il y a la musique, les animaux, les voyages…Auger

Les traits sont simplifiés, les contours bien marqués de noir, les tracés un peu à la cubiste (on pense parfois aux dessins de Cocteau aussi), les arêtes vives, les assemblages raides. Evocation de Fernand Léger, pourquoi pas? Et tout cela est compensé par les formes plus souples des rouages, roues, panneaux de signalisation ronds etc (souvent des collages de photos prises par l’artiste elle-même). Et également par quelques phrases manuscrites qui apportent leur touche de poésie. C’est décidément un monde bien personnel. On dirait des vitraux pour usines! Les personnages ressemblent à leurs machines, et ils ne font qu’un avec elles.Auger2

Côté volumes, on retrouve quelques cubes et parallélépipèdes et des lignes cassées qui rappellent les peintures. Dans les peintures, en quelque sorte, il y a déjà les sculptures. Souvent des formes d’enclumes, d’où jaillissent des personnages drôles, naïfs, énigmatiques, la plupart du temps en partance, en mouvement.

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Un peu partout en Europe

Longtemps que je n’ai pas écrit sur mon blog! Je livre aujourd’hui un échantillon de chacune de mes visites (art plastique, quoique ces vadrouilles diverses n’avaient pas spécialement l’art pour but…Mais on en profite!) faites ces temps-ci (juin 2017) en France et ailleurs!

-Saint-Pétersbourg, first. Le Musée russe a eu ma visite. Plaisir de voir Kadinsky ou Malevitch! Puis de passer (vite) devant des peintures bien soviétiques…Mais surtout un régal devant quelques peintures sur bois de l’ancienne Russie (XIIIè-XVIème siècle)primitif

Le gigantesque musée de l’Hermitage a eu aussi ma visite. Entre des dizaines de galeries d’apparat, d’escaliers d’honneur et de salles archi dorées… Entre quelques beaux Bellini, Goya, Le Greco, Rembrandt…Entre des troupeaux de touristes chinois,  russes ou européens… J’ai eu la chance de voir une expo de A. Kiefer (et dans ces salles-là, les foules avaient presque disparu!!)

Anselm Kiefer a réalisé ces peintures spécialement pour l’Hermitage, en l’honneur du poète russe V. Khlebnikov. Oeuvres presque toutes très grand format. Impressionnantes. Toujours des paysages d’une terrifiante beauté où règnent éternellement des vestiges de guerres (réels ou fantômes)Kiefer

-Budapest, ensuite. Dans le jardin de la Grande Synagogue, une sculpture de Imre Varga s’intitule « saule pleureur » ou « arbre de vie ». Un arbre métallique. Chacune de ses feuilles porte le nom d’une victime de la Shoah (oeuvre en partie financée par l’acteur Tony Curtis, d’origine hongroise). VargaEt dans le petit cimetière contigu, où reposent 7000 juifs tués ici, une sculpture très émouvante se dresse sur un monument érigé en leur honneur. Je n’ai pas le nom de l’auteur.cimetièreSynagogue

-Londres, pour continuer! Je ne voulais pas louper un passage à la Modern Tate! Imposant lieu d’art contemporain installé dans une ancienne centrale électrique. Une collection relativement légère en nombres d’oeuvres (mais haute qualité!).  J’ai noté en vrac Matisse, Richter, Soulage, Kapoor, Bonnard, Rothko, Penone… L’installation qui a retenu mon attention est celle de l’artiste polonaise Magdalena Abakanowicz, « Material and objects 9″. Un immense dépôt de sculptures molles, telles des momies, ou des roches, ou des embryons, ou des sacs de jute… Chaos, éboulis…Ou quelque chose d’organique, d’où la vie a disparu ou n’a pas encore jailli. Magdalena

Collioure, eh oui! France! Vu Augustin Hanicotte (1870-1957) avec une intéressante vision simple de la vie quotidienne du port de Collioure. Un témoignage. Une fresque vivante et naïve, un peu à la flamande. Mon préféré: un grand tableau de gouache et aquarelle sur papier kraft.Hanicotte

 -Narbonne, aussi! Me suis assise sur le banc géant de Lilian Bourgeat, l’artiste  dijonnais. Une des oeuvres de ses fragments urbains surdimensionnés.Bourgeat

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Museum HR Giger, à Gruyère

L’artiste HR Giger (1940-2014) est suisse. Il est connu pour avoir créé le fameux monstre du premier film Alien (de Rideley Scott), ainsi que des éléments du décor (siège du pilote et couloirs du vaisseau). En 1998, tombé amoureux du village de Gruyère, il y achète le château St Germain et y installe son musée. Une visite là-bas m’a laissé des souvenirs ineffaçables!

Cette ancienne grande bâtisse, sur 4 étages, permet de découvrir peintures, sculptures et dessins de cet artiste. On est embarqués dans un étonnant univers de créatures cauchemardesques et sataniques. Peints pour la plupart au pistolet à air comprimé, les tableaux et fresques dévoilent d’extraordinaires détails de scènes imaginaires, entre science-fiction, mondes fantastiques, érotisme et sadisme. Les êtres sont mi humains mi animaux mi mécaniques. Les viscères et organes se prolongent en tuyaux et réseaux de câbles. Les êtres vivants se métamorphosent en machines et réciproquement. Les frontières entre vie et mort n’existent plus.GigerOn a parfois l’impression de rites ésotériques, d’obscures magies secrètes, de religions sataniques… C’est beau et terrifiant à la fois. Des oeuvres baroques, presque monochromes, terriblement détaillées et fouillées. Des architectures tourmentées. Un imaginaire dévoré d’obsessions. On pense à certaines illustrations médiévales, ou aux inventions débridées des Surréalistes.Giger2

Au dernier étage du bâtiment, la collection personnelle d’oeuvres d’art de Giger est dans le même état d’esprit. Il y a des choses très intéressantes.

En 2003, Giger a conçu aussi un bar, dans la même ruelle, en face du musée, où se déploie un monde d’enfer!  Voûtes, tables et sièges sont en (faux) squelettes! Ma bière blanche n’avait pourtant pas un goût de bave de démon…

Les photos sont interdites dans le musée. Seules sont autorisées celles dans la boutique.

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Axel Roy et le Salon MacParis

C’est encore une petite découverte sympa que j’ai faite en ce printemps 2017: le Salon MacParis.              Un lieu, d’abord: le Bastille Design Center, dans le 11ème. Ancien bâtiment industriel du XIXème siècle (quincaillerie, fabrication et gros, je crois). Sol en pavés de bois, verrière, mezzanine, sous-sol… Bel endroit. Le Salon MacParis s’y déroulait sur six jours. Pour la première fois ici  (Il avait déménagé). Bien accueillis, entrée gratuite, présence des artistes (une trentaine, chacun avec son espace qui ne se cogne pas au voisin). Les galeristes et amateurs d’art viennent faire leur « marché »! Mais pas senti du tout d’esprit mercantile.

Parmi les exposants, je choisis aujourd’hui de parler de Axel Roy et sa série « Stock Topoï ».

Parisien, ce jeune homme est diplômé des Beaux Arts de Dijon. (Non, ce n’est pas le seul critère qui m’a fait le retenir aujourd’hui!!!).

Il dessine à partir de photos. Il en garde le réalisme. D’ailleurs un regard trop rapide sur ses toiles est trompé. Il croit y voir des photos noir et blanc. Pourquoi le dessin, alors?  Sans doute l’artiste s’implique-t-il davantage. Par le travail du graphite sur papier, par le geste, par le temps passé etc.

Il représente des personnages qui, le plus souvent, déambulent en ville. Qui sont dans le mouvement de la marche. Mais l’artiste a enlevé le décor, les objets, l’architecture, l’environnement. Ne restent que des fragments des photos. Comme découpés (les « coupes mobiles » du cinéma dirait G.Deleuze). Puis comme collés. Déplacés, posés sur la surface de la toile. Juste les gens qui marchent. Du coup, le vide prend une place importante. Le blanc de la toile a une présence forte. Certains personnages ont déjà quitté le tableau et ne laissent apercevoir qu’un petit bout d’eux-mêmes. S’ils sont assis (au restaurant par exemple), l’idée du déplacement n’existe plus, mais les espaces vierges entre eux sont toujours là.Axel Roy2

Finalement c’est cet espace entre les personnages qui fait le sujet de la toile. La distance entre eux. Axel Roy fait aussi parfois des performances. Et son sujet rejoint celui-là: l’inscription des gens dans l’espace public, les comportements inconscients, les gestes si quotidiens et si coulés dans l’habitude, si moulés par une culture, un pays, une éducation… Et les relations entre eux qui en découlent (inexistantes?).

Au Salon, l’artiste avait posé au sol deux de ses toiles. Bonne idée.

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Bertrand Kelle, et le raton laveur?

« ici et là » est une catégorie de ce blog qui relate mes petites découvertes d’artistes au gré de mes rencontres…

 

Plasticien et performeur dijonnais, Bertrand Kelle s’est attelé depuis quelque temps à un travail que je trouve bien sage pour ce turbulent! Mais que j’aime bien!

Je vous remets d’abord en mémoire (ou je vous apprends) cet artiste: son monde préféré est celui du rock ou du punk. Il aime provoquer. Il fait des performances souvent trash ou violentes, son corps en spectacle, en exhibition. Il a eu sa période chewing-gum. Il a aussi photographié des pochettes de disques, en a griffé les négatifs… pour agresser, au final, l’oeuvre au marteau.  Et plein d’autres inventions anticonformistes et bien rock’n’roll.

Donc, aujourd’hui, il chine des bibelots et petits meubles dans les brocantes, les couvre d’une peinture noire mate et les assemble pour créer des « sculptures » inattendues. Toute cette bimbeloterie un peu ridicule, faut bien le dire, un peu moche, un peu ringarde, un peu kitsch passe alors une frontière et se retrouve dans un nouvel univers. Empilés, superposés, emboîtés tant bien que mal, ces objets s’oublient eux-mêmes et se métamorphosent en une oeuvre… Hop! Balancés, les souvenirs des appartements de grand-mère ou de grand-tante, étouffés sous les poussiéreux bibelots!

Il y a là, réunis contre leur volonté, le cygne pompeux, le cheval au galop, la tête d’ange, le cache pot tarabiscoté, le faux coquillage, le pot de chambre, le coq prétentieux, la déesse dénudée, la sotte petite théière etc…(il ne manque que le raton laveur). Et les pieds des petits meubles sont imbriqués dans des récipients hétéroclites. « Les pieds dans le plat » dit l’artiste! Car, l’humour et la dérision ne sont jamais loin.B.Kelle

On retrouve dans ce travail le goût de Bertrand Kelle pour les télescopages et mixages. Pour les détournements aussi. Cela pourrait être également une consigne d’atelier. Le prof d’art plastique, que Bertrand Kelle est aussi, a bien une fois ou l’autre proposé aux élèves de « revisiter » des objets, non?

Ces assemblages (Bertrand Kelle leur a-t-il donné un nom? qu’on me le dise!) ont été montrés chez « Une vie de rêve » , 2bis rue Verrerie, Dijon et  chez « Inuk Photographie », 45 rue de la Préfecture. ( C’est tout ce que je sais)

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Lionel Durupt, pinceau musical

Aïe! L’exposition perso que vient de faire Lionel Durupt à l’espace Ricard, à Dijon,  est finie!! (mars-avril 2015) Loupée! Mais ça ne fait rien, j’en parle quand même de ce musicien-peintre. J’ai eu le tournis en regardant ses toiles et c’était bien!Durupt

Je vois dans cette peinture quelque chose de vivant, qui bouge, qui semble se régénérer sans cesse…Une matière qui bouillonne, qui produit des explosions… C’est dynamique, énergique, réveillé… Et ce qui m’intéresse c’est la façon dont travaille le pinceau de Lionel Durupt (enfin, j’ai l’impression). La couleur et le trait sont souvent minutieusement posés sur la toile. Le graphisme ne résulte pas toujours d’un geste rapide et large, mais d’une sorte de petite calligraphie soignée. De la broderie, presque. Et des compositions chromatiques organisées. Drôle, ce contraste entre la progression méticuleuse du pinceau et le résultat plutôt fou et foudroyant!DuruptExtrait

Toutes ces bulles qui flottent, ces taches qui fondent ou s’étalent, ces organismes en gestation, ces électrons libres, ces éléments qui fourmillent, ces pets de feu, ces jaillissements, ces déchirures, ces effilochages… sont peut-être en rapport avec la musique que compose l’artiste. Mais je ne la connais pas.  Electro-accoustique?

Lionel Durupt pourrait bien avoir un pinceau musical! Non?

http://www.facebook.com/lionel.durupt)  (http://lionel-durupt.tumblr.com).

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Jérôme Tanon, Annecy

Découverte, ce week-end de janvier 2015, dans une Galerie de Chamonix, « MB Factory », un artiste-photographe qui vaut qu’on s’intéresse à lui. Jérôme Tanon. Il habite Annecy.

Passionné de snowboard, qu’il a pratiqué lui-même, il court le monde pour photographier ses héros les riders dans la poudreuse. Il s’est spécialisé dans ce style d’images très fortes, spectaculaires, difficiles à prendre … Il est doué…

Mais c’est son autre travail d’artiste qui m’a fait dresser l’oreille et l’oeil … Sympa, la responsable de cette Galerie, qui nous l’a expliqué     http://www.mbfactory.fr/#

Un boulot long, minutieux et très étonnant…J’ai adoré le principe. Une vieille technique pratiquement disparue, que Jérôme Tanon a retrouvée tout seul.  Il s’agit de tirages en bromoils.  En gros, si j’ai à peu près compris:  la photo argentique est d’abord blanchie dans un bain chimique.  Elle disparait.  Attente du séchage.  Puis, réhumification.  L’artiste passe alors au pinceau une encre à l’huile.  Avec un second pinceau, il tapote pour reprendre un peu d’encre.  Opération à recommencer plusieurs fois.  Peu à peu….la photo réapparaît!

Bien entendu, les photos choisies par Jérôme Tanon sont des photos de snowboarders célèbres et talentueux.  Le résultat obtenu est beau:  quelque chose comme une ancienne photo sépia.  Mais avec une épuration de l’image.  Une métamorphose:  ça me fait penser à un souvenir oublié,  qui se présenterait à nouveau un jour, n’ayant conservé que l’essentiel de l’émotion.  Une plongée au profond de la mémoire.  Une réminiscence de quelque chose qui est passé devant nos yeux, qu’on a à peine imprimé mais qui a laissé une trace inconsciente.

L’histoire que l’artiste prend le risque d’effacer d’abord le tirage argentique  pour , ensuite,  le faire réapparaître est fascinante!

je n’ai pas de photo, allez voir le site de Jérôme Tanon ou sur FB

https://www.facebook.com/jerometanon

http://www.jerometanon.com/

Diploé, « J’ai 8 ans! »

Drôles de petites histoires! Voilà que Diploé nous les raconte en couleurs. Les peintures de cette jeune femme ont une joyeuse énergie. Les images s’organisent en aplats. Maisons, arbres, oiseau, soleil ou moutons sont posés là, en îlots de souvenirs. Le tracé est enfantin, le dessin est ourlé de blanc ou de noir, rappelant sans doute les vitraux de cette église de village où Diploé a connu ses premiers émois artistiques.Diploé2

Et reviennent les images pieuses de ses jeunes années, le cierge, le pasteur et son troupeau… « J’ai 8 ans! » sourit l’artiste. Elle n’a pas l’air de vouloir prendre au sérieux sa peinture. Juste s’amuser, se lâcher… Outre ses acryliques, elle réalise des oeuvres en volume, masques et sculptures. Des animaux cabossés plutôt sympas. Elle rêve de grandes parades joyeuses avec des dizaines d’enfants qui seraient ainsi costumés en gentilles bê-bêtes dans les rues… Ces structures sont faites à partir de l’art du serviettage! (Vous savez, des serviettes en papier encollées…)Diploé1

Diploé vient du monde du théâtre, et elle y est toujours (metteur en scène). On retrouve dans ses tableaux cette mise en place d’éléments, cette construction travaillée des choses, des lignes, des couleurs…Et parfois, ici ou là, dans les peintures, apparaît un petit rideau de scène rouge!!

On pense bien sûr à l’art brut, devant cette spontanéité, ce besoin vital de s’exprimer par le pinceau, cette sorte d’innocence dans l’imagerie. Quoique… Chez Diploé existe en amont une culture artistique. Et du coup, le charme de ce travail d’artiste c’est qu’il possède à la fois une vérité originelle toute nue et une base solide de connaissance et de réflexion. Cocktail réussi!

 

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Anne Girard, la recomposition

« ici et là » est une catégorie de ce blog qui relate mes petites découvertes d’artistes au gré de mes rencontres…

Voici ce que j’imagine (admirative) quand je suis devant les peintures de Anne Girard…(une dijonnaise)

C’est comme si elle collectait des éléments et qu’elle les assemble ensuite sur son papier ( Anne Girard peint surtout sur papier).

Naît alors une construction bien à elle. Faite de forces qui s’équilibrent. De dialogues entre les matières. Voit-on peut-être des tissus, du verre, du métal, des briques… ?aGirard2

Ou alors ?…

Son œil perçoit une réalité. Et, au lieu de la reproduire, elle la démonte et la manipule. Elle en extrait les pièces essentielles. Élimine les autres. Corrige des lignes. Sélectionne quelques éclats de lumière. Cherche les ombres cachées. Repère les couleurs qui ont imprimé la mémoire. S’insinue derrière les apparences. Bref, change le regard.aGirard

Et puis, le pinceau de Anne Girard va replacer tout cela. Avec les cassures et les appuis nécessaires. Avec les douceurs, les heurts et les ajouts. Avec les harmonies qui lui sont propres. 

La composition finira par tenir ! Miraculeusement !

On aura envie de tourner autour, comme s’il s’agissait d’un volume. aGirard3

Parfois, sur le papier, un objet réel surgit, inattendu, coquilles d’œuf ou fruit. On l’accueille avec bienveillance ! Tel un petit rappel que l’artiste regarde les mêmes choses que nous. Mais qu’elle a juste le pouvoir d’en faire une œuvre…C’est pas rien !

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