| Quelle belle idée d’exposer des artistes seulement à travers leurs dessins! La galerie Nü Köza (18 rue Charlie Chaplin,dijon) l’a fait. En mars 2012,13 artistes montraient leurs traits… Il y a là de tout petits dessins confidentiels,croquant des coups d’œil sur le quotidien . Il y a aussi de plus grands formats,parfois au pointillisme patient,créant des rets étranges,des labyrinthes infinis. Il y a aussi des grands dessins qui s’imposent,genre tatouages ou BD. ETC…Différentes techniques,différentes façons de regarder le monde réel ou d’en imaginer un nouveau. L’expo a un côté brouillon,que j’aime bien,qui convient au sujet choisi:le dessin. Ce sont souvent des pages de carnet épinglées,des feuilles de papier punaisées. On se croirait dans l’atelier d’un artiste,avec ses croquis préparatoires et ses esquisses qui attendent sur le mur. Mais ces dessins ont quand même,pour la plupart,un caractère abouti. Ce sont des œuvres à part entière. Beaucoup de noir et blanc,bien entendu. Ponctué de quelques discrètes couleurs parfois.  cliquer sur les photos pour agrandir Mes préférences:Nathalie Reba ,Okiko,Simon,Leslie Lhussiez. Papier de Jonas à lire sur dijonscope ce samedi 11 février à propos de l’expo et davantage…  Escapade parisienne ! J’ai vu l’exposition Marcel Storr, « bâtisseur visionnaire »au Pavillon Carré de Baudoin (dans le XXème). En mars 2012
Marcel Storr,enfant de l’Assistance Publique,sourd,illettré,balayeur et jardinier à la Ville de Paris…Marcel Storr,créateur d’architectures folles et de cités futuristes…Cet homme,entre 1930 et 1965,n’a pas cessé de dessiner et colorier. Une œuvre cachée. Une œuvre géniale. Il a d’abord réalisé des églises. Minutieusement dessinées. Puis il s’est lancé dans des cathédrales imaginaires qui flirtent avec le ciel. Puis il s’est aventuré dans des mégapoles délirantes,fouillées de détails ( On pense à du textile,comme des tapisseries au petit point). L’exposition montre cette évolution intéressante de l’artiste. C’est obsessionnel,naïf…C’est super inventif. C’est magnifique! On cherche des références:la Russie,le Cambodge,New-York,Hong Kong etc. On croit voir parfois des anciennes cartes géographiques ou des plans de jardins des siècles passés…Mais on est dans l’impossible,dans le jamais vu. En plus,l’expo se situe dans une jolie « folie »du XVIIIème siècle,au bord d’un petit jardin calme,au cœur d’un quartier vif et animé. L’entrée est gratuite La galerie Entrée Libre,Caisse d’Epargne,place de la Nation,à Dijon,a reçu en janvier 2012 l’artiste Patrick Gonzalès. Une exposition peinture et photo numériques. Certes,c’est du numérique! Et je ne suis pas toujours admirative! Vous le savez! Mais là,j’ai trouvé que l’artiste utilisait l’outil avec intelligence et sensibilité. Les surréalistes auraient sans doute adoré ces techniques actuelles pour réaliser leurs compositions oniriques et leurs associations un peu folles. C’est ce que fait Patrick Gonzalès. Il aime sortir de leur contexte objets et personnages,les déplacer dans des décors inattendus,improviser des situations impossibles. Il rêve. Il flotte dans l’imaginaire et l’inconscient. C’est plein de charme. Charme volontairement un peu désuet parfois (comme d’ancienne cartes postales). Sans cesse revient son amour de la peinture. Allusion à Botticelli,Magritte,Chirico,Raphaël…Il fait intervenir des personnages de peintures célèbres,mais en jouant un peu au « cadavre exquis »avec eux! Il les balades d’un monde à l’autre. Les fait cohabiter avec des univers incongrus. Bref,l’artiste joue. Avec le temps,avec les lieux,avec les espaces,avec les dimensions…L’ordinateur lui est une aide précieuse pour jongler ainsi! Mes œuvres préférées dans cette expo sont les noirs et blancs. Plus sobres. Petites mises en page soignées. Minimalistes. Saynètes souriantes et originales,comme ces deux escargots sur une enveloppe qu’on imagine prêts à baver pour la coller! Ou cet éléphant-nuage,que j’ai bien aimé! Je n’ai pas de photo de cette expo. Mais vous pouvez aller sur le site de l’artiste: http://www.patrickgonzales.net
 En décembre 2011,la galerie La Source,à Fontaine-lès-Dijon,a offert une exposition qui changeait un peu de l’ordinaire,puisqu’il s’agissait exclusivement de gravures. « 15 ans de gravure »dit leur auteur,Raphaëlle Jouffroy.
Pointe sèche,eau-forte,aquatinte…Raphaëlle Jouffroy maîtrise les techniques (sans parler du dessin qu’elle maîtrise aussi!). La gravure représente un travail long,minutieux,soigné. Le résultat ,chez cette artiste,est magnifique. Dans la grande salle du bas,elle a choisi d’accrocher des séries,qui montrent les différentes étapes de son travail de graveur. C’est à la fois intéressant et beau. Et,sinon,que de petits mondes intimistes,d’atmosphères confidentielles! L’artiste sait créer une ambiance. Qu’en peu de lignes ces choses là sont dites! Ces chiens de traîneau dans la tempête,ces chameaux dans le vent de sable,ce chat derrière le rideau,ce baiser,ces scènes de chasse,de corrida…Des mini formats qui demandent qu’on s’approche et qu’on s’attarde. Une même teinte sépia qui empêche de se laisser distraire. On avance sur la pointe des pieds dans les salles de la galerie,pour ne pas déranger les souvenirs et les émotions que murmurent les œuvres. On a l’impression de feuilleter un de ces vieux albums photos qui laissent transpirer tant de sentiments… je mets une photo gros plan (extrait d’une oeuvre) et une photo d’un cadre vu d’un peu loin,pour donner l’idée de la taille de certaines gravures et de leur présentation (très réussie). Cliquez pour agrandir Coup de foudre et crise cardiaque dans le hall de l’ABC, passage Darcy à Dijon…Boum,boum,Fabien Lédé,l’artiste amoureux fait battre les cœurs. Si! C’est vrai! Une exposition formidable,je trouve,avec plein de coups de cœur! Son titre:« Heartbeat-Heartbut ». Pas des cœurs de pacotille de saint-Valentin. Rouges avec des petits nœuds dorés. Non! Des vrais cœurs ( à l’anatomie naïve quand même,mais beaux…comme des cœurs). Des cœurs arrachés,explosés d’amour,qui irradient,ou qu’on brandit à bout de bras,ou qu’on abandonne sur une chaise ou dans un coin,parce que c’est la vie. En février 2012,Fabien Lédé a donc exposé ses grandes toiles brutes,sans cadre. Un art bien à lui. A la fois tendre et puissant. Fou,primitif (quelque chose d’aztèque),drôle ou terrifiant. Et tout est textile…Des milliers de petits traits au marqueur-peinture évoquent des points de couture:illusion,mais il y aussi des morceaux d’étoffe réellement cousus appliqués sur la toile…On a l’impression de regarder de grandes tapisseries d’antan. On pense également,bien sûr,à l’art populaire du patchwork. Le « petit point »va bien à Fabien Lédé. Il a très souvent travaillé ainsi,couvrant entièrement sa toile de mini traits de stylo bille. Minutie. Cet artiste m’a souvent fait penser à Robert Combas (ou parfois à James Ensor) mais il étonne toujours,enrichissant sans cesse son travail de plasticien,bougeant,évoluant,cherchant. Avec son fil conducteur bien personnel. Les photos sont des extraits d’œuvres exposées à l’ABC. Cliquez pour agrandir  De la biennale d’art contemporain de Lyon (jusqu’au 31 décembre) j’ai envie de choisir un seul bon souvenir à vous évoquer! …J’hésite. Parmi les œuvres des trois sites que j’ai visités,il n’y en a qu’une petite dizaine qui m’ont interpellée (par exemple celles de arthur bispo do rosario,eva kotatkova,virginia chihota,christian lhopital,robert kusmirowski,laura lima etc)
Allez,je choisis « la sorcière »de Cildo Meireles (La Bruja) au sol,dans deux immenses salles,s’étirent et s’emmêlent des milliers de kilomètres de fils de laine. Une invasion. Une prolifération. Le visiteur marche sur ce réseau enchevêtré,dérape ou se prend les pieds dedans (pris dans les mailles d’un filet?)….Certains fils grimpent souplement au plafond,toiles d’araignées élégantes. Au fond de la seconde salle,on s’aperçoit que les fils sont crachés par un balai posé contre le mur. (On peut aussi supposer,à l’inverse,que le balai aspire cet océan de fils). Un peu plus loin,dans un recoin,s’est accumulé un gros tas de fils. Une montagne avachie. Peut-être la réserve,ou le rebut. Cet étalage de fils crée un bel ensemble de lignes noires,certes chaotique mais harmonieux. Les traits structurent l’espace. L’esthétique est présente (chic!). La réflexion aussi:On pense à un crayon rageur qui aurait tracé,tourbillonné,filé,gribouillé…Ou on pense à un ouvrage qui aurait été tissé et qui est en train de se défaire,et c’est la débâcle. Un travail de longue haleine qui se détricote,se détruit…Et c’est le désordre. Ou alors…C’est le contraire,la pagaille d’avant la création.. Et cette œuvre du brésilien Cildo Meireles cohabite avec le travail d’autres artistes. Des dessins aux murs et des objets qui ont trouvé leur place dessus. Intéressant,vraiment. cliquer sur les photos pour agrandir Encouragée par ma visite de l’an dernier,au Salon Art Actuel de Chevigny-st-Sauveur, j’y suis retournée cette année. Et je n’ai toujours pas été déçue. Pourquoi? En général,le mot Salon me fait reculer…Quelque chose de coincé,où les œuvres ne cohabitent pas bien entre elles…Toujours les mêmes noms…Une espèce de salle des ventes… Ici,à Chevigny (c’était en nov 2011,ce sera à partir du 19 octobre l’an prochain) chaque artiste a la possibilité d’exposer beaucoup d’œuvres. Il y a de l’espace. Les panneaux sont blancs,hauts,et rangés de telle manière que les chocs n’ont pas lieu (pas trop) entre les divers travaux d’artistes. Les peintres peuvent présenter de belles séries. Un panel de leur travail. Et puis,des nouveautés pour nous les spectateurs…Des découvertes. (Seuls 5 d’entre eux étaient déjà invités l’an passé,sur 20). 
Mes trois vrais coups de cœur:-François Gauchet (photo juste ci-dessus),un langage pictural sans simagrées,quelque chose de pur et sincère dans le coup de pinceau abstrait,une économie de lignes et de teintes qui font un concentré d’émotion (et le dessin de la « gamelle »en refrain,en présence incessante!) -Erba Mar, (photo ci-dessous) des abstractions qui l’air de rien racontent chacune une histoire,avec leurs différences de ton,de force,de composition,de couleurs…Je m’explique toujours mal comment de telles peintures abstraites me font vibrer au plus profond de moi! -Françoise Bogard,(supprimée sur demande de l’artiste) du trompe l’œil qui flirte avec l’abstrait,une perfection de réalisme qui flotte loin de la réalité,de superbes ballets d’objets sans nom. Des faux-semblants de tissus,papiers,voiles. Beaucoup de recherches esthétiques. Déçue par ce que j’ai appris ultérieurement. Cette artiste travaille sur ordinateur…Dommage! J’ai aimé aussi les aquarelles de Franck Jooste,les dernières toiles de Katherin,les sympathiques sculptures de Colettes Denizot,les chaises de Christian Rattoray et certaines toiles de Mic Hahn…Et…Le costume de théâtre exposé sur scène! Pour agrandir,cliquer sur les photos 
Un peintre s’était installé à Nü Köza en novembre 2011. Un peintre. Un vrai. Qui mène une sincère aventure picturale depuis des années. Après l’abstraction,il a introduit peu à peu des personnages qui émergent de cette matière colorée tellement vivante dans ses tableaux. Oui,sous le pinceau de marc-antoine Mazoyer,on a presque l’impression d’une matière organique qui se développe ou se déplace,gonfle ou maigrit…Qui existe en elle-même.
Par moments,il semble même que l’artiste soit en lutte avec ses pigments…La toile du triptyque exposée à Nü Köza,qu’il intitule l’atelier du peintre,montre d’ailleurs l’artiste en position très dynamique. (J’ai même cru d’abord qu’il s’agissait d’un coureur de jeux olympiques!!) Le pinceau pourrait être une arme dans sa main. Au même titre que celles que brandissent nombre de ses personnages. Car,chez marc-antoine Mazoyer,le climat est souvent à la révolution,à la contestation. Le poing est en avant. On est « debout »,en action…Et son geste de peintre a quelque chose de ce refus de la passivité et de l’immobilisme. Ses grands formats vous accueillaient dans ce bel espace de la galerie,rue Charlie Chaplin à Dijon,pas forcément avec douceur! Ils attaquent un peu! Certains violets,par exemple,pour moi,sont agressifs au possible! Et puis,vous restez. Et vous voyez qu’il se passe quelque chose. Vous vous approchez. L’énergie de cette peinture vous gagne. « Le supplicié »,en particulier,est une toile bouleversante. Faite de souffrance et d’humiliation. Et c’est justement par la peinture (et non le dessin ou la forme) que cela est exprimé. (photo gauche) Cliquer sur les photos pour agrandir  Assez vite,la galerie Wilson a trouvé son rythme de croisière. Elle reste fidèle à un genre et accueille des artistes qui sont tous dans la même lignée (même différents apparemment) . Je veux dire que chez Colette Vuillaume,la maîtresse des lieux, on rencontre toujours des artistes accomplis,qui ont fait leurs preuves. Des artistes au travail sérieux. Souvent connus et reconnus dans un certain monde artistique. Des références. Mais rares sont les vraies surprises côté création plastique…
Je visite souvent cette galerie car il faut reconnaître que le lieu est un coffret très agréable pour contenir peintures et sculptures. Éclairages parfaits,vases de fleurs,chat sur le radiateur,cloison en vitres anciennes,vieilles portes raffinées…L’âme de la maison est là. « Luxe,calme et volupté ».. Mais,en général,le travail présenté est sans vraie audace. Sans vraie nouveauté. Il ne « risque »rien. Il va plaire,sans aucun doute. Les œuvres exposées sont toujours très décoratives,prêtes à rejoindre votre salon. On est dans une jolie esthétique,une élégance…Même si la galerie Wilson accroche parfois des abstractions franches,celles-ci restent sage et sans originalité. Quand même!………Jusqu’au 13 novembre 2011,il y avait qque chose à voir! Le sculpteur (et médailliste) Jaques Brouail présentait quelques unes de ses œuvres. J’ai été séduite. Ce sont des pièces en tôle d’acier. Étonnants volumes abstraits où jouent masses et vides,équilibres et tensions,reflets et moirures. (Cliquez sur les photos pour agrandir) Le sculpteur était accompagné par la peintre Cheda dans cette exposition. Effets de cubisme à la Braque,mais avec couleurs assez éclatantes. Les paysages sont meilleurs que les personnages. Ses natures mortes aussi. C’est joli. Sans plus. Il fallait prendre un laps de temps suffisamment long pour visiter cette exposition! Elle demandait qu’on s’y attarde. Il y avait tout de même trois artistes qui faisaient,en quelque sorte,leur expo dans l’expo. A priori,on ne voyait pas trop de lien entre les peintures.. Pourquoi ces femmes avaient-elle construit une exposition commune? On cherchait le fil à suivre…Donc,pour vous y retrouver et prendre du plaisir,il fallait leur accorder une bonne heure ou davantage à ces « Trois femmes qui cherchent… »(titre de l’expo)! Elles le méritent!
Les sculptures de Catherine Scellier servent de bornes (ou de garde-fou),dans la salle du bas,pour vous guider dans votre cheminement. Sinon,les peintures de Véronique Soriano et celles de Christiane Bruley vont se heurter devant vos yeux. Elles ne vont pas forcément ensemble. Par contre,le travail de Catherine Scellier a des échos avec les deux peintres. (Aurait-on déjà trouver le lien?…) Et revoici donc,pour notre plus grand plaisir, les créatures burlesques,ou tragiques,ou attendrissantes de la sculptrice. Formidable créatrice,elle met en mouvement des personnages pleins de vie qui,la plupart du temps,jaillissent d’un élément naturel,bois,os,pierre ou coquillage. Elle manie décidément le raku toujours avec dextérité. Christiane Bruley met de plus en plus de fougue dans son pinceau abstrait. Ses derniers tableaux  donnent de plus en plus l’impression de pénétrer une matière. Comme si on circulait à l’intérieur d’un arbre,ou d’un élément naturel ( eau,terre,ou même fruit…) Après le carton et le bois,elle peint depuis quelque temps sur métal. C’est du plus bel effet. Véronique Soriano semble tisser et coudre des pans de couleurs douces sur sa toile et y glisser des personnages féminins ou asexués. Anges,vierges,amazones,sirènes…ils sont transparents comme le rêve ou éphémères comme le souvenir. Les décors ( que je qualifierais de « bibliques ») où ils apparaissent ont la même évanescence. Quelle mythologie nous racontent-ils? C’est du Fra Angélico moderne ou du Chagall! (Toute proportion gardée!) En plus,ces 3 artistes ont utilisé habilement les pièces de la Galerie avec,entre autre,chacune son « cabinet des curiosités ». Là,petite collection intime de ce qui les nourrit,les inspire en tant qu’artiste. Petits portraits cachés. Petites confidences. On y voit de très belles choses parfois,comme ces gravures de C. Scellier assorties de points de couture et d’encre de chine flottée…Ces alcôves nous permettent peut-être de mieux appréhender la personnalité de chacune des 3 femmes. Cliquez sur les photos pour agrandir | |
Commentaires récents