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Claude Micheli à La Source

 la Galerie La Source, Fontaine-lès-Dijon, a accueilli en novembre 2018 l’exposition « L’instant » de Claude Micheli. (Du mercredi au vendredi, 15h3018h30. Le week-end, 15-18h30).

Non! Ce ne sont pas des photos en noir et blanc, comme on pourrait le penser en arrivant à la Galerie. C’est un travail au pastel. Sur les opposition lumière et obscurité. Tout en noir et blanc. La salle du rez-de-chaussée montre une vaste déclinaison de ce très intéressant travail d’abstractions. A l’étage, surprise!

Essayez de vous trouver une position tant bien que mal devant chacun des tableaux pour les apprécier… Mais mission impossible tant les reflets sont multiples et costauds!! (quand trouvera-t-on une alternative à ces  ignobles vitres devant des œuvres??? Sinon leur suppression pure et simple??)

Je me concentre! Je tente de mettre de côté les reflets! Je me laisse enfoncer dans cette matière noire, à la fois légère et dense. Parfois l’artiste semble la creuser, l’écarter, pour en faire jaillir le blanc. Et la lumière naît de l’obscurité. C’est un perpétuel jeu de ténèbres et de clarté. Un mouvement de voiles, de draperies (j’ai pensé aux aurores boréales, sauf qu’elles sont en couleur!), d’ondulations, de plis… Ce sont aussi des traits (ou des raies) de lumière, telles des cascades, qui dégringolent de là-haut. L’artiste y voit des « flashs d’illumination ». De ces éclats magiques qui, soudain, vous éclairent, qui vous tombent du ciel, qui vous transportent…D’où le titre de son exposition « L’instant ».

Au premier étage, Claude Micheli continue les oppositions noir et blanc. Mais cette fois voici des portraits. D’étranges portraits d’écrivains, de peintres ou cinéastes. Qui ont un point commun: ils ont fréquenté une certaine folie en créant leurs œuvres. Lautréamont, Baudelaire, Oscar Wilde, Pasolini, Bacon… Le but de Claude Micheli est de rendre cette étrangeté. Il déforme les traits des visages et, en même temps, les enveloppe de ces rayons lumineux qui pourraient bien être l’inspiration (ce sont des illuminés)  L’ambiance créée ici est réussie: celles des films fantastiques genre « la nuit des morts vivants »! Ou celle des miroirs déformants des fêtes foraines! Fais moi peur!

Je préfère cependant les abstractions. Peut-être moins séduisant pour le public. Et plus répétitif (apparemment). Mais j’y ressens mieux l’idée que le noir est le chemin de la lumière!

 Mes photos sont bien sûr inutilisables en raison des reflets. J’ai pris un visuel sur le site de Claude Micheli :    micheli-art.odexpo.com

 

 

Cécilia Philippe, ABC

Passage Darcy, à Dijon, à l’ABC, Cécilia Philippe a exposé « Achromatopsie » à l’automne 2018 (Du mardi au samedi, 13-18h.)

Tant mieux, l’ABC expose la jeune création (tiens! Il y a d’ailleurs une grosse faute d’orthographe sur son site!!).  Voici donc la jeune Cécilia Philippe et son exposition « Achromatopsie ». La première chose que je constate en accomplissant un premier tour d’expo: il y a visiblement une réflexion sur les techniques d’impression, genre sérigraphie, linogravure, tampographie…On est dans le domaine de la reproduction ou de la production en séries. Il semble qu’on se promène entre les mondes du numérique et de la photographie… Je crois voir des empreintes (digitales ou pas), des pixels, des répétitions de motifs. Et ça se confirme avec la présence de lés de papiers peints et de frises sur placo.

Je refais un tour. Plus lent. Je m’attarde, le regard au ras de l’œuvre ou en recul. Je crois comprendre qu’il n’y a rien à voir! Illusion d’images! Tous ces petits fragments de linoléum, par exemple, aux formes géométriques, joliment assemblés en puzzle, pourraient faire naître une forme devant nos yeux ébahis… Niet! Rien!   Et ce beau lé de papier peint mi-suspendu mi-posé dans le hall (intitulé à dessein « Pléonasme »)? Tromperie! C’est un papier peint fait… avec des morceaux de papiers peints. On s’embrouille! Mais la démarche de l’artiste s’éclaire dans ma tête (enfin! je crois!)

Arrêtons-nous devant la pièce « Achromatopsie » (ah! au fait! c’est une anomalie de la vue, qui ne distingue pas les couleurs).  On croit repérer des petits points qui constituent des lignes ondulantes. Le tout en gris et blanc. Là aussi, ça pourrait aboutir à des images. Mais non. Ne pas chercher. Mirage! Utopie!

Les petites vestes de judokis aux motifs confettis, les boîtes américaines qui présentent des traces réalisées avec tampons, les frises sur placoplâtre dont certains motifs sont minutieusement grattés et effacés… participent du même processus.

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L’envol, Maison Rouge, Paris

Dernière exposition à la Maison Rouge, 10 bd de la Bastille, à Paris qui allait fermer en octobre 2018. Pour cet adieu, elle avait choisi une expo qui, comme d’habitude, ne ressemblait pas aux autres. Elle s’intitulait « L’envol » …. Quelque chose d’un peu fou…

Quatre amis, dont bien sûr Antoine de Galbert, le créateur de la Maison Rouge, quatre collectionneurs atypiques, passionnés, sont à l’origine de cet « envol ». Une jolie clôture, après 14 ans d’art rêvé, différent, libre, singulier.  Je crois qu’on ne peut que faire  des énumérations pour décrire l’expo, car il y a de tout! Mais sans que le montage ne fasse capharnaüm. C’est fou mais pas foutraque! La balade nous fait passer d’une folie à une autre, mais ça glisse bien! On se laisse porter, guider sur ce parcours inspiré. C’est drôle comme tout se tient dans cette grande folie, comme le fil rouge (rouge lui aussi) est facile à tenir, à suivre.

Allons-y pour les énumérations! En vrac (mais vraiment en vrac): chamanisme, funambulisme, légendes, science-fiction, contes, danses, drogues hallucinogènes, ailes, sauts dans le vide, machines volantes, sculptures, hommes oiseau, photos, croyances des autres cultures du monde, croquis, voyages extra-terrestres, films, installations, miroirs, vaisseaux spatiaux, terre de lune, anges, cages, oiseaux…Oui! Le rêve de voler! Et s’envoler, c’est aussi monter, s’élever, partir, s’évader… Sont évoqués ici tous ceux qui ont défié l’apesanteur, en réalité ou en imagination. L’art, ici, est moderne, brut, contemporain, singulier, populaire…

Bon vol, Maison Rouge!

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Dole, chapelle des Jésuites (suite)

Retournée à Dole pour une soirée concert à la Chapelle des Jésuites (organisation Mac3) et pour voir en place l’expo à son complet  (jusqu’au 22 juillet).

J’avais déjà parlé (cf mon papier « Dole, 12 artistes, chapelle des Jésuites ») de Christine Delbecq qui « habite » le choeur de cette ancienne église avec son chaos-carton et son mur de photos. Je n’en dirai pas plus, sauf que je m’étais projetée  « à l’intérieur » de cette installation pendant le concert et que c’était bien!!

quelques autres :

Christine Curtenelle: j’avais vu des toiles d’elle où circulaient des lignes, en réseaux, en cartographies abstraites. Des lignes que le regardant suivait comme un fil conducteur, se laissant aller aux fantaisies de l’artiste mais aussi à son autorité. On parcourait ses chemins en acceptant agréablement les hasards ou les contraintes. Cette fois, ici, les lignes se sont rassemblées pour une représentation du réel. Voici un cerveau et un poulet. Les circonvolutions de l’un (lignes organisées…) trouvent un reflet dans l’autre (association d’idées). Étonnant.

Didier Jourdy: des paysages sans être vraiment des paysages. Des images. Des souvenirs. Des fantômes de souvenirs ou de rêves. Ces collages, assortis de peinture, racontent tant d’histoires…Des tourbillons de sensations. Les bouts de papier ont un pouvoir fabuleux quand on leur laisse intelligemment la parole.

Clara Cavignaux: personnages qui nous frôlent sans nous voir, muets, flous… Les voit-on en réalité? Ils sont transparents. Ils ne sont que des reflets dans des vitrines. Leurs images se superposent. Ont-ils une consistance? Sont-ils vivants? Ce travail au pastel sec, recouvert de couches de verni, touche…

Nigel Talbot: devant la sculpture de cet artiste du Pays de Galle, les visions affluent. On voit une hutte de branchages, ou un grand fagot de bois, ou des pattes d’insecte géant etc L’imagination démarre. Au sommet de cet assemblage penché, déséquilibré (apparemment fragile) on voit de beaux objets de bois qui pourraient bien être des bateaux. Ou sur cale, ou échoués, ou flottant encore sur une mer imaginaire. Des nœuds de caoutchouc noir attachent tout cela. Bref, un art qui évoque…Donc riche…

Et 7 autres artistes à découvrir!

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Dole, 12 artistes à la chapelle des Jésuites

A la chapelle des Jésuites, rue du collège de l’Arc, à Dole, organisée par Mac3, une exposition de 12 artistes en juillet 2018

C’est une église. Une église désaffectée. Ce qui veut dire grands vides, délabrement, vestiges poussiéreux. Bref, un beau lieu pour des artistes prêts à le « réaffecter » . Et c’est le cas pour 12 artistes qui vont occuper ce grand espace étrange et merveilleux pendant deux semaines. J’ai eu la chance d’assister aux premiers montages de l’exposition: fièvre, doutes, escabeaux, perceuses, courbatures et discussions! J’essaierai d’aller voir l’ensemble terminé après l’ouverture, le 7 juillet.

La seule qui, dans cette première journée, a pu installer, c’est la plasticienne Christine Delbecq.

Dans le choeur de la chapelle, elle a construit son « chaos-carton ». Un éboulement. Un éboulis. Quelque chose comme un mur effondré. Ou comme un torrent figé. Un ensemble qui hésite entre fragilité et densité. Entre déséquilibre et force solide. A droite de cette installation, un panneau  grand format d’un montage photos s’encadre dans l’arche d’une porte. C’est en quelque sorte une projection du chaos-carton. Un extraordinaire voyage en photos à l’intérieur, en surface, autour, de loin, de près… Les deux éléments de l’installation fonctionnent ensemble bien évidemment. D’un côté le volume, le tangible. De l’autre, l’image. Deux regards, deux sensations. Deux points de vue, dirait l’artiste.

J’ai vu plusieurs fois ce travail de Christine Delbecq installé dans divers lieux. Jamais il n’avait aussi bien vécu que dans le choeur de cette chapelle!

Deux peintres avaient, ce jour-là, apporté leurs toiles. Mais sans les accrocher: Christine Curtenelle et Didier Jourdy Elisabeth Le-Gros-Böttcher avait également sorti quelques unes de ses céramiques. Sinon, les autres artistes attendus sont: Nigel Talbot, Michio Takahashi, Andreas Rüthi, Raphaëlle Jouffroy, Joseph Ginet, Kees de Voogd, Françoise Cholé et Clara Cavignaux.

Hâte de voir tout ça en place!

7 concerts sont proposés dans cette même chapelle les 7, 8, 9, 10, 11 , 12 et 13 juillet.

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Marc Couturier, Entrepôt 9 (Barnoud)

« Bois » fut une exposition de Marc Couturier à l’Entrepôt 9 (Galerie Barnoud), 9 bd de l’Europe (angle rue Champeau), à Quétigny dans l’été 2018

Marc Couturier « voit ». Il voit ce que d’autres ne voient peut-être pas. Il voit ce qui existait là, tout près, dans un bout de planche, un papier sale, une feuille d’arbre, une pierre… ça attendait  qu’on le « voit » et qu’on le sorte de son comas,  que quelqu’un le révèle. C’était là, mais tant que personne ne le remarquait, ne le réveillait, ne le mettait en valeur, ne le transformait en objet à montrer, c’était sans vie. L’artiste a le rôle de le créer, de l’inventer…

Dans la Galerie, au mur blanc, s’alignent des mini cadres, ou plutôt des petites boîtes (forme de boitier photographique) dans le fond desquelles se blottissent des morceaux de planche. Marc Couturier n’est pas intervenu sur eux. Tels quels. Juste recadrés (comme on le fait d’une photo). Des extraits bien choisis. Et ce vieux bois fait apparaître de délicats petits paysages. Illusion parfaite d’une falaise, d’un clocher, d’un village au pied de la montagne…Couturier

Ce travail me touche car, sans avoir l’acuité de l’artiste, moi aussi je suis « voyante » souvent! Mais nous sommes nombreux dans ce cas, non? Certains vieux murs tachés d’humidité, par exemple, sont pour moi de grandes fresques ! Apparaissent formes abstraites et paysages…Et ne parlons pas de ma collection de « cailloux » où je vois tant de choses!

Autre travail de Marc Couturier présenté ici et qui m’a beaucoup intéressée: un grand dessin réalisé directement sur un mur de la Galerie. A la mine de graphite, il a griffonné (ou gribouillé) une page géante de signes qui, plus ou moins denses, finissent par donner l’impression d’un…paysage (on y revient! Même idée). Mais cela pourrait être aussi bien une lettre manuscrite, ou une expression de quelque chose d’impossible à dire ou écrire. Intéressant aussi par le geste de l’artiste qui s’engage totalement dans cette sorte de performance. Il débute en haut à gauche et termine en bas à droite. Entre expérience physique et expérience spirituelle.

 

vu du haut de la galerie

vu du haut de la galerie

couturier3

extrait

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« Feux », cellier de Clairvaux

Début d’été 2018:  des artistes de notre région et des artistes africains (organisation association Bourgogne-Mali) proposaient au Cellier de Clairvaux, à Dijon, une expo sur le thème du feu

Le feu est un thème à multiples facette et ces artistes les ont explorées à qui mieux mieux. Mouvements et couleurs, symboles et allégories, chaleur, vie ou destruction etc. Le feu est un ami ou un ennemi. Chacun l’a interprété à sa façon. D’où peut-être une légère impression de disparate. Mais c’est inévitable avec le rassemblement de plusieurs artistes différents, même réunis autour d’un sujet identique.

Voici, au hasard de ma promenade, la série de Patrick Chatel. Comme huit strophes d’un poème. Braises, flammes, incandescence, fumée… Des cadrages serrés jusqu’au monochrome rouge, au cœur du feu.Patrick Chatel Et voici les petites urnes de Monique Riond, en céramique, prévues sans doute pour la conservation des cendres des arbres qu’on assassine ici et là. Monique RiondVoici aussi, un récit en noir et blanc, celui du photographe Jean-Philippe Jarlaud: le triptyque d’un feu dressé dans la nuit et souligné d’écriture (« cet hiver les avait soudés autour de brasiers insensés »…). Et encore, voici l’étrange scène d’Harrabi Hbyba, violente et passionnée, où quelque chose brule et se déchire, un corps souffre.Harrabi Hbyba Voici les caractères arabes de Ben Nabhan Brahim, bandelettes d’écriture, prières sur couleur de feu. Voici, dans son archéologie de l’imaginaire, l’oiseau de feu de Fabienne Adenis, né (ou tué) par le feu.Fabienne Adenis

Odile Massard, Eliane Martinand, Ahlem Dabbour, Fabienne Durupt, Evelyne Lagnien, Bruno Chevreau... m’ont interpellée également .

Et j’ai découvert l’artiste qui crée de délicates poupées (pièces uniques), Laurence Ruet. Modelage, peinture, couture… et voici d’énigmatiques enfants aux yeux rêveurs et à la moue boudeuse qu’on n’oserait pas déranger dans leur histoire si intime. Mais bien séduisants, ces enfants!Laurence Ruet

Les textes qui accompagnent les œuvres exposées sont souvent sensibles, poétiques et personnels. Bien ! Bien!

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Les Nymphéas et l’abstraction américaine, Paris

A L’Orangerie, jardin des Tuileries, à Paris, une intéressante exposition rapprochait les Nymphéas (Monet, of course) et l’abstraction américaine des années 50. Eté 2018.

Depuis quelques temps, dans les expos d’art, c’est la mode de tenter de comparer, de rapprocher, de trouver des ressemblances, des influences…Parfois, c’est tiré par les cheveux! Ici, avec ce Monet qui aurait ouvert la voie de l’abstraction, et en particulier chez les peintres américains, on ne sent pas trop l’exercice périlleux et gymnastique! Ou alors, on se laisse facilement convaincre.Kelly Kelly (premier tableau à l’entrée de l’expo, « tableau vert ». Photo ci-dessus) est le seul qui se réclame vraiment de Monet… Les autres ne font que peindre à sa manière, peut-être inconsciemment. Soudain, leurs toiles respirent la couleur au détriment de la forme, créent une immersion dans un espace, suppriment les repères, font couler la peinture, font des taches, des éclaboussures et oublient la représentation d’un sujet…La filiation avec Monet n’est pas évidente. Son influence, bien hasardeuse. Mais c’est intéressant de chercher les point communs. Ce sont finalement les critiques d’art (tel Clément Greenberg) qui ont souvent analysé ces affinités entre les abstraits américains et les impressionnistes, particulièrement Monet dans ses oeuvres ultimes.

J’étais contente, en fait, de revoir les Nymphéas. Ces grands panneaux présentés en salles circulaires, ces impressionnants cadrages et vues rapprochés. Ce travail acharné d’un pinceau qui va et vient, qui tourne, qui superpose, qui compose sans lignes et sans dessin. Sacré jardin d’eau de Giverny!

Nymphéas (extrait)

Nymphéas (extrait)

Côté américains, de belles choses abstraites. Rothko, Pollock, Morris Louis, Mark Tobey, Sam Francis…Morris Louis Toutes ces surfaces picturales qui sont autant d’espaces infinis où il se passe plein de choses… Ces parcours offerts au regard, mais dont l’esprit s’empare: des passages dans les profondeurs, des glissements en surface, des vibrations… On est entre sensations physiques et émotions.Sam Francis

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Salon des artistes, Fontaine-lès-Dijon

Pour ce Salon de Fontaine 2018, il me semble que j’ai envie de citer davantage d’artistes que l’année dernière! J’en rejette moins!! Un bon cru donc! (Même si je suis toujours allergique à ce genre d’exposition où les oeuvres les plus disparates cohabitent tant bien que mal).   Bossier

Petit tour d’horizon. Là où je me suis arrêtée. Intéressée, surprise, émue, curieuse ou carrément séduite. Sans ordre.Adenis

C. Bossier, ses gravures sur carton. Yi-Ling Lu, ses encres immatérielles. C. Maufret, ses graphismes fouillés. F. Adenis, ses nouveaux dieux poissons. C. Micheli, son pinceau magique en noir et blanc. F. Lepoivre, ses drôles de personnages allurés. M.C. Chevalley, ses planches de dessins. F. Content, ses élégants et touchants monotypes. F. Canet, sa folle famille en buis. C. Tiercin, ses espaces silencieux.

(extrait)

(extrait)

F. Orzel, ses contrastes mouchetés en noir et blanc. P. Gonzales, ses douces photos surannées. M. Reboulleau, ses aquarelles musicales. E. Kubicki, ses zooms au cœur de la matière. D. Carette, ses rythmes colorés. M. Challaux-Berthet, ses harmonies en petits formats. P. Simonnet, ses créatures métalliques… (Etc, bien sûr!)Lepoivre

L’invité d’honneur est Philippe Guerry. On l’avait découvert à La Galerie La Source il y a quelque temps. Un geste pictural bien à lui, qui fait tout tanguer, se fluidifier, se noyer, se perdre… Une palette bien à lui, tout aussi aquatique. Les scènes peintes, en cabarets, bars ou casinos, transpirent à la fois la sensualité et l’ennui. Voire la désespérance. Tout un univers.

(extrait)

extrait)

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Marc Giai-Miniet, Médi@lude, St-Apollinaire

En mai 2018, la médiathèque, Média@lude, de St-Apollinaire nous a offert une exposition super! « Théâtre muet des bibliothèques », de Marc Giai-Miniet. Mardi et mercredi 15-18h30, jeudi, vendredi et samedi 10-12h et 14-18h (samedi 17h)

Décrire c’est démolir. Tant pis, vous devez savoir ce qui vous attend à cette expo. Une série de placards ouverts, en quelque sorte. Avec des rayonnages, ceux des étages supérieurs sont à hauteur de vos yeux, à peu près. Ou des maquettes… Ou des immeubles miniatures, en coupe… Ou des maisons de poupées, vous savez, ces intérieurs de Lilliputiens où vos doigts qui s’y aventurent sont devenus des géants…

Bref, l’artiste, lui, les appelle des boîtes. Et pour cette expo à la médiathèque, ce sont ses bibliothèques qui ont été choisies.MGiai-Miniet4J’en connais qui s’arrêteront à la minutie du boulot. C’est vrai, un travail remarquable de reproduction exacte, à toute petite échelle. Scrutez les détails, c’est époustouflant. Mais, franchement, si c’était juste cet artisanat parfait du trompe l’oeil, je ne perdrais pas mon temps à vous en parler.Giai-Miniet2

Ces petits mondes construits par Marc Giai-Miniet créent le malaise.

Car, ces sages bibliothèques, d’une part sont désertes et abandonnées, et d’autre part finissent dans les chaudières du sous-sol où brûlent les livres. De monstrueux engins les ingurgitent dans leurs tuyaux. Et tout finit dans le noir des caves. Carbonisé. La bibliothèque est assimilée plusieurs fois à une mine de charbon: le livre est un carburant. Un côté Fahrenheit. Ou pire, Holocauste. En tout cas, le côté obscur de l’humain. Là-haut, le savoir, la culture, la mémoire. En bas, la destruction, l’anéantissement, la mort.Giai-Miniet3

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