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Dole, chapelle des Jésuites (suite)

Retournée à Dole pour une soirée concert à la Chapelle des Jésuites (organisation Mac3) et pour voir en place l’expo à son complet  (jusqu’au 22 juillet).

J’avais déjà parlé (cf mon papier « Dole, 12 artistes, chapelle des Jésuites ») de Christine Delbecq qui « habite » le choeur de cette ancienne église avec son chaos-carton et son mur de photos. Je n’en dirai pas plus, sauf que je m’étais projetée  « à l’intérieur » de cette installation pendant le concert et que c’était bien!!

quelques autres :

Christine Curtenelle: j’avais vu des toiles d’elle où circulaient des lignes, en réseaux, en cartographies abstraites. Des lignes que le regardant suivait comme un fil conducteur, se laissant aller aux fantaisies de l’artiste mais aussi à son autorité. On parcourait ses chemins en acceptant agréablement les hasards ou les contraintes. Cette fois, ici, les lignes se sont rassemblées pour une représentation du réel. Voici un cerveau et un poulet. Les circonvolutions de l’un (lignes organisées…) trouvent un reflet dans l’autre (association d’idées). Étonnant.

Didier Jourdy: des paysages sans être vraiment des paysages. Des images. Des souvenirs. Des fantômes de souvenirs ou de rêves. Ces collages, assortis de peinture, racontent tant d’histoires…Des tourbillons de sensations. Les bouts de papier ont un pouvoir fabuleux quand on leur laisse intelligemment la parole.

Clara Cavignaux: personnages qui nous frôlent sans nous voir, muets, flous… Les voit-on en réalité? Ils sont transparents. Ils ne sont que des reflets dans des vitrines. Leurs images se superposent. Ont-ils une consistance? Sont-ils vivants? Ce travail au pastel sec, recouvert de couches de verni, touche…

Nigel Talbot: devant la sculpture de cet artiste du Pays de Galle, les visions affluent. On voit une hutte de branchages, ou un grand fagot de bois, ou des pattes d’insecte géant etc L’imagination démarre. Au sommet de cet assemblage penché, déséquilibré (apparemment fragile) on voit de beaux objets de bois qui pourraient bien être des bateaux. Ou sur cale, ou échoués, ou flottant encore sur une mer imaginaire. Des nœuds de caoutchouc noir attachent tout cela. Bref, un art qui évoque…Donc riche…

Et 7 autres artistes à découvrir!

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Dole, 12 artistes à la chapelle des Jésuites

A la chapelle des Jésuites, rue du collège de l’Arc, à Dole, organisée par Mac3, une exposition de 12 artistes en juillet 2018

C’est une église. Une église désaffectée. Ce qui veut dire grands vides, délabrement, vestiges poussiéreux. Bref, un beau lieu pour des artistes prêts à le « réaffecter » . Et c’est le cas pour 12 artistes qui vont occuper ce grand espace étrange et merveilleux pendant deux semaines. J’ai eu la chance d’assister aux premiers montages de l’exposition: fièvre, doutes, escabeaux, perceuses, courbatures et discussions! J’essaierai d’aller voir l’ensemble terminé après l’ouverture, le 7 juillet.

La seule qui, dans cette première journée, a pu installer, c’est la plasticienne Christine Delbecq.

Dans le choeur de la chapelle, elle a construit son « chaos-carton ». Un éboulement. Un éboulis. Quelque chose comme un mur effondré. Ou comme un torrent figé. Un ensemble qui hésite entre fragilité et densité. Entre déséquilibre et force solide. A droite de cette installation, un panneau  grand format d’un montage photos s’encadre dans l’arche d’une porte. C’est en quelque sorte une projection du chaos-carton. Un extraordinaire voyage en photos à l’intérieur, en surface, autour, de loin, de près… Les deux éléments de l’installation fonctionnent ensemble bien évidemment. D’un côté le volume, le tangible. De l’autre, l’image. Deux regards, deux sensations. Deux points de vue, dirait l’artiste.

J’ai vu plusieurs fois ce travail de Christine Delbecq installé dans divers lieux. Jamais il n’avait aussi bien vécu que dans le choeur de cette chapelle!

Deux peintres avaient, ce jour-là, apporté leurs toiles. Mais sans les accrocher: Christine Curtenelle et Didier Jourdy Elisabeth Le-Gros-Böttcher avait également sorti quelques unes de ses céramiques. Sinon, les autres artistes attendus sont: Nigel Talbot, Michio Takahashi, Andreas Rüthi, Raphaëlle Jouffroy, Joseph Ginet, Kees de Voogd, Françoise Cholé et Clara Cavignaux.

Hâte de voir tout ça en place!

7 concerts sont proposés dans cette même chapelle les 7, 8, 9, 10, 11 , 12 et 13 juillet.

HTTP://WWW.MAC3.EU

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Marc Couturier, Entrepôt 9 (Barnoud)

« Bois » fut une exposition de Marc Couturier à l’Entrepôt 9 (Galerie Barnoud), 9 bd de l’Europe (angle rue Champeau), à Quétigny dans l’été 2018

Marc Couturier « voit ». Il voit ce que d’autres ne voient peut-être pas. Il voit ce qui existait là, tout près, dans un bout de planche, un papier sale, une feuille d’arbre, une pierre… ça attendait  qu’on le « voit » et qu’on le sorte de son comas,  que quelqu’un le révèle. C’était là, mais tant que personne ne le remarquait, ne le réveillait, ne le mettait en valeur, ne le transformait en objet à montrer, c’était sans vie. L’artiste a le rôle de le créer, de l’inventer…

Dans la Galerie, au mur blanc, s’alignent des mini cadres, ou plutôt des petites boîtes (forme de boitier photographique) dans le fond desquelles se blottissent des morceaux de planche. Marc Couturier n’est pas intervenu sur eux. Tels quels. Juste recadrés (comme on le fait d’une photo). Des extraits bien choisis. Et ce vieux bois fait apparaître de délicats petits paysages. Illusion parfaite d’une falaise, d’un clocher, d’un village au pied de la montagne…Couturier

Ce travail me touche car, sans avoir l’acuité de l’artiste, moi aussi je suis « voyante » souvent! Mais nous sommes nombreux dans ce cas, non? Certains vieux murs tachés d’humidité, par exemple, sont pour moi de grandes fresques ! Apparaissent formes abstraites et paysages…Et ne parlons pas de ma collection de « cailloux » où je vois tant de choses!

Autre travail de Marc Couturier présenté ici et qui m’a beaucoup intéressée: un grand dessin réalisé directement sur un mur de la Galerie. A la mine de graphite, il a griffonné (ou gribouillé) une page géante de signes qui, plus ou moins denses, finissent par donner l’impression d’un…paysage (on y revient! Même idée). Mais cela pourrait être aussi bien une lettre manuscrite, ou une expression de quelque chose d’impossible à dire ou écrire. Intéressant aussi par le geste de l’artiste qui s’engage totalement dans cette sorte de performance. Il débute en haut à gauche et termine en bas à droite. Entre expérience physique et expérience spirituelle.

 

vu du haut de la galerie

vu du haut de la galerie

couturier3

extrait

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« Feux », cellier de Clairvaux

Début d’été 2018:  des artistes de notre région et des artistes africains (organisation association Bourgogne-Mali) proposaient au Cellier de Clairvaux, à Dijon, une expo sur le thème du feu

Le feu est un thème à multiples facette et ces artistes les ont explorées à qui mieux mieux. Mouvements et couleurs, symboles et allégories, chaleur, vie ou destruction etc. Le feu est un ami ou un ennemi. Chacun l’a interprété à sa façon. D’où peut-être une légère impression de disparate. Mais c’est inévitable avec le rassemblement de plusieurs artistes différents, même réunis autour d’un sujet identique.

Voici, au hasard de ma promenade, la série de Patrick Chatel. Comme huit strophes d’un poème. Braises, flammes, incandescence, fumée… Des cadrages serrés jusqu’au monochrome rouge, au cœur du feu.Patrick Chatel Et voici les petites urnes de Monique Riond, en céramique, prévues sans doute pour la conservation des cendres des arbres qu’on assassine ici et là. Monique RiondVoici aussi, un récit en noir et blanc, celui du photographe Jean-Philippe Jarlaud: le triptyque d’un feu dressé dans la nuit et souligné d’écriture (« cet hiver les avait soudés autour de brasiers insensés »…). Et encore, voici l’étrange scène d’Harrabi Hbyba, violente et passionnée, où quelque chose brule et se déchire, un corps souffre.Harrabi Hbyba Voici les caractères arabes de Ben Nabhan Brahim, bandelettes d’écriture, prières sur couleur de feu. Voici, dans son archéologie de l’imaginaire, l’oiseau de feu de Fabienne Adenis, né (ou tué) par le feu.Fabienne Adenis

Odile Massard, Eliane Martinand, Ahlem Dabbour, Fabienne Durupt, Evelyne Lagnien, Bruno Chevreau... m’ont interpellée également .

Et j’ai découvert l’artiste qui crée de délicates poupées (pièces uniques), Laurence Ruet. Modelage, peinture, couture… et voici d’énigmatiques enfants aux yeux rêveurs et à la moue boudeuse qu’on n’oserait pas déranger dans leur histoire si intime. Mais bien séduisants, ces enfants!Laurence Ruet

Les textes qui accompagnent les œuvres exposées sont souvent sensibles, poétiques et personnels. Bien ! Bien!

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Les Nymphéas et l’abstraction américaine, Paris

A L’Orangerie, jardin des Tuileries, à Paris, une intéressante exposition rapprochait les Nymphéas (Monet, of course) et l’abstraction américaine des années 50. Eté 2018.

Depuis quelques temps, dans les expos d’art, c’est la mode de tenter de comparer, de rapprocher, de trouver des ressemblances, des influences…Parfois, c’est tiré par les cheveux! Ici, avec ce Monet qui aurait ouvert la voie de l’abstraction, et en particulier chez les peintres américains, on ne sent pas trop l’exercice périlleux et gymnastique! Ou alors, on se laisse facilement convaincre.Kelly Kelly (premier tableau à l’entrée de l’expo, « tableau vert ». Photo ci-dessus) est le seul qui se réclame vraiment de Monet… Les autres ne font que peindre à sa manière, peut-être inconsciemment. Soudain, leurs toiles respirent la couleur au détriment de la forme, créent une immersion dans un espace, suppriment les repères, font couler la peinture, font des taches, des éclaboussures et oublient la représentation d’un sujet…La filiation avec Monet n’est pas évidente. Son influence, bien hasardeuse. Mais c’est intéressant de chercher les point communs. Ce sont finalement les critiques d’art (tel Clément Greenberg) qui ont souvent analysé ces affinités entre les abstraits américains et les impressionnistes, particulièrement Monet dans ses oeuvres ultimes.

J’étais contente, en fait, de revoir les Nymphéas. Ces grands panneaux présentés en salles circulaires, ces impressionnants cadrages et vues rapprochés. Ce travail acharné d’un pinceau qui va et vient, qui tourne, qui superpose, qui compose sans lignes et sans dessin. Sacré jardin d’eau de Giverny!

Nymphéas (extrait)

Nymphéas (extrait)

Côté américains, de belles choses abstraites. Rothko, Pollock, Morris Louis, Mark Tobey, Sam Francis…Morris Louis Toutes ces surfaces picturales qui sont autant d’espaces infinis où il se passe plein de choses… Ces parcours offerts au regard, mais dont l’esprit s’empare: des passages dans les profondeurs, des glissements en surface, des vibrations… On est entre sensations physiques et émotions.Sam Francis

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Salon des artistes, Fontaine-lès-Dijon

Pour ce Salon de Fontaine 2018, il me semble que j’ai envie de citer davantage d’artistes que l’année dernière! J’en rejette moins!! Un bon cru donc! (Même si je suis toujours allergique à ce genre d’exposition où les oeuvres les plus disparates cohabitent tant bien que mal).   Bossier

Petit tour d’horizon. Là où je me suis arrêtée. Intéressée, surprise, émue, curieuse ou carrément séduite. Sans ordre.Adenis

C. Bossier, ses gravures sur carton. Yi-Ling Lu, ses encres immatérielles. C. Maufret, ses graphismes fouillés. F. Adenis, ses nouveaux dieux poissons. C. Micheli, son pinceau magique en noir et blanc. F. Lepoivre, ses drôles de personnages allurés. M.C. Chevalley, ses planches de dessins. F. Content, ses élégants et touchants monotypes. F. Canet, sa folle famille en buis. C. Tiercin, ses espaces silencieux.

(extrait)

(extrait)

F. Orzel, ses contrastes mouchetés en noir et blanc. P. Gonzales, ses douces photos surannées. M. Reboulleau, ses aquarelles musicales. E. Kubicki, ses zooms au cœur de la matière. D. Carette, ses rythmes colorés. M. Challaux-Berthet, ses harmonies en petits formats. P. Simonnet, ses créatures métalliques… (Etc, bien sûr!)Lepoivre

L’invité d’honneur est Philippe Guerry. On l’avait découvert à La Galerie La Source il y a quelque temps. Un geste pictural bien à lui, qui fait tout tanguer, se fluidifier, se noyer, se perdre… Une palette bien à lui, tout aussi aquatique. Les scènes peintes, en cabarets, bars ou casinos, transpirent à la fois la sensualité et l’ennui. Voire la désespérance. Tout un univers.

(extrait)

extrait)

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Marc Giai-Miniet, Médi@lude, St-Apollinaire

En mai 2018, la médiathèque, Média@lude, de St-Apollinaire nous a offert une exposition super! « Théâtre muet des bibliothèques », de Marc Giai-Miniet. Mardi et mercredi 15-18h30, jeudi, vendredi et samedi 10-12h et 14-18h (samedi 17h)

Décrire c’est démolir. Tant pis, vous devez savoir ce qui vous attend à cette expo. Une série de placards ouverts, en quelque sorte. Avec des rayonnages, ceux des étages supérieurs sont à hauteur de vos yeux, à peu près. Ou des maquettes… Ou des immeubles miniatures, en coupe… Ou des maisons de poupées, vous savez, ces intérieurs de Lilliputiens où vos doigts qui s’y aventurent sont devenus des géants…

Bref, l’artiste, lui, les appelle des boîtes. Et pour cette expo à la médiathèque, ce sont ses bibliothèques qui ont été choisies.MGiai-Miniet4J’en connais qui s’arrêteront à la minutie du boulot. C’est vrai, un travail remarquable de reproduction exacte, à toute petite échelle. Scrutez les détails, c’est époustouflant. Mais, franchement, si c’était juste cet artisanat parfait du trompe l’oeil, je ne perdrais pas mon temps à vous en parler.Giai-Miniet2

Ces petits mondes construits par Marc Giai-Miniet créent le malaise.

Car, ces sages bibliothèques, d’une part sont désertes et abandonnées, et d’autre part finissent dans les chaudières du sous-sol où brûlent les livres. De monstrueux engins les ingurgitent dans leurs tuyaux. Et tout finit dans le noir des caves. Carbonisé. La bibliothèque est assimilée plusieurs fois à une mine de charbon: le livre est un carburant. Un côté Fahrenheit. Ou pire, Holocauste. En tout cas, le côté obscur de l’humain. Là-haut, le savoir, la culture, la mémoire. En bas, la destruction, l’anéantissement, la mort.Giai-Miniet3

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Sheila Hicks, Centre Pompidou, Paris

 Centre Pompidou, à Paris, une rétrospective de l’oeuvre de Sheila Hicks était installée à la Galerie 3 au printemps 2018, intitulée « Lignes de vie ».

Comme souvent maintenant dans les grandes expositions ou même dans certains nouveaux musées, pas de cloisons, pas de séparations. Ici, les oeuvres textiles de l’américaine Sheila Hicks sont montrées dans une vaste salle, sans ordre apparent, sans vraie chronologie. Invitation à la promenade.

Promenade du regard d’abord. A l’entrée, on ne voit, je crois, que de la couleur. Une immense palette de peintre. Et puis, on voit de la laine! On se dit (si on ne connaît pas bien l’artiste) que ce sont juste des pelotes géantes entassées ou accrochées aux murs, ou des écheveaux ultra-dimensionnés en cascade depuis le plafond, ou des piles de gros pulls tricotés ( à la rigueur des écharpes!) Non?

Décidément non. Plus on avance dans la salle, plus on s’approche, plus la subtilité du travail de l’artiste saute aux yeux. L’association de fils de matière et de teinte différentes aboutit à de belles compositions abstraites.Hicks

On a le plaisir de la couleur, certes, mais aussi du volume, de la matière … Du raffiné au rustique. De la soie au lin ou à la grosse toile. Ce sont de grandes sculptures, parfois.Hicks2 Ce sont aussi des objets, parfois: Sheila Hicks tresse, noue, ficelle, serre et bourre! Et voici ses « scaterred memories », petits macarons extraordinaires, comme des cailloux colorés, pleins de souvenirs…(découverts d’ailleurs au Consortium il y a quelque temps)Hicks4

Un mur de la Galerie est couvert des « Minimes » . Ces petits formats (20×30 cm) sont autant de mini tapisseries, tissages, broderies… que je ne connaissais pas. L’artiste les nomme aussi « investigations » ou « expressions personnelles ». De fins travaux manuels! Des bijoux!Hicks3Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

Gaëlle Chotard, Drawing Lab, Paris

Au sous-sol du Drawing Hôtel, rue Richelieu, à Paris, se tiennent régulièrement des expositions de dessins que je qualifierais d’expérimentales.  L’une d’elles a présenté le travail de Gaëlle Chotard.  Titre de cette expo: « Ce qui me traverse » (tiré de vers d’Aragon dans le « Fou d’Elsa »).

Ici, la feuille de dessin, c’est la salle. Grande salle aux murs blancs. L’artiste a tracé, étiré, emmêlé et griffonné. Elle a relié, affiné, traversé, quadrillé, et levé la main pour stopper, puis elle a repris… Au bout de ses doigts, du fil métallique en guise de crayon.

La page blanche, c’est la salle vide. L’artiste dessine dans ce volume. Mais elle se fait discrète. Elle est modeste dans son geste d’occuper l’espace. Elle lui laisse la place. Le vide de la pièce est libre de jouer son rôle, de soutenir, de révéler, de faire voir les traits tracés par l’artiste. C’est une collaboration entre eux.

La petite salle voisine montre des dessins à l’encre de Chine. Des croquis, des lavis qui se répondent avec l’installation de la première salle. Qui se font écho, qui résonnent, qui s’appellent.G.Chotard1 L’ensemble construit une oeuvre unique. A laquelle viennent se marier les ombres (première salle). Elles aussi sont dans l’oeuvre. Tout un jeu de projections et de doubles qui viennent animer murs et plafond. (Cet exercice est à son comble dans une autre petite salle,  obscure celle-ci).G.Chotard2

Les créations de Gaëlle Chotard, arachnéennes, sont à la fois dans l’infiniment petit et dans l’extension de l’univers infiniment…infini. Intérieur du corps humain, avec ses réseaux et ses noeuds. Ou lointains galactiques avec ses myriades et ses mouvements géants. C’est ce que tout cela nous évoque. Mais, de toute façon, on est dans l’émotion pure.

Cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois (pardon pour la qualité médiocre des photos. Allez voir le travail de Gaëlle Chotard, c’est mieux!)

Pierre Merlier, à L’Hostellerie

L’été 2018, à La Chartreuse, dans l’espace d’exposition L’Hostellerie (parc, non loin du puits de Moïse)fut présentée une rétrospective de Pierre Merlier. Mardi, mercredi, samedi, dimanche, 13h30-17h30.

Une humanité foisonnante. Tout un petit peuple de personnages, ou monstrueux ou plus vrais que vrais. Une forêt de créatures impressionnantes… Voilà ce qui vous attend à L’Hostellerie. Pierre Merlier, mort à 85 ans l’an dernier, fut un artiste à part, hors étiquette, hors mode. Il attaquait à la gouge ou à la tronçonneuse les troncs d’arbres, les branches, les souches. Il sculptait avec fougue. Et il a ainsi donné naissance à une foule insensée de centaines de personnages qui révèlent l’image qu’il avait de notre société. Son côté observateur, mais aussi révolté, critique, canaille…Merlier3

Quelques sculptures sont « calmes ». Mais la plupart sont grotesques, clownesques, tonitruantes, fantasmagoriques. La rétrospective de la Chartreuse en montre un grand nombre, reflétant bien son travail. (Encore que le côté érotique ne soit pas trop montré!).

Il y a une catégorie de ses personnages qui évoque des caricatures. Des célébrités (Hitler, de Gaulle…) ou pas. Quelle virtuosité du trait! Taillés dans le bois, souvent grossièrement, et pourtant, des portraits d’une justesse et d’un drôle! Merlier1Il y a une autre catégorie, celle des misères de notre corps! La vieillesse, la laideur… Pas de concession. On est tous moches! Pierre Merlier s’amuse à flétrir les peaux, à faire tomber les seins et balloter les cuisses! Et les tronches… N’en parlons-pas! Mais parfois tant de tendresse… Dans la catégorie des êtres fantastiques, c’est varié: des corps à plusieurs visages, des racines à la place du visage, des visages doubles (cubistes!), des animaux posés au sommet de la tête, des géants, des nains, des E.T., des grenouilles humaines… Et puis il y a les petites dames bourgeoises, les couples, les mamans, les messieurs sérieux etc. Et tous ces grands yeux qui vous regardent!Merlier2

Cette exposition montre aussi quelques intéressantes peintures de Pierre Merlier et des bas-reliefs.

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