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Vincent Crochard, à La Source

En fait, j’écris ce papier AVANT l’expo qui a lieu à la Galerie La Source, à Fontaine-lès-Dijon, du 26 janvier au 17 février 2019 (du mercredi au dimanche, 15h30-18h30), intitulée « Histoire Naturelle ». Je serai absente à ce moment-là. Mais je suis allée voir le travail de Vincent Crochard dans son atelier-show-room, au cœur d’un hameau du Jura. Extra!

Vincent Crochard est un artiste. Un vrai! Donc un vrai créateur. Dans le sens où il « donne naissance ». Il parle d’ailleurs lui-même d’accouchement. Les volumes qu’il réalise sont les fruits de ses entrailles!  Ses envies, ses désirs, ses manques, ses rêves ou ses cauchemars prennent forme. Deviennent tangibles.

Il travaille par séries. Chacune a ses propres thème et matériau. Il va au bout de son idée, puis, recommence à zéro, sur une autre voie. Malgré tout, d’une série à l’autre, son univers est toujours à peu près le même. Fantastique, féérique, sensuel, organique, mi-végétal mi-animal… Il relève du vivant, de toute façon.Prenons la série qu’il nomme « Digestion ». Des agglomérats de torchis associés à de la bourre de peluche et des fragments de couverture… Résultat, de sympathiques sculptures aux formes arrondies, dont le côté rustique est adouci par le doudou! L’artiste dit avoir voulu créer des nids. C’est vrai, un côté fermé, caché, secret, juste ouvert discrètement d’un côté par une fente ou autre petit orifice. Nids, ou matrices peut-être? Cocon, refuge? On tue l’enfance en dépeçant son nounours, mais on fait intervenir celui-ci dans une métamorphose qui l’entraîne dans une autre existence. On est entre mort et vie (ou renaissance).

Vincent Crochard joue avec les tissus, la ficelle, la frisure de bois, le charbon de bois, le sable, la terre, la bouse…Et le visiteur voit, lui, des épines, des poils, de la fourrure, des écailles, des pattes, des racines, des coquillages, des tentacules! Il voit grouiller, frémir, onduler… Il ne sait plus! Et c’est merveilleux. Il est passé de l’autre côté du miroir. Il est dans un monde inconnu où les références habituelles sont chamboulées, où les contraires sont frères! Il est dans l’ambigu en permanence. Vincent Crochard est sculpteur, mais il travaille aussi, en partie, comme un artisan, utilisant par exemple beaucoup la couture, les travaux d’aiguille. Dans son délire d’imagination, il a un côté minutieux. Il fabrique consciencieusement des pièces et fignole chacune d’elles, pour en faire de beaux objets uniques et harmonieux.cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

http://vincentcrochard.wixsite.com/vincentcrochard

13+ au jardin Darcy

Cet hiver 2018-19, il fallait longer les grilles du jardin Darcy, à Dijon. Des artistes de 13+ ont participé à leur façon à la journée mondiale de lutte contre le Sida. Chacun a exprimé quelque chose de personnel sur le sujet.

Les oeuvres ont été photographiées. Les photos tirées sur bâche. Et les oeuvres exposées sous vitre. (Dommage! Les reflets sont bien embêtants!) Mais la visite vaut le coup.

Thomas Saraceno, Palais de Tokyo, Paris

Thomas Saraceno avait carte blanche au Palais de Tokyo, à Paris, et ça donnait « On air » , une exposition hors du commun mi-poétique, mi-scientifique, mi-philosophique… C’était en décembre-janvier 18-19.

Cet artiste contemporain fait travailler des ouvriers, comme beaucoup d’autres… Mais ces ouvriers sont des araignées. Il les collectionne chez lui, dans son atelier. Et, pour cette expo, il a installé 76 toiles d’araignées dans de grandes salles plongées dans l’obscurité (ou presque, l’éclairage étant très subtile, juste pour mettre en valeur les tissages des fils de soie de ces dames les araignées). Pas de vitre. Le visiteur circule dans le noir, entre des structures invisibles où s’accrochent ces bijoux de dentelle incroyables.Thomas Saraceno a fait travailler plusieurs races d’araignées ensemble. Pas habituées à cohabiter, les pauvres! Il les dirigeait un peu, stoppant le tissage quand bon lui semblait. Résultat, une installation d’abord artistique. Maîtrisée. Harmonieuse. Émouvante.Mais, ça va plus loin (et on n’a pas fini avec cet artiste!) . Les vibrations des fils et le travail de tissage de certaines ouvrières encore présentes sont sonorisés, amplifiés par des micros!

Et on va de surprise en surprise. Voici un « instrument de musique » fait de grands fils de soie d’araignées tendus à l’horizontale. Ils vibrent en fonction des mouvements des visiteurs, de leur souffle, des ventilations etc. Les vibrations sont traduites en fréquences sonores.

Et puis, voici des stylos attachés à des ballons de baudruche! Ils dessinent sur des papiers posés au sol, traçant des « aéroglyphs ». Et après, ça se complique (pour moi!): Essayer d’entendre le mouvement des particules flottantes! Ecouter les fréquences radio générées par les météorites! Constater les principes de la thermodynamique! ça devient super technique…. Thomas Saraceno mène des projets avec des chercheurs de haut niveau et aboutit à des inventions expérimentales, comme ces formes volantes mues par l’énergie solaire et le vent (vidéo superbe à voir dans l’expo). Il étudie avec passion comment habiter les airs, sans énergie fossile….(cf sa communauté « Aerocène »)Enfin, dans une grande salle lumineuse, le visiteur se déplace dans un immense réseau de fils, comme s’il marchait à l’intérieur d’une gigantesque toile d’araignée. Il peut faire vibrer les fils (reliés à des amplificateurs d’infrasons) et ainsi se laisser baigner dans une sorte de musique venue de l’au-delà!!!cliquer sur les visuels pour agrandir, en deux fois

Pascale Angelot, Coupole

« Tenir ensemble » était une exposition, dans le cadre des « Nuits d’Orient », à la fois engagée et interactive ( je vais essayer de vous expliquer!) en novembre- décembre 2018, salle de la coupole, 1 rue ste-Anne à Dijon.  Partenariat de la Ville de Dijon et des Inventifs.

Pascale Angelot a peint des dizaines de petites toiles (30×30) pendant plus de deux ans. Ce travail a démarré d’une colère. Colère face au « protectionnisme », à la « peur » et à la « fermeture », ces réactions choquantes devant l’ampleur des mouvements migratoires.

Pascale Angelot a souhaité « explorer graphiquement le TENIR ENSEMBLE ». Elle pense à un « paysage multiculturel » qui pourrait se créer peu à peu dans notre nouveau monde qui se forme aujourd’hui, rempli de métamorphoses en tous genres.

Elle propose donc « une installation Non installée ». Elle place ses petits carrés, tous différents, alignés sur le mur. Dans une configuration aléatoire. Une complexité appelée à être modifiée à tout moment. C’est là que vous, visiteur, vous entrez en jeu.

Après avoir lu la démarche et le mode d’emploi (papier affiché à droite en entrant dans la salle) vous pouvez librement vous emparer d’une des toiles (ou de plusieurs), qu’elle soit au sol, sur le mur ou dans la structure grillagée (symbole des bateaux de migrants) et…à vous de placer, déplacer, enlever,  remplacer! Le mur des petits carrés est en perpétuelle mutation.

Votre geste est à vous! Il peut être d’ordre esthétique, plastique, politique, social, sentimental…

Vous avez aussi la possibilité de ne rien faire du tout! Simplement regarder un à un tous ces tableaux ou regarder l’ensemble qu’ils constituent. De toute façon, la réflexion viendra. Ou au moins le plaisir de voir ces peintures abstraites et collages, dont beaucoup vont vous toucher. Qu’ils représentent ou non, symboliquement, des personnes exilées, déplacées, errantes, rejetées, solitaires, perdues, déracinées…

On n’a finalement qu’une envie, c’est d’y retourner plusieurs fois pour constater les mouvements divers et variés que va prendre le mur de Pascale Angelot! J’espère que des photos sont faites régulièrement!

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Schiele et Basquiat, Fondation Vuitton

Belle journée d’automne 2018 pour la passer dans le grand voilier Vuitton! Reflets, lumières et ciel bleu… Et puis, des moments fortissimo (i?) au cours des longues contemplations dans les salles d’expo: Jean Michel Basquiat et Egon Schiele.  

« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux »! Allons-y avec Musset! Il a raison!  Je me sens toujours moins concernée par l’art joyeux! Va savoir pourquoi! Donc, avec ces expos, je suis comblée! Détresse et rage sont les deux points essentiels de Schiele (1890-1918) et Basquiat (1960-1988).

Quelque chose de poignant me retient à chaque dessin de Egon Schiele. J’en oublie la foule des visiteurs autour de moi. Aquarelle ou gouache et crayon ou fusain…Et c’est tout. Là, déjà, se situe la force de l’expression. Pas de blabla. Ce qui doit être dit est dit, en peu de traits, en peu de touches, bien appuyées là où il faut.

L’anxiété et la souffrance ne sont pas bavardes.

L’âme torturée est dessinée sous la forme de ces corps tordus, disloqués, fragmentés, distendus. Pas exagérément (il reste de l' »académie »), mais juste assez pour créer le malaise du visiteur.  La mort est présente, souvent, comme cachée, là, sous le vivant. Le regard, aussi, est fascinant, pénétrant et inquiétant: Schiele (beaucoup d’autoportraits) nous regarde. Interrogatif et dur.

Oublions ses grandes peintures, peu convaincantes, et ses « copies » de Klimt. Oublions également qu’il n’y a pas ou peu d’érotisme dans les œuvres exposées ici. Tant pis. Reste la puissance foudroyante de ces dessins virtuoses. Et l’expression d’un drame intime rarement aussi éloquente.

Avec Jean-Michel Basquiat, on change de registre. Même s’il est question également de chaos intérieur… C’est l’Amérique, c’est la rue, ce sont les années 80… Le combat n’est plus le même. Certes, on sent la même fougue, la même hâte à crier la souffrance et la rage (comme s’ils pressentaient qu’ils allaient mourir à 28 ans, tous les deux).

Le format n’est plus le même, non plus, ni le support, ni la technique . C’est le mur, la palissade, l’acrylique, le collage… Les couleurs éclatent, les traits sont jetés au large sur le support. De grandes figures noires nous font face, terriblement présentes et vivantes. Chaque détail de leur corps crie quelque chose. On l’entend…

Et Basquiat écrit. Il fait des énumérations, des listes, des colonnes de mots. Obsessionnelles. Disséminées sur la composition picturale. Elles sonnent, rythmées comme du slam. C’est étonnant.

extrait

Les deux œuvres de ces artistes bouleversent. Pas de la même façon. Mais, bon sang, l’art a des choses à dire, et les dit mieux que n’importe quoi d’autre…

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Le cubisme, au Centre Pompidou

Paris, Beaubourg, Le Cubisme (1907-1917), 2018-2019. Treize salles… C’était grand!

Je me suis intéressée à cette grande expo. Je l’ai vue d’abord comme un rappel historique et culturel (c’est vrai qu’elle a côté pédagogique certain). Quand et où commença le fameux cubisme. Que voulaient donc faire ces peintres révolutionnaires. Ensuite je me suis régalée d’œuvres que je n’avais encore jamais vues (Ce Picasso décidément! On n’en finit pas d’en découvrir!). Mais j’ai saturé…. Les trois dernières salles, je ne voyais plus rien, je traversais, à la recherche d’un dernier siège pour soulager mon dos, c’est tout! Seule, sur la fin, la sculpture m’a tirée un peu par la main ! Je me suis un brin attardée pour Henri Laurens, Brancusi, Modigliani….

L’expo permet de suivre facilement l’évolution de la recherche picturale de ces messieurs Picasso et Braque (et des autres…). Passionnant. Et du coup, on a devant les yeux pleins d’exemples de ces éclatements en facettes, de cette géométrisation, de ces lignes structurelles, de ces visions frontales qui font l’intérêt du mouvement cubiste. Certes, il y a un côté systématique et technique (donc un peu « sec ») mais ces inventions et ces expériences sont quand même extraordinaires : on est entre 1907 et 1917, ne pas oublier!

Mais quelle horreur, par contre, quand on découvre certaines œuvres exposées aux Salons de l’époque!! Du Gleizes ou du Le Fauconnier! J’ai senti un besoin chez eux de faire du cubisme absolument, mais tout en gardant la lisibilité du tableau. Plaire encore, ne pas faire trop scandale, mais suivre les mouvements au goût du jour! A mon avis c’est raté pour beaucoup! (je ne mets pas de visuels!!!) N’arrivent pas à la cheville de Picasso ou Braque!

Ce qui m’a plu dans cet immense panorama du cubisme, c’est la plongée dans l’époque, avec les réactions du public et des critiques complètement déboussolés et effarés! Ce sont les influences qui ont construit peu à peu ce mouvement: art « primitif », art ibérique, Cézanne etc. Ce sont les recherches, parfois très intellectuelles, de ces assemblages, ces stylisations radicales, ces aspects sculpturaux des peintures . Tout cela clairement montré et expliqué. Et puis j’ai aimé les petits volumes faits de morceaux quelconques…papier, tôle… Comme des collages en trois dimensions. (guitare, verre d’absinthe, abstractions diverses)

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Claude Micheli à La Source

 la Galerie La Source, Fontaine-lès-Dijon, a accueilli en novembre 2018 l’exposition « L’instant » de Claude Micheli. (Du mercredi au vendredi, 15h3018h30. Le week-end, 15-18h30).

Non! Ce ne sont pas des photos en noir et blanc, comme on pourrait le penser en arrivant à la Galerie. C’est un travail au pastel. Sur les opposition lumière et obscurité. Tout en noir et blanc. La salle du rez-de-chaussée montre une vaste déclinaison de ce très intéressant travail d’abstractions. A l’étage, surprise!

Essayez de vous trouver une position tant bien que mal devant chacun des tableaux pour les apprécier… Mais mission impossible tant les reflets sont multiples et costauds!! (quand trouvera-t-on une alternative à ces  ignobles vitres devant des œuvres??? Sinon leur suppression pure et simple??)

Je me concentre! Je tente de mettre de côté les reflets! Je me laisse enfoncer dans cette matière noire, à la fois légère et dense. Parfois l’artiste semble la creuser, l’écarter, pour en faire jaillir le blanc. Et la lumière naît de l’obscurité. C’est un perpétuel jeu de ténèbres et de clarté. Un mouvement de voiles, de draperies (j’ai pensé aux aurores boréales, sauf qu’elles sont en couleur!), d’ondulations, de plis… Ce sont aussi des traits (ou des raies) de lumière, telles des cascades, qui dégringolent de là-haut. L’artiste y voit des « flashs d’illumination ». De ces éclats magiques qui, soudain, vous éclairent, qui vous tombent du ciel, qui vous transportent…D’où le titre de son exposition « L’instant ».

Au premier étage, Claude Micheli continue les oppositions noir et blanc. Mais cette fois voici des portraits. D’étranges portraits d’écrivains, de peintres ou cinéastes. Qui ont un point commun: ils ont fréquenté une certaine folie en créant leurs œuvres. Lautréamont, Baudelaire, Oscar Wilde, Pasolini, Bacon… Le but de Claude Micheli est de rendre cette étrangeté. Il déforme les traits des visages et, en même temps, les enveloppe de ces rayons lumineux qui pourraient bien être l’inspiration (ce sont des illuminés)  L’ambiance créée ici est réussie: celles des films fantastiques genre « la nuit des morts vivants »! Ou celle des miroirs déformants des fêtes foraines! Fais moi peur!

Je préfère cependant les abstractions. Peut-être moins séduisant pour le public. Et plus répétitif (apparemment). Mais j’y ressens mieux l’idée que le noir est le chemin de la lumière!

 Mes photos sont bien sûr inutilisables en raison des reflets. J’ai pris un visuel sur le site de Claude Micheli :    micheli-art.odexpo.com

 

 

Des peintres … vus à Paris

Peinture, peinture! Je me suis fait une balade peinture à Paris! Voici trois échos de mes visites en Galeries:

Eugène Leroy (Galerie Claude Bernard, rue des Beaux-Arts).

D’extraordinaires enchevêtrements de couches et de coups de pinceau (couteau?). D’incroyables empâtements de matière d’où émergent des formes. Portraits, nus, paysages… La peinture d’Eugène Leroy (1910-2000) engloutit les silhouettes. Mais, à y bien regarder, en fait, elle les révèle. Elle leur donne naissance. Les personnages et les paysages sont faits de lumières, de couleurs et de volume. C’est sa façon à lui, Eugène Leroy, de faire abstraction de la réalité. Le motif n’est plus vraiment « représenté ». La peinture prend toute la place. Elle se met à sculpter des sensations, des impressions, des sentiments à propos de choses ou de gens réels. Je ne crois pas que cet artiste ait été bien compris à son époque. Dans les années 60, cette même Galerie l’exposait déjà mais les œuvres ne se vendaient pas!

Jean Hélion (Galerie Alain Margaron, rue du Perche)

Ce n’est pas le peintre abstrait , celui des années 30 (J. Hélion découvre le cubisme en 1926) que la Galerie expose. C’est celui qui lâche l’abstraction après la guerre de 40. On ne le comprend pas alors. La Galerie a décidé aujourd’hui de mieux faire connaître et aimer Jean Hélion (1904-1987) à nos contemporains. Et en particulier cette période de figuratif. Figuratif certes, mais l’artiste ne rend pas vraiment la réalité telle qu’on la perçoit. Avec lui, la voilà un brin fragmentée, exagérée, flottante…Mais tout à fait vivante. De dessins en peintures, il se fabrique une réalité bien à lui. Les objets les plus communs se mettent à prendre une place de choix dans le tableau: chaises, instruments de musique…Et je me suis plu à suivre ses géniales crayonnades qui mettent en scène un lit, des peignes, des épingles, des scènes de rue. Du vrai, mieux que du vrai.

Omar Ba, Galerie Templon (28 rue du Grenier St-Lazare)

Le bel espace de cette nouvelle adresse Templon met en valeur les grandes toiles de cet artiste sénégalais. Son univers est étonnant car il s’y mêle une sorte de joli exotisme rêvé et une violence bien présente et dérangeante. Guerre ou colonialisme, domination tragique des pouvoirs…sont évoqués par des scènes symboliques, comme des contes. Avec un mélange de gouache, huile, encre et crayon, les toiles sont à la fois gaies et brutales. Elles chantent et elles crient. A lire comme un grand livre d’images qui racontent et qui font réfléchir.

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Mium, Galerie Entrée Libre

Dans la Galerie Entrée Libre, de la Caisse d’Epargne, rond-point de la Nation, à Dijon, exposait Mium, à l’automne 2018, 8h30-12h et 13h30-17h30. Samedi 8h30-12h30.

Mium , j’avais connu son travail au détour d’une visite dans un atelier ou un jardin. Et sans doute dans quelques autres expos. Je me souvenais de ses supports papiers en tout genre, de son geste pictural généreux, de son côté brut, bohème (je parle de son travail!). Je l’ai retrouvé dans cette expo. Mais peut-être avec davantage de « sagesse », de « propreté », de « rangement »! Elle s’est pliée aux règles d’une expo dans le hall… d’une banque!!

En tout cas, cette visite est une rencontre sympa avec une personnalité. A l’entrée, on vous confie une fiche où l’artiste vous guide dans son univers. De sculptures en photos et d’installations en peintures.

Je retiens surtout son rapport à la peinture. Ces couches énergiques de couleurs fortes, qui occupent toute la surface, qui suivent les reliefs et les fragilités du papier…Un parfum de liberté flotte: pas de cadre, pas de vitre, un papier informel, des œuvres qui se balancent au moindre souffle. Et la peinture se fait sculpture quand Mium froisse une de ses pièces peintes. Elle accroche ce volume par un fil et le laisse bouger au gré des courants d’air.

3 petites choses à noter. 1- Mium c’est Mireille Barrelle.   2- Elle fait un clin d’œil, dans sa fiche d’accompagnement, à propos d’un certain « intrus » (je suppose que c’est l’énorme écureuil d’un sculpteur bien connu qui trône dans ce hall depuis des années et gène toujours les expositions!)Merci!    3- Merci à celle qui a laissé un commentaire sur le blog pour faire part de sa visite à cette expo, je l’aurais oubliée sans elle.

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Cécilia Philippe, ABC

Passage Darcy, à Dijon, à l’ABC, Cécilia Philippe a exposé « Achromatopsie » à l’automne 2018 (Du mardi au samedi, 13-18h.)

Tant mieux, l’ABC expose la jeune création (tiens! Il y a d’ailleurs une grosse faute d’orthographe sur son site!!).  Voici donc la jeune Cécilia Philippe et son exposition « Achromatopsie ». La première chose que je constate en accomplissant un premier tour d’expo: il y a visiblement une réflexion sur les techniques d’impression, genre sérigraphie, linogravure, tampographie…On est dans le domaine de la reproduction ou de la production en séries. Il semble qu’on se promène entre les mondes du numérique et de la photographie… Je crois voir des empreintes (digitales ou pas), des pixels, des répétitions de motifs. Et ça se confirme avec la présence de lés de papiers peints et de frises sur placo.

Je refais un tour. Plus lent. Je m’attarde, le regard au ras de l’œuvre ou en recul. Je crois comprendre qu’il n’y a rien à voir! Illusion d’images! Tous ces petits fragments de linoléum, par exemple, aux formes géométriques, joliment assemblés en puzzle, pourraient faire naître une forme devant nos yeux ébahis… Niet! Rien!   Et ce beau lé de papier peint mi-suspendu mi-posé dans le hall (intitulé à dessein « Pléonasme »)? Tromperie! C’est un papier peint fait… avec des morceaux de papiers peints. On s’embrouille! Mais la démarche de l’artiste s’éclaire dans ma tête (enfin! je crois!)

Arrêtons-nous devant la pièce « Achromatopsie » (ah! au fait! c’est une anomalie de la vue, qui ne distingue pas les couleurs).  On croit repérer des petits points qui constituent des lignes ondulantes. Le tout en gris et blanc. Là aussi, ça pourrait aboutir à des images. Mais non. Ne pas chercher. Mirage! Utopie!

Les petites vestes de judokis aux motifs confettis, les boîtes américaines qui présentent des traces réalisées avec tampons, les frises sur placoplâtre dont certains motifs sont minutieusement grattés et effacés… participent du même processus.

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