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Au Consortium de Dijon

Nouvelle expo au Consortium , 37 rue de Longvic, Dijon jusqu’au 9 janvier 2022: Genesis Belanger, Jill Mulleady, Nicolas Party, Heji Shin. Il y a aussi une rétrospective de Bertrand Lavier jusqu’au 22 mai et , toujours, « Nex-York The Eighties » (part 2).

Genesis Belanger: Cette artiste de 43 ans a installé ici quelque chose qui ressemblerait à un appartement coquet et accueillant. Les objets sont traditionnels: lampe, plante verte, table, lit, bibelot (ce sont en fait des sculptures en grès)… L’ambiance est douce et feutrée. On imagine qu’on va se mettre à table, après avoir été accueillis par une maîtresse de maison…Une aimable dame qui nous aurait fait à manger (essentiel dans la vie d’une femme!) et qui prendrait sagement sa pilule de contraception! (Là aussi, nourriture et médicaments sont en grès!)

Mais, comme dans les romans ou les films fantastiques (ou les conte de fées auxquels l’œuvre fait aussi penser), il y a brutale rupture. Quelque chose fait soudain douter de la réalité. Une étrangeté inquiétante vient casser notre tranquillité. Parmi les objets et les éléments de nourriture se sont glissés des membres arrachés à leur corps, un pied, une main, une oreille… Visiblement féminins (ongles peints).

Et là, on comprend. Les délicates sculptures en grès ou porcelaine, couleur pastel, sages et mignonnes annonçaient la tragédie.

A interpréter chacun à sa façon. Peut-être une vision de la condition de la femme étouffée, bouffée par les rôles que la civilisation lui a imposé, ceux de gentille maîtresse de maison-cuisinière-maman-femme de ménage-décoratrice… En tout cas, il y a une apparence et puis, une réalité. Un contraste entre la surface visible et la vérité cachée. L’œuvre est subtile, bien mise en scène, agréable au regard et …elle dérange. Bref, l’art plastique tel qu’il me plaît: qui montre, qui suggère, qui interroge, qui apporte un plus…. Et tout en sensibilité. Sans forcer le trait.

Nicolas Party : L’artiste suisse de 40 ans livre ici une expo spectaculaire et très plaisante à visiter. Il a peint directement sur les murs de monumentales fresques en noir et blanc. Une foule de personnages caricaturés sortis tout droit de tableaux de Jean-Baptiste Boilly (1825). Des tronches qui vous fascinent, vous font rire, et vous envahissent! Le sol, lui, est ponctué de têtes vivement colorées, de style plutôt naïf. Petites ou géantes sculptures qui, elles aussi, prennent hardiment leur place dans le lieu.

Une autre salle montre des objets peints en gris et blanc sur les murs, en trompe l’œil (ciseaux, grappe de raisin, couteau géants…copiés eux aussi chez Boilly), surmontés de natures mortes modernes aux joyeuses couleurs saturées.

On aime le contraste entre couleurs et noir et blanc, entre passé et présent, on aime les sur-dimensions, et la volonté d’harmonie esthétique (le côté décoratif est évident.) Sans chercher d’autre objectif à ce travail.

Jill Mulleady: Dans le travail de cette artiste quadragénaire, j’avoue m’être un peu perdue. J’ai erré. Tentant de pécher un symbole, une allégorie, une référence, une histoire… Essayant de relier les objets (lampe Baccarat, carcasse de lit Napoléon III, tapis chinois en loque, statue de Sainte-Véronique du XIVème siècle, lavabo etc) aux toiles accrochées aux murs. J’ai erré. Pestant après cet art contemporain-là qui cherche la petite bête, coupe les cheveux en quatre, cherche midi à quatorze heure). Sur les toiles, certaines scènes et certains personnages m’ont cependant parfois touchée: un je ne sais quoi de tristesse, de silence, d’attente. Je sentais qu’on me racontait quelque chose.

Heji Shin: je me garderais bien de commenter quoi que ce soit à propos du travail de cette photographe. J’en suis incapable. Seul son coq monumental (hall d’entrée), mâle agressif à souhait, m’a laissée baba !

cliquer sur les visuels pour agrandir

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